TRIBU I
MANTICOIUTES.
Têle plus ou moins grosse. Yeux peu saillants, presque toujours surmontés d'un orbite faible. Antennes filiformes; leur insertion intermédiaire entre les veux et la base des mandibules. Celles-ci très grandes, arquées, aiguës, pluridentées au côté interne. Labre plus ou moins transversal, dentelé. Palpes subégaux en longueur, médiocres ; dernier article de tous plus ou moins dilaté; pénultième des maxillaires plus long que le dernier; l'antépénultième des labiaux court, dépassant à peine le fond de l'écbancrure ilu menton où l'on aperçoit une dent. Lobes du prothorax tantôt liés convexes. tantôt presque nuls. Écusson invisible. Elytres de formes variables , rarement en saillie aux épaules, quelquefois soudées, embrassant plus ou moins l'abdomen. Corps aptère. Abdomen le plus souvent de sept segments chez les ê • l'attes assez robustes. Les trois premiers articles des taises antérieurs tantôt simples dans les deux sexes, tantôt dilatés chez les <f .
Le dernier article des palpes labiaux est généralement plus grand que chez les autres tribus; dans le genre Ambhjcheila , il égale presque en longueur le pénultième.
Les Manlicorites sont des insectes de taille grande et moyenne; leur livrée est sombre, et ils sont dépourvus de la faculté de voler. Ces insectes renferment cinq genres, dont deux appartiennent à l'Afrique, un à l'Amérique méridionale, et deux à l'Amérique du nord.
Genres : Manticora, Agrius, Platyehile, Ambhjcheila, Omtis "'.
(1) Je renvoie à la tribu des Cicindiilites le genre Dromoclwrus (|ue Lacordaire, qui n'avait pu l'étudier, a plaré après les Omus.
DES C1CINDÉL1DES. ■>
MANTICORA Fah.
Sysl. El. I,p.l67.
Tète grosse, ovalaire. Yeux peu saillants, arrondis. Mandibules robustes, très grandes, garnies intérieurement dettes fortes dents, constamment plus grandes et plus allongées chez les <? , arrondies en demi-cercle chez les î ; celle de gauche toujours dentelée sur un espace plus étendu que celle de droite ; cette dernière plus ou moins crochue, quelquefois plus longue que la première chez les tf . Labre court, subtransversal, ayant le plus souvent six dentelures plus ou moins développées en avant. Palpes allongés, dernier article de tous un peu obtus et faiblement élargi ou dilaté à l'extrémité. Dent du menton très forte et crochue. Prothorax embrassant la poitrine; partie antérieure tuherculeuse ; sillon antérieur transversal, profond ; lobes de la partie médiane plus étroits en arrière où ils sont brusquement, profondément échancrés. Partie postérieure et sillon postérieur transversal manquant en dessus, mais apparents sur les bords latéraux inférieurs. Élytres saillantes aux épaules, embrassant très fortement l'abdomen, brièvement cordiformes, échangées en demi-cercle antérieurement, déprimées et très rarement bombées sur la suture chez les <? , convexes chez les ?, fortement carénées latéralement; les carènes des bords latéraux plus apparentes dans les <?. Abdomen de six segments chez les deux sexes; le pénultième des <? entier. Tarses simples dans les deux sexes, à articles subcylindriques, fortement ciliés et épineux.
Ce genre, propre à l'Afrique méridionale et australe, comprend les plus grandes espèces de la famille. Elles sont ordinairement noires, parfois rougeâtres, et ressemblent, au premier coup d'œil, aux grosses araignées du -cure Mygale. On les trouve courant avec agilité dans les endroits secs et sablonneux. Les mâles se livrent des combats acharnés pour la possession .les femelles; bon nombre d'entre eux y perdent une partie de leurs antennes, ce qui explique pourquoi on en rencontre si peu dans les collections qui les aient en bon état.
Pendant longtemps <>n n'en connut qu'une espèce,]!/. tuberculataDe Geer;
M. Waterhouse en décrivit une seconde, M. latipennis, sur un individu ? figuré dans le Col. Manuel de Hope, 2" partie, pi. 2, |>. 158; enfin, en 1849,
b MONOGRAPHIE
M. le docteur Klug de Berlin fit parai ire une Monographie de ce genre (JLinnaa ent., vol.i, p. (il! et suivantes), dans laquelle il en décrivit et figura dois espèces nouvelles dont une seule me parait être distincte.
Il aurait été désirable que klug eût travaillé sur des matériaux plus considérables, l'étude d'un genre pouvant se faire rarement avec fruit pour l'avancement de la science sans l'aide d'un grand nombre d'individus. L'une des espèces créées par lui, est fondée sur des caractères sexuels qu'il avait considérés comme des caractères spécifiques, et il n'a vu les deux autres que très superficiellement. Après avoir réuni dans ma collection plus de cinquante individus de Manticora, j'ai cru pouvoir m'occuper sérieusement de leur étude, et passer à l'examen des espèces décrites par cet auteur, dont voici la liste :