‹ Monographie de Notre-Dame de Chartres: explication des planchesChapitre 64 sur 100 · PLANCHES XXXVIII-XLI. — LES QUATRE ÉVANGÉLISTES. 1M · texte numérisé non relu

PLANCHES XXXVIII-XLI. — LES QUATRE ÉVANGÉLISTES. 1M

figure et l'annonce. Ces peintures, exposées aux regards du pubiic, présentaient aux fidèles, d'une manière quotidienne et perpétuelle, les principales vérités de la religion que les feits historiques gravaient dans leurs mémoires. Un semblable vitrail existe à Chartres; malheureuse^ ment il est incomplet. Il en existe un autre à la cathédrale de Bourges. Les RR. PP. Cahier et Martin ont écrit, dans leur ouvrage sur le» vitraux de Bourges, une savante dissertation sur ce vitrail. Ils lui ont donné le titre de Vitrail de ht noitvelk alliance, expression tfeéologiqxie qui semble moins à la poFtée du public que celle de VeMs Testamenlum cum îwvo eonjimctum, dont se 'servent habita^llement les- auteurs anciens dans leurs livres, et tp^ii a été adoptée par les artistes dans les peintures et les sculptures où ils noiïs on* motitré ces diverses phases de noire histoire religieuse.

iNous avons encore quelquies mots à dire pour terminer la description de ces quatre fenêtres et pour indiquer fa place occupée par les divers personnages qui s'y voient représentés.

A la droite de ia fenêtre médiane (pour celui qui est tourné vers» elle) est le Prophète Ezéchiel, portant saint .lean. Au-dessous d'eux est Pierre Mauclerc, comte de Dreux, à genoux, les mains jointes, et tourné vers l'image de Notre-Dame.

La fenêtre plus à droite nous montre le Prophète Daniel portant saint Marc, et, au-dessous d'eux, un jeune Prince priant aussi la Sainte Vierge. Il est debout.

Du côté opposé, c'est-à-dire à gauche du spectateur, on voit en premier lieu Isaïe portant saint Matthieu , et, au bas de la fenêtre, Alix de Thouars, duchesse de Bretagne, à genoux, les mains jointes, et tournée vers la Sainte Vierge.

Dans la dernière fenêtre à gauche est Jérémie portant saint Luc, et, au bas de la même fenêtre, une jeune Princesse debout, regardant aussi Notre-Dame, vers laquelle elle se tourne en joignant les mains.

Dans les monuments du moyen âge, jusqu'au xvi* siècle, on voit ainsi dans les vitraux des familles de donateurs qui se sont fait peindre, père et mère avec tous leurs enfants, se prosternant à genoux vers

Jésus- Christ ou sa Sainte Mère, en l'honneur desquels ils ont fait quelque libéralité à l'église.

La lithographie n'ayant pas reproduit ici les couleurs des blasons qui couvrent les habits des quatre seigneurs dont nous venons de parler, on ne peut voir l'aspect original que leur donnent ces échiquiers d'or et d'azur et ce quartier d'hermine qui enveloppent tout le corps de ces princes et de ces princesses.

Ces vitraux sont exécutés très largement, avec une énergie un peu sauvage, comme il convient à des figures décoratives placées à une grande hauteur dans l'immense édifice de la cathédrale. Les yeux des personnages sont d'une grandeur exagérée, et il ne faut pas s'en plaindre puisqu'on a l'avantage de les voir du bas de l'église. Ce regard pénétrant fait une grande impression sur le spectateur, avantage qu'il ne trouve jamais devant les pâles et insignifiantes figures que nous montrent trop souvent les peintures et les vitraux dans les édifices modernes. Il ne faut pas oublier de faire remarquer que les noms des Prophètes et des Apôtres sont écrits en grandes lettres, ainsi qu'on peut le voir sur les planches lithographiées.

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