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SECONDE DIVISION

CALOPTÉRYGINES IRRÉGULIÈRES (inneeuLares).

Les deux secteurs de l’arculus naissant ensemble de son sommet supérieur, ce qui rend le quadrilatère irrégulier, le côté interne étant beaucoup plus grand que l’externe ; le supérieur concave.

Nervules costales et sous-costales en nombre presque égal, nombreuses , les secondes ne correspondant pas généralement avec les premières.

Épistome ordinaire, non saillaut, abdomen long, cylindrique.

Ptérostigma long, épais; pointu en dedans, où il cesse de toucher la côte.

Quadrilatère réticulé, plus court que l’espace basilaire qui est également ré-

ticulé.

Ve ET DERNIÈRE LÉGION. — THORE. Hagen.

(Les caractères généraux sont ceux que je viens de donner pour la seconde division : Caloptérygines irrégulières). M. Hagen a fait de cette légion la description détaillée suivante :

« TêTE forte , transversale, deux fois plus large que longue ; yeux ovoïdes, grands, très-éloignés l’un de l’autre, presque pédicellés; l’espace entre eux un peu déprimé. Front horizontal, court, un peu bombé, déprimé au milieu ; une ligne courbe imprimée entre le front et les ocelles; une autre parallèle entre les ocelles e‘ 1 >eciput et de chaque côté une impression plus ou moins marquée.

(245 ) L'espace entre elles, qui porte les ocelles, petit, peu élevé; les ocelles de même grandeur, séparés par une impression; occiput linéaire envoyant de chaque côté une suture linéaire vers le bord supérieur des yeux, bornant antérieurement un espace plus velu que le reste de la tête. Il n’y a pas de véritables tubercules occipitaux, mais la partie postérieure est quelquefois bombée (Th. hyalina).

» ANTENNES de forme très-semblable, insérées bien en dessous et en dehors des ocelles , entre le front et les yeux, cylindriques; les deux premiers articles couchés dans un enfoncement de la tête. Ils sont d’égale longueur, ou même le premier, qui porte une impression longitudinale, un peu plus long que le 2° dont le bout est un peu élargi; le 5° aussi long que les deux premiers, un peu plus mince, à bout arrondi; la soie un peu plus longue que le 5°, renflée à la base.

» Face. Bouche peu avancée, l’épistome horizontal court, droit en avant ; rhinarium très-peu renflé, dépassant à peine l’épistome sur ses côtés. Lèvre supérieure courte, ovoide. Mandibules fortes, conformées comme chez les Caloptéryx; machoires fortes, leur bord interne droit , le bout aigu à dents très-fortes, leur palpe cylindrique, un peu courbé, un peu plus long que la mâchoire sans la dent apicale. Lèvre inférieure un peu plus longue que large, fendue dans son tiers apical, ses deux bouts très-obtus et distants; palpes de même longueur aussi larges, ou même un peu plus larges que la moitié de la lèvre, arrondis en dehors, à dent apicale courbée et très-longue ; le 5° article petit, plus court de deux tiers, peu courbé. Langue aussi longue que large, comprimée , à bout droit, tronqué,

» PROTHORAX Court et très-large; bord antérieur relevé; deux grands festons au milieu, séparés en avant par un enfoncement large, triangulaire, bien marqué. Lobe postérieur grand , large, arrondi avec un rebord.

» THorax court, assez fort, déprimé en dessus, élargi en avant jusqu’à la base des pieds intermédiaires, où se voit un rétrécissement; l'échancrure mésothoracique petite, aussi longue que large; sinus antéalaires étroits, un peu plus larges que longs, fendus jusqu au bout, à bord postérieur arrondi, un peu rétréci avant le bout ; l’angle externe long, aigu.

» Pieps très-courts et forts, les postérieurs dépassant un peu le 2° segment de l’abdomen, à cils longs mais fins; une barbe interne au bout des antérieurs. Tibias non arqués; 1° article des tarses presqu'aussi long que le 2° ; le 5° un peu plus long. Onglets avec une dent interne un peu avant le bout, assez forte, presqu’aussi longue que le bout.

» AILES ou de même forme, ou les postérieures plus larges et plus courtes, longues et étroites ou élargies; dépassant la moitié du 7° ou 8° segment chez les mâles, du 9° chez les femelles ; de trois à cinq fois plus longues que larges ; la base étroite pétiolée, le bord postérieur ou presque droit, ou plus ou moins dilaté vers le milieu ou même après le milieu ; le bout ovoïde. Cellules nombreuses , presque toutes tétragones , toujours une rangée entre les secteurs et entre les secteurs interposés, La membrane unie, non crispée. Les secteurs prin-

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( 246 ) cipal et subnodal non contigus avec la nervure médiane. Le nodus à la moitié (Cora) ou avant la moitié de l'aile. L'espace médian court, formant un quart de l’espace huméral, très-étroit, très-élargi au bout qui est courbé, réticulé , espace basilaire plus large, mais d’un tiers plus court, coupé obliquement au

. bout, très-réticulé, Quadrilatère moitié plus court, oblique , notablement plus long aux ailes inférieures, moitié plus large à sa base qu'au bout, réticulé : de 2 à 9 nervules; le côté supérieur concave (courbé en dedans). Arculus non fracturé, ses deux secteurs naissant d’un même point à son extrémité supérieure (contre la nervure médiane). Le secteur supérieur du triangle plus ou moins courbé. Le secteur inférieur du triangle plus courbé; tous deux fiaissant séparés, plus loin que le niveau du nodus, le 2° sans rameau rejeté vers la base. Les secteurs presque droits ou assez courbés vers le bord postérieur ; simples, excepté le médian qui est bifurqué chez Chalcopteryæ et le 2° du triangle qui est divisé en trois ramifications chez tous, et forme un espace postcostal de 2-5 rangées de cellules. 24 à 46 antécubitales. Ptérostigma régulier, long, le côté interne très-oblique.

» ABDOMEN cylindrique, long, un peu plus court chez les femelles, toujours plus long que les ailes, un peu plus épais à la base et au bout; les 5, 4, 5, 6, 7° segments égaux, longs ; les 2° et 8° égaux, un peu plus courts; le 9 presqu’aussi long que le 8; les 1° et 10° égaux , très-courts; bord postérieur du 10° fendu. Chez les femelles le 8° coupé obliquement et un peu plus court que le 9°. Pas d’épines ni de pointes latérales au 10° chez les femelles.

» PARTIES GÉNITALES. Müle. 1°* segment uni en dessous; pièce antérieure du 2° fendue, tronquée au bout; hameçons en plaque quadrangulaïre ; les postérieurs petits, en lamelle arrondie au bout. Gaine du pénis pyriforme, excavée ou non, lisse. Bord génital uni, Appendices anals supérieurs cylindriques, longs, le bout un peu tourné en dedans et aminci. Au milieu du bord inférieur une L dent plus ou moins forte. Appendices inférieurs nuls. À

Femelle. Appendices anals courts, forts. Valvules vulvaires longues, larges, dé "4 passant l’anus, très-dentelées en dehors, avec une pointe apicale tournée en haut

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et un palpe courbé. *. » COULEURS ET DEssiN. La couleur du fond est noir mat, ou brun ou gris bleuà- Ë tre. Tête et prothorax tachés de jaune. Thorax avec deux bandes sur le devant, quelquefois bifurquées et deux sur les côtés, jaunâtres ou orangées. Pieds noirs, | la base des fémurs brune. Ailes hyalines, ou avec des bandes noires bordées d'espaces d'un blanc laiteux , ou les antérieures hyalines et les postérieures opaques métalliques. Ptérostigma noir où brun. Abdomen couleur du fond avec de petites taches basales jaunes ou des apicales noires. Appendices anals noirâtres.

» ViLLosiTÉs, eCULPTURES. Les Thorés sont peu velues. La tête, le prothorax et la base de l'abdomen sont les seules parties portant des villosités. Partout se voit sur le corps un chagrin, quelquefois des rugules assez fortes , surtout

( 247 ) sur l’abdomen. Les parties antérieures de la bouche sont quelquefois presque lisses, polies.

» DIFFÉRENCES D’AGE. Analogues à celles des Libellago. » DiFFÉRENCES SEXUELLES. Les parties génitales; la forme du 8° segment; celle du bord postérieur du 10°. Les couleurs claires dominant un peu plus et les ailes un peu moins opaques chez les femelles, quoique l’ensemble de leur co-

loration diffère peu, ce qui est le contraire chez presque toutes les autres Caloptérygines. »

Toutes les Thore sont de la partie tropicale orientale de l'Amérique du sud (Colombie , Guyane et Brésil).

Les Thore ont de l’analogie avec les Euphœæa proprement dites par le système de coloration du corps et des ailes, les pieds courts et la forme du 10° segment et des appendices anals des mâles ; mais si l’on considère le caractère bien autrement important de la réticulation des ailes et surtout le point de départ tout-à-fait supérieur des secteurs de larculus, d'où résulte la forme du quadrilatère, on verra que cette Légion n’a pas d'affinité réelle avec aucune autre des Caloptérygines. Nous con- Naissons, au contraire, parmi les Agrionines fossiles, des espèces qui se rapprochent des Thore par le point de départ des secteurs et la forme du quadrilatère, au point que l’on serait tenté de les considérer comme faisant suite aux Caloptérygines et y appartenant peut-être, contrairement à l'opinion que j'ai émise au commencement de cet ouvrage, qu'il n’y aurait point d'espèces fossiles de cette sous-famille. Le genre fossile dont nous voulons parler est nommé, Steropæa (Heer). 11 comprend les Agrion Coloratus , Charp. et parthenope , Heer. Ces Steropæa se rapprochent toutefois des vraies Agrionines par le norbre (une seulement visible) de nervules antécubitales. Peut-être aussi les autres nervules n'ont-elles pas été imprimées sur la picrre qui a conservé ces empreintes. C’est pour ces raisons, que nous plaçons les Thore à la fn de notre série.

Quant à la ressemblance dans la coloration des ailes qui existe entre le genre Chalcopteryx et les Rhinocypha (Rh. heterostigma), c'est un point complètement secondaire ; autant et mieux vaudrait rapprocher ce genre Chalcopteryx de la Nevrobasis chinensis, dont le màle offre aussi la même coloration et qui de plus possède en commun Île secteur médian bifurqué et l’espace basilaire rétieulé.

Nous ne formons qu'un grand genre de toute cette Légion dont les sous-genres les groupes et les espèces forment le tableau suivant.

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