‹ Monographie des Dènè-DindjiéChapitre 8 sur 25 · L'Empire chinois, par l'abbé Hue · texte numérisé non relu

L'Empire chinois, par l'abbé Hue

2, Flavius Joâèphe, Antiquités des Hébreux,

nos Indiens, il offre une analogie parfaite avec l'oiseau de Jupiter « a nido devota Tonanti. »

Les Malgaches, d'après le récit des missionnaires jésuites, partagent la même croyance, et appellent cette sorte d'aigle Voroum baratra. D'après d'autres missionnaires, les Mandingues nomment le dieu du tonnerre Jéoiero. Ce mot se rapproche singulièrement du latin Jovis, lequel n'est qu'un dérivé du nom de Dieu en hébreu, Jévé, Jùovah. Les mots dènès di, idi, ti, ili, qui caractérisent l'oiseau-tonnerre, sont racines par rapport au nom de la lumière dans cette même langue indi, inti, ainsi qu'à celui de la chaleur, dié, tié. Or, il est assez curieux de retrouver la même racine dans le latin dies, jour, d'où sont dérivés les mots deus, dieu, t/it, dieux; sans doute parce que la Divinité est éminemment lumière : Et lux erat apud IJeum. N'est-ce pas dans le langage que doit se trouver toute logique, toute vérité?

Chez les Dènè-Dindjié, ce ne sont pas les fils qui prennent le nom de leurs parents, mais ce sont les pères et mères qui changent leur nom à la naissance de leur fils aîné, pour prendre le nom de celui-ci. Ainsi le père de Tchèlè se nommera TlcUélé-Ca, père de Ttchélé; et sa mère Tlchélé-mon, mère de Ttchélé. D'après l'anglais Burchardt, qui a longtemps résidé chez les Arabes, ce peuple a la même coutume. Ainsi, dit-il, le père de Kasini se nommera Abu-Kusim, le père de Béker prendra le nom (.VAbu-Béker. Il en est de même des femmes, Oinm-Kasim , Oinm-Béker.

A la mort de leurs parents, les Dènè-Dindjié, pour manifester leur deuil et leur douleur, coupent leur chevelure, se roulent dans la poussière, déchirent leurs vêtements et s'en dépouillent même. Jadis, dans ces occasions, ils s'incisaient la chair et allaient entièrement nus. Ainsi le pratiquent encore les Algonquins, les Arabes, descendants des Amalécites. Ainsi faisaient les Egyptiens.

Ils personnifient souvent leur triade divine sous la forme d'oiseaux gigantesques de la famille de l'aigle, père, mère et fils, qu'ils nomment olbalé, orelpnlé (l'immense, le blanc, le pur), nontèlé et kanédèlé (le voyageur*). Or nous trouvons dans le roc/j, oiseau énorme et fabuleux des Arabes, dont «isroc/f, dieu-aigle des Assyriens, a bien pu leur donner l'idée, une analogie avec ces aigles fantastiques des Dènès. Les Juifs talmudistes de Babylone croyaient aussi à un oiseau prodigieux nommé 2tz, dont la tête atteindrait à la voûte des cieux et serait la cause des éclipses de soleil -. Cette dernière particularité est un rapprochement

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