Ézéchiel, Michée, Zacharie
3. « Et induxit eos in montem sa.iciificilionis suw, montein quem acquisivil dexterà ejus, • Psalni. xcvir.
tour en habits de voyageurs et un bâton à la main, trois fois en se courbant et quatre fois en marchant. Les femmes musulmanes s'acquittent aussi de cette procession, mais durant la nuit, trait de ressemblance de plus. Enfin les musulmans prétendent en agir ainsi à l'exemple de la lune qui, selon le Coran, fit aussi le tour de la Kaaba.
Les tribus Dènè-Dindjié qui célèbrent cette cérémonie à chaque renouvellement de la lune, nous donnent à penser qu'elle a peut-être une origine semblable à celle des Néoménies des Hébreux. En effet, le premier jour de la lune était un jour d'oblatiou et de sacrifices pour les Israélites *. La fête devait se passer de nuit, en plein air (stib aperto cœlo) et lorsque la lumière de la lune commençait à poindre. Le rabbin qui bénissait l'astre devait sauter trois fois vers le ciel pour attester sa joie; et en même temps, s'adressant à la lune, il implorait des bénédictions sur le peuple hébreu et des malédictions sur ses ennemis 2.
Les Néoménies étaient des jours de réjouissance et de festin pour les Juifs, qui prêtaient l'animation et la parole à la lune, comme l'atteste le Talmud 3,
Si, parmi les Dènè-Dindjié, il est une ou deux peuplades qui ne font cette fête que lors des éclipses de lune, et croient, en s'acquittant de cette cérémonie, venir au secours de l'astre en souflfrance, on doit se rappeler que la majoiité des Asiatiques, tels que Chinois, Birmans, Siamois, Annamites, partagent avec eux une superstition à peu près semblable. On sait quel tintamarre il se fait dans leurs villes , lorsqu'une éclipse de lune se produit, afin^ disent-ils, d'empêcher le grand chien céleste de dévorer l'astre des nuits.
On peut aussi rapprocher de la fête lunaire de nos Dènè-dindjié le culte des Anciens. Quel était le but des Phéniciens lorsqu'ils invoquaient Astaroth sur les places publiques, si ce n'est celui d'obtenir les bénédictions de la terre et la défaite de leurs ennemis. Ainsi l'entendaient les Arabes en priant Alytta, les Assyriens en s'adressant à Mylitta, les Perses en suppliant Mitra, les Egyptiens Isis, les Grecs Arthémis, les Romains Gérés, Phébée et Hécate. Car toutes ces divinités n'étaient autres que la lune. Elles offrent donc la plus grande ressemblance avec le Sa-icèta de nos Indiens.
Enfin, qu'on se rappelle qu'il y eut des adorateurs d'Astaroth ou la lune depuis les temps mosaïques jusqu'à la captivité de Babylone,et que la cérémonie des Néoménies dégénéra parmi certains Hébreux en vé-