‹ Monographie de mammalogieChapitre 4 sur 20 · POCHE DE LEUR MÈRE · texte numérisé non relu

POCHE DE LEUR MÈRE

SARIGUE A OREILLES BICOLORES (i) ou MANICOU.

DIDELPHIS FIRGINIAISA.

Sa taille la plus ordinaire est celle du Lapin ^ mais les adultes de forte dimension sont de la grandeur du Chat sauvage ; queue plus courte que le corps et la tête, garnie de très-longs poils à sa base; le reste jusqu’à la pointe , couvert à claire voie d’un poil ras et blanc ; museau long, très-pointu; boutoir du nez couleur de chair jaunâtre; fente nasale très-pro fonde; doigts de tous les pieds longs et très-fendus; seulement l’extrémité des oreilles jaunâtre.

Tout l’animal paraît blanc; mais il n’y a eu effet de blanc parfait qu’à la tête , au cou , à la nuque et aux parties inférieures ; le pelage sur ces parties est court, laineux, très-serré; un cer-

(i) On peut en dire autant du .S'an'^ue propre à l’Amérique méridionale; mais le

nom ayant été proposé par M. Cuyier , je ne veux point le changer contre un autre peutêtre plus approprié ; il suffit que l’identité de caractère soit reconnue propre aux deux espèces. Celle-ci a les oreilles bicolores , parce que leur jsointe seulement est jaunâtre. Chez \e Sarigue Azara c’est la base seulement de cet organe qui est de la couleur indicjuée ; le reste ést noir.

de de poils d’ua brun clair entoure l’orbite des yeux, mais le reste de la tête et le plus grand nombre des poils de la moustache sont blancs. La fourrure est, de même que chez les Sarigues Azara et cancrivore , de deux qualités; un feutre cotonneux et serré couvre la peau; les poils proprement dits sont longs et durs, et cachent le feutre. Le corps paraît former une seule masse avec l’origine des membres et de la queue, vu que ces parties sont cachées par les poils longs et très-touffus qui les couvrent. Le feutre ou le poil laineux est long d’environ un pouce et demi, blanc depuis la racine , mais brun foncé à la pointe ; les poils soyeux plus longs que ce feutre ont jusqu’à trois pouces, et souvent davantage le long de l’épine dorsale; ils sont d’un blanc parfait dans toute leur longueur; leur extrémité , qui dépasse celle des poils laineux à pointe brune , fait que la foun’ure paraît blanche et que le brun s’aperçoit plus ou moins ; ces longs poils garnissent aussi la base de la queue dont la plus grande étendue est couverte d’un poil très-ras, de couleur blanche, qui couvre mal les petites écailles blanchâtres , dont toute cette partie de la queue est pourvue ; les quatre extrémités sont d’un brun maiTon, mais la fine pointe des poils est souvent blanche; l’oreille est grande, noire depuis sa base, et jaunâtre à la pointe; l’œil est entouré d’un cercle brun ou marron clair ; la pointe du nez est couleur de chair jaunâtre , et les moustaches sont composées de poils blancs et de poils d’un roux foncé.

Longueur totale, de 20 à 21 pouces, dont la queue porte 8 pouces ; distance du bord antérieur des yeux à la pointe du nez , i pouce 6 lignes ; longueur des pieds postérieurs depuis le talon jusqu’à l’origine de la phalange onguéale du doigt le plus long, i pouce 6 lignes, mesures prises sur un mâle adulte.

J’ai mesuré une femelle plus petite, quoique paraissant adulte par les dents; elle porte en longueur totale 17 pouces, dont la queue mesure 7 pouces 6 lignes; distance du bord antérieur des yeux à la pointe du nez, i pouce 4 lignes.

Les jéunes sont plus blancs que les adultes ; ces derniers sont aussi moins abondamment couverts de poils laineux que les jeunes :

3o MONOGRAPHIE

Patrie. L’Amérique septentrionale depuis le Mexique jusque dans les provinces septentrionales des États-Unis , où elle se nourrit de chair, de fruits et de racines ; on la dit dangereuse pour la volaille domestique , qu’elle surprend et dont elle fait sa proie. On mange sa chair , et les sauvages font des tissus du pelage soyeux dont le corps est couvert.

On voit des individus dans les musées des Pays-Bas , de Paris , de Vienne et de Berlin.

• SARIGUE AZARA , ou GAMBA. — DIDELPHIS JZARÆ.

Taille du lapin j museau long 5 queue aussi longue que le corps, le cou et une partie de la tête ; son extrémité aboutit aux yeux ^ trèspoilue à la base 5 couverte sur la partie nue d’écailles marquées , rudes et couchées les unes sur les autres \ entre ces écailles naissent à claire-voie des poils très-courts, noirs sur la partie couverte d’écailles blanches J chanfrein droit, oreilles de médiocre longueur, souvent à base jaunâtre. Les longs poils soyeux toujours d’un blanc pur sur toute leur étendue. Les femelles ont une pocbe complète.

Pelage de deux qualités : celui de dessous ou le feutre est cotonneux et court 5 l’autre est long et rude. Le poil cotonneux est blanc ou blanchâtre depuis sa base , mais les pointes de ce feutre sont noires j les longues soies raides sont par tout le corps blanches , dans la totalité de leur longueur j ces poils ou soies sont en plus grand nombre et plus longs au dos , à la nuque et à la base de la queue, que sur toutes les autres parties, où ils sont plus rares et moins longs. Du ùoir règne autour des yeux et se prolonge jusqu’aux moustaches \ dans le creux du chanfrein naît une autre tache noire qui se dirige entre les oreilles , et continue à avoir plus d’étendue jusque vers l’occiput , où elle se réunit avec le noir de la nuque , d’où les poils soyeux , d’un blanc pur , commencent à couvrir entièrement l’extrémité noire du poil en feutre. L’assemblage de tous ces poils soyeux d’un blanc pur fait que tout le corps paraît blanc , surtout lorsque l’animal est tranquille et que les poils sont couchés.

DE MAMMALOGIE. 3i

Les quatre jambes sont noires , et le poil du métacarpe , celui du métatarse et de la face, sont très-courts', ainsi qu’on l’observe chez tous les Sarigues connus. Partout où la face n’est point couverte de feutre noir , on voit un feutre de couleur jaunâtre sale qui revêt le museau , les lèvres , et forme au-dessus des yeux et à la naissance des oreilles quatre grandes taches bien marquées. La base de la queue est garnie et colorée comme le dos 5 la partie nue de cette queue est couverte d écaillés rudes ; sa première moitié est noire , et quelques poils également noirs , très-courts et disposés à claire-voie , paraissent entre les éca'îlles j l’autre moitié est blanche et les petits poils sont blancs. Les oreilles , grandes et nues , sont le plus souvent jaunâtres à la base seulement, et noires sur tout le reste.

Longueur totale des adultes de la plus forte taille, 28 pouces 6 lignes; sur cette étendue, la queue mesure seule i 3 pouces 6 lignes ; distance du bord antéi'ieur des yeux à la pointe du nez , 2 pouces 8 lignes : une femelle adulte. Un autre individu mâle long de 26 pouces ; la queue seule , 12 pouces 6 lignes. Un autre individu, 25 pouces , et la queue à peu près 12 pouces. J’ai mesuré des jeunes absolument colorés comme les vieux ; l'un de ceux-ci avait 1 1 pouces 6 lignes , et la queue mesurait à peu près 6 pouces 6 lignes.

Repiarque. On évitera de confondre les trois espèces de grands S arîgues à longs poils désignés sous les noms de Sarigue manicouy Azara et crahier, en ayant soin d’observer que le manicou , ou Sarigue du nord de l’Amérique, a toujours la face et le cou d’un blanc pur, le boutoir. du nez blanc, le bout des oreilles coloré, et la queue plus courte que le corps ; le Sarigue A Azara se distingue du manicou par sa queue plus longue , sa face et la nuque presque noires, et ses oreilles toujours noires ou colorées à leur base. Ces deux espèces ont des poils soyeux très-longs d’un blanc pur depuis leur base jusqu’à la pointe. Le Grabier se distingue par sa très-longue queue et par les longs poils soyeux qui ont seulement du blanc à leur base , tandis que tout le reste est d’un noir profond ou d’un brun noirâtre très-foncé. Il ne s’élèvera jamais de doutes sur la différence

bien caractérisée entre le manicou et les Sarigues Azara et crahier ^ mais j’aurais conservé des doutes sur la différence authentique des deux derniers , si je n’avais trouvé ces différences constantes dans tous les âges et chez les deux sexes.

Synonymie. On doit énumérer en premier lieu le Micouré premier, ou Micouré proprement dit, Azara, Quadrup. duParag., traduct. franc., vol. i, p. 244? mais les synonymes sont tous faux. — Dans le dictionnaire d’histoire naturelle ( voyez à l’article Sarigue a oreilles bicolores^ , M. Desmaret confond ce Sarigue acvec le Ma~ nicou, qui est celui de l’Amérique septentrionale. — M. Schreher a indiqué notre espèce dans un écrit périodique qui paraît à Vienne j prenant sans doute l’espèce pour un animal inconnu, il lui a donné le nom de Gamba, qui est probablement un nom du pays, que nous avons cru devoir conserver.

Patrie. Les contrées méridionales de l’Amérique. D’ Azara dit qu’il vit dans les buissons et dans, les champs*, durant le jour il se tient dans les trous 5 il entre aussi dans les maisons. La nuit il dévaste les poulaillers , mange les œufs et suce le sang des oiseaux qu’il saisit -, il monte aux arbres , mange les fruits , et d’ Azara croit qu’il fait aussi sa nourriture d’insectes et de reptiles. On le trouve au Brésil, où il est très-répandu.

On conservée dans le musée de Paris des jeunes individus 5 des adultes et de jeunes sujets font partie des musées de Vienne , des Pays-Bas, du prince de'Neu^vied, et de Francfort..

SARIGUE CRABIER. — DJDELPHIS CANCRWORA.

Taille du chat ^ tête et museau remarquablement longs ; boutoir du nez noir ; queue un peu plus longüe que le corps et la tête , poilue à la base , couverte sur la partie nue d’écailles marquées , rudes et couchées les unes sur les autres ; entre ces écailles naissent à clairevoie des poils très-courts , noirs à la partie supérieure revêtue d’é-

cailles noires , et blancs sur la partie couverte d’écailles blanches ; museau long, très-effilé 5 chanfrein bombé 5 oreilles longues, unicolores 5 les longs poils soyeux toujours blancs à la base, et cVun noir profond sur le reste de leur étendue. Les femelles ont une poche complète. Les trois vertèbres cervicales qui suivent après l’atlas ont. leurs apophyses épineuses très-épaisses et larges ; elles s’élèvent au-dessus des autres apophyses cervicales j leur surface est plane , et elles adhèrent fortement les unes aux autres (i). Voyez pl. 7.

Pelage de deux qualités : le feutre est cotonneux et court, les poils” soyeux sont longs et rudes*, le poil serré et cotonneux est blanc ou blanchâtre, et les longues soies raides sont blanches depuis leur base jusqu’à la moitié de leur longueur seulement j depuis cette moitié jusqu’à la pointe ils sont d’un brun noirâtre très-foncé ; ces poils ou soies sont en plus grand nombre et plus longs au dos , au sommet de la tête et à la base de la queue que partout ailleurs , où la fourrure courte et cotonneuse paraît entre les longs poils très-clair-semés^ le côté externe, ainsi que celui interne des quatre membres, est partout couvert de poils courts entièrement noirs j toute la tête et le museau sont à peu près d’un brun noirâtre et couverts de poils courts 5 ceux du crâne sont aussi de deux couleurs, la racine étant blanchâtre et la pointe noire , ce qui produit un mélange fauve trèsfoncé sur cette partie j du fauve un peu plus clair est répandu sur les parties inférieures du corps, où les poils noirs sont en très-petit nombre et le pelage cotonneux d’une teinte jaunâtre. La queue est couverte d’écailles rudes 5 sa partie poilue est assez longue , celle couverte d’écailles est noire dans sa première, moitié et blanchâtre sur le reste \ les poils clair-semés qui naissent entre ces écailles sont aussi de deux couleurs , noirs sur les écailles noires , et blancs sur les écailles blanches.

Les jeunes naissent complètement nus \ à l’époque où ils quittent les mamelles et sortent de la poche de leur mère, ils sont couverts

( 1 ) Je n’ai pas été à même de comparer les squelettes du Crahier avec ceux du Mardcou ou du Sarigue Azara. Il n’y a rien de semblable dans le squelette de toutes les autres espèces décrites dans ce mémoire.

d’un pelage court et lisse, seulement composé de poils soyeux, d’un brun marron plus ou moins foncé 5 les poils laineux paraissent lorsque le jeune animal a pris la moitié de son accroissement.

Longueur totale, 2 pieds 5 pouces, dont la queue mesure 1 5 pouces ; la partie poilue a 2 pouces 3 lignes j distance du bord des oreilles à la pointe du nez, 3 pouces 3 lignes, et depuis cette partie jusqu’au bord antérieur de l’œil, i pouce 8 lignes; les soies ou crins des moustaches et ceux entre les yeux et les oreilles mesurent 2 pouces 6 lignes ; longueur des pieds postérieurs , depuis le talon à la pointe des ongles, 2 pouces, et des pieds de devant,

1 pouce 5 lignes : dimensions pi'ises sur un individu mâle tiré de l’esprit-de-vin, ayant toutes ses dents usées de vieillesse. Les individus adultes de taille ordinaire sont environ d’un pouce ou un pouce et demi moins longs , et toutes les autres parties proportionnellement. Un jeune que j’ai mesuré a 20 pouces, et la queue 10 pouces

2 lignes. Je viens de recevoir la peau bien conservée d’une très-vieille femelle ; sa dimension totale est de 3 pieds environ.

Synonymie. C’est en premier lieu le Grand philànder oriental de Seba, Thés., vol. i, p. 64, tab. 38 , fîg. i, gravure exacte. — Didelphismarsupialis, Shreb.,etsurtgjilt.tab. i 45 , mais seulement la première table qui porte ce numéro sans V astérisque (i), figure trèsexacte quant aux formes de l’animal, mais mal enluminée. Ajoutez encore Didelphis marsupialis , Gmel., Linn., Syst. 1 , p. io 5 , sp. i.

— Didelphis cancrivora, id., p. 108, sp. 7. — Grand Sarigue ou Crabier, Buff., Supp., vbl. 3 , pl. 54 (mâle), et Didelph. carcinophaga, Bodd. ( femelle. ) — Cuvier, Reg. anim., vol. i, p. 173.

— Geoff., Catal., p. i 3 g. — Didelphe crabier, Now. dict. d’Hist. nat., vol. 9, p. 422. — Molucca Opossum, Shaw. , Gen. Zool. , vol. I , part. 2. P. Ce misérable compilateur décrit notre Phalanger oursin, y joint une figure du véritable Sarigue Quica , et indique

(i)La table 1 45, avec un astérisque, est une figure passable du virginiana , qui

est notre première espèce.

DE MAMMALOGIE. « 35

ensuite comme variété le vrai crahier , dont il donne une figure calquée sur celle de Seba , du Philander maximus orfentalis , t. Sq.

Re marque. he pelage du c radier vai’ie plus ou moins du noir au marron. J’ai vu des individus à bout des poils et aux quatre extrémités d’un noir profond j d’autres d’uu marron noirâtre , avec les quatre extrémités d’un marron pur; leur teinte, ainsi que celle de deux autres espèces à pelage de deux qualités , varie toujours à rai-r son de la longueur des poils raides ou des soies qui cachent totalement le feutre, ou qui, le recouvrant mal , en font alors apercevoir plus ou moins la teinte blanchâtre qui le colore. Il y a cette différence facile à saisir du premier coup d’œil entre le Sarigue Azara et le Sarigue crabier , que le premier paraît blanc parce que tous ses poils soyeux, qui sont les plus longs, sont blancs depuis la base à la pointe ; le dernier paraît noir, parce que la grande moitié de tous les poils soyeux est noire, et que la base seulement , qui est cachée par le feutre , est blanche. J’ai comparé une multitude d’individus des deux espèces dans tous les âges ,* depuis le jeune jusqu’à l’adulte ; à toutes les époques de l’âge , et quel que fut le sexe , j’ai trouvé ces différences constantes sur plus de trente sujets. Les mâles ont toujours trois fausses molaires comme les femelles , mais avec cette différence que leur fausse molaire antérieure est “excessivement petite , l’inférieure surtout paraît à peine pointer des gencives.

Patrie. Une grande partie de l’Amérique méridionale , surtout la Guiane et le Brésil, qui en sont très-peuplés; on le trouve dans toute la Guiane , où il grimpe aux arbres , mais on le dit mauvais Coureur. Il habite de préférence les marécages , où il se nourrit de crabes; il'attaque aussi les petits oiseaux et livre la guerre aux reptiles et aux insectes. Je n’ai ti’ouvé que de la • terre glaise dans les viscères de ceux que j’ai disséqués. Les naturels en mangent la chair , qui a quelques rapports avec celle du lièvre.

Musées des Pays-Bas , Paris, Vienne , Berlin , Francfort et autres.

SARIGUE QUICA {i). — DIDELPHIS QUICJ.

Taille d’un jeune Putois (Mustek putorius); queue plus longue que le corps et la tête , e'paisse à la base , chez le mâle , à peu près d’une venue avec le corps j moins grosse dans la femelle j la partie poilue occupe un peu moins du tiers de sa longueur j la partie nue toujours terminée par un espace blanc , plus ou moins étendu. Les femelles ont une poche complète.

Le mâle a tontes les parties supérieures du corps et des membres , ainsi que le tiers environ de la queue , d’un gris de souris ; tous les poils étant annelés de cendré et de noirâtre, le noir domine à leur extrémité , ce qui fait qu’à voir l’animal de face la fourrure ressemble à celle de la souris ; mais vu de côté, elle a plus de ressemblance avec celle de Y Ecureuil ÿris de la Caroline ; la gorge , toutes Tes parties inférieures et la face interne des membres , sont d’un blanc parfait j les yeux sont entourés par un cercle. noir, audessus duquel est peinte une tache blanche, comme dans V Opossum ou Quatre-œil j au-dessous des yeux, une tache blanche , blanchâtre, ou d’un roussâtre très-clair j le museau et la ligne longitudinale sur le chanfrein sont d’un gris sombre j la partie nue de la queue est noire sur sa première moitié , et blanche sur celle qui forme le bout ; les oreilles sont grandes , ovales , et plus ou moins bicolores.

La femelle a toutes les parties supérieures du corps et la base de la queue d’un fauve noirâtre , avec une légère nuance argentée , selon le j onr qui l’éclaire ; le pelage est d’une teinte cendrée , claire sur les flancs et à la face externe des membres ; le menton et la face interne des membres sont blancs 5 une teinte cendrée roussâtre est répandue sur le ventre ; toute la région de la poche est d’un roux foncé ; le sommet de la tête et le mnseau sont noirs ou noirâtres , et trois grandes taches blanches ou blanchâtres sont disposées au-dessus, derrière et en-dessous des yeux; ceux-ci ont un cercle noiç autour de l’orbite.

(i) Nom vulgaire de cette espèce au Brésil.

Les jeunes ont un pelage plus lavé de fauve ou dè brun j les taches ne sont point aussi bien dessinées que dans les adultes j mais la queue est toujours terminée par un espace blanc plus ou moins étendu.

Longueur moyenne prise sur un grand nombre d’individus : en totalité , 22 pouces, dont la queue prend de ii à 12 pouces j la partie couverte de poils est longue de 2 pouces 9 lignes chez les femelles , et souvent de 3 pouces 6 lignes dans les mâles ; celle de la nudité , de couleur blanche , varie de 3 pouces 3 lignes jusqu’à 5 pouces. Distance du bord antérieur des yeux à la pointe du nez,

I pouce I ou 2 lignes. J’ai vu des mâles* plus petits,' dont la longueur totale est de 20 pouces 3 lignes , et les autres dimensions moindres en proportion.

Synonymie. Cette espèce n’est point du nombre des découvertes nouvelles; elle paraît avoir été confondue dans les indications trèsembrouillées de Y Opossum des méthodes ; chaque auteur a- cru reconnaître dans des animaux , le plus souvent différons , le véritable Opossum indiqué d’une manière si vague par Linnée, et méconnu par le plus grand nombre des naturalistes. On trouve dans les cabinets des individus de cette espèce étiquetés sous les noms d’Opossum, de Cayopollin , et de Philander. Nous devons àM. Natterer la connaissance plus exacte de cette espèce qu’il a envoyée au musée impérial de Vienne , sous le nom de Quica , dénomination qui sera sans doute conservée. Nous avons reçu plusieurs dépouilles et vu quatre individus vivans , outre plusieurs sujets conservés dans l’esprit-de-vin. Il est facile de distinguer dfe Sarigue du véritable Opossum, qui est plus petit, à queue moins longue , et à base poilue moins, étendue. La couleur de la robe du véritable Opossum est d’un roux vif et roussâtre, tel que Schreber en donne deux figures ^ exactes sous tous les" rapports. Il n’est guère possible de confondre le Quica avec le Philander , et nous ne pouvons comprendre comment on a pu en faire un Cayopollin. Ce dernier est probablement le même animal que le Micouré a grosse queue de d’Azara. Les fe»

melles , dans cette espèce , n’ont point de poche. Le Catopollin du Nouv. Dict. dhist. nat . , vol, 9, pag. 426, et celui sous la même indication dans le Règne aniniol, de M. Cuvier, elAaxisVEncjcl. doivent être réunis au Philanderàe cette monographie. La description du Cajopollin de Buffon est prise sur un très-jeune Sarigue , on ne sait trop de quelle espèce ; car il est dit qu’il a deux molaires de moins que Y Opossum et que la Mannose , caractère commuu à tous les jeunes Sarigues (i). On fera bien d’exclure ce Cajopollin de Buffon de la liste des êtres. Le Micouré laineux ou Micouré second de d’Azara ne doit pas non plus être admis dans nos catalogues méthodiques ; ce sont de ces indications vagues qui reposent sur l’examen trèssuperficiel d’un seul individu.

Patrie. Le Quica habite le Brésil ÿ il vit sur les arbres, fait la chasse aux petits oiseaux et aux insectes , et mange aussi des fruits. En captivité on le nourrit de chair. Il se cache pendant le jour, et se roule en boule pour dormir; il souffle comme le fui’et, et ne paraît sortir de sa retraite que de nuit.

Le musée des Pays-Bas possède plusieurs individus montés , et des squelettes. On en voit aussi dans les musées de Tienne et du prince de Neuwied. L’individu du musée de Paris est en trèsmauvais état.

SARIGUE — DIDELPHIS MYOSUROS.

Taille du précédent; la queue semblable à celle du Rat vulgaire (Mus rattus) , bicoîoÆ, grêle, beaucoup plus longue que le corps et la tête ; la base poilue très-petite ; oreilles très-grandes , à peu près rondes ; museau très-pointu. Les femelles ont une poche complète. ' .

Pelage doux , serré , maiç très-court , d’une teinte mélangée , à peu près comme la fourrure du Rat surmulot; les poils cendrés à

(i) Voyez la note sur les caractères du genre Didelphis.

DE MAMMALOGIE.

leur base et variés de brun foncé et de fauve-roussâtre à leur pointe j ceux disposés sur la ligne moyenne du dos d’une teinte plus sombre que le pelage des flancs et de la face externe des membres^ sur le sommet du crâne et depuis les narines à l’origine des oreilles sont trois bandes noirâtres; au-dessus des yeux se trouve une petite tache d’un roux jaunâtre, et en dessous de cet organe , une autre beaucoup plus grande, qui s’étend sur l’angle des deux lèvres; les flancs, les côtés du cou, et le bord extérieur des cuisses, sont d’un fauve roussâtre ; les parties inférieures sont d’un blanc faiblement nuancé de roussâtre , ou d’un blanc terne ou couleur Isabelle. Les oreilles sont très-grandes, à peu près rondes , nues, d’un jaunâtre clair à leur base, et noirâtre sur le reste ; derrière les oreilles , et à leur base , se trouve une petite tâche rousse. La queue est longue, grêle , très-mince vers le bout, très-peu poilue à sa base, brune et garnie d’écailles lisses jusqu’à la distance de trois pouces de la pointe, qui est blanche. Les plus grands individus ont une grande plaque noire sur le sommet de la tête; elle s’étend de l’occiput au chanfrein; le cercle qui entoure les yeux est noir , et on voit une tache noire devant cet organe.

Longueur totale des plus grands sujets, 22 pouces, dont la queue prend 1 1 pouces 2 lignes ; distance du bord antérieur des yeux à la pointe du nez, i pouce 3 lignes; base poilue de la queue, longue seulement de lo lignes. J’ai pris les dimensions sur des individus de 20 pouces en longueur totale : la queue, ii pouces 2 lignes; base poilue, 10 lignes. Les jeunes de moyen âge m’ont fourni les dimensions suivantes : longueur totale , 16 pouces 6 lignes, dont la qneue prend 8 ponces 8 lignes; sa base poilue n’est que de 9 lignes; hauteur et largeur des oreilles, xq lignes ; distance du bord antérieur des yeux à la pointe du nez , 1 1 lignes.

Synonymie. On ne peut rapporter cette espèce à aucune de celles qui se trouvent dans les méthodes. J’ai cru que ce pourrait être le Didelphis nudicaudata de M. Geoffroy, et du Dict. cVliüt. nat. , vol. 9 , p. 424 ; mais il est dit dans le texte que la queue de cet

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animal est toute nue, et que la femelle n’a point de poche. On a trouve , dit-on , les petits attachés aux mamelons. Tout ceci paraît bien différent de ce que nous rapportons ici du Sarigue mjosure ^ cependant, j’ai reconnu très-distinctement, et sans laisser aucun doute , dans le sujet étiqueté au musée de Paris , Didelphis niidicaudata, un individu jeune, de moyen âge , de mon Didelpins myo- * snros , à la vérité détérioré , mais assez bien conservé pour trouver en lui tous les caractères de notre espèce. Ce sujet est-il le même que celui qui a servi à la description de M. Geoffroy? c’est ce que je ne saurais affirmer. Il est au reste très-facile de se méprendre sur l’existence ou sur l’absence d’une poche dans les jeunes femelles qui nous parviennent en peaux desséchées j et la supercherie des préparateurs , dans les colonies , doit nous rendre défians lorsqu’on reçoit des individus où les jeunes sont adhérons. Il m’est arrivé deux fois d’être dupe de pareilles supercheries. Dans un sujet de VOpossum qui fut tiré de la liqueur , je trouvai quatre petits , adhérons au ventre^ étonné de ne point trouver de poche, la dissection seivit à me prouver que les petits étalent fixés par du fil au ventre d’un mâle auquel on avait coupé le scrotum ; j’en ai reçu un en peau préparée, de l’espèce du Sarigue (juica, où la même supercherie avait été commise; un Sarigue dorsal mâle, en esprit-de-vin, portant ses petits sur le dos , se trouve éncore dans une de nos collections ; et j’en ai vu un autre, avec les petits d’une espèce différente, attachés au ventre. Un cas semblable peut avoir induit en erreur ceux qui ont décrit leur Sarigue nudicaude.

Patrie. Notre espèce habite le Brésil, où elle paraît très-commune; tous les naturalistes qui ont visité ce pays en ont rapporté. Elle semble l’être moins à la Guiane. On la reçoit rarement dans les transports d’ojjjets d’histoire naturelle qui nous arrivent de Surinam.

Musée des Pays-Bas, plusieurs individus des deux sexes. Musées de Vienne , de Francfort et du prince de Neuwied. Celui du musée de Paris est en mauvais état.

La longueur totale des vieilles femelles est de 19 pouces , dont la queue mesure 9 pouces 6 lignes ; Lase poilue de la queue , 2 pouces

1 ligne \ distance du bord antérieur de l’ceil à la pointe du nez , i pouce

2 lignes.

Remarque. Le crâne de Y Opossum est difficile à distinguer de celui du Sarigue quica : meme nombre de dents , et à peu près meme forme générale. Un caractère assez saiUant peut servir de moyen pour reconnaître ces crânes. Dans VOpossuni , le chanfréin forme une ligne inclinée , mais droite , et d’une yenue avec le front ; au lieu que le chanfx’ein du Sarigue quica est voûté et forme une ligne courbe dont la plus grande élévation est au centre. Cette coupe de la mâchoire supérieure fait que la tête du Sarigue quica ressemble à celle des Sarigues crabier , minois et micouré , dont le museau , quoique proportionnellement aussi long, paraît moins pointu que celui des autres Sarigues , particulièrement de Y Opossum, du Dorsal et de la Marmose, qui rappellent, dans les formes de la tête, quelque ressemblance entre ces petits animaux et les Renards. Cette partie, dans les Sarigues pliilander et grisou , se distingue par le chanfrein assez court de ces animaux.

Le nom ^Opossum a été donné indistinctement à plusieurs Sarigues. M. Cuvier vient très-récemment de nommer ainsi le Sarigue minois de Buffon. Voyez Histoire des Mammiferes. CAette remarque m’a paru nécessaire pour éviter une réunion que l’identité de nom pourrait occasioner. Au reste , M. Cuvier paraît avoir choisi cette dénomination , parce que les Anglo-Américains désignent ainsi le Didelphis virginiana de Pennant j mais j^ai cru devoir la rendre à l’espèce de cet article, le nom ^Opossum lui ayant été donné par Linné , Buffon et Schreber : ce dernier ' en a publié deux bonnes tigures.

Sjnonjmie. Didelphis opossum. Gmel. Sjst. i, p. io5, sp. 3. — Schreb, Saugïit., vol. 3, p. 53’^, tab. xlfb, A et B, ligure exacte du mâle et delà femelle. — Sariuüe opossum. Buff. Quadrup.,

corps et s’étend sur une grande portion de la queue ; les oreilles sont grandes, très-distantes et ovoïdes à leur partie supérieure j les narines se trouvent partagées par un sillon très-profond ; une petite bande d’un roux vif passe sur le chanfrein , et aboutit au sinciput où elle est plus large; les yeux sont exactement entourés par une petite tache d’un brun cendré clair qui s’étend jusqu’aux narines ; tout le sinciput , les côtés du chanfrein et les joues sont à peu près blancs ; le pelage , sur toutes les autres parties supérieures du corps , et à la base de la queue, est, dans le mâle, d’un fauve roussâtre trèsclair , mais teinté de jaunâtre sur les flancs et à la partie poilue du dessous de la queue ; toutes les autres parties inférieures sont blanches ; les moustaches et les longs poils au-dessus des yeux sont d’un roux foncé ; les oreilles , la partie nue des pieds , et une partie de la queue , sont d’un brun roussâtre. La femelle a le pelage d’un fauve ce'ndi’é et roussâtre ; la partie intérieure de la poche est garnie d’un poil roux, et toutes les autres parties inférieures sont d’un blanc sale; un quart de la partie nue de la queue est brun, l’autre est rnarbré de brun et de bl^c, et le reste, jusqu’au bout, est tout blanc. La taille des femelles est toujours bien plus forte que celle des mâles. •

Longueur totale prise sur trois mâles, i 3 pouces 6 lignes; la queue seule mesure 8 pouces & lignes ; la partie qui est couverte de poils a I pouce 9 lignes. Longueur totale de la tête, t pouce 10 lignes ; de la pointe du nez au bord antérieur de l’œil, 8 lignes * Deux femelles nous ont fourni les dimensions suivantes : 22 pouces ; longueur totale de la queue, i 3 pouces; la partie couverte de poils, 2 pouces 9 lignes ; de la tête, 2 pouôes 3 lignes ; de la pointe du nez au bord antérieur de l’œil, 10 lignes.

Sjjwri jmie. Ijü. seule indication que l’on puisse citer avec confiance est celle donnée par Scbreber, Saugth . , f. 3 , p. 54 i, sous le nom de Faras, ainsi que , table. 147 .du même ouvrage, sous le nom de Didelphis philander ; cette figure est du petit nombi’e de celles publiées par Scbreber, qui est bien dessinée , et colorée avec

sur les femelles que j’ai tirees de l’esprit-de-vin se rapprochent plus de celles indiquées par Schreher. Les jeunes , meme lorsqu’ils sont encore portés par la mère , sont faciles à distinguer des jeunes de toutes les autres espèces que nous venons d’indiquer ; il serait impossible de les confondre avec les jeunes de V Opossum ou Quatre-œïl.

La description dii Cajopollin dans le Nouveau Dictionnaire (Vliistoire naturelle doit être rapportée au Philander de cette monographie •, et c’est aussi d’un Philander dont il est question dans le Régné animal j sous ce même nom, mal appliqué, de Cajopollin. Les sujets mal étiquetés du musée de*Paris confirment ce que j’avais supposé , d’après les indications mentionnées. Il est probable que les figures 3 et 4 de la planche 3 1 de Seba ont été prises sur des sujets de l’espèce du Philander.

Patrie. L’Amérique méridionale. Les individus que j’ai' examinés ont été envoyés de Surinam ; il est probable qu’on les trouve dans toute la Guiane. Je n’en ai point vu dans les collections faites au Brésil. On a trouvé des débris d’oiseaux dans les individus que j’ai fait tirer de l’esprit-de-vin.'

Plusieurs individus montés et des squelettes font partie des musées des Pays-Bas et de Vienne ceux du musée de Paris sont en trèsmauvais état, et portent sur l’étiquette dont ils sont pourvus le nom de Cajopollin.

DEUXIÈME SECTION

LES FEMELLES N’ONT .POINT DE POCHE ; ELLE EST REMPLACÉE PAR UNE DUPLICA- TURE DE LA PEAU DU VENTRE. LES JEUNES MONTENT SUR LE DOS DE LEUR MÈRE, ET S’Y AFFERMISSENT AU MOYEN DE LEUR QUEUE.

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