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Chapitre III

Effets physiologiques de nos eaux thermales déduits de leurs propriétés physiques et chimiques»

Nous avons vu dans la première partie de cette monographie que nos eaux constituent une substance thérapeutique très compliquée à cause de la diversité de leurs agents physiques et des principes chimiques qu’elles contiennent. Nous allons maintenant décomposer cette substance en ses divers éléments, tels que la physique et la chimie nous les ont rélévés, et fixer, en tant qu’ils sont connus, les effets physiologiques de chacun en particulier afin d’arriver par ce moyen à une description claire et complète de l’effet physiologique général.

Ici se présente la question de savoir jusqu’à quel point cette manière de procéder est justifiée par l’état actuel de la science. On a fait à ce sujet diverses objections, et nous ne croyons pas devoir les passer entièrement sous silence.

On a fait valoir d’abord que la chimie analytique n’est pas encore parvenue à un degré suffisant de perfection pour découvrir tous les principes chimiques des eaux minérales,

ainsi que l’a prouvé la découverte toute récente du brome de 1 arsenic, du cuivre etc. Cette objection est fondée scientifiquement parlant. 11 est très possible qu’après des années la chimie découvre encore un atome de tel ou tel métal: mais de quelle importance cet atome sera-t-il pour nos eaux minérales? Les recherches modernes ne sont-elles pas là pour prouver combien il y a peu à espérer de ce côté. Quand la présence du poison métallique le plus violent, de l’arsenic, doit être négligée à cause de la quantité infime de ce corps,' quelle substance la chimie révélera-t-elle par laquelle les effets de nos eaux thermales puissent être influencés d’une manière sensible?

On a voulu prouver la présence de principes minéraux inconnus jusqu’à ce jour, en soutenant que la somme des effets des divers éléments et des agents physiques des eaux est inférieure à leur effet total; mais à cela nous répondrons qu’il est presqu'impossible de démontrer une différence sous le rapport de la quantité ou de la qualité dans les effets thérapeutiques, et que c’est infiniment difficile dans les effets physiologiques.

Nous sommes beaucoup trop arriérés dans notre matière médicale pour entreprendre de pareilles démonstrations. Si l’on considère isolément les divers principes chimiques de nos eaux, quelques uns semblent effectivement s’y trouver en quantité bien faible en égard aux effets qu’ils produisent ; mais nous savons que les effets de beaucoup de compositions thérapeutiques sont renforcés hors de proportion par des mélangés, comme par exemple les effets laxatifs de cei tains sels combinés ensemble. D’ailleurs, en faisant dissoudre dans de l’eau ordinaire les divers éléments dont I existence est jus qu’à présent démontrée pour nos thermes, j’en ai obtenu tous les effets physiologiques, et les eaux minérales artificielles produisent les mêmes effets physiologiques que leurs analogues naturelles.

La seconde objection est également fondée selon la science et consiste à dire que la chimie détermine avec certitude les

éléments isolés seulement des eaux minérales, mais ne peut indiquer les combinaisons de ces éléments que d’une manière conjecturale. La chimie, il est vrai, se borne à déterminer les combinaisons des corps suivant leurs affinités naturelles, et l’on sait que dans une grande quantité de liquide les combinaisons peuvent se former contrairement à la loi des affinités. Pour marcher d’un pas sûr, il nous faut faire une description de toutes les combinaisons possibles des principes minéraux de nos sources, ce qui heureusement est moins compliqué que l’on pourrait le craindre; car nous n’avons à nous occuper que d’un seul acide puissant, de l’acide chlorhydrique, qui est prédominant, et qui dans tous les cas se combine d’abord avec les alcalis. Ensuite, les quelques grains de chaux pourraient bien se trouver unis à l’acide chlorhydrique, et être remplacés par deux ou trois grains de carbonate de soude; mais c’est là une différence tout à fait insignifiante pour les effets de nos thermes. L’on peut en dire autant de la combinaison possible des métaux lourds avec l’acide chlorhydrique ou carbonique, surtout si l’on considère que par l’ingestion des eaux dans l’estomac les combinaisons avec l’acide carbonique sont décomposées par l’acide chlorhydrique contenu dans ce viscère.

Nous nous croyons donc spécialement autorisés pour nos sources à apprécier, sous le rapport de la quantité et de la qualité, suivant leur importance physiologique, les forces physiques et les principes chimiques des eaux, invisagés isolément dans leurs différentes combinaisons telles que nous les révèle la science naturelle, et à compléter par ce moyen la description de l’ensemble de leurs effets physiologiques.

Nous conserverons ici la division généralement adoptée dans les propriétés physiques et chimiques de nos thermes, savoir : d’une part l’eau avec ses propriétés physiques, et surtout avec la chaleur qui lui est propre; d’autre part, l’ensemble des principes minéralisateurs.

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