SECTION 1V
Greffes de^ Parties herbacées des Végétaux, ou Greffes
Tschoudy (i).
C'est à M. le baron Tschoudy que l'agriculture est redevable des greffes qui composent cette dernière section. Elles se distinguent de toutes celles des sections précédentes , en ce qu'elles s'effectuent au moyen de tiges herbacées des arbres ^ des plantes vivaces 9 et même des plantes annuelles.
A mesure qu'un arbre avance en âge 9 ses couches ligneuses 6ont comprimées de plus en plus par la formation des couches nouvelles qui croissent annuellement entre Paubier et l'écorce des années précédentes. Le bois devient plus dense ^ et les canaux séveux qu'il contient se resserrent de manière à ne plus permettre le libre cours de la sève ; aussi n'est-ce qùd dans les parties vertes des végétaux que ce fluide circule en assez grande abondance pour opérer une cicatrisation : voilà pourquoi jusqu'à présent nous n'avons obtenu de réussite que par la soudure des écorces 9 et jamais par l'union du bois ni de l'aubier. Ici nous allons observer un nouveau phénomène : en greffant de jeunes végétaux herbacés ^ la sève et les sucs propres
(1) Les personnes qui voudront, sur cette section des greffes, de plus amples ren-« seigneméns , pourront consulter le mémoire intitulé : Esscd sur la Greffe de ^ herbe des plantes et des arbres , par M. le baron Tscboudt , bourgeois de Claris. A Mets , cbe^ Antoine , imprimeur du Roi»
seront également répartis dans tous le^ vaisseaux nourriciers ^ et la lige entière jouira de la propriété de s'unir à une autre tige dans le même état. D'après cela^ on conçoit que ces greffes ne doivent laisser presque aucune trace sur les individus.
Physique et Thiéorie. Pour que cette union s'opère avec facilité et promptitude ^ il faut avoir soin d'insérer la greffe sur le sujet dans l'aisselle ou dans le voisinage d'une feuille vivante j de manière que la sève qui devait se porter au bourgeon de cette feuille j puisse animer le bourgeon inséré. Ecoutons ici M. Tschoudy lui-même :
a Les feuilles sont essentiellement pourvues d'organes propres à absorber dans l'atmosphère des principes nourriciers ; elles y pompent principalement de l'eau ^ elles absorbent la substance lumineuse ; elles saisissent dans l'atmosphère une partie de l'air élastique^ qu'elles approprient à la nutrition de la plante. Elles sont aussi pourvues d'organes propres à la transpiration ^ pair lesqueb elles rejettent au dehors l'excédant de l'eau qui leur QSt nécessaire. C'est là que réside le pidncipal laboratoire où se ibnue \e,çambium.
p C'est donc par l'action des- feiûHes qu'il £stat greffer de l'herbe (i) sur l'herbe pleine des û^s vertes.
I» Mais les parties d'ua végétal qui, par défaut d'organes propres à l'accroissement , ne peuvent se prolonger , meurent en cédant leur propre substance au bouton voisia.
n Si donc vous avez coupé une tige verte un pouce aunlessùS: d'un bouton y ne greffez^ pas. sur cet inutile tronçon de tige-
(i) P^r le mot herbe ^ M. Tsciûudj eateiul ici lea partiel noii^ ligaduaoi dea végétaux.
verte, qui, ne pbuyant vivre pour luî-même , est dans Pîmpuîssance d'animer une greffe.
» Greflfez à hauteur de ce bouton terminal , qui , en se prolongeant y occasionnera la cicatrisation , et qu'on supprimera lorsque le bouton inséré aura puisé sur cette jeune tige le prin-cîpe d'une vie nouvelle. »
Il faut aussi faire coïncider les parties incisées du sujet et de la greffe , de manière à établir entre leurs fibres le parallélisme le plus exact possible ; et il est bon de les abriter des rayons du soleil.
Enfin il est nécessaire de ligaturer assez fortement pour que les fibrQs ligneuses du sujet , en se durcissant , ne puissent pas , par leur écartement , se séparer de la greffe.
Lorsque ces. opérations sont terminées, on abandonne la greffe à elle*mên:ie pendant quelques jours , puis on enlève les bourgeons inférieurs qui se trouvent sur la tige du suj^» Bientôt après , on supprime le bourgeon même de la feuille nourrice , et lorsque le gemma inséré se prolonge d'une maxiière sensible (vers le trentième jour), on desserre et l'on serre de nouveau avec tme lanière de papier et un fil de laine , plutôt pour contenir que pour contraindre.
U est presque inutile de dire que les greffes de cette section doivent s'effectuer pendant les mois de mai et de juin , puisqu'il faut que les tiges soient herbacées ^ et puisque les feuilles jouent un si grand rôle dans la cicatrisation de la plaie.
UsAGBS* Les arbres verts, que l'on avait jusqu'à présent re* gardés conmie très-difficiles à greffer , se sont prêtés avec la plus grande facifité à ce nouveau genre de greffe. Les arbres
ià hoia très-dur , tels que les noyers y les chênes ^ etc. ^ etc. , ont donné des résultats aussi satisfaisans ; enfin j les plantes an* nuelles ^ bisannuelles et yivaces sont peut-être , depuis les expériences de M. Tschoudy ^ les végétaux les plus faciles à jihultîplier par la voie des greffes.
Cette section se compose de quatre séries.
La première comprend les grefifes des unitiges, tels que les pins 9 les sapins , les mélèzes ^ arbres dont la tige centrale seule s'élève verticalement 9 tandis que les branches latérales décrivent toutes 9 avec cette tige , un angle qui devient de plus en plus ouvert , à mesure qu'elles reçoivent par la croissance une augmentation de poids. Ces dernières n'ont ^ pour ainsi dire ^ qu'une existence tributaire ^ et ne peuvent tendre à la verticalité.
La seconde renferme les greffes des arbrefe omnitiges, tels que la vigne et les autres sarmenteux ^ dans lesquels la force vitale d'accroissement (i) est également répartie sur chacun âes boutons.
La troisième contient les multitiges , ou les végétaux ches lesquels cette même force vitale d'accroissement est susceptible
( I ) Vorct! vitale d*accn>îsscme/it : c^est-à-dire cette force qui fait que la sève se porte nriWiinïrtsmtni dniii quelques branches plus que dans les autres pour déterminer ii«ur d/*Tnlop|»i;mntit. IVaprès Popinion de M. Tschotufy , cette force est également r^|Hirlii' tlmn toute<i les tiges des sarmenteux; par conséquent on peut les greffer fimUm avrr. un ^gal succès. Elle n^agit que dans la tige principale de la plupart des rf'ftifirua I f.elte figo sflulc est donc susceptible de receroir les greffes. Mais, dans laa ffiiilliitgfSy il est fucilo ^ au moyen de la taille et de la position plus ou moins Terti* « »U qun l*ofi Isil tenir aux branches | de porter où Ton Teutla force vitale dVccfoia- •DiiMfiit fifirif il o«t f|urstion. Cl^est ainsi que Pon récepe un vieux tronc pour obtenir de ^«'iiiH 4 |ioii««f*% vi^oiimiflos ; que Ton retranche quelques tiges pour forcer la sève à se utfiUi vrM les aiitrcf I clc. ) etc. v
de se diviser et de se transporter ^ pour ainsi dire j sur telle tige que Pon veut. Dans ce cas sont la plus grande partie des arbres de nos climats.
Enfin , la quatrième réunit les grieffes des végétaux herbacés ^ vivaces ^ bisannuels et annuels. '
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S:ÉRiE I^^. Greffes des unidges.
U est important de remarquer qUe ceux des arbres verts dont M. Tschoudy a formé la division des unitiges, ne prennent pas leur accroissement de la niêmê manière que les arbres qui perdent leurs, feuilles ^annuellement. En effet ^ dit cet autour ,
lid une feuille lorsqu^ilèn est temps ,, et jiortànt ainsi succès* sivemeàt la dernière feuille près du sommet d'une tige qiîi à toujours marché exclusivement par son extrémité;
liO bourgeon d'un pin ou d'un.sapîn ^ au contraire ^ se pfor longe par tous les points de sa surface cylindrique.
iO résulte de laïque si Pon Cô^upiait trop tàtlà tige centAde herbacée d'un pin ^ et qu'on insérât une grefîe sur le sommet de cette tige ^ cette dernière , en prenant son accroissement , détruirait le parallélisme y et par conséqu^t l'union que l'on a tâché d'établir entre les parties incisées de la greffe et du sujet.
Il faut donc attendre que là tigehetbacée dies; ti^i^'gçs 9oit parvenue aux deux tiers de son développement i «lors l^s feuiUeç inférieures auront pris leurs idisCanceâ* On Qoupçri^ la partie de la tige verte où les feuilles ^ pressées Puné $ùr l'autre ^ annoncent un retard dans l'action du.protongemeitt , et on greffera sur ce sommet 9 où l'on peut se promettre l'immobilité nécessaire.
Greffe (D) d'un rameau terminal heAacé Jtmi uaùfge « sur le mnuçff^
terminal herbacé et tronqué d'un autre unitige.
' Opémtiùfi. Coupcfr Iioriioiitaieitteat \k fête éèt sofet-D f Tofrex r«». aeet. , pt 9) ; dépouiller de feuilles la place où Poii ym% gjFtSfe^^
laire propre à recevoir le rameau tenaiiial v*. Qaaad la greffe est de même mètre que le sujet , on doit aTOir recours am procédé indiqué pour la greffe Hnart. ( Voyez a«. sect..^ pl« a..) , .
Usages, Ces deux greffes sont applicables aux pins , sapins et méléxes. Elles peUTent égj|)|Mii^V^teièf]DfLo|^ pos^ beanc op p d ,* e rf » r p»
SjéiiiE II* Greffes des omnitîges.
^ jl a ilëjà été 4it ^ue dans ces arbres la force TÎtale d^accroîs^ semenX était élément répartie sjxr tous les bourgeons ; c'est^ a-dire 3( suivant les propres expressions de M. TTschoudy^ que si une tigç s'élève verdcalément , elle n'usurpe pas nne prééniî« nence 9 et que si elle tombe au-dessous de la ligne horizontale y elle ne languit pas par dé£aiut d'élévation. On peut donc greffer la vi^ê et les autres onmiti^ sur chacun de leurs bourgeons»
Cette série ne contient quHwe greffe , qui s'effectue sur la
irigne par le procédé de la ^^refTe F y ^ue ]e yais déorire dans la troisième
Si AiB m. Greffes des mMtlddges^
Dane tous les arbres de cette série abandonnés à eox<œémes , quelques branches sont ^ujours beaucoup plus fortes et ont plus de tendance à dominer que les autres. On aurait tort de greffer sur des tiges faibles , qui ne seraient capables de donner que peu de nourriture à la grefife j on aurait môme tort , toutes les fois que Ton peut faire autrement , de ne pas supprimer le«
branclies qui pourraient attirer vers eWen une partie dé la sève destinée à se porter dans la tige greffée pour aniimer le bourgeon inséré. Aussi , lorsqu'aprés avoir récepé un arhre> on a obtenu un ^and nombre de reîetôns^ fiarat^il ne canserrër qtk'ui» ou deux de ces rejetons , au plus,, pour les grefFer. Par Ce mçyen 9 la sève 9 qui n'a point à se partager entre un grand nombre de branches 9 se porte tout entière au lieu de. l'opération , et le succès est assuré.
Greffe (E) par approche d'un bouton naissant avec deux feuilles
nùurPiees.
Opération* Faire au-dessus de deux feuilles deux incisions obliques aux tiges lierbacées Ee' ( i>«. sect. , pL 9), en laissant le bourgeon que l'on se propose de faire végéter; recourrir les deux plaies Tune par Pautre ^ et ligaturer. La greffe doit être reprise au bout de quûrant» ^urs.
Usages. On peut faire reprendre, par ce moyen , le cbincapin, plusieurs chênes et plusieurs noyers d'Amérique , sur de jeunes plumules provenuet de semences en pots.
Greffe (F) par incision oblique ^ sùnple^ soulevant une feuille.
Ofémtiùn^ CoQpérhârisotttaclBmentle6tt|6tF(ii^. «eotr, pl.9}àim.pouce6]mron . aiir-dflBsus du pétiole de la feuille qui précède, le faisceau» terminal} former , à partir de Paisselle de cette feuille , une incision oblique d'ua pouce ou un voucd et demi dé long, et qui* se termine au centré de la lige ; tailler la greffe F' en où, de -âHUiièrO' ^'dle- remplisse* exaclapiént l'entaille du* sfujet , et ^e- le b^uigeoA de lft^;fi^iiille. F'' sjB trcaive à la ^hauteur du bo«rgeoa' du su)^ fv TTsages, Cette greffe est applicable à toutes les plantes annuelles et à tous les arbres, moeà» p a r ticuliè r emen t -è-^et» dent* le»- fibres- lign e us e s s o nt asse z* flexibles puui ne pas obliger à ligaturer Uop fortomeat.- \^a arbres fruitiers ^ leè- roMicéèsr,i les peuplieva , les saules^ |e^ tulipiess^.efc i.e|c.»,iaonfedàns ce cas* La -vigne repilBiid> l^usdiffiailement pajr cte procédé ,t.parie^ q^e son ^ystème^fibral esH d?UAd ghimde^ , roideur.
Greffe (G) dune tige d*un diamètre beaucoup plus petit que* celui
du suf'et.
Opération. Fendre le sujet 6 (ifo. sect, pi. 9) d6 mMÛère (|Me l^eap^irémité du*
greffoir arrÎTe jusqu^au bourgeon du péfcioto G ; à partir da ce point , former^ en bai88a^l la main , une incision oblique dont la profoiideur diminue dd phis ^1^ plus vers la partie inférieure \ fprmc|r une ^conde incision qui coupe, à anglq droit la première^ et qui s^arrÂte à la hauteur du bourgeon G. Tailler' le scion o' eu lame de couteau y et Tuiiir' au. sujet, de i^anièfè-que les deïix l>ourge6Ué soient à la rnâme hauteur • r
La seconde incision dont il Tient dMtre question a pour,but*d*empèchep Pécartement des fibres ^ qui pourrait nuire à la repnsè de la greffe.
Usages. Lés mégiés-que la. précédente.
Greffe ( H ) d!e végétaux à feuilles opposées.
Opération. Faire au sujet une inci^iofi' .triangulaire dont le sommet soit au centra de la tige ; y insérer un scion taillé en coin prolongé , de manière que les deux bourgeons de ce scion forment un verticillé avec ceux du sujet. (Voyez fis. H^ 1». sect., pi. 9.)
Usages. Propre aux iprbrea k feuilles opposée^.
SiaiE IV. Greffés des plantes vivax:es, bisannuelle^ «f
annuelles.
Plus l'ejuBtence d'un végétal est courte , et plus ordinairement sa croissance est rapide et vigoureuse y plus il a de force vitale active (i). Voyez avec quelle lenteur s'élèvent , pendant les premières années 9 les grands arbres dont la durée, est de plusieurs siècles } remarquez ^ au contraire ^ avec quelle «pi^
\ f } II I II . . —yf^^"
(i) Force viiaU active. Voici un &it qui prouva d^une manière bien concluante que les arbres peuvent ^ pendant un certain temps | cesser de végéter smis cesser pour oela de jouir de la propriété végétatiTQ s Pui|e des der|iière» ^nnées du siècle précé^ dent 9 nous envoyâmes à M* Demidoff, propriétaire dans les environs de Moscow^ plusieurs paquets d'arbres fruitiers ; un de ces paquets tçmba par hasard }usqu*au îovl\ d*une glacière , où il (îit oublié. Vingt et.un mois après , des ouvriers le retirèrent ;lé«' arbres furent plantés à tout hasard ^ et ils reprïrent nussi bien ^ue ceux ^id av<|ient été mis tn terre dè| leur avrivéo*
(89) dite s'accrott une plante annuelle. On dirait que y dans ce dernier cas 9 la nature se hâte y parce qu'il faut qu'elle produise en une seule saison ce qu'elle ne produit pour les arbres qu'en un laps plus ou moins considérable d'années (i). Aussi les végétaux annuels jouissent-ils beaucoup plus que les plantes vivaces ^ et à plus forte raison que les arbres y de la propriété de cicatriser promptement une plaie. Voilà pourquoi les greffes des plantes annuelles reprennent avec unç très-grande facilité et en très«»peu de temps*
hea soins que l'on doit accorder aux greffes des plantes annuelles sont jnpins assuiettissans encore que ceux que néces-^ sitent les arbres. Ici l'on peut ^ sans crainte | supprin^er tous lès bouigeons du sujet, ^
La seule précaution à prendre ^ précaution qui n'est pas indispensable y c'est d'abriter la greffe de l'aspect immédiat des rayons solaires ^ en eiiveloppaiit d'une feuille les parties opérées»
Greffe J[L) d'an artichaut sur ckardon lancéolé.
Opiraihn. 'Tailler en lame de couteau la tige de la greffe près de sa racine^ et Insérer dans une fente pratiquée sur le sujet en &ce d'une feuille» ( Voyes L , 4*** leet. y pL 9« )
Cette opération se fiut la seconde année | a^ant la floraison.
(i) Jamais la nature ne cesse un seul instant de tendre vers iin but principal ^ la conservation et lu. multiplication des espèces qu^elle a créées : le besoin de parvenir à ce but est tellement puissant 9 qu^îl la fidt quelquefois dévier de sa marche ordinaire* Le réséda aegyptiaça , par exemple ^ est une plante annuelle ; cependant si Pon iretrancbe ses boutons à fleurs à mesure qu'ils paraissent , il continue de vivre , il a^élève en arbrisseau, devient bisannuel , et quelquefois trisannuel si| la seconde luinéei OA Ip priye encore des boutons qui doivent produire les graines.
Greffe (M) Tomates sur pommes de terre.
OpérmUon. Elle est la même que pour la greffe précédetfteit
£lle soupière au mois de mai. (Voyez fig* M^ 1^. sect. ^ pi. 9.)
t/sages, «c Si en greffant des tomates sur pommes de terre ( c^est M. Tschoudy qui parle) j on parrient à obtenir une récolte égale à deux , à doubler un jour Phéritage du pauvre, il restera encore à examiner si le sol ne sera pas épuisé dans une Mesure égale à deux.
39 La nature nous permet de lui imposer de douces contraintes : j^avoue quie telle-ci est un peu forte. Ne précipitons pas notre jugement j et continuons à marcher vers un but aussi désirable , afin d'en mesurer avec précision les avan** tagçs et les inconvéniens. a»
Grefife (TX) d*un melon sur tige de concombre.
Opération. Lorsque le melon est parvenu à la grosseur d^une npix^ coupes la tigjb un pouce -et demi au-dessous .de l'insertion du pédoncule; taillez en coin cette section de dge , «t introduisez ce coin dans une incision oblique antérieurement pratiquée j en posant la pointe de l'instrument dans, l'aisselle d'une CBuille qoft TOUS aurez soulevée. (Voyez N y 1". sect. , pl« 9.}
^oia. La figure N n*est pas tout-à-fait exacte , parce qu'elle a été destinée snr mie greffe qni n'arait pas été exécutée entièrement selon les principes indiqués plus haut. L*tnd^ sioniaîte au si^jet dcrr^t coma^enctr au poiaioi^ la Quille s'unit à sa fige de la même manière que dans la figure F.
Usages» Ba greffant sur. concombres à différentes époques^ depuis le moia de mai însqu'an mois de }uln, M. Tsçho9Ufy\ obtenu, en 1819 des fruits de* melon depuis le i5 septembre jusqu'au mois de novembre , et ces firtiîtf furent fixmvé» wieiUeurs que ceux qui étaient venus sur -leurs propres pieds.
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se termine la description de toutes les greffes connues jusqu'à cette époque. Il me reste cependant encore à parler de plusieurs opérations de culture ^ que quelques agronomes avaient regardées comme des greffes ^ mais que l'expérience nous force de considérer maintenant sous un autre rapport.
Plusieurs auteurs prétendaient autrefois que tous les arbres pouvaient être greffés les uns siir les autres , quelle que fût d'ailleurs la différence de leur nature. CoLùmelle, entre
autres (i) , pour prouver à ses contemporains cette prétendue vérité , planta au pied d'un olivier un jeune figuier , auquel il coupa la tige au collet de sa racine 9 puis il forma sur l'aire de ]a coupé qu'il venait de pratiquer une entaille triangulaire et iinefisnte ( Voyez fig. a , l'^w sect. , pi. 7 ) j il courba ensuite une branché de l'olivier et l'unit à la racine du figuier par le procédé de la greffe Varron.
L^olivier végéta , et Columelle en conclut qu'il s'était greffé 6ur le figuier ; mais il eut tort ^ puisque ^ pour peu qu'il se fût donné la peine d'examiner l'opération ^ il se serait aperçu que ]a tige dé l'olivier avait poussé de sa partie opérée plusieurs racines suffisantes pour maintenir son existence : il avait donc fait ime bouture au lieu d'une greffe. C'est un fait qui doit désormais être regardé comme certain ^ puisque ^ depuis douze ans 9 cette expérience est répétée au Muséum ^ et nous a toujours doimé les mêmes résultats.
Gomment pourrait-il se faire ^ en effet ^ que des arbrejs dont
(1) Voyei Greffe {Columelle) par approche d'une tige sur la racine d'un arbra^ disgénère. Nom. Cours d'Agr., t. 6, p. SoZ\ ou, ColuMbile ,. l>e* Choses nu*tiques | liy. 5 , p. 287 ^ lig. 4 9 ^^- franj. de Cotereau.
On ne peut pas ^ avec plus de succès , greffer des végétaux de même famille , lorsqu'il y a beaucoup de dispropoYtion entre l'accroissement que peuvent prendre les deux individus. Que l'on ente , par exemple ^ un. arbre sur un arbrisseau ^ il sft formera au lieu de l'opération un bourrelet y qui occasiomiera l^entôt la mort de l'un et de l'autre j parce que la sève descendante du premier ne trouvera pas d'issue pour arriver jusqu'aux racines du second, (Voyez £g. M^ 3*. 8ect,ypL.L)Lieconr traire aura lieu si l'on greffe un «rbrisseau sur on arbre^ comme on peut le voir ^ figure N j 3^. sect. , pi. I. Toutes les fois enfin que la nature des végétaux grefifés sera différente , on n'obtiendra aucune réussite durable.
Dans ces derniers temps , M.. Noisette (i) vonlut-^iefiEer sur le cactus-opuntia un crassula : il pratiqua pour cela , sur les larges feuilles du cactus y des incisions longitudinales^ dans lesquelles il inséra les grefifés. (Voyez fig. J, 2^. sect. , pU a. ) Ces dernières ne périrent point : elles poussèrent des racines qui s'iin« plantèrent dans les feuilles du suf et y et qui s'étendirent même dans l'atmosphère y où elles puisèrent sans doute aussi des fluides nourriciers. H faut bien que les plantes grasses soient organisées de manière à absorber avec une grande facilité les gaz répandus dans l'air , puisque y quoique leurs feuilles et leurs tiges épaisses et charnues aient besoin d'une nourriture abon* dante y elles croissent y pour la plupart y en des sols peu profonds et souvent encore moins substantiels : il n'est pas rare en effet de voir ces plantes végéter sur des rochers et des toits de maison à peine recouverts d'une légère couche de terre.
(i) Voyez. Greffe {Noisette) en ramiUesi de jeunea. branches ou de feuillae de plantes grasses. iVbxff. Cours d^Agr.^ tome 6^ page âia.
elles contînaé k pénÀier dans la moelle? Serawnt-eDes mentes faote de pouroir détendre , et la gre£fe amait-elleTéca ^ comme toutes les antres^ des socs mmirieien pidaés dans le sol par les racines dn snjet?
. La greffe dite des Ckartataus est encore nne de ces opé-> cations que l'on ne peut considérer comme une greffe* Yoîcî en quoi die consiste : après aroir coopé à nne liao^eur plus on xnoiqs grande nn tronc d'mi diamètre asses fort ^ on le perfore intérieurement par son centre ^ de ]|mnière qpe Parbre opéré présente ^ depuis ses racines jusqu'au point où l'on a tranché sa cime , une espèce de cylindre creux^ Qg\ réunit d^ois ce cyli^djre plusieurs jeunes indiyidns de fiuniHes différentes^ doi)t on fij(e |e$ racines en terre | et dmt les tiges s'élèyenC au-dessus de la section lioiixontale de Parlire qui les cmitieiil^ ( Voyes fig« ly 5^ sect. I pi. a. ]
Nous avons déjà eu l'occasion d'observer que la végétatioâ active des végétaux résidait prindpalemei|t daiis l'écorce et l'aubier ; il n'est doncpas étonnant que Pailirs perfe^ djB vivr^* Quant aux individus qui se trouvent intérieurement^ l|s prennent leur accroissement , forment des bourrelets, à la partie supérieure de l'opération, et produisent , par la difiR&t irence de leurs feuillages , de leurs fleurs ou de leurs fruits i n» e£fet souvent trè8«agréa])Ie i toujcmn f<m sin^ulier^
PINt