VITRAIL DU TRANSEPT MÉRIDIONAL
Cette grisaille est précieuse parce qu'elle donne un échantillon de l'état de la peinture sur verre au moyen âge avec une date certaine.
Un certain chanoine de la cathédrale fit une fondation pour un autel qui fut placé en cet endroit. Le lieu ne paraît pas choisi d'uiie manière satisfaisante, mais à cette époque il restait peu de place libre. 11 y avait des autels contre les murs et contre les piliers presque sans intervalle. Les renseignements écrits ne nous laissent aucun doute sur un état de choses dont il ne reste aujourd'hui aucune trace matérielle. Voici un petit tableau peint sur verre qui nous sert de témoin dans une question bien oubliée. Le chanoine , sans autre gêne, fit .supprimer le bas d'un vitrail du xui'' siècle dans toute sa largeur — c'est celui qui représente la vie de saint Appolinaire — et fit placer dans cet endroit un motif de grisaille avec les images des saints et saintes envers lesquels il avait une dévotion particulière. Au milieu, le chanoine s'est fait représenter à genoux, élevant les mains vers une Sainte Vierge debout et tenant l'Enfant Jésus, qui se tourne vers son adorateur. Les traits du chanoine nous montrent qu'il était fort jeune : un ancien, un vieillard, eût respecté la peinture du xm'= siècle, qui fut ainsi odieusement mutilée, et qui fut alors remplacée par une œuvre charmante, mais qui console à peine des parties anciennes qu'elle fit disparaître.
A gauche, on voit sainte Julitte tenant par la main son fils, saint Cyr, qui n'avait que trois ans et parlait à peine, dit sa légende;
Puis saint Maur, semblant converser avec sainte Radegonde, tous deux en costume monacal : il a la crosse d'abbé dans la main droite.
A droite, saint Sulpice en vêtement épiscopal, avec la crosse et la mitre, est en face d'un saint Mathurin, berger avec sa panetière et