II. Le genre Eumenes et plus encore le genre Odynerus
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se trouvent distribués sur toute la surface du globe, mais leurs espèces offrent dans chaque pays des formes propres, un cachet plus ou moins distinct sur lequel je reviendrai plus bas; néanmoins en même temps que ces différences, on rencontre des ressemblances parfois si intimes que les coupes géographiques ne sont pas applicables à la généralité des cas. <
Les Zethus et Montezumia (1) sont uniquement l'apanage de l'Amérique tropicale, et c’est dans les mêmes climats que l’on observe ces Odynères anormaux dont j'ai fait le genre Monobia.
Les Pterochilus semblent plus particulièrement confinés dans l'Europe et dans l'Afrique, soit septentrionale, soit méridionale. Je dois dire cependant qu ‘ils ne sont pas étrangers à l'Amérique ; en effet, Say en décrit un que je ne connais pas, dans les États- Unis (2), et le P. pilipalpus rapporté du Chili révèle l’existence de ce genre remarquable dans l'Amérique du sud ; ce dernier pourtant est un type à part, bien qu'il se rattache aux Pterochilus par la configuration de ses palpes soie
Les Alastors paraissent tout d’abord communs à l’Europe et à la Nouvelle-Hollande; dans ce dernier pays, notamment dans la Tasmanie, ils sont si nombreux qu’ils sembleraient appelés à remplacer les Odynères, si ceux-ci ne s’y trouvaient également. Mais j’ai découvert deux espèces américaines, qui tout en offrant des formes particulières doivent être classées dans ce genre ; Savigny a figuré un grand Alastor d'Égypte, et j'en ai découvert un du Cap de Bonne-Espérance.
Ces faits doivent donc selon moi, faire considérer ce genre comme étant, ainsi que celui des Pterochilus, l’apanage de tous les continents. Un des types les plus curieux que l’on puisse étudier, pour le dire en passant, est cet Elimus que je décris, et qui provient de la Nouvelle-Guinée ; c’est l’unique individu que j'ai pu observer, et il me paraît se rapprocher sensiblement du genre Ischnogaster.
Enfin les Discælius ont été rencontrés au Chili, en Europe et en Tasmanie.
(1) Je viens cependant d’en trouver une espèce indienne. j (2) Cet auteur avoue dans un mémoire subséquent qu'il n’est pas certain de la détermination générique de cet insecte,
XVI 7 Ce rapide exposé suflira pour établir que les genres sont très répandus, qu’ils sont sans limites circonserites de séjour , et que bien peu même sont propres à tel ou tel continent.
$. IV. D’après les connaissances que nous possédons;. je ooiicoiiie suit les limites des faunes distinctes que l’on peut entrevoir, et j'engage les entomologistes à comparer avec celles qui résultent de l'étude des autres ordres d'insectes.
:ÿ Den nperes depuis 45° parallèle au$5 ou 60°. Cette zone comprend toutes les espèces les mieux connues.
% L'Europe arctique, comprend peut-être une petite faune particulière peu connue, ”
& L'Europe orientale, la Russie et la Turquie offrent aussi des espèces spéciales.
h° L'Europe méridionale depuis le 45° parallèle nord présente une faune peu tranchée dans ses limites, car elle entremêle ses espèces avec celles de l’Europe tempérée et même avec celles de la Barbarie.
5° La faune de Barbarie ressemble beaucoup à la faune méditerranéenne de l’Europe; elle est d’une richesse extrême, et offre entre les types connus des formes très singulières. Cette faune s'étend jusqu’en Égypte, et ce dernier pays quoique ayant fourni les richesses si considérables, si admirablement étudiées et figurées par Savigny, ne jouit pas d’une faune particulière; . elle semble cumuler, mais en partie seulement, celle de l’AIgérie et celle de l’Afrique tropicale.
6° Cette immense étendue de terres que l’on comprend sous le nom d'Afrique tropicale, à en juger par ses côtes ne formerait qu’une seule faune, parfaitement explicable par l’uniformité de la température et du sol. L’Abissynie, il est vrai, pourrait en être séparée, mais nous avons des doutes à cet égard; les îles même à l’ouest de l'Afrique semblent devoir y rentrer, jusqu’à un certain point du moins, car on y trouve certaines espèces (Eumenes nigra) qui sont communes à l'Égypte.
7° Le Cap de Bonne-Espérance fournit des espèces très voi-
sines de celles du Sénégal , mais en même temps distinctes ; on peut lui nn de Bourbon.
8° L'île de Madagascar est entièrement différente des autres faunes, mais n'offre rien de particulier pour les formes. Nous ne possédons que peu d’espèces de ce pays. “
9 Les Indes et la Chine, forment une faune étendue et riche en belles et grandes espèces, qui s’entremélent en Arabie avec celles de nn” et dans les Iles de la Sonde ayec la faune de la Nouvelle-Hollande.
10° La Nouvelle-Guinée, encore peu connue.
11° La Nouvelle- Hollande, très riche en espèces, aux couleurs ” toutes particulières. Je n’ai pas assez de données pour oser affirmer que la Tasmanie s’en distingue par ses productions, mais je le présume.
12° La Nouvelle-Zélande, dont nous ne connaissons qu’une espèce, se rapproche de la faune de la Nouvelle-Hollande.
13° Le grand archipel de l'Océan pacifique semble participer aux caractères propres à la Nouvelle-Hollande et à l'Amérique du sud.
4h° Les États-Unis, ont une faune très semblable à celle de l’Europe, et qui se subdivisera probablement en celle de la Caroline du sud, et celle des États-Unis du nord. On trouve dans cette dernière un assez grand nombre d’espèces identiques à celles de l'Europe.
__ 15° Le Mexique et les Antilles, faune très riche, surtout en Zethus eten Montézumia ; ces deux régions ont, outre les espèces communes, des espèces propres à chacune d'elles.
46° Le nord du Brésil, la Guyane, la Colombie sont très riches aussi; cette faune prend en Colombie les caractères de la faune péruvienne ; au sud elle se mêle à celles des Etats de la Plata, qui offre tous les caractères de la précédente et s’étend aussi sur l’'Uruguay.
47° La faune péruvienne et celle du Chili, ou du versant occidental des Andes semblent avoir le plus grand rapport; nous ne connaissons bien que la dernière; mais c’est avec celle du midi
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de la Nouvelle-Hollande, de toutes la mieux caractérisée, C’est de là que vient ce singulier Pterochilus pilipalpis , et chose frappante, aucune guêpe sociale ne semble y habiter, tandis que les Odynères s’y trouvent en abondance.
ces faunes nous pourrions ajouter les suivantes, que-nous présumons devoir exister : la Sibérie, le centre de l'Asie; le Japon, le nord de l'Amérique? la Patagonie? La Californie? le nord de Nouvelle-Hollande. re”
&. V. Chacune de ces faunes est revêtue d’un caractère spécial qui apparaît ou dans l’ensemble des espèces, ou dans les genres seulement qui lui sont particuliers.
Ainsi l’on reconnaîtra à première vue tous les insectes du continent austral, tandis qu’au Brésil à côté de ceux qui offrent ce caractère de spécialité dans leur coloration violette et forment des genres tout particuliers à ce pays, on en rencontre qui sont répandus sur le globe, par exemple, des Odynères, pour lesquels il est impossible, à raison de cette diffusion universelle , de reconaître la patrie de l'individu à sa seule inspection.
Ceci me conduit à formuler cette double règle générale que plus un genre est confiné dans des limites géographiques restreintes, plus il porte l'empreinte zoologique de sa patrie, et que plus un genre est dispersé sur le globe, moins ses espèces sont marquées du cachet de leur pays natal. Je ne parle pas ici de ces caractères z00logiques qui naturellement établissent des différences plus tranchées entre les genres qu'entre les espèces du même genre; j'entends cet air de famille, ces couleurs, ces formes, ce ton général plus facile à saisir qu’à définir, qui, propre à chaque pays, peut s'imprimer sur tous les animaux sans altérer en rien les caractères qui servent à leur classification.
2 NL. Un autre fait important que je dois aussi noter ici c’est la fixité des couleurs dans les riches espèces des Tropiques, mise en opposition avec leur variabilité dans celles de nos climats septentrionaux ; cela est si vrai que dans la majeure partie des cas, rien n'est plus facile dans les premières que de se fixer sur
EI les espèces, tandis que pour ce qui concerne les secondes rien n’est plus laborieux.
&. VII. Après ces considérations générales je vais rapidement passer en revue les caractères spéciaux qu'offre chacune des différentes faunes, à cause de lutilité dont cet examen peut être, lorsque les lieux de USE des insectes qu’on
étudie ne sont pas connus.
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A. Des faunes tranchées.
Les régions de la Nouvelle-Hollande et de la Tasmanie offrent une analogie frappante; presque tous les insectes qui en sont originaires sont reconnaissables à leur couleur mêlée de noir et d’orangé ; cependant ce caractère paraît leur être commun avec les espèces peu connues de la Nouvelle-Zélande et de la Nouvelle-Guinée; dans quelques cas même il se retrouve jusque dans celles de l'Inde, Il existe en outre dans ces pays un deuxième type local, noir avec des ornements blanchätres ; non seulement par la couleur, mais encore par certaines particularités de formes, celui-ci se rapproche des insectes du Chili; ainsi l'abdomen porte souvent des tubercules saillants.
La faune chilienne offre des formes spéciales plus faciles à reconnaître sur les individus, qu’à décrire, et dont nous venons de citer un exemple. Mais elle se distingue surtout en ce que ses insectes sont noirs et roux, velus; ils ont l'abdomen et le corselet presque toujours ornés de blanc-jaunâtre et les ailes fortement roussies le long de la côte avec l'extrémité violette.
B. Des faunes mixtes.
Les insectes septentrionaux sont tous de couleur noire avec des ornemens d’un jaune vif : sous ce rapport l’Europe et l’Amérique n’offrent entre elles aucune dissemblance, si bien que souvent les espèces de l’une sont fort difficiles à distinguer de celles de l’autre,
Ce type unique dans le nord, tend à se mêler aux autres à mesure qu’on descend vers le midi, et il pénètre plus ou moins
jusque dans les parties les plus méridionales de l'Afrique et de l'Amérique.
A côté de lui on voit s’en produire un autre dans le sud de l’Europe, en Algérie, et dans le sud des États-Unis, qui, très voisin de ce dernier, lui ressemble par l’aspect général des formes et des couleurs, mais qui mêle à ces dernières telles que nous les lui avons assignées du roux et du jaune brûlé.
Les insectes de l’Afrique tropicale sont grands, d’un noir ferrugineux , ou noirs et jaunes, ou bien encore noirs ferrugineux, avec les ailes violettes : cette coloration s'étend jusqu’au Cap et même aux Iles de la Sonde.
Ceux de la même zone de l'Amérique, à part ceux qui ressemblent aux européens et forment des faunes partielles , sont ordinairement d’un noir bleuâtre avec les ailes violettes.
Sans doute ces observations nécessairement très vagues, sont loin de suflire pour préciser à elles seules le lieu d'habitation des Euméniens qu’on peut avoir sous la main; il faut pour cela cette habitude, cette sûreté de coup d’œil du praticien, qui ne s’acquiert qu’à force de se familiariser avec la nature et de feuilleter le vaste livre de ses œuvres; mais elles peuvent conduire du moins à les obtenir plus vite, sans passer par d'aussi longs tâätonnements : bien que circonscrite par des limites assez étroites leur utilité ne nous a donc pas paru à dédaigner.