‹ Monographie de Notre-Dame de ChartresChapitre 58 sur 92 · PLANCHES XXXVIII-XLI, — LES QUATRE ÉVANGÉLISTES · texte numérisé non relu

PLANCHES XXXVIII-XLI, — LES QUATRE ÉVANGÉLISTES

ligure et l’annonce. Ces peintures, exposées aux regards du public, présentaient aux fidèles, d’une manière quotidienne et perpétuelle, les principales vérités de la religion que les faits historiques gravaient dans leurs mémoires. Un semblable vitrail existe à Chartres; malheureusement il est incomplet. 11 en existe un autre à la cathédrale de Bourges. Les RR. PP. Cahier et Martin ont écrit, dans leur ouvrage sur les vitraux de Bourges, une savante dissertation sur ce vitrail. Ils lui ont donné le titre de Vitrail de la nouvelle alliance, expression théologique qui semble moins à la portée du public que celle de Velus Testament um cum novo conjunctum, dont se servent habituellement les auteurs anciens dans leurs livres, et qui a été adoptée par les artistes dans les peintures et les sculptures où ils nous ont montré ces diverses phases de notre histoire religieuse.

Nous avons encore quelques mots à dire pour terminer la description de ces quatre fenêtres et pour indiquer la place occupée par les divers personnages qui s’y voient représentés.

A la droite de la fenêtre médiane (pour celui qui est tourné vers elle) est le Prophète Ezéchiel, portant saint Jean. Au-dessous d’eux est Pierre Mauclerc, comte de Dreux, à genoux, les mains jointes, et tourné vers l’image de Notre-Dame.

La fenêtre plus à droite nous montre le Prophète Daniel portant saint Marc, et, au-dessous d’eux, un jeune Prince priant aussi la Sainte Vierge. Il est debout.

Du côté opposé, c’est-à-dire à gauche du spectateur, on voit en premier lieu Isaïe portant saint Matthieu, et, au bas de la fenêtre, Alix de Thouars, duchesse de Bretagne, à genoux, les mains jointes, et tournée vers la Sainte Vierge.

Dans la dernière fenêtre à gauche est Jérémie portant saint Luc, et, au bas de la même fenêtre, une jeune Princesse debout, regardant aussi Notre-Dame, vers laquelle elle se tourne en joignant les mains.

Dans les monuments du moyen âge, jusqu’au xvie siècle, on voit ainsi dans les vitraux des familles de donateurs qui se sont fait peindre, père et mère avec tous leurs enfants, se prosternant à genoux vers

Jésus- Christ ou sa Sainte Mère, en l’honneur desquels ils ont fait quelque libéralité à l’église.

La lithographie n’ayant pas reproduit ici les couleurs des blasons qui couvrent les habits des quatre seigneurs dont nous venons de parler, on ne peut voir l’aspect original que leur donnent ces échiquiers d’or et d’azur et ce quartier cl’hermine qui enveloppent tout le corps de ces princes et de ces princesses.

Ces vitraux sont exécutés très largement, avec une énergie un peu sauvage, comme il convient à des figures décoratives placées à une grande hauteur dans l’immense édifice de la cathédrale. Les yeux des personnages sont d’une grandeur exagérée, et il ne faut pas s’en plaindre puisqu’on a l’avantage de les voir du bas de l’église. Ce regard pénétrant fait une grande impression sur le spectateur, avantage qu’il ne trouve jamais devant les pâles et insignifiantes figures que nous montrent trop souvent les peintures et les vitraux dans les édifices modernes. Il ne faut pas oublier de faire remarquer que les noms des Prophètes et des Apôtres sont écrits en grandes lettres, ainsi qu’on peut le voir sur les planches lithographiées.

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