‹ Monographie de mammalogieChapitre 19 sur 20 · TROISIÈME SECTION DES ROUSSETTES · texte numérisé non relu

TROISIÈME SECTION DES ROUSSETTES

Une queue plus ou moins longue , à moitié' engagée dans la membrane interfémorale. Les dents incisives petites, symétriquement rangées et contiguës .

Il est problable que les espèces de cette section ont un régime insectivore; quelques-unes se nourrissent aussi de fruits. L’habitation de quelques espèces se trouve dans les vieilles bâtisses ou dans les creux des rochers; les trous vermoulus des arbres et les cavernes leur servent aussi de retraites.

Il est nécessaire d’observer que les individus des espèces de Roussettes à queue courte, auxquels, en les dépouillant, on aura enlevé les vertèbres caudales , paraissent privées de queue. On doit recommander aux préparateurs de ne point enlever ce membre de la membrane interfémorale.

ROUSSETTE^AILLÉE. — PTEROPUS STRAMINEÜS.

Taille de la Roussette Kéraudren.; oreilles un peu longues , en pointe arrondie vers le bout ; queue très-courte , les deux dernières vertèbres excédant la membrane interfémorale , celle-ci d’égale largeur et velue , excepté vers les deux extrémités ; membranes des ailes un peu velues en dessous et le long des flanCs , nues en dessus et prenant leur origine à la face supérieure des côtes. Les quatre membres couverts d’un poil ras. Museau allongé; chanfrein peu incliné; incisives supérieures par paire ; inférieures petites , égales et serrées ; une dent anomale à chaque mâchoire , et en outre quatre molaires en haut et cinq en bas , toutes un peu écartées. Voyez le crâne , planche i5 , fig. 12 et i3.

•Le pelage est très-court, un peu ras dans l’adulte, lisse et bien fourni partout ; une partie de l’antibrachium , l’humérus , les extré-

mités postérieures , une partie de la membrane interfémorale et le dessous de la membrane des flancs sont couverts de poils ^ la petite queue est cachée par les poils de la membrane interfémorale ; les membranes des flancs prennent naissance à la partie supérieure des côtes , mais à quelque distance de la ligne moyenne du dos , elles sont totalement nues en dessus.

La couleur dli pelage est en dessus d’un blanc jaunâtre , légèrement ondéde roussâtre *, les poils de la membrane interfémorale sont bruns , et ceux de la tête plus ou moins cendrés , ceux des joues ont une teinte brune •, toutes les parties inférieures sont blanchâtres avec une bande brune plus ou moins distincte et traçant la ligne moyenne du venti’e , les membranes sont d’un brun très-foncé.

Les jeunes ont le pelage un peu plus long que les adultes , mais lisse et couché comme daus ceux-ci ; toutes les parties sont d’un blanc jaunâtre à l’exception delà partie inférieure du dos et des poilsgde la membrane interfémorale qui ont une teinte roussâtre ; les membranes sont d’un bi’un jaunâtre.

Les dimensions de l’adulte sont, longueur totale jusqu’au bout de la très-courte queue , 7 pouces 3 ou 4 lignes ; ^nvergiire, 2 pieds 5 ou 6 pouces; antibracbium , 4 pouces 3 lignes.

Un jeune, pi’obablement âgé de six ou de huit mois, m’a offert les dimensions suivantes : longueur totale , 4 pouces 3 lignes ; envergure, 17 pouces; antibracbium , 2 pouces 7 lignes.

J’ai pris la mesure d’un sujet a l’âge moyen, portant 5 pouces 10 lignes en longueur totale , et de 2 pieds d’envergure. Je crois que c’est le même sujet qui a servi à la description fournie par M. Geoffroy.

Sjnonjmes. Ptf.ropus stramineus Geoffr. Ann. du mus. ^ vol. i5, pag. g5. — Encfcl. mammal., png. iio, esp. i43. — Mais c’est à tort qu’on cite ici le Chien volant de Seba. Thés . , vol. i , iab. 57 , Jîg. I èt 2 . Ainsi que le Cesser ternaie hat de Penn. Quadrup., édit. 4°., vol. 2 , pag. 3o8, tàb. \o!\,Jig. i. J’aidità VarùcXe à\x P teropus edulis que cette indication de Pennant, très-succincte et sans détermi-

queue, 7 lignes. La femelle est moins grande, elle a 18 pouces d’envergure.

La tête de cette Roussette est proportionnellement plus courte et plus large que les autres 5 son poil est épais , doux, court , gris-brun et plus foncé en dessus qu’en dessous , et ses incisives très-petites , fines et symétriquement rangées. Geoffroy.

Synonymies. C’est Pteropus Ægyptiacüs Geoffr. Ann. du Mus., vol. xSjpag. 96 . — Encycîop. mamm., pag. ni. esp. i44*

Pairie. L’Égypte et la côte occidentale d’Afrique. M. Geoffroy a rapporté plusieurs individus de la Basse-Égypte qu’il a détachés du plafond d’une des chambres de la giande pyramide. M. Ruppel de Francfort , et les voyageurs prussiens ont aussi envoyé des individus. Ce que nous savons des mœurs de cette Roussette, c’est qu’elle se suspend aux voûtes des anciens monumens , à la manière de nos vespertilions.

Le Musée des Pays-Bas possède trois individus provenant d’Égypte et un mâle envoyé des districts du Sénégal. Musées de Paris, de Vienne, de Berlin et de Francfort.

ROUSSETTE MAMMILÈVRE. — P TE RO PUS TITTHÆ CHEILUS.

Taille de la Roussette Geoffroy , ou un peu moins forte ; une petite partie du devant du cou nu ; museau court, yeux plus près des narines que des oreilles 5 celles-ci petites , échancrées vers la pointe du bord postérieur , couvertes de rides transversales à la base , plus ou moins boi’dées par un liséré blanchâtre ; narines écartées, tubulaires j deux grosses verrues séparées par un sillon à la lèvre supérieui’e j bords internes des lèvres couverts de petits mamelons. Queue courte ,. à peu près totalement enveloppée dans la membrane interfémorale , la fine pointe libre (i). La membrane interfémorale échancrée , velue

(i) On ne voit aucune trace de queue lorsque les vei'tèlires ont été enlevées des sujets montés. Cette remarque est applicable à tous les Clieiroptères qui ont une queue engagée en tout ou en partie dans la membrane interfémorale.

en dessus , toutes les autres de même que les quatre extrémités nues. Dents incisives fines, contiguës , les inférieures un peu entassées, les caniues à fort talon interne; une petite dent anomale ou fausse molaire rudimentaire aux deux mâchoires; manque totalement de petite arrière-molaire dans l’une et l’autre màchoiie , ce qui porte le nombre des dents à 16 à la mâchoire inférieure ,• et à i4 à la mâchoire supérieure. Je donne les crânes des états différeus de l’âge. V oyez l’explicati on d es planches .

Pelage fin , lisse , très-court , à l’exception de celui des côtés du cou , plus long dans les mâles que dans les femelles ; les premiers ont de chaque côté du cou une touffe de poils divergens d’un centre commun , qui paraît conduire à des glandes odorifères ; le ventre garni d’un pelage très-court et ras; et la gorge couverte de poils trèsclair-semés.

Le mâle adulte a sur les côtés du cou une touffe de poils divergens; ces parties , ainsi que le devant du cou , la nuque et les parties latérales de la poitrine sont d’une belle teinte rousse , plus ou moins vive , de couleur orange dans les vieux. Les autres parties supérieures sont d’un brun légèrement roussâtre ; la teinte du ventre est grise. Les oreilles sont bordées d’un liséré blanchâtre.

La femelle , constamment plus grande que le mâle , a les parties supérieures d’un brun-cendré légèi’ement nuancé d’olivâtre ; les parties inférieures d’un gris olivâtre , et les côtés du cou d’une teinte rousse olivâtre ; la région des mamelles et le devant du cou sont nus. Bordure de l’oreille moins distincte que dans le mâle.

Longueur totale de 5 pouces à 5 pouces 2 ou 3 lignes; la queue très-grêle, longue de 7 lignes; envergure de 17 à 19 et 20 pouces ; antibrachium , 3 pouces ; distance du bord antérieur des yeux à la pointe du nez , 7 lignes. Nous avons des jeunes de 4 pouces en longueur totale, et de 1 4 pouces d’envergure. Ceux-ci ont le poil un peu plus fin et moins serré que dans l’adulte; leur teinte est d’un brun plus foncé et plus mat.

Les jeunes mâles de l’année , ayant ri pouces d’envergure, sont

DE MAMMALOGIE. aot

Incisives petites et symétriquement rangées ; museau un peu allongé ; pelage fin , lisse , très-court quoique serré 5 membres mal couverts } point de poils sur les membranes des flancs.

Le pelage très-court , et surtout ras sur le dos , dont il ne couvre point toute la lai'geur , vu que les membranes du vol sont plus rapprochées de la ligne moyenne ou de l’épine dorsale que dans les autres espèces de Roussettes, de petite taille. Un brun roussâtrecouvre la tête et les parties supérieures •, du gris-brun roussâtre , un peu mélangé de couleur lie de vin , forme la teinte des parties inférieures ; le mâle tire un peu plus sur le roux, et la femelle sur le brun ; toutes les membranes sont d’un brun roussâtre et les doigts d’un brun jaunâtre, c’est aussi la couleur de la queue , qui n’est point velue. Longueur totale de l’adulte , 4pouces 5 ou 6 lignes ; envergure, ifipoucesj antibrachium , à peu près 3 pouces 5 queue , 7 lignes. J’ai pris la mesure d’une femelle plus petite, dont l’envergure n’était que de i5 pouces. Les jeunes ont le corps mal couvert d’un poil très-ras , mais doux , fin et lisse.

Les vieux individus n’ont point encore subi un examen sévère. Le m le adulte offre quelques indices de l’existence d’un siphon recouvert de poils , comme dans le mâle de la Roussette mammilevre.

La découverte de cette espèce est due à MM. Péron et Lesueur , dans le voyage fait aux Terres Australes. M. Geoffroy lui a donné fe nom indiqué dans le 1 5 ®. volume des Annales du Musée , pag. g6 , Jîg. 4 (i). MM. Diard et Duvaucel ont aussi rapporté de ces Roussettes prises dans les environs de Bencoulen , et j’en ai vu deux envoyées de Siam.

Patrie. Les îles de Timor , d’Amboine et de Sumatra. Nous ne l’avons point reçue de Java ; on la trouve aussi dans l’Inde.

Une femelle adulte et un jeune font partie du Musée des Pays-Bas.

(1) M. Geoffroy dit que le trait le plus remarquable de cette Roussette est la dimension de sa queue, dont la longueur n’excède pourtant pas celle de la cuisse La membrane interfémorale n’est pas aussi fortement échancrée que dans les autres , mais s’étend de part en part de ma' nière à passer par-dessus la queue et à en recouvrir la petite moitié.

On voit dans le Musëe de Paris l’individu provenant du voyage de Përon , et dans le Musëe de la compagnie des Indes à Londres , les deux sujets reçus de Siam.

ROUSSETTE A OREILLES BORDÉES. PTEROPUS MARGINJTUS.

Planche XIV.

Taille et envergure du Vespertilion nodule d’Europe ; dents incisives très-fines, symëtriquement rangëes, mais très-resserrées entre les canines j yeux places au centre des deux autres organes 5 oreilles moyennes, bordées par un lisërë très-distinct ; queue excessivement courte , réunie à sa sortie du coccyx aux membranes interfémorales qui s y réunissent également 5 partie supérieure de l’humérus et membrane du vol ti'ès-poilues tout le long des flancs.

Cette espèce, dont je n’ai pu examiner primitivement quun seul individu plus ou moins dégradé , est bien caractérisée par un liséré blanc autour du bord extérieur des oreilles. Le pelage est partout ras, court et brun-olivâtre. Le chanfrein est un peu renflé.

Longueur totale , 3 pouces 7 lignes j envergure , i 3 pouces ; antibrachium, 2 pouces; queue rudimentaire.

M. Geoffroy en donne une courte notice accompagnée d’une bonne figure , sous le nom de Roussette a oreilles bordées , Ann. du Musée , vol. i 5 , pag. 97 , pl. 5 .

Tels sont les caractères observés sur le sujet dégradé du musée de Paris, le même qui a servi à la notice de M. Geoffroy ; cet individu a été rapporté du Bengale par feu Macé. Nous n’en avons point vu d’autres , et les dents molaires n’ont pu être examinées. Le caractère des oreilles , bordées ou entourées d’un liséré blanchâtre , existe aussi dans la Roussette mammilevre ; mais la Roussette a oreilles bordées

(1) Il est essentiel de faire observer que la Roussette mammitèvre a également les oreilles bordées; ces bordures blanchâtres sont plus distinctement marquées dans les jeunes et cher le mâle que dans l’adulte et la femelle.

DE MAMMALOGIE. aoS

n’a point de mamelons aux lèvres; les flancs sont très-poilus ; la membrane interfëmorale, seulement rudimentaire à la région du coccyx , est très-échancrëe ; et la très-courte queue est à peu près libre dans toute sa longueur.

La Roussette a oreilles bordées doit subir un examen plus exact , basë. sur la vue d’un plus grand nombre d’individus. J’en reproduis la figure publiée par M. Geoffroy dans les Annales du Musëe, afin que les naturalistes puissent établir leurs observations renouvelées sur le type dont M. Geoffroy s’'est servi pour établir cette espèce.

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