PREMIÈRE SECTION
ÉQUINERVULÉES PLANINASES (PLANINASE. )
Face plane, épistome (ou nasus) non saillant. Abdomen long, grêle, cylindrique.
Cette première section est encore beaucoup plus nombreuse que la seconde ( les Equinervulées productinases) ; elle possède soixantedouze espèces sur quatre-vingt-on2e.
Elle se divise naturellement en deux légions , d’après le ptérostigma , et la longueur du quadrilatère par rapport à l'espace ba-
silaire.
4e LÉGION. — CALOPTERYX. Leach.
Ptérostigma nul ou court ou irrégulier.
Quadrilatère aussi long que l’espace basilaire, plus ou moins réticulé (généralement très-réticulé ).
Le secteur inférieur du triangle notablement courbé à son extrémité.
Par ptérostigma irrégulier , J'entends, ou un faux ptérostigma consistant en une marque blanchâtre traversée par des nervules et n’exis-
tant que chez les femelles (Calopteryx du groupe vtrgo et Nevro-
CR 2 vi ;
(10) bases) ou bien un ptérostigma très-petit parfois nul ( Hetærina du groupe titia) parfois traversé par une nervule où nul dans l’un ou l'autre sexe ou dans tous les deux (Cleis, Phaon). |
M. Hagen m'a transmis la description détaillée de cette Légion ainsi qu'il suit :
« Tère forte, transversale, moitié plus large que longue; yeux ovoides, grands, très-éloignés l’un de l’autre, quelquefois presque pédicellés, surtout en arrière ( Hatærina) l’espace entre les yeux au même niveau, ou un peu déprimé. Front horizontal, petit, carré, à peine un peu bombé et déprimé au milieu; entre le front et les ocelles une ligne courte imprimée, une autre parallèle entre les ocelles et V’occiput, et de chaque côté une ligne plus ou moins marquée, ou seulement quelques rugules, toutes les quatre bordant un espace quadrangulaire peu ou point élevé, portant trois ocelles de même grandeur entourées parfois d’une ligne imprimée. L’occiput étroit, linéaire : un tubercule plus ou moins prononcé ou nul de chaque côté, sur la partie postérieure de la tête.
» ANTENNES insérées bien au-dessous des ocelles, entre le front et les yeux ; article premier rudimentaire , ou en demi-anneau seulement visible à la base inférieure et intérieure du second article ou tout-à-fait caché par lui, ou bien cylindrique et quadrangulaire visible. Second article le plus fort de tous, couché et appliqué sur la tête dans un enfoncement particulier, cylindrique à base plus large coupée obliquement. Troisième article redressé, de moitié plus mince, plus long ou plus court que le second, cylindrique à bout un peu renflé. La soie qui termine les antennes encore plus mince, un peu plus courte ou plus longue que le troisième article, la base un peu renflée et le bout très-fin. (Je n'y vois pas d’articulations distinctes même avec un grosissement de 240 diamètres).
» FACE peu avancée; épistome horizontal, court et presque droit en avant; rhinarium presque nul, en membrane plissée ; lèvre supérieure courte, un peu moins large que l’épistome, arrondie au bord externe, les côtés subitement rétrécis et un peu déclives; mandibules très-fortes, la base externe non cachée, la dent du bout trifide, celle de la base compliquée en forme de Z. Mâchoires fortes à bord interne arrondi , amincies au bout avec 3-6. dents aiguës; palpe cylindrique, l’article second long, un peu courbe un peu plus court ou de même longueur que la mâchoire (excepté la dent finale). Lèvre inférieure (lobe médian entre les palpes) large, divisée au milieu dans son tiers ou sa moitié finale; formant deux triangles oblus ou aigus au bout. Palpes labiaux à article basal très-court; le second assez large, mais moins que la lèvre plus court ou de même longueur ou un peu plus long qu'elle; oblong, ou élargi à la base (alors à bord externe arrondi) l'extrémité à angle interne prolongé en une longue et forte épine plus ou moins courbée; quelquefois {Sapho bicolor) avéc le commencement d’une bifurcation basale (que j'ai retrouvée à l’état de monstruosité chez la Laïs globifer), dernier article cylindrique, courbé, n'ayant que la moitié ou même que le quart du second. Langue aplatie et élargie au bout qui est tronqué à angles arrondis.
» Prorrorax à bord antérieur très-relevé en arrière et séparé par une ligne enr. foncée, suivi de deux festons arrondis qui sont séparés par deux autres plus petits et également arrondis ou aplatis, quelquefois peu marqués; enfin un troisième et un quatrième plus petits sur les côtés. Bord postérieur avec un lobe large triangulaire peu ou point renflé ou en feston, avec une ligne externe imprimée, souvent nulle au milieu.
» THorax grêle ou assez fort, allongé, déprimé en dessus, élargi en avant jusqu’à. la base des pieds intermédiaires où se trouve un rétrécissement ; échancrure mésothoracique petite, courte, presqu’aussi longue que large, cordiforme, ou un peu plus longue que large. Sinus antéalaires deux fois plus longs que larges, fendus jusqu’au bout; le côté antérieur évidé, le postérieur d’abord convexe, évidé ensuite, l'angle externe aigu ou tronqué , déprimé ou non, un peu tourné en arrière. L’arète mésothoracique , la suture humérale, les deux sutures latérales et la suture ventrale partagent le thorax en huit champs oblongs : deux sur le devant et trois de chaque côté, tous presque de même largeur, le terminal ventral (vers l'abdomen) le plus large.
» Pirps tout-à-fait antérieurs, grèles ; longs ( quelquefois très-longs) les postérieurs dépassant la moitié du 3° ou même le bout du 4° segment ahdominal chez les mâles; la moitié du 4°, ou même le bout du 5° chez les femelles. Fémurs et tibias à cils souvent très-pressés, plus ou moins longs, en général très-longs; une barbe interne au bout des tibias antérieurs ; les tibias postérieurs droits ou arqués. Tarses à cils très-courts ; 1°* article très-court ; onglets avec une dent interne trèscourte avant leur extrémité.
» Aires de même forme , mais les postérieures un peu plus longues et souvent un peu plus larges, dépassant le 4°, le 5°, le 8° et souvent le 7° segment chez les mâles, et même le 8° chez les femelles, de trois à sept fois plus longues que larges ; leur base étroite, mais non pétiolée, le bord postérieur arrondi, ou rarement un peu évidé dans la moitié de la partie basale, ensuite presque parallèle au bord costal ou un peu arrondi; leur extrémité un peu pointue ou obtuse, souvent en demi-cercle. Cellules nombreuses , souvent très-nombreuses , et alors irrégulières dans toute la surface de l’aile ou dans des parties circonscrites , comme la base, l’espace postcostal, l'extrémité et le bord postérieur. Ordinairement les cellules sont quadrangulaires, plus longues que larges ; une rangée entre deux secteurs ou chez quelques espèces deux rangées. La membrane des ailes unie, ou crispée et plissée. Le secteur principal et le subnodal tout-à-fait unis avec la nervure médiane, ou plus où moins rapprochés. La partie humérale (antécubitale) fait le tiers ou la moitié des ailes. L'espace médian un peu plus court que la moitié de la partie humérale, étroit, droit, ou courbé à son extrémité, réticulé. L'espace basilaire fait la moitié de l’espace médian ou un peu moins ; il est vide ou réticulé , quelquefois même avec deux rangées d’aréoles. Quadrilatère
aussi long que l’espace basilaire ou un peu moins, toujours réticulé, droit (régulier), ou un peu plus large au bout ( Vestalis et Helærina, ) Arculus fracturé ou
non; les deux secteurs naissent du même point ou séparés de son milieu, ou plus bas que le milieu. (On voit bien, en étudiant ces insectes , que le secteur médian | est la seule nervure naissant de l’arculus et que le secteur principal et le subnodal ne sont que des secteurs interposés, mais ordinairement réunis dès leur origine avec le secteur médian). Le secteur supérieur (premier), du triangle ou droit ou plus ou moins courbé à son extrémité, ou faisant un angle obtus en dehors. Le secteur inférieur (deuxième) du triangle simplement courbé, ou avec une courbure considérable au commentement (alors moindre aux ailes inférieures). Tous deux finissent droits ou courbés, très-rapprochés, ou plus éloignés l’un de l’autre au niveau du nodus ou un peu plus loin. Les secteurs sont ou droits, ou plus ou moins courbés vers le bord postérieur des ailes; le subnodal offre quelquefois une double courbure ; souvent on voit des secteurs interposés plus ou moins nombreux, et quelques-uns ramifiés vers le bord postérieur, comme le secteur subnodal , le médian , le 1° et le 2° du triangle ; ce dernier le plus souvent bifurqué, avec un rameau droit ou courbé, souvent assez rejeté vers la base des ailes. 16 à 50 nervules anticubitales. Ptérostigma ou nul dans les deux sexes ou très-petit rudimentaire seulement entre deux nervules peu éloignées et alors visible ou non dans la même espèce (PAuon) ou plus grand, rhomboïdal dans les deux sexes (Echo). On voit bien dans ce cas que le ptérostigma est formé par une bifurcation de la nervure médiane et non de la costale. Eu effet le ptérostigma peut exister sans toucher la costale (comme cela existe dans le cas unique de l’Agrion anomalum ) — d’autres groupes (groupe de la Cal. Virgo; sous-genre Matrona et genre Neurobasis) n’ont pas de ptérostigma chez le mâle, mais un faux ptérostigma chez les femelles comprenant quelques nervules transversales entre la costale et la médiane qui s’écarte à cet endroit. (Le ptérostigma des Phaon qui est parfois traversé d’une nervule, est sans doute aussi un faux ptérostigma non fermé, mais ici existant chez le mâle plutôt que chez la femelle — DE SELYs).
» ABDOMEN cylindrique, plus ou moins grêle, long ou très-long (d’un tiers à un sixième plus long que les ailes chez les mâles, plus court chez les femelles, quelquefois chez celles-ci d’un dixième seulement plus long que les ailes) les 5, 4, >, 6° segments égaux , très-longs; le 7° un peu plus court, les 2° et 8° presque égaux, moitié plus courts que le 5°, le 9° encore plus court, les 1“ et 10° presque égaux, plus de moitié plus courts que le 2°. — La base et le bout parfois un peu élargis, surtout chez les femelles. Le bord postérieur du dernier segment déprimé au milieu , ou caréné avec une épine qui le dépasse ou non chez les femelles ; sur les côtés en dessous le bord forme une pointe latérale obtuse en épine ou dentelée.
» PARTIES GÉNITALES. Mâle. 1° segment uni en dessous ; ayant rarement un tubercule ( Laïs globifer). 2° segment à bord ventral un peu sinue, lisse ou dentelé (Weurobasis), Pièce antérieure fendue au milieu, tronquée au bout, hameçous
en plaque quadrangulaire ; les hameçons postérieurs petits, en lamelle un peu
plissée ou cylindrique, droite amincie au bout. La gaine pyriforme amincie ou non, séparée du pénis qui est membraneux et de forme variable selon les espèces, forme souvent très-distincte, mais difficile à reconnaître sur des exemplaires desséchés. Appendices anals : Les deux supérieurs moitié plus longs environ que le dernier segment , arqués (semi-circulaires) et dentelés en dehors dans la moitié apicale ; ou cylindriques ou en feuille contournée à la base, plus ou moins dilatée en dent. simple ou bifide en dessous et en dedans. Appendices inférieurs plus Courts, parfois rudimentaires (quelques Hetærina) cylindriques ou en feuilles, tronqués au bout ou non, à angle basal interne développé ou nou. — La forme des appendices très-peu variable (Cohorte des Calopteryx) ou variant pour ainsi dire dans chaque espèce (Cohorte des Hetærina ).
» Femelle. Appendices anals courts, trigones, aigus; entre eux un petit tubercule final de l'abdomen, plus ou moins visible. Vulvules ovipares plus ou moins grandes, triangulaires ; le bout dentelé ou non en dehors, quelquefois élargi (Vestalis) dépassant à peine la moitié du dernier segment ou arrivant à son extrémité, munis chacun d’un palpe ou appendice final court cylindrique courbé.
» COULEURS ET DESSIN. Pour la couleur du fond {toujours bronzé ou métallique plus ou moins vif) nous trouvons employé le noir, le brun, le rouge, le bleu, le vert chez les mâles, le brun ou le vert chez les femelles; la tête couleur du found ou plus foncée , rarement jaune en dessous, couleur qu’on retrouve sur le front , la lèvre supérieure, les mandibules , la lèvre inférieure , les antennes, l’occiput. Prothorax couleur du fond ou taché de jaune au milieu et aux bords. Thorax couleur du fond, ou la crète mésothoracique, les bandes humérales et encore (rarement) un trait entre elles, des bandes latérales et le bord ventral et le dessous des pieds jaunes ou orangés, plus ou moins larges ou même en parties confluentes. Pieds noirs ou bruns, quelquefois en partie jaunes ou plus pâles. Ailes rarement hyalines chez les mâles, rarement opaques chez les femelles où jaunâtre, ou brunes, ou noires, ou vert métallique ou en partie rouges (Hetærina) avec des taches basales ou apicales plus ou moins grandes , avec reflet métallique ou blanchâtre. Réseau noir, brun, rouge, rosé, on pulvérulent. Ptérostigma noir, brun, orange, jaune. (Faux ptérostigma blanchâtre ou jaunâtre). Abdomen couleur du fond ou plus foncé et plus terne, la base des segments antérieurs, les bords du ventre, les côtés des premiers et des derniers segments, le bord du 10°, une ligne médiane sur le dessous plus ou moins rudimentaire jaunes selon les espèces. Ventre noirâtre , appendices anals noirâtres ou en partie jaunes.
» VILLOSITÉS-SCULPTURES. La tête villeuse, souvent d’une manière notable; prothorax, thorax, base de l'abdomen et appendices à villosités noires, brunes ou pâles. Partout le corps est finement chagriné, avec des points imprimés plus forts et des rugules transversales plus ou moins marquées, surtout sur l’abdomen et le devant du thorax. La partie la plus brillante est Pépistome, maïs il est aussi un peu rugeux. La crête dorsale de l’abdomen et son bord ventral montrent des dentellures plus ou moins fortes et nombreuses, surtout à la base des segments
(#&)} en dessous où elles envahissent quelquefois en partie la plaque ventrale; enfin des dents à la partie apicale de l’abdomen et aux parties génitales, » DiFFÉRENCES D'AGE. Chez les exemplaires récemment éclos, la couleur du fon& est plus brillante et plus vive; la couleur jaune lorsqu'elle existe, domine davantage , elle s’avance sur la bouche, la lèvre, les mandibules, le bord antérieur
de l’épistome, le front, les antennes. les taches de l’occiput et le prothorax, la
crèle mésothoracique, les bandes humérales et latérales, le dessous du thorax, les fémurs, les côtés et la base de l'abdomen et les appendices. Les couleurs des. ailes sont encore indistinctes ou moins vives, moins opaques. Elles commencent par se montrer d’abord sur les bords, surtout au bout; le réseau plus pâle non Saupoudré. Dans l’âge adulte les couleurs du corps deviennent plus foncées et plus ternes; le jaune disparait en partie ou entièrement; les bandes du thorax sont plus étroites ou supprimées, les couleurs des ailes plus vives et plus étendues. Quelquefois parait une pulvérulence bleuâtre sur la tête, l’espace interalaire , le dessous du thorax, les fémurs (plus rarement sur la base du réseau des ailes en dessous. Les mâles jeunes ont le 9° segment abdominal pyriforme (caractère sur Iequel M. de Charpentier avait cru pouvoir établir sa Calopteryx vesta pour les jeunes de C. Virgo).
» DIiFFÉRENCES SEXUELLEs. Les parties génitales. L’abdomen des mâles toujours un peu plus long, plus mince, le surcroit de longueur dépendant des 3, 4, 5, et 6° segments. Leur coloration est plus foncée, noire, brune, rouge, bleue ou verte. — Chez les femelles la couleur est verte ou brune. Le jaune dominé par la couleur du fond sur la tête, le thorax et les pieds y domine sur elle chez les femelles. Les ailes sont rarement de même couleur dans les deux sexes. (hyalines, brunes, noires ). Chez les mâles elles sont plus foncées, plus ou moins tachées, d’un noir bleu métallique, vert, brun ou tachées de rouge ( Hetærina) — jaunâtres hyalines ou brunes chez les femelles — souvent tachées au bout chez les mâles, rarement chez les femelles. Les mâles ont souvent plus de nervules antécubitales et quelquefois le réseau plus serré ( voir notamment l’espace postcostal des ailes supérieures chez les mâles du sous-genre Hetærina.
La Légion des Caloptéryx comprend deux grandes divisions que nous avons nommées cohortes, et qui sont fondées sur la forme du quadrilatère et le second secteur du triangle, confirmées en général par des considérations tirées de la coloration, de l’espace basilaire et de la Patrie. Dans ma Synopsis des Caloptérygines , publiée en 1855 dans les Bulletins de l'Académie de Belgique, j'avais donné un rang trop élevé à ces deux coupes, en les considérant comme deux légions. Elles ne diffèrent réellement pas autant entre elles que les autres légions. Il y a donc lieu de regarder ces deux cohortes comme des groupes d’une valeur moyenne entre nos légions
et nos grands genres,
Sur les vingt-quatre espèces de la première cohorte dix-huit sont de l’ancien continent , six seulement se trouvent dans la zône tempérée de l'Amérique septentrionale. L'espace basilaire libre , semble le caractère normal , puisque trois espèces seulement sur vingtquatre l'ont réticulé.
Dans la seconde cohorte, composée de trente-cinq espèces , nous en voyons au contraire trente-une des parties chaudes de l'Amérique, toutes à espace basilaire réticulé, et trois seulement de l'Asie orientale et de la Malaisie à espase basilaire libre. Ces dernières, par la considération de ces deux caractères, et aussi par leur système de coloration qui est analogue aux autres coupes de l’ancien monde, sont pour ainsi dire intermédiaires entre les deux cohortes.
Les caraetères employés pour la répartition en grands genres, résident dans la proportion des deux premiers articles des antennes, dans l’arculus fracturé ou non, dans la présence ou l’absence d’un vrai ptérostigma , et dans les secteurs bifurqués ou non.
Les sous-genres sont principalement basés sur l’espace basilaire libre ou réticulé, la construction du ptérostigma , la direction du 2° secteur du triangle, le 1% ramifié ou non; enfin sur la réticulation postcostale et la longueur des pieds.
C'est d’après ces principes que j'ai construit le tableau suivant :
"USE ‘VNIYYLIH ‘ER
“UOSEH “SIVT ‘II
"SÂIOS 9 “SIIVESHA ‘OH "SÂ(OS 2 “ SISYTOUNIN ‘6
"SÂ(9S 2 ‘KovHq ‘e "SÂ{9S 9q ‘On ‘7 ‘SÂ[9S 94 ‘SIVKK ‘9
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