‹ Monographie de mammalogieChapitre 18 sur 20 · DEUXIÈME SECTION DES ROUSSETTES · texte numérisé non relu

DEUXIÈME SECTION DES ROUSSETTES

Museau un peu allonge ou effilé , provenant de l’intervalle entre la première et la seconde molaire; langue un peu plus longueque celle des autres roussettes, pointue et un peu extensible ; un rudiment de queue presque imperceptible et ne dépassant point la membrane interfémorale (i). Régime entièrement frugivore; les mêmes habitudes que les autres grandes Roussettes de l’Inde.

ROUSSETTE KIODOTE (2). PTEROPUS MINIMÜS.

Taille du mulot , envergure de notre Vesp. harbastelle. Tête large, museau grêle, effilé, membrane interfémorale très-étroite, mais réunissant les pieds au coccyx par un rudiment de largeur égale , soutenu par un faible rudiment de queue ; toute la membrane velue , plus en dessus qu’en dessous. Incisives des deux mâchoires mal rangées, toutes distantes; la première molaire accolée aux canines, laissant ensuite

(1) L’absence de tout vestige de queuè dans les sujets montés doit être attribuée au peu de soin donné à la préparation des peaux ; la tpieue n’est plus visible lorsque les vertèbres ont été enlevées dans la membrane interfémorale. Cette petite queue compte deux vertèbres.

(2) Nous conservons ce nom donné à l’espèce par M. Leschenanlt , en remarquant toutefois que les Javanais ne la désignent point sous ce nom de Kiodole. Elle est très-bien connue en langue malaise , sous le nom de Lowo-Assa , ce qui signifie chauve-souris chien. Les Français sont assez souvent dans le cas de donner une orthographe vicieuse en se servant des noms vulgaires qu’ils a'pliquent aux espèces d’après les idiomes étrangers. On doit écrire le nom Javanais de la grande Roussette (P. Edulis) Jïa/ong' , et pas Kalou, comme l’a fait M. Leschenault. Les naturalistes qui nous transmettent les noms que po’rtent les animaux dans l’Archipel de la Sonde , ne font point de distinction entre la langue malaise et javane, qui diffèrent cependant essentiellement.

un grand intervalle entre elle et la seconde paire de molaires 5 narines ouvertes sur le côté du petit muffle.

La tête est allongée 5 sa mâchoire inférieure s’avance en angle aigu et dépasse la supérieure. Cette mâchoire est plus grêle que dans aucune autre espèce; elle est un peu arquée et mince partout. Les incisives , au nombre de sont toutes espacées et par paire, l’intervalle du milieu étant plus large que la distance entre chaque dent isolée. On compte 5 molaires à la mâchoire supérieure et 7 à l’inférieure; la première molaire supérieure est à égale distance de la canine et de la seconde molaire , et les quatre auti'es sont régulièrement espacées entre elles. A la mâchoire inférieure, la première molaire se trouve très-rapprochée de la canine , sans autre correspondante en haut que le talon de la canine supérieure ; la seconde molaire, très-distante de la première et intermédiaire enti'e celle-ci et la troisième, exerce la détrition sur la première molaire d’en haut; les cinq autres, lorsqu elles existent au complet , sont toutes contiguës , exerçant la détrition sur les quatre molaires supérieures, toutes distantes les unes des autres. Voyez le crâne et ses détails dans l’adulte, et le jeune au période moyen de l’âge

Mais cette dentui'e offre aussi certaines anomalies ; nous donnons une mâchoire inférieure de Kiodote , grossie à la loupe, présentant d’un CQté le noniibre normal de *7 molaires, et de l’autre seulement 5 molaires ; les deux arrières manquent , et la mâchoire n’offre aucun indice d’alvéoles. Une anomalie de cette nature aurait-elle pu servir à porter de l’incertitude dans le dénombrement des dents de cet animal, tel qu’on le voit par l’errata fourni par M. F. Cuvier , page 4o des dents des niammiferes ? où il détermine primitivement le nombi’e des dents à 3o, sans fausses molaii-es, et dans Ferrata à 34 en admettant l’existence des fausses molaires. Nos têtes, au grand completdes dents, telles que je viens de les décrire, portent en total 36 dents. Il est conséquemment très-probable que M. F. Cuvier a trouvé le dénombrement sous la double version ci-dessus mentionnée , sur des têtes de Kiodote qui auront perdu quelques-unes de leurs mâijhelières.

DE MAMMALOGIE.

Le pelage est court , serre' , un peu laineux. Toutes les parties supérieures sont d’un roux clair un peu teinté de jaunâtre vers la racine des poils, qui sont doux et cotonneux. Les parties inférieures sont d’un roussâtre un peu plus clair que les supérieures ; toute la membrane interfémorale est velue en dessus , et les poils dépassent le bord de la membrane tout le système cutané est de couleur roussâtre.

Longueur totale , 3 pouces 5 ou 6 lignes j envergure de i o à 1 1 pouces, mesures prises sur les individus de la plus forte taille ; les moins grands ont lo pouces*, distance du bord antérieur des yeux à la pointe du nez, 6 lignes ; antibracbium , i pouce 6 lignes. Les jeunes de l’année en état de voler ont 2 pouces en total , et leur envergure est de '] pouces; l’individu au terme moyen de l’âge, dont le crâne est figuré, porte 8 pouces d’envergure.

Synonymes. Cette espèce a été découverte par M. Lesehenault; elle est indiquée dans le mémoire de M. Geoffroy sous le nom de Pteropus minimus , Ann. du Musée y vol. i5, pag, gj. — C’est Pteropus ROSTRXTUS , Hoi’sfield Zool. Researc. in Java, liv. 3, avec une bonne figure de la femelle. M. Horsfield paraît avoir été dans la supposition que l’espèce était inédi te ; M. Geoffroy en ayant donné une bonne description long-temps avant cet auteur , nous conservons à l’espèce le premier nom imposé. Il faut rapporter ici la figure du RiODOTEde M. F. Cuvier, Hist. nat. des manimifhres ,p\]ih\iée à' après un dessin envoyé du Bengale par M. Duvaucel ; les notes dont elle était accompagnée ne sont point parvenues à M. Cuvier, et je n’ai pas trouvé dans le Muséum de Paris un sujet provenant du Bengale; ceux que j’ai vus sont tous de Java et ont été rapportés de cette île par M. Leschenault. Ils ne diffèrent point de ceux que nous avons reçus de ce dernier pays dans l’esprit-de-vin et montés. Ce que M. F. Cuvier dit de la langue et de la dentition /eraiV^OM/ïçonner qu’il parle d’une espèce différente de celle de Java. Les conjectures sur les mœurs et la nourriture , déduites du système dentaire et de celte langue soi-disant extensible de deux pouces au delà des mâchoires , attribuées au Kiodote , dont M. Cuvier veut faire le type du nouveau

genr Macroglossus, peuvent être propres à l’animal du Bengale maisil est de fait qu’elles ne sont point applicables au Kiodote de Java. Nous remarquons encore que la figure publiée par M. F. Cuvier dans l’Histoire des mammifères, ressemble exactement au Kiodote de Java.

Patrie. Les îles de Java et de Timor*, probablement aussi dans quelques autres îles j l’existence de cette espèce sur le continent de rinde n’est point encore bien prouvée. Elle cause , tant à Java qu’à Timor, de grands dégâts dans les vergers ^ son genre de vie est le même que celui de la Roussette édule. Tous les arbres fruitiers , dit M. Horsfield, sont en proie aux dévastations nocturnes de cette Roussette. Elle donne la pi'éférence au fruit de YEugeiiia (jambu). On la voit pendant le jour suspendue'aux rameaux élevés des arbres, blottie et cachée sous le feuillage ; les trous des vieux arbres et des édifices lui servent aussi de retraite. M. Leschenault a dit que la langue de cette Roussette est longue de deux pouces 5 elle aurait la faculté de la sortir en entier et de la retirer comme 'le Pangolin fait de la sienne. Il est peut-être plus exact de dire que la langue est un peu plus longue et plus acuminée que celle des autres grandes espèces ; mais il est exagéré de la comparer à la langue longue et lisse des pangolins, ou mêmeaveccellemoinsextensibledesOieiVopZère^ g^Zof^qpAog-ej.L’animal peut avoir la faculté de la sortir environ de trois ou de quatre lignes j, de très-petites papilles couvrent la pointe et la partie postérieure de cette langue 5 vers le milieu de sa longueur se trouve un grand espace carré couvert de très-fortes aspérités. J’ai pu vérifier ceci sur plus de vingt individus.

Le musée des Pays-Bas possède un individu provenant du voyage de M. Leschenault \ plusieurs individus montés en esprit-de-vin , et les squelettes dans tous les périodes de l’âge , ont été envoyés par MM. Kuhl et Van Hasselt. Musées de Paris et de Londres.

DE MAMMALOGIE.

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