DISTRIBUTION GÉOGRAPHIQUE DES EUMÉNIENS
ÿ I. En abordant ainsi une partie du vaste champ de la distribution des insectes sur le globe, nous nous trouvons en présence d'une double conséquence de l’état actuel de nos connaissances entomologiques.
D'un côté, au point où la science est arrivée dans notre siècle, elles sont encore trop peu étendues pour qu’il soit permis de la formuler d’une manière précise, d'établir ce que je nommerais volontiers la statistique des insectes, et de donner à cet égard des règles rigoureuses.
De l’autre, l'appréciation des richesses qui sont tombées jusqu’à ce jour en notre possession permet d’énumérer à cet égard une série de lois ; revêtues d’un caractère d’évidence plus ou moins constant, elles devront nécessairement dans leur étendue et dans leur valeur, garder quelque chose de vague et d’incertain dû à l’insuflisance des bases sur lesquelles elles sont établies.
L’utilité de ces lois pour l’étude un peu complète de l’entomologie, nous impose l'obligation de ne pas les négliger au point de vue particulier du sujet spécial qui nous occupe.
On peut dire d’une manière générale que la tribu des Euméniens est répandue sur toute la surface du globe et qu’il n’est point de pays qui ne possède ses Odynères et ses Eumènes. Depuis les glaces de la Laponie jusqu'aux sables brülants du Cap de Bonne-Espérance, des forêts de la Nouvelle-Zélande aux rochers stériles du Labrador, presque toutes les terres qui paient tribut aux collections des savants y ont là quelque guëpe solitaire pour représenter la famille que nous étudions ; il est plus facile de beaucoup d’énumérer celles qui n’ont encore rien fourni ; nous ignorons quelles sont pour celles-là les dispositions de la nature, mais cette ignorance ne peut infirmer en rien la généralité du principe que nous venons de poser; présumer à cet « égard quelque avarice de la nature attesterait une folle confiance de