‹ Monographie de Notre-Dame de ChartresChapitre 22 sur 92 · PLANCHE X. — FAÇADE MÉRIDIONALE · texte numérisé non relu

PLANCHE X. — FAÇADE MÉRIDIONALE

dernier et le pèsement des âmes, avec les élus d’un côté et les damnés de l’autre; dans les voussures, les neuf chœurs des anges.

La porte à gauche est décorée de grandes statues sur ses côtés :

saint Théodore, saint Etienne, saint Clément et saint Laurent, d’un côté; de l’autre, saint Vincent, saint Denis, saint Fiat et saint Georges. Dans le tympan, l’histoire de saint Etienne.

La porte à droite est décorée, sur les côtés, des grandes statues qui suivent : saint Laumer, saint Léon, saint Ambroise, saint Nicolas, saint Martin, saint Jérôme, saint Grégoire le Grand et saint A vit. Dans le tympan, quelques sujets de la vie de saint Martin et de saint Nicolas.

Sur les piliers qui supportent en avant les voussures profondes de ce porche sont de petits bas-reliefs, d’un travail délicat, représentant des sujets pris dans la vie des martyrs et d’autres saints; puis une psychomachie ou personnification des Vertus combattant et terrassant les Vices.

La toiture de ce porche est surmontée d’arcatures et de clochetons abritant les statues des Rois de Juda; parmi eux on distingue David, sous lequel est Jessé couché et donnant naissance à l’arbre généalogique du Sauveur.

Un volume entier et des planches nombreuses seraient nécessaires pour expliquer et représenter toutes les sculptures de ce porche, auquel nous ne pouvons consacrer que ces courtes indications. Nous n’avons, en effet, aucun moyen de les montrer aux yeux comme cela serait indispensable pour une étude sérieuse. L’expression de ces centaines de figures est si pénétrante qu’elles remplissent de sentiments de foi et de piété ceux qui les considèrent avec attention, et depuis plusieurs siècles elles font éprouver au peuple fidèle cette profonde et salutaire émotion. Semblables à ces sources bienfaisantes qui, depuis des siècles aussi, apaisent la soif des générations qui se succèdent, la vue de ces sculptures procure un sentiment de bien-être et de satisfaction dont l’âme altérée s’abreuve et se rassasie avec bonheur. N’est-ce pas le véritable but où doivent tendre les arts de la peinture et de la sculpture, et le moyen âge ne l’a-t-il pas atteint?

Ap rès le porche méridional, on voit s’étendre vers l’Est le chœur et les chapelles du chevet.

Les trois premières fenêtres des bas côtés du chœur sont doubles et surmontées d’une petite Rose. Celles des chapelles sont simples et en ogive.

Les toits de ces bas côtés et de ces chapelles sont de formes variées, comme leur aspect nous le fait voir.

Vers le milieu du chœur, on voit la hase d’une de ces tours qui viennent donner plus d’assiette et donnent une grande résistance à cette partie du monument; elle n’est pas terminée, non plus que celles qui accompagnent le transept.

Les contreforts de la cathédrale du côté de l’Orient sont plus légers que ceux de la nef et présentent une différence dans leur partie à jour.

Enfin, tout à fait à droite, cette grande planche nous donne une élévation de la chapelle de Saint-Piat vue du côté méridional. Nous comprenons plus facilement ici ce que nous avons expliqué ailleurs. Cette construction a deux étages. Au rez-de-chaussée, c’est la salle capitulaire, dans laquelle on entre par le porche qui est sous l’escalier. Au-dessus est proprement la chapelle dédiée à saint Piat; on y accède de l’intérieur de la cathédrale par cet escalier à jour dont nous voyons ici les fenêtres. La chapelle a quatre travées et se trouve flanquée à son extrémité par deux tours. Avant 1793, un petit clocher en bois surmontait sa toiture.

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