Anomalies chroniques des excrétions
Nous avons à nous occuper ici de l’état pathologique dans lequel l’excrétion présente un caractère d’inertie, ou procède d’une manière incomplète. Les anomalies de ce genre ont pour cause le défaut de contraction des fibres musculaires, l’altération chimique et physique de la matière excrétoire, ou la présence de corps étrangers. Elles se divisent de la manière suivante :
aj Anomalies chroniques de l’excrétion intestinale. Ici se présente en premier lieu la constipation habituelle déterminée par l’atonie des parties profondes du canal. Nos thermes administrés à la dose purgative et en forme de lavements donnent dans cette affection d’excellents résultats. En second lieu, l’infarctus du canal. Autrefois, on attribuait à cette maladie une importance exagérée; de nos jours, on en a fait trop peu de cas. La pratique médicale des eaux dissolvantes et purgatives nous a fait voir par de nombreux exemples
comment la formation de l'infarctus egendre le dérangement chronique de la digestion, l’engorgement du bas-ventre, l’hypocondrie etc. etc. Parmi les corps etrangers, nous citerons les calculs intestinaux dont l’origine est due à des aliments indigestes, à des concrétions hépatiques et à d’autres causes encore. J’en ai observé chez des Anglais, à la suite de l’usage immodéré de la magnésie. Nos eaux ont la propriété de dissoudre l'inf ardus ainsi qne les corps étrangers, et en favorisent l’excrétion en multipliant les mouvements péristaltiques.
bj Anomalies chroniques de l’excrétion urinaire. La diminution de la sécrétion urinaire peut être la suite de
l’atonie des fibres musculaires, comme c’est souvent le cas chez les personnes âgées. L’eau thermale prise en boisson, ou bien appliquée en douches sur les reins, produit de bons effets dans cette affection. Il est un autre état patho¬
logique très important qui doit ici trouver sa place; c’est la formation de gravelle et de calculs dans les reins, l’urètre et la vessie. La question de savoir si Peau thermale peut dissoudre ces formations a été vivement controversée; l’on doit pencher pour la négative, puisque l’on n’est pas encore parvenu à dissoudre les calculs, par le moyen des eaux, hors de l’organisme. Nous renonçons par coséquent pour nos thermes à cette vertu là, d’autant plus que la pratique
n’a pas un seul exemple à citer en sa faveur. Par contre,
ils sont propres à combattre la formation et le développent des calculs, et, pris en bains, ils en favorisent l’excrétion. Ils sont surtout très efficaces contre la formation des concrétions uratées. La chimie a démontré que l’acide urique se trouve unie dans les urines à l’ammoniac, et qu’il y est maintenu à l’état liquide par les sels. Il s’en suit que la proportion des principes salins se trouvant augmentée, l’acide urique en excédant conserve sa liquidité et est éliminé. La gravelle qui part fréquemment chez nos malades, dans les premiers temps de la cure, nous fait voir de quelle façon l’excrétion en est favorisée par nos eaux.
c) Anomalies chroniques de l’excrétion biliaire. Cette excrétion est diminuée par suite de l’épaississement de la bile même, d’un engorgement de mucosités, de l’atonie des conduits biliaires ou bien des calculs hépatiques. Les progrès de la chimie analytique ne nous ont pas permis jusqu’à ce jour de constater l’action directe de l’eau thermale sur les calculs hépathiques; mais, par son action stimulante sur les conduits de la bile, l’élimination en reçoit une impulsion favorable.