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autres indications et meme celles portées ici méritent peu de confiance.
Remarque. Les naturalistes qui n’ont point été dans le cas de faire dés recherches basées sur l’examen d’un grand nonotbre d’individus , ou qui se sont trouvés dans la nécessité d’avoir recours aux descriptions succintes «^s voyageurs et aux figures plus ou moins vicieuses des différentes espèces de Sarigues , ont pu croire facilement que , de toutes ces espèces nominales , il s’en trouvait plusieurs formant double emploi du même animal. Je dois attribuer à cette cause l’erreur commise dans le Régné animal, et suivie dans \e Nouveau Dictionnaire d'histoire naturelle, où les auteurs ont réuni le Didelphis Cajopollin, P hilander et Dorsigera, dans un même article, et sous des indications très -vagues. Ces trois espèces diffèrent à tant d’égards les unes des autres, ainsi que je l’ai prouvé par les caractères essentiels et les descriptions fournis dans cette monographie , qu’il sera facile de les reconnaître par ces seuls moyens. Mais, nonobstant toute l’exactitude que j’ai tâché de mettre dans les descriptions du Sai'igue dorsal et du Sarigue marmose, je n’ai pu rendre à ces différences un caractère d’originalité à l’aide duquel on puisse reconnaître du premier coup d’œil les individus de ces deux espèces voisines. Je tàchei'ai d’y remédier par quelques détails. Les formes du Dorsal et de la Marmose sont peu différentes; leur taille l’est davantage; j’ai trouvé cette différence constante sur tous les individus tirés de l’espritde-vin; mais elle varie dans les individus montés , et ceci tient à la préparation vicieuse des dépouilles. Indépendamment de la couleur du pelage, toujours rouSsâtre ou jaunâtre chez la Marmose , et brune ou cendrée-faiive chez \e Dorsal , a\ trouvé des différences invariables dans la queue, plus longue, en proportion du corps, dans le Dorsal que dans la Mannose : cette queue est constamment jaunâtre et sans taches chez ce dernier , et d’un brun uniforme dans le Dorsal. Ces animaux, qui viennent du même pays, diffèrent toujours de la même manière entre eux ; ils n’offrent point de dissemblance très^ marquée de grandeur dans les sexes.
5o MONOGRAPHIES
Patrie. Tous les individus que j’ai reçus proviennent des collections faites à Surinam. Le Sarigue dorsal n’est point la seule espèce connue qui porte ses petits sur le dos*, tous les Sarigues, dont les femelles manquent de poche pour y cacher les petits , transportent leur petite famille de cette manière.
Le musée des Pays-Bas possède plusieurs individus montés et des squelettes. Ceux du musée de Paris sont en sumauvais état , qu’il est impossible de reconnaître l’espèce.
SARIGUE MARMOSE. —DIDELPHIS MÜRINJ.
Taille du Lé rot ( Myoxus nitela ) ; queue un peu plus longue que le corps et la tête ; la partie poilue de sa hase très-petite; la partie nue d’un jaune unicolore; yeux placés dans une tache marron, cette tache se prolonge sur une partie de la lèvre supérieure. Les femelles manquent de poche.
Pelage serré et fin , mais court et peu fourni ; les poils sont de deux couleurs; d’un cendré foncé à leur hase, et fauve roussâtre ou jaunâtre à leur pointe , quelquefois aussi d’un roux pur; cette bigarrure des poils fait que les parties supérieures du corps et l’extérieur des quatre membres sont d’un fauve roussâtre clair, jaunâtre, ou d’un roux vif, paraissant mêlé de cendré , suivant que ces poils sont plus ou moins divefgens; la tête est d’un jaunâtre clair, dépourvue de raie sur le chanfrein ; les yeux sont placés dans une tache marron , assez grande , mais plus étendue vers le museau qu’à la partie postérieure de l’œil; toutes les parties inférieures et les joues sont d’un beau blanc légèrement jaunâtre ; la hase peu poilue de la très-longue queue est coloi’ée comme le dos ; sa partie nue est parfaitement glabre , unicolore, et de couleur jaunâtre, ainsi que les oreilles. Les femelles sont un peu plus grandes que les mâles; les jeunes peuvent être facilement distingués de ceux des autres espèces. A l’époque où leur longueur totale n’excède point encore trois pouces, par conséquent, peu de temps après leur naissance, ils sont déjà très-reconnaissables par la tache
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marron qui est prolongée en avant et derrière les yeux , et par la couleur de leur pelage roussâtre.
Longueur totale, de lo pouces ou lo pouces 2 lignes, dont la queue mesure 5 pouces 3 ou 4 lignes; la partie poilue de sa base longue de 6 lignes ; distance du bord antérieur de l’œil aux narines , 6 lignes, mesure prise sur trois femeUes adultes. Les vieux mâles ont des dimensions un peu moins fortes.
Synonymie. Didelphis murinx, Gmel. Syst. i , p. 107, sp. 4 - — Schrno. Saugth. , v. 3 , p. 545 . ^ iab. 149 ? figure mal colorée , quoique assez exacte de contour. — La Marmose, Buff. Quad. , vol. 10, p. 335 , t. 52 et 53 . — Idem. éd. de^ Sonn . , v. 28, p. 65 , pl. 3 . ■ — Cuv. Heg. anim., v. ï,p. 174* — Geoff. Caial. quad. du musée, p. 143, J/?. 6 . — Murine OPOSSUM , SbaAV. Gen. zool.,v. 1, part. 2., p. 484. On ne doit point rapporter à la Marmose le Micouré quatrième, de d’Azara, Quad. du Parag. , v. i, 290, qui paraît être synonyme avec le Sarigue nudicatide de M. Geoff. , ni son Micouré cinquième , qui est notre Sarigue touan , ou Didelphis brachyura.
Remarque. On ne pourra confondre la Marmose qu’avec le Dorsal dont elle approche beaucoup ; j’ai insisté sur les différences qui séparent ces deux espèces dans la remarque à l’article du Sarigue dorsal. Le nom de Marmose provient sans doute, comme le remarque M. Cuvier, d’une faute d’impression dans la traduction française de Seba. On donne dans les colonies de la Guiane hollandaise , le nom de Bosclirat Ç Rat des bois) indislinctemeut a toutes les espèces de Sarigues qui y sont répandues. Schrebér a très-bien indiqué la longueur de la queue de notre Marmose dans Sa planche; mais dans le texl», ü dit qu’elle est plus courte que le corps, ce qui est faux, car la queue est plus longue que le corps et la tête.
Patrie. L’Amérique méridionale ^ particulièrement la Guiane, où cette espèce est très-multipliée. Elle creuse la terre, et se suspend par la queue aux branches des arbres , chasse les petits oiseaux , et se
nourrit aussi de fruit. Dans les trois Marmoses femelles adultes que j’ai tirées de Tesprit-de-vin pour les faire monter , nous avons trouvé des traces de leur appétit carnivore dans quelques débris de plumes d’oiseaux, mêlés aux nombreux débris d’insectes, contenus dans leurs viscères.
Muséum des Pays-Bas, trois femelles montées, et le squelette d’un mâle. Musée de Paris, plusieurs individus sous des dénominations différentes; mais tous mal montés et détériorés.
SARIGUE TOÜAN. — DIDELPHIS IRICOLOR.
Taille du Sarigue dorsal ( Didelphis dorsigera) ; queue de moitié moins longue que* le corps et la tête, épaisse et large à sa base , déprimée dans presque toute sa longueur , à peu près nue en dessous et à la pointe, mais couverte de poils à sa face supérieure. Les femelles manquent de poche.
Tout le dessus du corps, du cou et de la tête, est couvert d’un poil noirâtre , dont l’exti'émité tire un peu au grisâtre. Cette couleur noirâtre est disposée sur tout le dos, jusques aux flancs; elle forme une bande longitudinale sur le sommet de la tête, et vient aboutir aux narines; les joues, la goi-ge, les côtés du cou, les flancs et la face externe des quatré membres sont d’un roux ardent ; la poitrine et toutes les parties inférieures sont d’un blanc pur; la queue, dont la base est large et déprimée, est couverte, sur une grande ■ partie .de sa face supérieure , de poils longs , de la couleur des flancs ; en dessous , elle est garnie d’un poil serré , et tellement ras, que cette partie, ainsi que la pointe, pai’aît nue. Les mâles ont un scrotum traînant piesque à terre; leur jrobe ne diffère point de celle des femelles.
Longueur 8 pouces , de 5 à 8 lignes , dont la queue mesure environ 3 pouces ; distance du bord antérieur de l’œil à la pointe du nez de 7 à 8 ligues. Mesui'e prise sur des individus adultes. Les mesures données par les auteurs sont du jeune âge.
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Remarque. Cette espèce ou le Didelphis brachjura de Pallas est bien caractérisée et facile à distinguer du Didelphis hrachyura de Linné , non-seulement par les formes mais aussi par les couleurs du pelage.
Synonymie. Didelphis tricolor. Geoff. Catal. des mamm. p. 144? ^P'I' — Didelphis brachyüra. Pall. Act. petrop. ann. 1780, i . 2 ,p. 235 , tab. 5 . — Le touan. Buff. Mamm. supp., 7, /?. 252 ^ pi. 4 i ou vol. 7, pag. 61 , pl. 5 . — Micouré cinquième ou Micouré A queue courte. D’Azara. Foy. au Parag., trad. franc., vol. i. — Nouv. diction. dHiist. naturelle., vol. 9, p. 429 « On ne doit point confondre cette espèce avec la suivante, car la Didelphis brachyura de Pallas et celui de Linné sous ce même nom forment deux espèces distinctes.
Patrie. La Guiane, plus particulièrement Cayenne. Ce Sarigue vit dans les forêts et chasse aux insectes j j’ai trouvé les débris de scarabés dans ses viscèi'es. On le trouve aussi au Paraguay.
Dans le Muséum des Pays-Bas , sont deux individus montés et le squelette 5 le Musée de Paris possède un sujet eu mauvais état.
SARIGUE — DIDELPHIS BRACHYURA.
Taille du Lérot (Myoxus nitela) ; queue moitié longueur du corps et de la tête ; oreilles médiocres, rondes; museau Court, un peu obtus; queue poilue à sa base seulement , le reste couvert d’un petit poil très-ras. Les femelles n’ont point de poche.
Pelage court , doux , parties supérieures de la tête , du cou et du corps d’un gris-fauve jaunâtre à peu près de la même teinte que le pelage du Surmulot ou du Mulot ^ joues, côtés du cou, flancs, cuisses et base de la queue d’un roux assez vif, ou couleur de rouille ; toutes les parties inférieurllbsont d’un roux jaunâtre ; les pieds sont blanchâtres ; la queue est épaisse à la base et terminée en pointe.
Longueur totale 6 pouces 6 lignes ; queue 2 pouces 3 lignes.
Synonymie. Didelphis brachyura. Linn. Gmel. Syst. i , pag. io 8 , sp. 8 . — Schreb. Saugth. ç. 3 , tab. i5i. enluminé d’après un individu décoloré par la liqueur spiritueuse. — Mus silvestris ameri- CANA. Seb. Mus. p. 5o , tab., 3i , fig. i. — Short-tailed opossum. Shaw. Gen. Zool., vol. i,p. 479* — Didelphe brachyure. Nouv. dict. d’hist. nat., vol. 9 , p. 43o.
Patrie. La Guiane et quelques autres parties de l’Amérique méridionale; le plus grand nombre nous vient de Surinam où l’espèce doit être très-commUne.
Le Musée des Pays-Bas possède des individus montés et le squelette. Celui du Musée de Paris a été trouvé à Monte-Video par l’expédition du capitaine Freycinet; il est en mauvais état. Un second individu en très-bon état et parfaitement adulte fait partie de cette collection. Il a été envoyé du Brésil par M. de Saint-Hilaire.
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