Sternocera Eschscholtz
Zoo!. Atl., t. Ie, p. 18 (1829).
Sternocera Solier, Ann. Soc. Ent. Fr., t. II, p. 273, pl. 2, f, b (1833).
Sternocera Castelnau & Gory, Monogr. Bupr., t. I‘, PA pl (850),
Sternocera Lacordaire, Gen. Col., t. IV, p.11 (1837).
Sternocera Marseul, L'Abeille, t. II, p. 27 (1865).
Sternocera Kerremans, Ann. Soc. Ent. Belg., t. XXXII, | p. 56 (1888); Wytsm. Gen. Ins., fase. 12, p. 7 (1902).
Tête peu ou non concave; épistome fortement ou faiblement échancré. -- Yeux médiocres, peu sail-
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lants et latéraux. — Antennes à article 1, en massue arquée; 2, court, obconique; 3, allongé, subcylindrique; 4, notablement plus court, cbconique; d à 10, fortement dentés en scie aiguë, transversaux ; 11, échancré au bout, les 7 derniers couverts, sur leurs deux faces, de pores diffus et cachés par une pubescence soyeuse. — Pronotum transversal, convexe, rétréci en avant, bisinué à la base; son lobe médian étroit et aigu. — Élytres allongés, cylindroconiques. — Hanches postérieures subparallèles, triangulairement dilatées au côté interne. — Prosternum très court, plus ou moins concave. — Mésosternum et imétasternum prolongés en une forte saillie obconique ou cunéiforme. — Pattes médiocres; tarses assez allongés et robustes, leurs articles élargis et très déprimés, subégaux; les quatre premiers trigones, le cinquième en carré long; les crochets lobés à la base.
Corps robuste, épais, cylindro-conique. Différences sexuelles extérieures nulles.
Ainsi caractérisé, le genre Sternocera constitue l'une des coupes les plus naturelles de la famille des Buprestides. Les Sternocera sont de grands insectes, lourds et massifs, de forme ovoïde et d'aspect peu élégant, mais ils rachètent ces défauts par une richesse de coloris et une variation de sculpture qui peuvent se comparer aux plus belles espèces des autres groupes de la famille.
La tête est fortement engagée dans un pronotum bombé, souvent criblé de fossettes multiples qui lui donnent l'apparence d’un dé à coudre; les élytres, également bombés, sont terminés par trois épines plus ou moins accentuées, mais toujours courtes, et sont tantôt lisses et finement ponctués, tantôt chagrinés ou ornés de sculptures variées; les pattes,
médiocrement robustes, se terminent par des tarses ayant leur dernier article quadrangulaire et très aplati; enfin, le mésosternum et le métasternum forment une saillie ou corne, quelquefois assez grande et recourbée, qui à donné son nom au genre et qui seule suffirait à le faire reconnaître parmi tous les Buprestides.
DISTRIBUTION GÉOGRAPHIQUE. — La totalité des espèces du genre Sternocera se trouve confinée dans la région intertropicale de l’ancien continent. On n’en trouve ni en Amérique, ni dans les îles de la Malaisie, ni en Océanie. Un seul exemplaire du S. sternicornis L., espèce très commune à Ceylan et répandue dans presque tout l’'Hindoustan, est noté dans les collections du British Museum de Londres comme provenant de la pointe extrême du nord-est de l'Australie; un autre exemplaire, unique également pour l’espèce, du S. lævigata Oliv., a été capturé dans l’île de Banda Neira (Moluques orientales) et se trouve au Musée de Leyde. Mais ces captures uniques et accidentelles n'infirment en rien nos données géographiques actuelles sur l'habitat du genre.
A l’époque de l’apparition de la Monographie de Castelnau et Gory, on pouvait considérer les Sternocera Comme un genre essentiellement hindou, avec deux ou trois espèces accidentellement disséminées en Afrique. Les découvertes faites successivement sur ce continent en font aujourd'hui un groupe africain avec quelques espèces répandues en Orient.
Nul doute que la série africaine viendra s’augmenter encore, tandis que l'Asie laisse peu à espérer sous ce rapport. Les espèces asiatiques sont, en effet, confinées dans l'Inde anglaise ; l'Himalaya
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forme leur frontière naturelle au nord et leur habitat s'étend, vers l’est, jusqu'au sud de la Chine ; à l’ouest, le point extrême de leur extension géographique semble être le Béloutchistan.
Parmi les espèces de l'Inde, l’une, æquisignata Saund., sujette à des variations nombreuses, est plus répandue dans l’extrême Orient, au Pachbon, en Cochinchine et à Siam, bien qu'on en ait trouvé des spécimens dans la partie septentrionale de l'Inde occidentale et que sa variété punctatofoveata Saund. soit dispersée par tout l’'Hindoustan; une autre, dasypleura Kollar, est reléguée au nord, dans l'Himalaya, à Muscat et à Cachemyre. Les autres espèces asiatiques sont répandues indifféremment par toute la région des Sternocera.
Les espèces africaines, au contraire, bien que plus nombreuses que celles de l'Inde, sont beaucoup moins dispersées. Si l’on excepte le $S. castanea Oliv., réparti par tout le Soudan, du Sénégal à la haute Égypte, et le S. orissa Buq., qui s'étend avec ses nombreuses variétés sur toute l'Afrique australe, les autres espèces sont confinées dans des régions spéciales, les unes très restreintes, les autres plus étendues, mais sur lesquelles il est encore difficile de se prononcer d’une façon catégorique.
Je ne doute pas que les découvertes ultérieures, tout en augmentant le nombre des espèces africaines, viendront en même temps nous permettre de réunir une partie de celles qui nous sont connues et que beaucoup d'espèces, considérées aujourd’hui comme valables, ne sont peut-être que des races ou des variétés locales dont les formes intermédiaires sont encore à trouver.
Déjà la découverte du S. Reimeri Kolbe a permis de réunir le monacha KI. à l’orissa Buq.; peut-être
pourra-t-on grouper sous un même nom spécifique toute une série d'espèces se rapprochant du S$S. pulchra Waterb. (Bennigseni Kerrem., Fischert Qued., Iris Han):
Si l’on partage en deux parties égales, dans le sens de sa longueur, le territoire africain, on remarquera que le nombre des espèces est relativement plus grand du côté oriental que du côté occidental, circonstance qui peut expliquer la dispersion du genre en Asie, où toutes les espèces du groupe se reconnaissent à un signe très caractéristique : une raie ou plutôt un sillon linéaire net sur le vertex, si régulier qu'il paraît être une coupure faite au moyen d’un canif, et qui part du pronotum pour aboutir entre les yeux. Vu à l'œil nu, ce sillon est une ligne un peu plus-épaisse: qu'un cheveu, mais examiné à la loupe, on en distingue fort bien l’allure nette et régulière.
Ce caractère permet de séparer d’une façon précise les espèces asiatiques des africaines.
Tableau synoptique des espèces