‹ Monographie de Notre-Dame de Chartres: explication des planchesChapitre 79 sur 100 · PLANCHE LXI. — HISTOIRE DE L'ENFANT PRODIGUE · texte numérisé non relu

PLANCHE LXI. — HISTOIRE DE L'ENFANT PRODIGUE

ce pauvre pécheur, va trouver un habitant de ce pays lointain et se met à son service. Or cet homme dont ii devient le valet et l'esclave, c'est le démon, auquel H va se confier. Non seulement il a quitté le royaume de Dieu, son père, et la compagnie des anges, mais il se livre tout entier à Satan et se rend le compagnon des diables. Son sort devient de plus en plus malheureux et pitoyable. H manque de tout et porte envie aux animaux immondes qu'on lui a donné à garder.

La miséricorde et la bonté de Dieu lui sont rappelées à la mémoire par l'inspiration du Saint Esprit; il s'écrie:

Surgnm et ibo adpatrem meum, et dicam et : n Pater, peccavi in cœlum et coram le. n Un saint désir de faire pénitence s'empare de son cœur; il veut abandonner les folies mondaines dans lesquelles il était plongé; il va se jeter dans le sein de la miséricorde de Dieu et lui demander pardon en reconnaissant qu'il était justement irrité contre lui. Voici notre prodigue entrant dans la voie de la pénitence. Il reconnaît les justes jugements de Dieu, qui l'affligeaient temporellement pour lui ouvrir les yeux et lui faire reconnaître son désastre. Il conçoit dans son âme une espérance certaine que Dieu, qui est le père de la miséricorde, ne lui refusera pas son pardon et sa grâce. Il se décide à retourner vers lui en lui confessant ses fautes. Il ne faut pas avoir honte de sortir de son vice, mais de l'avoir commis. Et ici, les commentaires nous développent l'importance et la nécessité de la confession, de la contrition et de la satisfaction.

Et , cum adhuc longe esset, vidit illum puter illtus , et misericordia motus est, et accurrens cecidit super collum ejus et osculalus est etim. Tels sont les sentiments de compassion et de pitié que Dieu ressent pour l'honmie coupable et telle est l'affection qu'il ressent pour sa malheureuse créature déchue que la seconde personne de la Sainte Trinité descend sur la terre et se fait homme. Le mystère de l'incarnation est le résultat de cette immense affection de Dieu pour le genre humain coupable : Sic Deus dilexit mundum lit filium unigenilum daret.

Cito proferte stolam primam et induite illum. La grâce lui rend son innocence et ses vêtements sans tache.

Adducite vitulum saginatum, et occidite, el manducemus et epulemur. Ce banquet nous représente ia parfaite liberté et raffranchissement du servage et de l'esclavage auxquels notre prodigue s'était asservi par sa débauche. Cette renaissance surpasse la première, car la naissance d'Adam lui avait donné seulement l'être; la seconde le fait enfant de Dieu; il retrouve la grâce spirituelle et devient digne de participer au festin céleste : Beati qui ad cœnam nuptiarum agni vocati sunt. Beatus qui manducabit panem in œternum. Justi epulentur, et exultent in conspectu Dei el delectentur in lœtitia.

Tel est le sens caché que recèlent les diverses petites compositions si artistement disposées dans ce vitrail, et que représentent successivement les scènes suivantes dans la suite des panneaux de cette fenêtre :

Le jeune homme demande à son père sa légitime.

Le père la lui donne; c'est un vase précieux et de l'argent qu'il tire d'un coffre.

Deux scènes le représentent à cheval et partant en voyage.

Des courtisanes l'invitent à entrer dans leur maison.

Il est à table avec elles.

Des serviteurs et des servantes préparent les mets et les apportent.

Les deux courtisanes couronnent de fleurs le jeune prodigue et l'embrassent.

Le prodigue perd son argent en jouant aux échecs.

Il est presque nu sur un lit d'ofi l'on veut le chasser.

Une courtisane le met à la porte à peine vêtu.

Une autre le chasse à coups de bâton.

Il va trouver un homme riche pour entrer à son service.

Il abat des glands pour les pourceaux qu'on lui a donné à garder.

Il est assis auprès de ces animaux et médite sur son triste sort.

Il se met en route pour revenir à la maison paternelle.

Il demande pardon à son père.

On lui apporte une robe neuve.

On tue le veau gras. \

On fait rôtir le veau et l'on apprête le festin.

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