‹ Monographie des guêpes solitaires ou de la tribu des Euméniens ... Servant de complément au Manuel de Lepeletier de Saint-FargeauChapitre 14 sur 430 · ED · texte numérisé non relu

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du vertex ; la tête est alors grosse, bombée, forte, chagrinée ; les yeux n’en couvrent pas les côtés ; le chaperon n’ayant pas de place pour se développer en hauteur, gagne en largeur ; lorsqu'au contraire l’antenne est insérée plus haut que le milieu de la tête, le front devient petit, le chaperon est plus long que large, la tête plate, et les yeux en couvrent souvent presque entièrement les côtés ; enfin, les mandibules sont longues , les téguments plus lisses.

Tels sont les caractères peu nombreux , mais suflisants, qui m'ont servi à la formation des genres.

Art. III. Détermination des genres.

Après avoir pris le soin le plus scrupuleux d'examiner de près les caractères différents des espèces qui, à l'œil, se rapprochent d'une manière évidente, après avoir notamment disséqué la bouche de presque toutes les espèces, je n’ai pas tardé à me convaincre que les genres des auteurs étaient fort loin de les encadrer toutes : j'ai vu sous un aspect, en apparence semblable, se cacher souvent l’hétérogénéité la plus complète dans le système appendiculaire ; il en est résulté que j'ai dû former des genres nouveaux; peut-être ai-je été trop loin à cet égard; je suis prêt, comme je l’ai dit précédemment, à détruire ceux qui me seront signalés comme superflus par les hommes compétents (1); néanmoins il faut se garder d'arriver par un travail semblable de réduction à décaractériser des genres déjà si vastes et si peu définis, qu’il y a de la difficulté à les limiter convenablement, Pourquoi voudrait-on, par exemple, obliger les types exotiques à rentrer dans les mêmes cadres que les types européens, et trouver des aflinités forcées là où le Créateur a apposé le sceau si différent dont il a marqué des continents rassemblés autour d’un même globe, mais séparés en même temps par de profonds Océans ?

(1) Il en est même dont mes travaux postérieurs m'ont déjà suffisamment démontré l’inutilité; j'en ferai la réduction dans mon supplément,

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Pour entrer dans quelques détails à ce sujet, je vais mentionner quelques-unes des idées qui m'ont été dictées par les considérations ci-dessus.

Je n’ai pas cru pouvoir conserver intact le genre Raphiglossa de Saunders, car pour être conséquent il en faut distraire le R. odyreroïdes qui, sous tous les points de vue, offre des différences saillantes avec les autres espèces,

Le genre Elimus est surtout caractérisé par l’extrème brièveté de ses mandibules,

Quant au genre Zethus, je l'ai basé sur l'espèce dont Fabricius est parti pour l’établir, mais j'en ai dû écarter les cinq autres, dont la place est naturellement assignée parmi les Guëpes sociales.

Le genre Montezumia est parfaitement tranché ; il renferme des insectes qui me semblent avoir été à peine connus, ou qui du moins, s’ils l'ont été, sont restés toujours confondus avec les Polistes cyanea et cœrulea, Fabr.

Je n’en dirai pas autant des genres Monobia et Monerebia, qui en réalité sont des Odynères, mais des Odynères dégénérés qui décaractérisent le genre par la réduction qui s’est opérée dans le nombre de leurs articles palpaires. J’en fais des genres en désespoir de cause , et parce que je ne sais où les ranger : on proposera sans doute de les réunir aux Odynères, parce qu’ils en ont le facies, et que la plupart des entomologistes se laissent guider par ces apparences plutôt que par des caractères rationnels : mais ce serait, selon moi, se mettre en contradiction avec le principe de la subordination des caractères. Le facies est d’une importance bien minime à côté des véritables caractères zoologiques; et si l’on fait abstraction des modifications de ces derniers pour ne suivre que le premier, à plus forte raison d’autres se croiront-ils autorisés à faire le contraire et à réunir les insectes d’apparences les plus diverses, en se fondant sur les données importantes de la bouche.

Enfin, le genre Alastor, quoique controversé, m’a paru devoir subsister ; le caractère de la pédonculure d’une cellule cubitale n’est pas, il est vrai, d’une haute importance; il résulte simple-

inént d’un excès de rétrécissement de cette cellule vers Ja radiale, Mais j'ai voulu rester fidèle au principe que j'ai posé de la valeur et de la fixité de la nervation dans les ailes; je vois daos les altérations qui y apparaissent une des modifications apportées au plan de la nature, et non l'effet d’un simple caprice de sa part.

Les divisions auxquelles je me suis arrêté sont les suivantes :

La tribu des Euméniens se divise en trois sections, basées sur le mode de nervation des ailes.

I SECTION. La première nervure récurrente reçue par la deuxième cellule cubitale; la deuxième par la troisième. Aucune cellule n'étant pédonculée.

Cette section comprend les trois genres :

4. RapiGLossa, Saunders. Lèvre très longue ; palpes labiaux de trois articles ; palpes maxillaires de cinq articles; mandibules courtes; premier segment de l'abdomen formant un pétiole linéaire.

2. SrexoGLossa (Mihi). Lèvre très longue. Palpes labiaux de trois articles. Palpes maxillaires de six articles; mandibules courtes. Abdomen sessile, ou subsessile.

3. GayeLLa. Levre très courte, munie de quatre points cornés. Palpes labiaux de quatre articles. Palpes maxillaires de six articles. Mandibules longues, aiguës , formant un bec par leur réunion. Premier segment de l'abdomen rétréci en un nœud déprimé, figurant un pétiole court.

Ie SECTION. Les deux nervures récurrentes reçues par la deuxième cellule cubitale, cette dernière n’étant pas pédonculée.

Cette section se divise en deux sous-sections, d’après la forme des mandibules, et comprend quatorze genres.

I. Mandibules courtes, tronquées obliquement à l'extrémité (en trapeze, denis terminales.)

h. Eumus (Mihi). Palpes labiaux de quatre articles; palpes

maxillaires de six articles. Premier segment de l’abdomen formant un pétiole linéaire.

5. Zeraus, Fabr. Palpes labiaux de trois articles; palpes maxillaires de six articles. Premier segment de l’abdomen formant un pétiole renflé au milieu, rétréci à ses deux extrémités.

6. CazuGasrer (1) (Mihi) Genre peu connu. (Voyez sa diagnose, pag. 22.) Premier segment de l'abdomen formant un pétiole allongé. |

7. Discogzius, Latr. Palpes labiaux de quatre articles. Palpes maxillaires de six articles. Mandibules assez longues, tronquées obliquement au bout. Premier segment de l'abdomen formant un pétiole en massue.

IT. Mandibules longues, aiguës, formant par leur réunion un bec aigu. (Dents latérales.)

8. Eumenss , Fabr. Palpes labiaux de quatre articles. Palpes maxillaires de six articles. Premier segment de l’abdomen formant un long pétiole. Mandibules presque sans dents. Aïles moyennes.

9. PACHYMENES (Mihi) Comme le précédent; mandibules crochues au bout. Ailes grandes. Pétiole assez court.

10. MowrezumiA (Mihi). Palpes labiaux de trois articles. Palpes maxillaires de cinq articles. Premier segment de l’abdomen en entonnoir souvent pédicellé.

11. Monora (Mihi). Palpes labiaux de trois ou quatre articles. Palpes maxillaires de cinq articles. Abdomen sessile ou subsessile.

49. MoneregiA (Mihi). Palpes labiaux de trois articles. Palpes maxillaires de six articles. Abdomen sessile.

43. Synacris, Fabr. Palpes labiaux de trois articles. Palpes maxillaires de trois, quatre ou cinq articles. Languette très longue, quadrifide, souvent sans points cornés au bout. Abdomen sessile.

(1) J'ai reconnu depuis que ce genre ne devait former qu’une section ayec le précédent.

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