‹ Monographie des ipécacuanhasChapitre 3 sur 3 · IPÉCACUANHAS DE LA NOUVELLE GRENADE · texte numérisé non relu

IPÉCACUANHAS DE LA NOUVELLE GRENADE

Première expérience. 1,980

Deuxième expérience. 1,302

M. hcfort, comme moyen de contrôle, a encore dosé l’émétine de la manière suivante, en se basant sur l’insolubilité du nitrate d’émétine dans l’eau. La poudre d’Ipécacuanha est épuisée complètement par l’alcool concentré et la teinture évaporécau bain-marie pouren chasser toutl’alcool. Le résidu est ensuite traité par l’eau bouillante, afin de dissoudre tout le sel d’éméline. La liqueur aqueuse, aussi conccnlrcc que possible, est enfin additionnée de quelques gouttes d’une solution saturée de nitrate de potasse qui occasionne un précipite de nitrate d'émétine. Ce sel, redissous dans l’alcool, est ensuite évaporé à siccité dans une capsule de platine. Voici les résultats de cette analyse:

Nitrate d’émétine pour 100 pr. de poudre.

Ipécacuanhas du Brésil. 4,360

Ipécacuanhas de la Nouvelle-Grenade. 1,030

De rEmétine, sa préparation. — Le procédé suivi par M. Lefort pour l’extraction de l’émétine est une modification de celui conseillé par M. Leprat. Voici ce procédé : La poudre d’ipécacuanha est épuisée par déplacement d’abord avec de l’alcool à 86°, puis avec de l’alcool à 56°. Les teintures réunies sont versées dans un appareil à déplacement, afin d’en séparer la plus grande partie du véhicule, et le résidu est concentré au bain-marie jusqu’en consistance sirupeuse.

Ce résidu, qui renferme l’émétine en combinaison avec l’acide ipécacuanhique, est versé dans un flacon bouché à l’émeri, et l’on y ajoute pour 100 parties de poudre employée 2 parties de potasse caustique dissoute dans un peu d’eau, et du chloroforme en volume à peu près égal à celui du mélange; le flacon dans lequel a lieu la réaction doit être plein, afin d’éviter l’action de l’air. Le mélange est agité vivement et laissé en repos pendant plusieurs jours; le chloroforme, qui avait d’abord formé, par l’agitation, une espèce d’émulsion, s’éclaircit peu à peu et vient gagner la partie inférieure du vase. A l’aide d’une pipette on recueille le chloroforme et on le remplace par une nouvelle quantité de ce véhicule- On recommence la même opération tant que le chloroforme se colore; on réunit ensuite toutes les liqueurs et on distille au bain-marie pour retirer tout le chloroforme.

Le résidu brun foncé de la cornue est composé „d’émétine ,et d’une matière résineuse non vomitive. On traite cette émétine brute par un acide faible qui dissout seulement l’alcaloïde. La solution est ensuite décomposée par de l’ammoniaque liquide en quantité strictement necessaire pour précipiter la base organique qui est peu soluble dans l’eau ammoniacale.

L’émétine se dépose sous la forme d’une poudre grisâtre qu’on lave à l’eau distillée. En la faisant ensuite digérer avec de l’éther sulfurique qui dissout la matière résineuse qui reste, on obtient l’alcaloïde d’une grande pureté.

Propriétés. — L’émétine obtenue par précipitation se présente sous la forme d’une poudre très-légère, grisâtre ou blanchâtre, selon son degré de pureté. Son odeur est à peu près nulle et sa saveur amère. Elle fond à 70® et prend alors l’aspect d’un extrait brun transparent. Exposée à l’air, elle se colore légèrement en brun. Peu soluble dans l’eau distillée (1/1000) elle se dissout en toutes proportions dans l’alcool et ne cristallise pas après l’évaporation des véhicules. L’éther sulfurique et les huiles grasses ne la dissolvent qu’en petite quantité. La potasse et la soude caustiques dissolvent très-facilement l’émétine, et les solutions absorbent rapidement l’oxygène de l’air. L’ammoniaque caustique ne dissout pas cette base organique en aussi grande quantité que les alcalis minéraux fixes. Mélangée avec de la chaux ou de la magnésie et exposée ensuite à l’air, elle jaunit en s’altérant.

Les acides chlorhydrique, sulfurique, phosphorique et acétique se saturent facilement d’émétine, et donnent des sels incristalli- Sables et très-solubles dans l’eau. L’acide nitrique forme un nitrate d’émétine insoluble. Le tannin précipite l’émétine de ses solutions aqueuses, alcooliques ou salines.

La teinture alcoolique d’iode et l’iodure ioduré de potassium fournissent également, avec l’émétine, des composés très-peu solubles dans l’alcool.

Le bichlorure de mercure et l’iodhydrargyrate de potasse donnent loujoilrs naissance, avec les sels de cet alcaloïde, à des combinaisons blanches, insolubles dans l’eau et solubles dans l’alcéôl. Âvcc le bichlorure de platine, le précipité est jaune clair, sôluble dans l'eau, et peu soluble dans l’alcool.

Composition. — C’est en 1823 que Pelletier et M. Dumas ont fait <!onnaître la composition de l’émétine et leur ont donné pour formule C'dP'AzO*.

Mais comme cette base ne forme pas de sels cristallisables, on est encore indécis sur l’exactitude de cette formule.

M. Lefort a repris cette étude en opérant sur le sulfate et le cblorhydrate d’émétine neutres au papier de tournesol, mais il n’a pu obtenir de cristallisation. Il résulte de scs expériences que la formule attribuée jusqu’à ce jour à l’émétine doit être doublée et que cette base organique, à l’état anhydre, a pour composition

Vu, bon à imprimer.

Le Directeur de l’Ecole de pharmacie,

Page 1