‹ Monographie de Notre-Dame de Chartres: explication des planchesChapitre 19 sur 100 · PLANCHE VII. — CÔTÉ OCCIDENTAL · texte numérisé non relu

PLANCHE VII. — CÔTÉ OCCIDENTAL

fait représenter ici, comme nous le voyons aussi à la cathédrale de Paris, sur le tympan de la porte Sainte-Anne. Il y a, en effet, une telle ressemblance entre la sculpture de ces deux portes des cathédrales de Paris et de Chartres, qu'il semble à peu près certain qu'elles sont de la même époque et décorées par les mêmes artistes. Pourquoi ne seraient-elles pas dues à la générosité du même roi? C'est surtout après avoir eu l'avantage de voir de près et de toucher de la main ces basreliefs des deux églises que j'ai pu me convaincre de cette similitude parfaite. Je n'en citerai que quelques détails. Les mêmes ornements se retrouvent sur le lit dont nous venons de parler et sur les trônes de la Sainte Vierge à Paris et à Chartres. Le vêtement de dessous est identique en deux endroits sur la personne du roi Louis VII, et sur l'un des Gémeaux qui se trouvent dans les voussures que nous examinerons tout à l'heure. Enfin il y a -une parfaite ressemblance entre les grandes statues ou bas-reliefs de la Sainte Vierge et de l'Enfant, au sommet de chacun des tympans de Chartres et de Paris.

Il est important de remarquer que ces deux zones de bas-reliefs que nous venons d'examiner sont d'un travail de sculpture très différent et très inférieur aux différentes parties de ce portail. Elles ont dû avoir été refaites après coup, et copiées d'après un modèle ancien auquel on se conforma, car elles sont complètement pareilles aux scènes que l'on voit dans le tympan de la porte Sainte-Anne, à Notre-Dame de Paris.

Le troisième tableau occupant le haut de l'ogive est un magnifique bas-relief représentant l'Enfant Jésus assis sur les genoux de sa Mère. La Sainte Vierge est, à son tour, assise sur un trône richement décoré. Elle est figurée dans cette position hiératique et symétrique qui exprime en sculpture l'un des plus beaux titres que l'Eglise lui a décernés: Sedes sapientiœ, et que viennent confirmer ces paroles :

In gromio matris sedet sapientia patris,

que nous fournit une ancienne représentation de Notre-Dame et de son Fils. C'est le plus ancien type des représentations de la Mère de Dieu; c'est ainsi qu'on la trouve à Rome dans les catacombes, dès les pre-

niiers siècles du christianisme. Les plus anciennes images de Notre- Dame, celles du pèlerinage de Chartres entre autres, sont exécutées suivant ce modèle, qui est le plus beau, nous dirions volontiers le seul , que l'art chrétien devrait reproduire.

Un dais supporté par des colonnes protégeait autrefois ces deux précieuses figures. On voit encore, à gauche, une des bases de colonnes supportant ce dais ou ciborium, aujourd'hui brisé.

Enfin, deux anges fléchissent le genou devant le divin Enfant et sa Mère et les encensent.

Les voussures qui encadrent ce tympan contiennent des anges thuriféraires et les sept Arts libéraux, personnifiés par une suite de femmes tenant en main les accessoires qui les caractérisent.

Chacune d'elles est, en outre, accompagnée d'un écrivain rappelant l'inventeur ou le savant le plus célèbre dans l'art près duquel il est placé. Nous allons en faire l'énumératiou, prenant soin d'indiquer leui-s caractéristiques lorsqu'ils sont conservés dans la sculpture.

1° Musiea. — Musica sum late doctrix arti$ vartelateK La femme qui personnifie la musiqne lient dans la main gauche, sur ses genoux, une sorte de petite harpe et, de la droite, frappe sur les clocheties d'un carillon fixé au raur, où l'on voit aussi accrochés divers instruments.

Au-dessous de la musique, Pythagore, penché sur son pupitre, écrit sur cet art. Il se sert d'un grattoir pour effacer un mot; près de lui, on voit contre le mur un petit râtelier avec une éponge et des plumes, ou calami, pour écrire,

2° Grammatica. — Per me quis discit vox, Uttera, syllaba, quid sil. I^a Grammaire tient, d'une main , un livre ouvert et, de l'autre, une poignée de verges pour stimuler les deux enfants accroupis auprès d'elle, s'ils n'étudient pas avec zèle. x\u-dessous d'elle, Chilon écrit.

3" Dialectica. — Argumenta sino conmrrere more canino. La Dialec-

' C'est dans un précieux manuscrit de la manuscrit du xu" siècle a péri en 1870 dans

bibliothèque de Strasbourg que j'ai autre- l'incendie allumé dans la bibliothèque par

fois copié les vers léonins caractérisant ici les bombes prussiennes, les sept Arts Hbërmjx. Cet inappréciable

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