Exanthèmes chroniques
Nous rattachons cette espèce à la précédente parce que les exanthèmes dont il est ici question, sont le résultat d’une anomalie de la sécrétion cutanée. Effectivement, la matière sécrétoire devant traverser la peau y cause parfois, lorsqu’elle contient des principes morbifiques, une violente irritation, et donne naissance à différentes formes d’éruptions. Ces accidents sont souvent en connexion avec le trouble d’autres sécrétions, par exemple celles du canal intestinal, de la vessie, des reins, de la bile et des menstrues. Dans d’autres cas, les exanthèmes sont engendrés par des maladies dyscrasiques, comme la goutte, le rhumatisme, les hémorrhoïdes, la syphilis, l’hydrargyrose etc., et se trouvent fréquemment dans une réciprocité d’action avec l’état morbide d’un organe interne. Quand l’exanthème chronique persiste trop longtemps, il trouble la sécrétion cutanée, et agit d’une manière pernicieuse sur tout l’organisme; puis, la cause et l’effet s’influençant réciproquement, il s’en suit un état cachectique qui aboutit volontiers à l’hydropisie. L’efficacité que nos eaux déploient dans les affections de ce genre est due à leur action sur les anomalies des sécrétions et des mélanges du sang. Ordinairement, dans les commencements de la cure, Péruplion acquiert un développement plus considérable à la suite des effets excitans des bains. Le mal 11e cède à l’action directe des eaux qu’autant que l’exanthème a duré quelque temps et qu'il a pris un caractère atonique.
10, Anomalies chroniques provenant d'une solution de continuité.
Nous mentionnerons d’abord les ulcères, qui, de même que les exanthèmes chroniques, sont en relation habituelle avec le trouble d’une autre fonction, ou bien avec un mal organique. Ils affectent indifférent ent la peau, les glandes, le tissu cellulaire, les cartilages et les os et cèdent à l’action de nos thermes d’autant plus volontiers qu’ils présentent d’avantage le caractère atonique. En second lieu, les adhérences anormales de certaines parlies à la suite de blessures provenant d’armes à feu ou d’instruments tranchans, d’opérations chirurgicales, de fractures etc. Elles se manifestent sous forme de cicatrices, d’atrésie, de callosités, et empêchent de mille manières le libre usage des membres.
IL Anomalies chroniques du système nerveux.
Les anomalies chroniques du système nerveux consistent
dans l’irritabilité anormale d’une étendue de nerfs plus ou moins considérable. Elles se divisent en deux classes, suivant que l’affection porte sur les nerfs centripètes ou sur les nerfs centrifuges.
1) Névroses de la sensibilité. Dans cette espèce, la sensibilité nerveuse est tantôt exagérée, tantôt abaissée. Parmi les hyperesthésies se présentent en premier lieu celles des nerfs de la peau, pour lesquelles Peau de Wiesbaden est très efficace, surtout lorsqu’elles proviennent de l’une des dyscrasies mentionnées plus haut. Nous citerons spécialement la neuralgia nervi Quinti , ischiudicci et cvurcilis . Parmi les hyperesthénies de l’appareil central nous désignerons spécialement la névralgie rhumatismale de la moelle épinière, celles du testicule, et l’hypocondrie lorsqu’elle alterne avec la goutte, les hémorrhoïdes et les exanthèmes chroniques. — Au nombre des anesthésies se présente l’amaurose pour laquelle le traitement de nos eaux est indiqué lorsqu'elle dérive du rhumatisme, de la goutte, de la syphilis, ou de la pléthore abdominale.
2) Névroses de la motilité. Ce sont des états pathologiques qui consistent dans l’amoindrissement de l’irritabilité des nerfs moteurs, et que l’on désigne sous le nom de paralysies. Nos thermes sont généralement indiqués lorsque les paralysies n’ont point pour fondement la destruction organique de la substance nerveuse même, et lorsqu’elles dérivent de l’une des dyscrasies précitées, que ce soit par suite d’une exsudai ion ou d’une extravasion dans le névrilème, ou bien à cause d’une formation anormale dans les tissus adjacents, enfin, dans le cas où les paralysies sont produits par un effet réflexe. Ils agissent par résorption, par l’influence excitante et vivifiante de la chaleur, par l’irritation réflexe qu’elles provoquent dans les organes et dans les nerfs de la périphérie, et en réveillant l’irritabilité musculaire.
Aux anomalies du système nerveux nous rattacherons encore l’impuissance et la stérilité. On obtient parfois avec les eaux de Wiesbaden, comme avec d’autres eaux minérales, des bons résultats quand la stérilité provient de l’état torpide des nerfs de l’appareil génital, de l’hyperémie ou d’un engorgement muqueux de l’utérus. Elles sont efficaces dans l’impuissance lorsqu'elle est la suite de plaisirs excessifs, de maladies syphilitiques ou d’autres affections chroniques.
Les contre-indications se déduisent aisément de ce qui précède. Nous dirons seulement en peu de mots que nos eaux sont contre-indiquées dans toutes les maladies qui présentent un caractère sthénique, dans les états fiévreux, les inflammations aigües, la suppuration d’un organe interne et dans les cas où l’asthénie directe est très prononcée. Elles sont également contre-indiquées dans certaines circonstances, ou du moins l’usage ne doit en être ordonné qu’avec précaution, quand le patient a le système nerveux et vasculaire excitable, quand il est sujet à des congestions vers la tête et la poitrine, ou bien à des hémorrhagies de la matrice ; enfin, lorsqu’il est affecté d’un vice organique du coeur, ou d’une grande irritabilité du canal intestinal et de la peam