‹ Monographie des caloptéryginesChapitre 104 sur 317 · ES · texte numérisé non relu

ES

GENRE XIl° ET DERNIER. — THORÉ (TnoRE, Hagen).

EurnÆa, (Pars.) Ramb.

RmnocypyaA , (Pars.) Ramb.

Taore, Hagen (De Selys, syn.) 1855.

(Voir les caractères en tête de la seconde Division et ceux de la Légion page 244).

Les sept espèces que nous connaissons forment trois sous-genres assez bien marqués, qui tiennent en partie les uns des autres. On peut, en analysant leurs caractères, les placer de deux façons différentes ainsi qu'il suit :

4. Ailes larges, pétiolées à mi-chemin de la base à l’arculus ; le nodus avant la la moitié de l’aile. Le 2e secteur du triangle notablement courbé. — Chalcopteryx , Thore.

2, Ailes très-étroites, pétiolées jusqu’à l’arculus; le nodus placé à la moitié de l'aile. 2 secteur du triangle presque droit. — Cora.

Qu bien :

4. Ailes inférieures opaques, colorées d’une manière autre que les supérieures et beaucoup plus larges; secteur médian ramifié. Appendices anals supérieurs du mâle à dent inférieure médiane obtuse. — Chalcopteryæ.

2, Les quatre ailes presque semblablement colorées et de forme semblable; secteur médian non ramifié. Appendices anals supérieurs du mâle à dent inférieure médiane très-longue. — Thore, Cora.

Comme on le voit, les Thore se rapprochent sous plusieurs rapports soit des Chalcopteryx , soit des Cora , tandis que ces deux derniers sous-genres n’ont en commun presque aucun des caractères subgénériques (1); c’est ce qui m'a engagé à placer les Thore entre eux. J’ajouterai que, si l’on considère la valeur des caractères , on serait embarrassé de déclarer si les Thore sont plus voisine des Chalcopteryx ou des Cora. Si l'on ne considérait que le facies , on dirait que les Cora s'en éloignent davantage par leurs ailes très-étroites et la coloration du corps bleu clair, mais si l’on examine

(4) Excepté toutefois Les suivants : pas de secteurs supplémentaires entre les secteurs 1 et 2 du triangle ni entre le nodal et le subnodal. Chalcopteryx , Cora. Des secteurs supplémentaires interposés entre les secteurs 1 et 2 du triangle

et parfois entre le nodal et le subnodal, Thore.

(250 ) | le secteur médian, la coloration disssemblable des quatre ailes et la forme des appendices anals du mâle, on pensera avee moi que les Chalcopteryx forment un groupe un peu plus important.

SOUS-GENRE I. — CHALCOPTÉRYX (cmaLcopreryx, De Selys).

RrinocyPHA, (Pars.) Ramb, CnaLcorrtEeryx, De Selys, syn. 1853.

Ailes très-larges, pétiolées jusqu’à mi-chemin de la base à l’arculus, les supérieures hyalines, s’élargissent progressivement, de manière que l’espace le plus dilaté se trouve au milieu et que le bout est un peu pointu ; les inférieures, qui sont notablement plus courtes, opaques, métalliques , beaucoup plus larges, mais seulement à partir de leur second tiers et le bout presque tronqué, fortement arrondi, Le ptérostigma des inférieures beaucoup plus court que celui des supérieures. Le 2 secteur du triangle notablement courbé en haut au milieu, mais droit et un peu ondulé à son extrémité, où il finit à mi-chemin du nodus ù au ptérostigma, très-près du 1° secteur du triangle, sans secteurs supplémentaires | interposés. Le 2° secteur à trois ramifications , les deux inférieures notablement ondulées, de sorte qu’à partir de la trifurcation, l’espace postcostal forme trois rangs de cellules à peu près pentagones. Le secteur médian se divise en deux à mi-chemin environ du nodus au ptérostigma. Pas de secteurs supplémentaires interposés entre le subnodal et le nodal. Tous les secteurs ayant une courbure à leur milieu , mais finissant presque droits. Le nodus au tiers de la longueur de l’aile.

Coloration de l'abdomen noirûtre.

o&. Bord interne des appendices anals supérieurs avec une dent médiane ob-

tuse, rudimentaire,

La seule espèce connue, C. rutilans, est la plus brillante des Caloptérygines par les reflets ignés de ses ailes inférieures opaques, métalliques. Elle surpasse la Rhinocyphu fulgidipennis par la vivacité des couleurs. M. Rambur n'ayant eu sous les yeux que l’exemplaire sans tête du Musée de Paris, l’a placée par erreur dans le genre Rhinocypha. Elle a en effet quelque rapport avec la fulgidipennis par la forme des ailes et avec l’heterostigma par ses supérieures hyalines, mais la rétieuiation est toute différente, notamment l'espace basilaire et le quadrilatère.

En examinant les caractères principaux que j'ai mentionnés aux généralités du genre Thoré , il est facile de séparer le Chalcopteryx des Thore et des Cora. C'est jusqu'ici la plus petite espèce de ce grand genre, et l'une des plus petites des Caloptérygines,

( 251 ) 94. CHALCOPTERYX RUTILANS. Ramb.

CHALCOPTERYX RUTILANTE.

Synon. Rhinocypha rutilans ; Ramb. n° 1. (5°.)

Chalcopteryx — De Selys, syn, n° 94.

Dimensions. Longueur totale og 50mm Abdomen 24-25 Appendices anals supérieurs 1 Tibias postérieurs 3 Aile supérieure 19-20

— inférieure 16-17 Ptérostigma des supér. 2 — infér. À 1/2 Largeur de l’aile supér. D-9 1/2 — — infér. 6-6 1/2 — de la tête 4.4 172

o* adulte, Tête médiocre, noir luisant ; lèvre inférieure livide, excepté ses pointes antérieurs; une grande tache sudmédiane orangée de chaque côté sur la lèvre supérieure , les deux taches parfois confluentes au bord antérieur; une autre plus grande entre la lèvre et l'œil, une entre le nasus et l’œil, une tache rouge orangé réniforme de chaque côté entre l’ocelle antérieur et les antennes, la base de celles-ci et le bout du 1°* article de même couleur. Bord de l’occiput et lèvres un peu poilus.

Prothorax noir luisant, avec une petite tache rouge orangé au milieu de chaque côté, le bord postérieur presque arrondi.

Thorax noir luisant, ayant cinq raies droites de chaque côté ainsi qu’il suit : une large bande rouge orangé, rapprochée de l’arête mésothoracique; une raie humérale orangée, plus fine par en haut, où elle est un instant presqu'interrompue ; enfin trois lignes jaunes aux sutures latérales; poitrine en partie livide, tachée de noirâtre ainsi que l’espace interalaire.

Abdomen fin , un peu plus épais aux deux extrémités, entièrement noir bronzé, excepté un petit point latéral médian au 1% et un autre basal latéral jaunes au 2° qui se répète parfois au 5° segment. 10° segment n’ayant que le tiers du 9, tronqué en dessus, échancré au milieu, la base non échancrée formant un tubercule dorsal peu marqué.

Appendices anals supérieurs noirâtres, très-écartés à leur base, subeylindriques, un peu amincis à leur extrémité, qui est un peu courbée en dedans et finit en pointe mousse; ils sont munis en dedans, après leur moitié, d’un petit

renflement court, qui est le vestige de la branche, ou forte dent, qui existe chez

les Cora et les Thore proprement dites. Les appendices anals inférieurs consistent dans deux petits tubercules livides , très-courts et très-rapprochés.

Pieds assez longs , noirs, les trochanters et l’iutérieur des fémurs brun livide les cils assez longs, surtout aux tibias, peu nombreux.

Ailes supérieures régulièrement élargies, hyalines, très-légèrement lavées de verdâtre clair, surtout à la base et au bord costal; l’espace basal entre la souscostale et la médiane lavé de brun jaunâtre jusqu’à mi-chemin de l’arculus.

Ptérostigma noir, long, peu dilaté, oblique à ses deux extrémités, surtout à l'antérieure, surmontant sept cellules. 23-26 antécubitales, 31-36 postcubitales, 9-4 dans le quadrilatère, 9-10 basilaires.

Ailes inférieures beaucoup plus courtes que les supérieures, très-élargies depuis leur moitié jusqu’à l'extrémité, qui est bien plus arrondie que celle des supérieures.

Leur couleur est entièrement opaque métallique, excepté la base jusqu’à michemin de l’arculus, qui est hyaline, salie, mais avec l’espace entre la sous-costale et la médiane brun. Le ptérostigma noir est plus court qu'aux supérieures et surmonte cinq cellules.

La couleur métallique changeante des ailes inférieures est excessivement vive ; en dessus, le violet domine dans la partie cubitale et dans l’espace postcostal ; le vert doré, le cuivre rouge et le rouge violet dans le reste. Le reflet du dessous, encore plus brillant que celui du dessus , est uniformément cuivre rouge ou rouge violet. 21-25 antécubitales, 32-54 postcubitales, 5 dans le quadrilatère, 7-10 basilaires.

©. Elle ressemble presque complètement au mâle pour les couleurs, si ce n’est que le bout des ailes inférieures, après le ptérostigma, est hyalin ainsi que leur portion basale antécubitale, à l'exception toutefois de l’espace entre la sous-costale et la médiane qui reste brun.

Patrie. Décrite d’après un grand nombre d'exemplaires recueillis dans la province de Para par M. Bates. La femelle existe dans la collection de M. Dale.

Il est impossible de confondre cette magnifique espèce avee aucun Odonate connu.

Trompé par la taille, le système de coloration, la forme des ailes, et ignorant sa patrie, M. Rambur l’a placée dans le genre Rhinocypha. J'ai examiné Le type au Museum de Paris, il est identique avee nos exemplaires.

SOUS-GENRE IL — THORÉ (rnone, Hagen).

EurxÆaA , (Pars.) Ramb.

THorE, Hagen (De Selys, syn.) 1855.

Ailes très-larges , pétiolées jusqu'aux trois quarts environ du chemin de la base à larculus ; les quatre semblablement colorées , rarement hyalines. Les inférieures un peu plus courtes ainsi que leur ptérostigma. Le 2° secteur du triangle notablement courbé en haut, finissant en courbure régulière un peu après le niveau du nodus, bien avant le 1° et 2° secteur du triangle, avec plusieurs secteurs supplémentaires interposés entre eux. Le 2° secteur à trois ramifications , de sorte qu’à partir de la trifurcation , l’espace postcostal a trois rangs de cellules. Les secteurs supplémentaires, entre le bref et le médian, naissent de fractures et non d’une bifurcation du médian. Parfois des secteurs supplémentaires interposés vers la fin entre le subnodal et le nodal et entre le bref et le 1°* du triangle. Tous les secteurs ayant une forte courbure régulière. Le nodus placé aux deux cinquièmes environ de la longueur de l'aile,

Coloration de l'abdomen noirâtre.

o". Bord interne des appendices anals supérieurs avec une dent médiane obtuse , très-longue.

C’est ce sous-genre, qui, par les formes et la coloration générale a le plus d’analogie avec les Euphæa proprement dites, et c’est d'après ce facies que M. Rambur a été porté à placer sa picta parmi elles, n’ayant pas tenu compte de la réticulation et notamment de l’espace basilaire et du quadrilatère.

Nous trouvons aussi dans la grande taille de la gigantea , dans la réticulation serrée et dans la coloration en partie laiteuse , en partie opaque acier des ailes une analogie, mais non une affinité, avec les Agrionines du genre Megaloprepus de M. Rambur.

La gigantea est la plus grande des Caloptérygines connues; elle est remarquable par sa réticulation tétragone trés-serrée et par la présence de deux secteurs interposés entre le nodal et le subnodal et entre le bref et le premier du triangle. La hyalina, à l’autre extrémité de la série, semble tendre vers les Cora par ses ailes hyalines plus étroites et à rétieulation en partie pentagone et par l'absence de secteurs interposés entre le nodal et le subnodal et entre le bref et le premier du triangle. Ce sont deux groupes en apparence très-distincts ; mais la fasciata qui par sa réticulation ne peut être séparée de la hyalina, se rapproche déjà par la coloration opaque des ailes de la Saundersii, qui elle-même avec sa voisine, mais

plus grande, la picta, ressemble au groupe de la gigantea, en raison

de ses ailes élargies au bout, à cellules tétragones. (Je n’ai pas noté si les secteurs interposés sont en même nombre). Les autres

. Caractères diagnostiques des espèces résident dans la position du

nodus, le nombre des cellules costales, la répartition de la couleur noirâtre et laiteuse sur les ailes, la couleur des lèvres, la forme des tempes.

1 GROUPE (Th. picta).

Ailes élargies à leur extrémité, très-arrondies; réticulation tétragone.

a. Réticulation très-serrée; le nodus plus rapproché de la base que du ptérostigma. — Th. gigantea.

b, Réticulation serrée; le nodus à mi-chemin de la base au ptérostigma. — Th. picta — Saundersii.

9e GROUPE (Th. fasciata).

Ailes élargies au milieu, un peu pointues; réticulation en partie pentagone, modérément serrée; le nodus à mi-chemin de la base au ptérostigma, — Th.

fasciata — hyalina.

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