PLANCHE IL — PLAN AU-DESSUS DU SOL
chœur. Ces piliers supplémentaires sont destinés à soutenir les tours qui, du côté du Nord et du Midi, flanquent le chœur de la cathédrale.
Nous avons dit que ces piliers, soit isolés, soit composés, étaient disposés suivant le système d’alternance; or il faut savoir que, soit pour la forme, soit pour la couleur, ce mode est une suite des habitudes de l’architecture romane.
Pour ce qui est de la sculpture des chapiteaux et des bases, des moulures, ainsique pour tous les détails que nous offrent partout les divers membres de l’architecture, le vaisseau intérieur de la cathédrale de Chartres est entièrement de la même époque, c’est-à-dire de la première moitié du xme siècle. Les chapiteaux sont peu variés; ce sont des feuilles recourbées en forme de crochets et, quoiqu’ils soient tous variés, on ne s’aperçoit pas à première vue de leur différence. Combien la sculpture du xie et du xue siècle était-elle plus riche, plus variée et plus vivante! Les animaux fantastiques et l’élément humain tenaient alors une grande place dans la décoration monumentale H y a cependant une chose où la sculpture chartraine du xiuc siècle l’emporte de beaucoup sur celle des autres cathédrales : ce sont les clefs de voûte. Quoique exécutée en pierre de Berchère, pierre fort dure et peu facile à travailler, chacune des clefs de voûte est ici très remarquable, et la grande clef qui reçoit le faisceau réuni des nervures du chœur à son extrémité Est est un vrai chef-d’œuvre. On remarquera de plus que c’est là seulement que s’est réfugiée la dernière trace de polychromie dans notre cathédrale; ces clefs, et une petite partie de la nervure, sont peintes et dorées avec un goût qui semble perdu aujourd’hui.
Le chœur a été entouré au xvie siècle par une clôture en pierre, commencée par Jean de Beauce, architecte du clocher neuf. Il eût produit là aussi une autre merveille de goût, de finesse et de délicatesse s’il eût pu finir ce qu’il avait entrepris. Après lui cette clôture fut continuée jusqu’à une époque où, le style gothique n’étant plus en usage, on ne put lui donner la même originalité, ni pour l’architecture ni pour la statuaire. Cette clôture du chœur contient dans son intérieur une suite de chambrettes et de chapelles, aujourd’hui abandonnées; elles sont
remplies de détails sculptés avec une extrême délicatesse. Il était impossible d’indiquer sur le plan ces petits réduits; la dimension de la gravure ne le permettait pas.
Nous avons dit plus haut que l’entrée principale de la cathédrale se trouve entre les deux clochers. Nous avons fait remarquer, en parlant de la façade occidentale, que les trois portes étaient primitivement en retraite de toute l’épaisseur des clochers; c’est après la seconde travée actuelle que se trouve cet emplacement. L’ancien porche à jour ayant été détruit, on avança la nef vers l’Ouest, augmentant ainsi de deux travées la longueur de l’église. Néanmoins la face interne de chacun des clochers, se trouvant maintenant dans l’intérieur de l’église , ne put être appropriée d’une manière semblable aux autres parties de la nef. Il y a là une disparate qu’il eût été impossible de faire disparaître sans causer de grands dommages à ces faces de clochers; le moyen âge a renoncé à corriger cette irrégularité, et probablement les temps modernes en feront autant.
On voit sur le plan du clocher neuf (Nord) une porte percée dans son côté Nord; le clocher Sud en a une pareille dans sa paroi Sud, que la gravure n’a pas reproduite, parce qu’étant murée aujourd’hui elle a échappé au dessinateur. La partie basse, ou le rez-de-chaussée des deux clochers, servait primitivement de vestibule. Ce n’est que depuis une trentaine d’années qu’on y a établi des chapelles.
A l’extrémité et à l’extérieur de chacun des transepts il y a un vaste porche, dont nous aurons occasion de parler un peu plus loin. Contentons-nous de faire remarquer qu’ils donnent accès dans l’église, chacun par trois grandes portes. En avant de ces portes , on voit la base des piliers et des colonnettes qui supportent les arcades formant ces vastes portiques, l’une des choses les plus remarquables de la cathédrale de Chartres ; plus en avant encore est l’indication de leur emmarchement.
Outre ces grandes et belles portes, qui livrent passage au public lorsqu’il pénètre dans ce monument, il y en a d’autres qui servent au service privé de l’église. En voici l’énumération :
La porte de la sacristie;