‹ Monographie de Notre-Dame de Chartres: explication des planchesChapitre 60 sur 100 · BOSE SEPTENTRIONALE · texte numérisé non relu

BOSE SEPTENTRIONALE

Au centre de cette grande fenêtre, dans un cercle entouré de festons fleuronnés, nous voyons l'Enfant Jésus, le Messie, le Désiré des nations, bénissant de la main droite le globe du monde, qu'il tient en sa main gauche. Il est assis sur les genoux de Marie, sa mère, qui le soutient de la main gauche. La couronne qu'elle porte sur la tête, le sceptre qu'elle tient en sa main droite et le trône sur lequel elle est assise nous indiquent ses piérogatives de Reine des Cieux et des Anges, ainsi que la proclame la croyance de l'Eglise.

Autour du médaillon central, o\i sont Jésus et sa Mère, sont rangés circulairement douze compartiments de forme ovoïde et terminés en trèfle. Dans chacun d'eux, sur un fond en mosaïque, est un petit cercle. Les quatre plus élevés contiennent des colombes avec nimbe croisé ; elles se dirigent à tirc-d'aile vers les deux figures centrales de Jésus et de Marie. Ces colombes symbolisent l'Esprit Saint et rappellent ces textes : Spiritum meum ponam super eum; Spirilus Sanclus supei'ventel in

Si l'on veut avoir une iciëc de ia ma- Rose, vue par le dedans, apparaît presque nière dont les panneaux de cette Rose sont entière. On voit aussi sur cette planche les disposés et suivre notre description sur un cinq fenêtres placées au-dessous et dont nous dessin , on aura recours à la coupe hngitu- parlerons plus loin. dinale de la cathédrale (pi. XXXV), oh cette

te. Les quatre compartiments au-dessous des précédents — ils occupent les côtés du cercle central — renferment quatre Anges agenouillés; deux tiennent des flambeaux allumés, et deux encensent Notre-Seigneur et Notre-Dame. Dans chacun des quatre petits cercles inférieurs on voit la représentation hiératique d'un Ange qui fait partie du premier ordre de ces esprits célestes et porte le titre de Trône. Chacun d'eux paraît ici, comme en plusieurs endroits de la cathédrale, sous la forme d'un jeune homme nimbé dont le corps est enveloppé de six ailes. Les deux ailes supérieures entourent la tête; deux autres ailes, partant au niveau du cou, descendent sur les côtés jusqu'aux pieds; deux autres ailes enfin, partant aussi de la région cervicale, se croisent devant la partie antérieure de son corps, qu'elles recouvrent presque entièrement, car de ce personnage on ne voit que les deux bras nus, étendant les mains à la manière des figures auxquelles on donne « tort le nom d'Orantes. On voit aussi les jambes de ce même personnage, qui sont nues ainsi que les pieds, lesquels sont posés sur une roue. Cet Ange porte chez nous une cravate nouée autour du cou, laissant pendre deux bouts d'étoffe jusqu'au bas de la poitrine. Ces Trônes, ou Intelligences célestes, sont occupés, suivant les anciens textes, à chanter la gloire de Dieu dans un Hosanna sans fin. Dans les églises Grecque et Russe on les peint sous la forme de roues ocellées, ailées, enflammées et entrelacées, sans y joindre rien de la forme humaine.

Autour de ces douze compartiments on voit rayoïîner, circulairement aussi, douze panneaux de forme carrée et plus grande. C'est là que sont rangés douze des Rois de Juda, ancêtres ou précurseurs du Messie, et formant autour du médaillon central de cette Rose une auréole de figures royales, analogue à la galerie des Rois des grands portails de nos cathédrales, ainsi que nous l'avons dit plus haut. Ils forment là comme une cour d'honneur autour du Roi des Rois. Tous sont assis sur des trônes, portent la couronne en tète et le sceptre dans la main gauche. La plupart indiquent de leur main droite, avec un geste énergique, les figures centrales de Jésus et de sa Sainte Mère. Leurs noms se lisent derrière eux dans un ordre conventionnel et sans exactitude

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orthographique. Ces noms, en allant de droite à gauche, sont : David. Salomon. Ahia. Josaphal. Osias. Acaz. Manases. Ezechias. Joatam. Joram. Aza. Roboam.

La grande circonférence extérieure de cette Rose est garnie de douze demi-cercles entourés de fleurons, et portant sur un fond de mosaïque douze cercles de petites dimensions, dans lesquels on voit les figures des douze petits Prophètes. Ils sont debout, portent sur la tête un bonhet, et leur costume consiste en une i"obe, avec une ceinture, et en un manteau ; ils tiennent en main une banderole comme un rouleau de jjapyrus et indiquent leua'S prophéties. Derrière eux se lisent leurs noms, écrits sans ordre et sans orthographe : Ozias. Johel. Abdias. Micheas. Abbacuc. Ageus. Machias. Zacharias. Sepentas. Nahum. Jonas. Anios.

Entre les carrés, où sont rangés les Rois, et les derniers cercles, où sont les douze petits Prophètes, il y a une suite de douze quatre-feuilles oii brillent sur un fond d'azur les Lis d'or de France,

La partie du mur qui supporte cette Rose est percée immédiatement au-dessous de petites ouvertures trilobées, quatre de cliaque côté. Elles sont l'emplies de vitrages offrant alternativement les armoiries de France et de Castille, afin de rappeler la mémoire des royaux donateurs de toute cette face septentrionale de la cathédrale, le loi saint Louis et sa mère Blanche de Castille. Sur la planche XXXV, à laquelle nous avons renvoyé, ces petites fenêtres n'ont pas été indiquées par le graveur.

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