HOMMAGE
IVIOXSSEtR BUOESSAIS ,
PROFESSEUR DE UA FACUETÉ DE AIÉdEC'INE DE TARIS, TM E3MDU E DE l’iA'STITüT ,
I DE l’aCADÉmiE de îmÉdECIXE , 3lÉDECIîf EN CHEF DE l’hOTITAE DU VAT,-DE- » ^
GRACE , OFFICIER DE DA I.ÉGION d’hONNEUR , ETC., ETC.
Vous avez daigné accueillir la première édition de cet ouvrage , bien qu’elle fût peu digne de votre élève ; il vous offre avec plus de coufiance celle-ci. Heureux s’il a quelque peu profité des immenses travaux auxquels vous n’avez cessé de vous livrer pour l'avancement d’une science qui vous proclamera sou régénérateur; heureux s’il devance le jugement de la postérité; et plus heureux encore si ces lignes vous suffisent pour juger tout ce qu’il y a d’amour et de reconnaissance dans l’àme de celui dont vous fûtes le premier maître, et dont vous avez deux fois sauvé la vie alors qu’elle a été menacée par deux graves maladies.
MONGELLA.Z.
https://archive.org/details/b29343367
INTRODUCTION
Presque tous les matériaux qui nous ont servi à refondre et augmenter celte nouvelle édition des irrilations intermittentes^ étaient prêts, et nous comptions la publier en i83i, éporjue où déjà elle a été annoncée dans quebjues feuilles publiques. En effet, nous pensions loucber au terme des travaux consciencieux et des méditations profondes auxquels nous nous étions liwé pour tâcher de répondre quelque peu dignement à la bienveillance qui avait fait accueillir notre premier essai, quoi(|uetrès incomplet, G’esl à la fin de ces travaux, c’est au milieu de ces petites illusions dans les({uelles un auteur manque rarement de se bercer, que nous sommes tombé dans une très grave et funes'e maladie. iNous en avons surmonté les dangers, grâce au génie médical et aux soins affectueux qui ont présidé à notre traitement; mais la secousse et le désordre portés dans notre frêle machine avaient été trop forts et trop profonds pourn’être pas d’une certaine durée. Alors nous quittâmes Paris pour aller consolider notre convalescence et respirer l’air natal, l’air si pur des montagnes de la Savoie. Il s’en est peu l'allu que nous ayons oublié à tout jamais les irritations intermittent; s, lorsqu’une épidémie de fièvres intermittentes, survenues dans diverses localités où nous avons été en position de les observer plus particulièrement, nous a tiré de notre apathie et conduit à publier l'ouvrage fait et annoncé en i83 i .
Depuis quelciUGS années, plusieurs traités avaient été publiés sur les fièvres intermittentes; et nous crûmes d’abord que nous arri\erions trop tard p'our ajouter (juehjue peu au faisceau de lumières (jui avait jailli de toutes parts. Nous étions d’autant p!usj)orté à croire qu’on aurait épuisé celte matière, qu’elle était devenue, pour ainsi dire, la partie vivante de la médecine, celle qui avait occupé plus activement les esj)ril3. Liais nous nous sommes rassuré à cet égard ; nous avons vu (jue cc!î(' matière , prise dans son ensemble, était toujours bien neuve, qu’elle avait été traitée incomplètement, puis(]ue ancnn auteur ll’a^ad cn brassé d’une manière générale toutes les affections iulerniitlcnles, et qu'on s’élait eonlenlé cotnme autrefois de faire l’histoire desfièvi es intermittentes, tnndis([u’il y avait iin si grand noml)re de maladies intermittentes saiks fièvre dont on ne s’était point occupé. Il restait donc à achever i’œuvre tjue nous avions commencée en 1821. 11 restait a em-
INTRODUCTION
brasser d’iiiie manière générale tout ce qui offre de i’intcrmiltence ou de la périodicité en pathologie; c’est ce que nous avons tàclié de faire. La division (jue nous avions primitivement adoptée de toutes les affections intermittentes en quatre espèces^ inflammatoires, hémorrhagicjues, subinflammatoires et nerveuses, nous a paru d’autant plus naturelle et exacte, (ju’ll nous a été facile de faire entrer dans un cadre ainsi disposé toutes les maladies périodiques, toutes les affections intermittentes et rémittentes, fébriles ou non fébriles, quelque nombreux et variés (jue soient leurs formes, leur siège et leur nature. Ce plan est d’autant plus avantageux, que nous commençons par l’histoire des affections intermittentes externes, c’est-à-dire de celles dont la connaissance est la mieux établie, puisque nous avons, pour nous en assurer, et les yeux et le toucher. En partant de celles-ci, nous allons du simple au composé, du connu à l’inconnu, de l’extérieur à l'intérieur, pour tracer l’histoire de celles dans lesquelles nous n’avons plus les mêmes moyens d’investigation ; nous allons des maladies périodicpies sans fièvre on des affections purement locales à celles (|ui, étant accompagnées de fièvres, présentent à la fois des symptômes locaux et des \ hjnomènes généraux ou sympalhi(jues, et à celles enfin dans lesquelles ces derniers phénomènes sont tellement saillants qu’ils paraissent constituer à eux seuls toute la maladie, comme dans beaucoup de fièvres rémittentes et intermittentes , diies j)crnicicuscs , dïles simjjles ou bénignes, essentielles. C’est spécialement sur ces fièvres qu’on a longuement disserté et sur lesquelles on a presque uniquement écrit. Cela n’empêche pas que, ainsi restreint, ce sujet ait fourni matière à de fort bons ouvrages, où nous avons puisé bon nombre de faits très intéressants; tels sont ceux de bailly, IVepplc, Bonnet et Maillot, dont la place est marquée
dans la bibliotbèque de tout médecin désireux de se tenir au courant des progrès de la science, parce (|ue la partie des fièvres intermittentes, pour peu ({u’elle soit traitée convenablement, embrasse toute la théorie des fièvres en généra! et la partie la plus difficile, la plus litigieuse, celle dont on s’occupe le plus depuis 20 ans, celle qui a été l’occasion des débats les plus vifs, les plus animés, les plus savants, soit dans des ouvrages ou des mémoires sjiéciaux, soit dans les journaux de médecine, celle enfin qui asubiles modifications les plus importantes, ctfon peutdireavec vérité la réforme lapins coinjilèle; et tout cela, grâce au génie du célèbre fondateur de la doctrine physiolog'que, grâce aux travaux de la médecine française, surtout de la médecine militaire, qui, lancée par les conquêtes de TS^apoléon au sein des diverses Académies et Facultés de l’Europe, a pu, victorieuse et obser\ atrlce, parcourir tant de régions
INTFxODUCTION.
diverses, tant de climats oj^posés })ai leur température, devant qui les maladies épidémiques et la mort ont fait passer rapidement les tableaux morbides les plus nombreux et les plus variés, les lésions cadavériiiues les plus fré(iuentes et les plus iuslruclives. On ne peut, sans une sorte de satisfaction et d’orgueil, se rappeler que la doctrine physiologitiue a pris naissance au milieu des camps et des arniées, comme si la fortune qui favorisait la France eût voulu faire servir à son honneur justju’aux blessures et aux maladies des braves qui 1 illustraient par leurs hauts faits et par leurs \ictoIres.
.Sans doute la médecine civile doit avoir sa part de gloire dans la voie des progrès et de la grande réforme du xixe siècle. L’on voit dans l’école de Montpellier surgir Dumas et surtout Bordeu, dans l’école de Paris, Chaussier, Pinel, et dans un tout petit coin, à peine soit! des bancs de l’école, un petit provincial médite sur la vie et la mort, passe sa frêle existence à visiter des malades, à interroger des cadavres. Cet inconnu jeune homme bientôt forme à lui seul une école, car c’est le grand, c’est l’immortel Bichat que la mort frappe au milieu de ses vastes travaux anatomiques, alors qu’il commençait à lancer dans la médecine ces idées larges, ces vues lumineuses qui, poursuivies et fécondées par le génie de Broussais, ont amené ces Immenses progrès et toutes ces importantes réformes qui constituent aujourd’hui la doctrine physiologique.
Nous ne craignons pas d’être taxé de panégyriste dans ce peu de mots que l’exacte vérité nous commande, et nous croyons rester bien au-dessous de la part de gloire que la postérité décei’nera à ces deux grands génies, dont l’un meurt si vite que les grands corps scientifiques n’ont pas le temps de s’emparer d’un nom dont l’éclat eût relevé celui de tant de nullités académiques, et dont l’autre ne reçoit que des distinctions tardives, long-temps disputées, mille fois concpûses à force de travaux et de génie ; trop heureuse l’école de Paris de le recevoir dans son sein et d’empêcher ainsi le disparate de deux écoles dont celle d’un seul homme n’est pas la moins solide et la moins brillante. Chose remarquable! Justice tardive! U a fallu fjue les éleves entrassent avant le înaitre dans cette école déjà en grande partie réformée selon ses [)rincipes, quand le grand réformateur est appelé à y faire enleiulre sa voix. Arrivé à une éj>oque et dans un âge où il semblait inqvossible ‘qu’il lit quehpie sensation là oii déjà tout était plein de lui, on peut dire (pic IM. Broussais s’est surpassé lui-même, soit dans ses nou\eaux écrits, soit dans ses derniers cours de pathologie; mais au milieu de ces travaux si multipliés et si importants, comme le llambeau de la vie a usé
INTRODUCTION
lap’uîcineiit celte organisation si forte, si énergique et si puissante! Faisons cl(‘s vœux pour qu’il conserve le plus long-temps possüjle ce reste (le \iet!ont les sciences médicales ont encore tant l)eso!t). Déjà la postérité nous envie cette gloiie contemporaine qui jette sur la médecine française un si grand lustre (ju’elle peut à juste titi'e se glorifier d’ètre aujourd’hui sans rivale.
II nous serait impossible d’entrer ici dans les détails des travaux qui ont amené des rélormes si satisfaisantes pour la théorie d’un grand nondire de maladies, et des modifications si importantes et si utiles dans les modes de traitement (jui leur conviennent : sans parler des hémorrhagies , des hydroj:iisics , des flux diarrhéiques, leucorrhéens, cholériques, etc., des alfeclions scrofuleuses, dartreuses, cutanées, t'ancéreuses , maladii'S où tout était asthénie, mystère, passivité, indécision pour le diagnostic, fatalité et souvent désespoir dans le pronostic^ empirisme ou routine aveugle pour le traitement; sans parler de la plupart des phlegmasies chroniijues, dans lesquelles on ne savait point reconnaître le même mode d’irritation à différents degrés, ni la même nature infiammatoire, susceptible de varier dans sa forme et dans sa marche , et dans lesquelles on ne voyait que des maladies spéciales^ siii gencris , sous les noms de phthisie ^ de fièvTC hectique^ de scrofules^ de cancer, d'obstructions, de fièvres e.ntéro-inésentériques, etc,, maladies contre lesquelles la thérapeutique, indécise et contradictoire comme la théorie, essayait tour à tour les moyens les plus opposés et souvent les plus nuisibles. Eh bien! grâce aux progrès d’une physiologie positive et rationnelle, grâce à la théorie de l’irritation , la médecine s’est avancée à pas plus assurés dans l’étiologie et le diagnostic d’un grand nombre de maladies qui embarrassaient les nosologistes dans leurs classifications , et bien plus encore les praticiens au lit de leurs malades.
Ce n’csl pas adiré que tout soit fini, que la lumière ait jailli partout et au même degré datis la théorie dont il s’agit. L’irritation inflammatoire seule a été poursuiv ie dans tous les appareils organiijues , daiîs tous les tissus, et retracée dans la plupart de ses nuances, de ses modifications aiguës et clironiques. L’iia-itation hémorrhagicjue , (jui se trouve liée à la précédente, avec laquelle elle a des rapports si intimes, a suivi la même marclie et les mêmes progrès. Mais l’irritation subinflainmatoire est loin, bien loin encore d’avoii' été poursuivie dans tous les tissus (jui lui apparl imuient , d’avoir été tracée avec méthode et piécision dans ses nuances si variées, si diverses, suivant la diversité d’organisation des surfaces exhalantes et sécrétoires, des glandes, des cryptes, des follicules, jiarlout répandus dans l’économie, et dont le
INTRODUCTION
rôle est plus ou moins actif suivant la prédominance du système blanc ou lymphatico sécrétoire, exhalant et absorbant.
Il en est de même de l’irniation jiervcuse ; il n’y a guère (pie certaines néM'algies ejui soient parfaitement connues et localisées. Jetons un coup d’œli sur la classe des né\ roses ou des iriitations nerveuses des viscèi es. Tout n’est-il pas encore obscurité, incertitude dans la théorie, et partant indécision, empirisme , très souvent insuccès dans Je traitement ? il n’est donc pas étonnant que ce soit sur ce terrain-là que veuillent rester ou sans cesse nous ramener les ohscurantins de la science médicale ! ülais comment cünce\oir que des écrivains d’une C2rtaine portée puissent se replonger dans l’obscurité et le dédale des maladies purement vitales et des névroses, chaque fois que, dans une question médicale, tout n’est pas expîiipié, tous les problèmes ne sont pas résolus ? Dans la grande question des fièvres par exemjile, surtout des fièvres intermittentes, des écrivains modernes veulent par leur théorie nous faire rétrograder d’un siècle, et proclamer plus haut encore que ne l’avait fait le protesseur Alihert, que ce sont des névroses l Croient-ils donc faire avancer l’histoire, éclairer le diagnostic de ces fièvres, par celte hypotlièse renouvelée des anciens ?
Du moment que le grand échafaudage de \ essentidlité e\\\. été battu en brèche dans les fièvres continues et renversé par la doctrine physiologi- (jue, du moment qu’avec les armes puissantes de l’analogie et qu’aidé des recherches de plus en plus fécondes et lumineuses de l’anatomie pathologique, nous eûmes poursuivi ce dernier retranchement qu’on élevait à l’essentialité dans les fièvres intermittentes , que firent nos adversaires? Les uns, ramassant les débris de l’essenlialité, élevèrent un autel à la nervosité, et les maladies les moins connues, celles qui depuis Hippocrate jas(|u’à nous ont fait le désespoir du médecin et surtout du praticien, les névroses ont été remises en honneur et multipliées de tout ce qu’il y avait de moins caractérisé dans les fièvres continues et intermittentes. Mais les écrivains anti-physiologistes ne sont pas plus heureux dans leurs nouveaux systèmes de nervosité (jue dans leurs nouvelles créations de maladies humorales : les ju'cmicrs déjà ne s’entendent plus, puisepic les uns, à l’exemple de Slahl , veidcut ra})porter toutes les fiè\rcs iiitermiltcnles à des troubles de fonctions, sans lésions organiques : ce sont les vitalistes jnus ; les autres, comme Hoffmann, reconnaissent une soiiflVance, une lésion du système nerveux de la vie animale, et c’est autour de l’axe cérébro-spinal, h‘ur grand }>ivot de nervosité, (ju’ils raltaclunit toutes les fièvres et maladies périodiipies • jilusicurs autres veulent au contraire avec iMédlcns, (pie ce soit du système lier-
INTRODUCTIO-N
vcu\ (le la \ ie or"ai)i(|no, on du ccnti'o nerveux t^j)igasli'i(jue et al)dominal , {(00 paitenl Ions l<‘s levains fébriles et morbides intermittents, quels qu’ils soient, (bie résidle-t-il jiis<iu’à pi ésent des travaux des \ italistes et des partisans de la nervosité, soit cérébro-spinale , soit ganglionnaire? (bie résnlle-t-il de ces opérations de l’entendement ou de. ('es hypothèses, car on peut à bon droit les appeler ainsi , jus(p(’à ce que (les faits positifs et matériels soient venus à leur appui, si (outel’ois ils Y viennent? Il en résulte, selon nous, de fort bons mémoires - tels sont ceux de Jolly, Blaud, Guérin de JMamers, Braehet, etc., (jui
font peut-être mieux apprécier le rôle que joue le système nerveux dans beaucoup de maladies, (]ui, pour cela, n’en sont pas devenues purement vitales et nerveuses. Le nombre de celles reconnues inflammatoires par la doctrine physiologique, n’en est point diminué, parce qu’il ne saurait l’ètre par de simples raisonnements, et parce (ju’en général on ne leur a reconnu ce caractère que d’après le mode d’action des causes, d’après l’analyse des symptômes, et d’après l’examen attentif des lésions organiques.
Quant à l’humorisme, quelques efforts qu’on ait fait pour le ressusciter ou le ravitailler, cet emprunt, fait à l’école de Galien, n’a pas été lieureux; on s’étonne môme qu’on ait cherché à le tirer de l’oubli où il gisait depuis des siècles, et dont il ne semblait pas devoir sortir encore tant qu’il ne serait escorté que d’un si faible bagage de faits avortés ou caducs comme lui. Le croirait-on cependant? à peine fut-il remis sur la scène médicale que des écrivains le retournèrent dans tous les sens, le présentèrent sous les faces les plus avantageuses, en un mot, lui firent jouer le plus grand rôle et produire le plus grand bruit possible; mais, dans notre siècle de|solidisme et presi'iue de matérialisme, il n’y a pas eu de l’écho en France pour rhnmorisme; tout ce grand bruit s’est disslpéavecla rapidité d’un feu d’artifice, sans toutefois produire unelumière môme instantanée; c’est la montagne en travail (pu est accouchée d’une Souris!... Le ])remicr et| sans contredit le plus habile promoleur de riiumorismede nos jours, ?rl. Andral ne semble l’avoir exploité, ainsi (jue l’csscntlalité des fièvres, (pie comme une espèce de garantie antinovatrice ou antibroussémenne , pour arriver plus vite et jilus sûrement a une chaire de médecine à laquelle il avait d’ailleurs des titres incontestables. Quoi qu’il en soit, noti'e jeune et sasant professeur n’a pas tardé a rompre un accord illégitime avec les essentialistes purs et avec les humoristes outrés ; il a môme ci u, dans l’intérôt d’une cause dont il .ivait ét(? I avocat, devoir arrêter le zèle de ceux qui , aju ès lui , se sont
jetés en foule dans les voie's de l’humoiisme , et dont quelques
uns, avec
INTRODUCTION
plus d’araeur que de discernement, commençaient à compromettre une cause par (dle-mème si tlébile et si chancelante. Ne compromettons pas, dit-il, la cause de l’ humorisme en demandant aux faits (pdsont de son domaine plus qidils ne peueent encore nous donner.
On nous olqecte que le solidisme ne peut suffire pour résoudre toutes les f(uestions relatives aux fièvres (continues et intermittentes), et qu’il faut bien revenir à l’iiumorisme pour lui en demander la solution ! Revenir à l’humorisme, cela ne gène point les médecins physiologistes, d’autant plus qu’ils ne l’ont jamais répudié entièrement. De tout temps ils ont reconnu, non pas des l'ices dans les humeurs, mais un sang et des humeurs riches ou pauvres en matériaux nutritifs, bien ou mal élaborés, c’est-à-dire provenant de bons ou de mauvais matériaux alibiles, comme dans la pléthore sanguine, dans le scorbut, par exemple. ]\ul doute qu’il ne soit utile et convenable d’interroger tous les systèmes de médecine, jiour y prendre tout ce qu’il y a de bon, tout ce qui peut servir à la solution des problèmes si nombreux cjui restent encore à résoudre. Mais si l’on a jeté un regard en arrière pour demander un dernier secours à l’humorisme dans la solution de quelques difficiles problèmes, on ne peut tarder à reconnaître l’insuffisance ou la nullité de cet emprunt rétrograde, et l’on n’en marchera que plus siirement dans les voies plus larges de l’irritation ou du solidisme physiologic|ue^ c’est une mine riche et féconde qui est loin, bien loin encore d’avoir été exploitée jusqu’au bout et dans tous les sens. On s’étonne à tort qu’avec elle on ne soit point encore parvenu à éclairer tous les doutes, à lever toutes les difficultés ! Certes,quand lesolidisme moderne aura dominé aussi long-temps le monde médical que l’antique humorisme, c’est alors, mais seulement alors cju’on pourra désespérer des ressources ou des lumières qu’on peut y puiser. A.vant de faire briller d’un éclat factice ou trompeur cette lumière si pàleet si faible qui peut nous venir de l’humorisme, pourquoi ne pas poursuivre celles mille fois plus vi\es et j)lus sûres que nous avons déjà trouvées dans le solidisme physiologique? Ainsi , pour résoudre certaines questions difficiles, relatives aux fièvres continues et intermittentes (nous disons cei’~ laines , parce (jue, de l’aveu meme de beaucoup d’essentialistes et d’humoristes, on doit déjà au solidisme la solution du plus giand nomlire et des plus importantes), a-t on interrogé avec assez de soins tous les systèmes organi(jues? a-t-on fait convenablement la part que chacun d’eux peut fournir au faisceau de lumières dont on a besoin dans la recherche de la vérité? Nous ne le pensons pas. En effet, combien n’est-on pas encore éloigné d’avoir porté , dans le système blanc ou
IMRODÜCIIO-N.
lyinphalico-sécrétoire ^ les invceli^alions lumineuses et profondes dont le système capillaire sanguin a été rol)jel ! Cependant celui-là, eu égard au grand rôle cpi’il joue dans toutes les oj)ératiüns saines de l’économie, ne doit-il pas en exercer un autre nécessairement très étendu et très influent dans ses opérations morbides? Hé Ijien ! jus(|u’à présent ce systèjue a été mal étudié dans l’état pbysiologitjue, plus mal encore dans l’étal pathologique. Comment pourrait-on connaître le rôle (ju’il joue et la gramlepart (pi’il j^rend dans la j)ro(iuclion des lésions organiejucs si nombreuses et si \ariées, d’où peuvent résulter toute espèce de fièvres? N’est-ce pas dans l’élude physiologico-palliologifjue de ce système ({u’on trouvera la solution de plusieurs problèmes relatifs aux flux morbides des anciens, à ces ramollissements particuliers de tissu des modernes, aux productions anormales, aux indurations blanches, aux transformations de tissus, aux diverses sécrétions couenneuscs et morbides quelconques, et à ces lésions remarcjuables qui forment, dit-on, le caractèie anatomique des fièvres graves, putrides, pestilentielles, typhoïdes , etc. ? Qu’on entre donc franchement, mais avec zèle , avec persévérance, dans cette voie de l’irritation ou du solidisme physiologique, et l’on \erra s’il n’y a pas moyen d’en tirer plus de fruits pour la science qu’en se replongeant avec IMM. Petit et Récamier dans les principes inorbijiqucs anciens, avec MM. Bretonneau et Louis dans de mystérieuses spécialités morbides , avec MM. Piorry et Gendrin dans V humorisme ^ avec MM. Jolly, Rayer, Dubois, dans les abstractions d’une nervosité métapdiysiquc !
Dans l’anatomie pathologique de nos jours, on fait pour les altérations organiques, suite des fièvres graves, précisément ce qu’on faisait autrefois pour la description de leurs symptômes : on en distingue plusieurs genres à part et une grande quantité d’espèces différentes, méthodiquement classées, décrites, et môme coloriées, telles que les formes granuleuse eV gauj] éc ; les Jor/nes pustuleuse ^ vari(di(pic et fongueuse ; les boutons furonculeux ; Xç.'s jormes ulcéreuse eX. gangréncusc ; les formes cnté/'0'~méscntéri(pie, pseudo-rncmbrftneuse ^ j<dliculeuse, etc. Toutes ces formes anatomlco-patho!ogif[ues, qu’on divise et distiiigt e aujounrhid avec tant de soins, ne se réduiront-elles pas un jour a un fait pathologicjuc très simple, à une irritation subinflamatoire ou lymphalico-glandulairc^ de la même manière que toutes les fièvres essentielles (jadis si nombreuses et dixisées en tant d’espèces différer. tes ; se trouvent maintenant, même pour les essentialistes , réeluites au seul genre de fièvres typhoïdes ? .SiriguI ère et bien remarquable destinée que celle des (ièxres essentielles! Dans l’auliejuité la
INTRODUCTION
plus reculée, leur nombre, d’abord très grand, fut déjà singulièrement ballotté du plus au moins : Nos anciens, dit Galien , ne mettaient plus au rang àQS jcbricitauts , les pleurétiques, les péripneumouiqucs , mais seulement les malades qui, avec la fièvre, n’avaient d’affection grave dans aucun organe principal. Plus tard, le nombre des fièvres s’accrut si prodigieusement qu’on fut oldigé de les diviser, de les classer en lieaucoup d’espèces , sous des noms différents, afin de soulager la mémoire et de se reconnaître dans cet entassement de symptômes cjui ne se rattachaient à rien de matériel dans l’organisme. 11 fut un temps où le catalogue des maladies n’élait presque composé que de fièvres : il y en avait de catarrhales y de plein cîicjucs y de lactées, de pétéchiales , tic pncunio/iiqiies , de cérébrales, éé arthritiques , éé érysipélateuses , de traumatiques , de varioleuses , de miliaires , de dysentériques , de vermineuses , de puerpérales , do scarlatineuses , de rhumatismales , sans parler des injlammatoires simples, des bilieuses , des muqueuses , putrides , nerveuses , etc. , sans parler encore de la classe nombreuse des fièvres non caractérisées. Du temps de .Sydenham, les fièvres composaient plus des deux tiers de la somme totale des maladies. Qui ne connaît l’arbre allégorique deXorti, auquel des noms de fièvres énumérées presque par centaines servent de feuillage? On voit par cette énumération quelle immense quantité de fièvres était admise par l’illustre professeur de Modène ! Mais, en les comparant à des feuilles, ne semblet-il pas pressentir qu’elles auront un jour le même sort? Combien de médecins, avec le célèbre Boerhaave, regardaient la fièvre comme la plus fréquente des maladies ! On sait que Sauvages , d’après l’application qu’il faisait des sciences mathématiques à la médecine, arrivait à compter plus cent cinquante fièvres. Et cependant ce grand nosologiste semble avoir le pressentiment que toutes ces fièvres peuvent n’étre que symptomatiques. Enfin , jusiju’à l'apparition de la Nosographie philosophique, on sait qu’un grand nombre de médecins plaçaient encore au rang des fièvres essentielles , les fièvres catarrhales, dysentéri({ues, cérébrales, miliaires, rhumatismales, varioleuses, puerpérales, hectiques des anciens; «t plus tard des Wvw'qs hydrocéjjhalique , entéro-mésentérique , etc. Il est certain qu’avant Pinel les cartes il’enlrée et les numéros de placement dans les hôpitaux de la capitale , comme partout ailleurs, ne portaient guère que des noms de fièvre. C’étaicntdes fièvres (pii partout encombraient les hôpitaux. Le professeur Pinel limita, comme on le sait, à cinq classes particulières toutes les fièvres essentielles, sous les noms éè injlammatoires , bilieuses , miKjueuses , adrnamiques ou putrides , ataxiques ou nerveuses . On connaît le sort qu’ont eu suc-
INTKOBUCTIO.V.
cesbivemcnt ces fièvres : toutes, eu comuieiicant uar ces (iernières, ont fini par être répudiées connue maladies générales ou esseulielles, A mesure que la doctrine pliysiologi(|ue a fait des jirogrès, toutes ces entités fébriles ont été localisées ou rapportées à la soulfrance et à la lésion idiopathique de tel ou tel organe dont les influences sympathiques provoquent les phénomènes généraux et fébriles dont il s’agit. Un des professeurs les ])lus distingués de l’école de Paris, ({ui jadis consacrait un volume aux fièvres essentielles dans les premières éditions de sou excellente Cli/tique médicale , aujourd’hui ne nous y retrace plus que <les maladies de l’abdomen, de la poitrine et du cerveau. ]\I. Chomel iui-méme, sans contredit le premier des essentialistes, et qui d’abord ue trouvait pas assez large le cadre de Pinel pour y loger toutes ses entités fébriles , aujourd’hui a tellement modifié son opinion à cet égard , qu’il n’admet plus qu’un seul genre de fièvres essentielles sous le nom de fièvres tyqjhoïdcs. Toutes les fièvres ne sont plus, pour cet habile professeur, que des formes differentes de la meme maladie. Hé bien , cette non-essentialilé des fièvres, à laquelle on arrive malgré soi et presque généralement aujourd’hui, ne constitue-t-elle pas le premier et le plus beau triomphe de M. Broussais? N’est -ce pas lui cjui a détruit sans retour l’ancien édifice de l’ontologie? Sur ses débris il a fondé cette doctrine qui porte le nom de la première source de lumières où elle a puisé. Les principes de cette doctrine, à la fois simples et positifs, sont encore essentiellement progressifs et susceptibles de nombreux développements cpie fcxpérience et l’observation amènent peu à peu. Déjà, depuis plusieurs années, ses principes ont mûri et fructifié; ils se sont élai'gis par suite de faits nouveaux , de méditations sérieuses, de discussions importantes. Ce qui naguère paraissait outré et exclusif, s’efface insensiblement , soit parce qu’on s’habitue à y regarder de près et à juger sans prévention , soit parce qu’en effet l’ardeur du prosélytisme s’est calmée à mesure que la coalition adverse a disparu. Quoi qu’il en soit, il est facile de reconnaître le rapprochement des oj)inions jadis si divergentes et même si opposées. Une lente , timide, mais progressive fusion, effet du temps et de la foi ce des choses, bien plus que des volontés individuelles, s’établit de jour en jour, non plus seulement d’une maniè]e tacite , mais publicjue et solennelle, puiscju’on ne craint ])lus de la professer au sein des grandes écoles de médecine et dans les principaux cours de médecine clinique. Quelques uns même des plus grands antagonistes de la doctrine physiologique, après avoir beaucoujj déclamé contre elle, se sont enqiaré de ses principes ; et , grâce à quelques petites modifications qu’ils font mousser bien haut pour rendre leur
INTRODtCTIOX.
larcin moins apparent, ne craignent plus de les {)roresser en se donnant des airs de novateurs ou de créateurs dont cliaeun reconnaît le travestissement, si ce n’est le j idicule.
Mais revenons à notre but, et traçons en tpielques mots le plan de cet ouvrage : comme on l’a fait pour la théorie des maladies et des fièvres continues, nous avons voulu, pour la théorie non moins importante des maladies périodiques et des fièvres intermittentes, profiter des progrès qu’ont fait faire à la médecine, soit la richesse et la variété des faits, soit l’étude plus aj)profondie et plus avancée d(î la physiologie, soit les reeherches nombreuses et de plus en })lus fécondes de l’anatomie j)athologique, oui, nous avons voulu profiter de toutes ces données si lumineuses, pour rapporter enfin à des organes malades tous les jdiénomènes morbides , sous quelques formes variées, remarquables ou ])£rnicieuses, qu’ils se présentent, et(juel que soit leur ly]i)e, périodique rémittent ou inter/nittent. Ainsi, quand nous avons vu l’intermittence se jouulre aux symptômes d’une ophthalmie, d’un érysipèle, d’une affection rhumatismale et goutteuse, ou bien d’une otite, d’une sciatique, d’une épistaxis, d’une diapédèze, d’une dartre , etc. ; au lieu d’en faire des fièvres larvées ^ locales ou to[)i(]ucs, nous en avons fait l’histoire en les considérant j)urcment et simplement comme des affections périodiques, tantôt inflammatoires , tantôt nerveuses, tantôt hémorrhagifjues, tantôt sul)inllammatoires ou lymphatico-sécrétoires , ayant leur siège à l’extérieur et accompagnées ou non de fièvre. Même opération, mêmes principes et histoires analogues pour les angines , les pleurésies, les encéphalites, les gastrites, etc., qui par leur marche aiguë, leur durée courte et passagère, cessaient pour revenir à des époques déterminées : au lieu de voir en elles des fièvres intermittentes pernicieuses essentielles, nous les avons reconnues et traitées pour de véritables plcgmasies intermittentes et })lus ou moins fébriles des viscères. Il en est de même des maladies d’un autre genre, comme des hémojUvsics , des leucorrhées, des épilepsies, etc. , qui disparaissert plus ou moins rapidement pour revenir à certaitis jours , nous les avons reconnues et traitées pour des affections nerveuses , hémorrhagifjues et subinfhmmatoires in'.ei mittentes, ayant leur siège à l’intérieur, et accomj)agnées ou non de phénomènes fébriles ou sympalhicjucs.
C’est ainsi ({u’en procédant du simple au composé, du connu à l’inconnu, de l’extérieur à l intéricur, nous sommes arrivé graduellement à faire l’histoire de toutes les affections intermittentes externes et internes, de toutes les maladies qui, dans les auteurs, portent les noms de fièvres larvées, defièvres intermittentes siniples et pernicieuses.
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ISor.s avons reconnu (|iril était temps de profiter de la masse déjà si co4isidérabIe de faits existants dans les annales de la science, pour rat^ tacher ces phénomènes fébriles si réguliers dans leur retour et si mobiles, si variés dans leurs formes, tour à tour légers ou saillants, simples ou cornpliijués, bénins ou pernicieux, pour rattacher, disons-nous, tous ces phénomènes à (juelque chose de positif^ de matériel , c’est-à-dire à la lésion d’un ou de plusieurs oi ganes. La symptomatologie des fièvres intermittentes est aujourd’hui aussi complète que possible. Pour une bonne part, elle remonte à l’antiquité la plus reculée, puisque les tableaux qui ont été tracés depuis Hippocrate jusiju’à nous sont frappés au coin de la vérité dans ce qu’ils renferment, puisque la nature nous les rejn'csenle encore aujourd’hui sous les mêmes foi ines qu’d y a deux mille ans. Causes, symptômes, durée, pronostic, tout a été indiijué par nos devanciers; joignons donc l’observation et l’expérience si précieuses des anciens, aux recliercbes multipliées, aux observations plus complètes et plus concluantes qui ont été faites de nos jours, afin Cjue de cct ensemble résulte une masse de faits assez imposante pour résoudre les principales questions relatives aux fièvres intermittentes. On ne peut pas espérer et l’on ne doit pas attendre (jue la nature vienne, spontanément et dans un certain nombre d’années, se présenter à noua entièrement à découvert dans ses opérations physiologicjues et pathologiques. Non , tant cju’on ne feia aucun effort pour les pénétrer, ces opérations, les années s’écouleront presque inutiles, les faits continueront à être entassés sans fruit, sans nulle conséquence importante. Combien de fois, au contraire, n’arrive-t-il pas qu’en cherchant à deviner le but de la nature, à la surprendre en quelque sorte dans ses opérations organiques, on finit par le découvrir réellement? Pourquoi? parce que des faits, aux({uels ou n’aurait jias pris garde sans cette anticipation de la théorie, sont dès lors observés, et viennent en consolider les points les pliH faibles, en éclairer les cotés les plus obscurs. Certes, on ne peut pasdire que les faits nous manquent; il n’y a peut-être pas dans tonte la pathologie un genre de maladie sur Ic(juel on ait tant écrit et rassemblé un aussi grand nonibrc d’observations que sur les fièvres intermittentes. Que reste-t-il donc à faire, si cc n’ st de tirer parti de ces faits, de les rapprocher les uns des antres, de les comparer entre eux pour en tirer des co!;sé({ucnccs utiles, jiour en déiluire des principes lbéori(]ncs satisfaisants, et surtout des règles jilus sûres dans l'application des moyens théi-a jjeuliqncs.
Aujourd’hui plus que jamais les progrès de la physologie et de l’analo miep«thologi(}ue nous font sentir le besoin d’une bonne théorie ou d’une
INTRODUCTION
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théorie déduite de l’analyse rigoureuse des faits. On ne veut plus agir en aveugle, ni d'une manière absolument empirifjue et sans se rendre comj)le de rien. On veut savoir à la fois comment il faut agir et pourquoi l’on doit agir plutôt de telle manière que de telle autre. On veut savoir ouest la maladie, ce qu’elle est; comment agit le remède, et sur quels organes il porte plus spécialement son action pour amener la guérison. Or, tout cela ne peut ètrequele résultat d’une bonne théorie; mais, ])our qu’une théorie mérite ce litre, il faut (|u’elle puisse embrasser et réunir le plus grand nombre des faits sous unmèmepoint de vue; il faut qu’elle serve à nous rendre compte de ces faits d’une manière satisfaisante; il faut non seulement que toutes les observations anciennes et modernes puissent s’y rattacher, mais il faut encore qu’aucune d’elles, tant soit peu importante, lui soit directement opposée, parce qu’à celle-là peuvent s’en adjoindre d’autres semblables; et une telle contradiction tendrait à prouver le peu de fondement de ses bases fondamentales. Sans doute en médecine, comme dans les autres sciences, et plus f|ue dans toute autre science, il n’y a rien de vrai sans exception ; sans doute la variété et la dissemblance des faits peuvent quelquefois en imposer; mais, si l’on examine de bien près et sous toutes leurs formes les faits exceptionnels, si l’on tient compte des circonstances, surtout celles relatives aux idiosyncrasicsindividuelles, on finira parreconnaître qu’ils se rattachent tous à un petit nombre de lois organiques dont l’uniformité et la constance ne peuvent être révoquées en doute. Hé bien, examinés attentivement sous ces divers rapports, tous les principaux faits anciens et modernes, en un mot tous les tableaux qui existent de lafièvre intermittente en général, indiquent constamment une irritation ou une lésion locale , le plus souvent une congestion sanguine sur quelques uns des principaux viscères et en particulier de la muqueuse digestive.
11 n’y a donc rien d’exclusif dans la théorie physiologique des fièvres intermittentes, puisqu’elle doit embrasser tous les faits et n’être que leur expression. Nous rapportonsnous-même plusieurs observations qui indiquent la prédominance des symptômes inflammatoires du cerveau, des poumons, de la matrice, etc., sur ceux de la muqueuse digestive, < t d’autres dans Icscjnels on reconnaîtra la prédominance des irritations nerveuses, cérébrales ou cérébro-spinales. Nous ne saurions établir dans quelles proportions, sur un nombre donné de fièvres d’accès, a lieu celle prédominance dè symptômes différents de ceux qui indiquent la lésion du canal digestif; tout ce (jue nous pouvons dire d’ajirès i’obserxation du plus gsand nombre des praticiens anciens et modernes, c’est Cju’clle est füi t petite, comparativement aux faits nombreux et presque
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constats dans lesquels l'irritalion gaslrltjue ou gaslro-eutéri(juc Joue le ju’incipal rôle.
Au reste, ne \oulant jias être cru sur j)arüle à l’égartl de celte dernière et si importante conclusion, nous avons donné nos [)!'cuves, tirées
de l’analogie leconnue entre les fièvres inlermitlenles ordinaires et les maladies périoiliques, les fièvres larvées et pernicieuses dont nous avons fait connaître le siège et la nature le plus souvent inllammatoire ; 2° de fexamen et tlu mode d’action tics causes, d" de l analyse des symptômes auxquels on reconnait ces fièvres; 4” certains modes de terminaison ou de déplacement des fièvres d’accès par des plilegmasles externes ou internes; 5° de l’accord du jilns grand noml.ne des auteurs touchant le siège de ces fièvres qu’ils placent directement ou indirectement dans le canal digestif; G® delà grande majorité des faits d’anatomie pathologique qui prouvent la lésion inllammatoire ou snhinllammatoire des organes digestifs et de leurs annexes; j^enfin de cei taineshases du traitement généralement reconnues et admises et dont on ne pourrait s’écarter sans danger jiour les malades. C’est d’après une telle masse de preuves tirées de sejit sources différentes, que nous serons conduit à reconnaitre que la fièvre intermittente ordinaire, simple ou IjénignCj dépend ([uelqucfois d’une irritation nerveuse ou inflammatoire du cerveau et de ses dépendances, quelquefois d’unelésion de poumon^ du cœur, de la matrice, etc., et le plus ordinairement d’une irritation inllammatoire des organes digestifs.
On pourrase convaincre qu’en accordant à la théorie tous les développements convenables, nous n’avons pas négligé les préceptes relatifs à la pratique et à la détermination exacte, détaillée et rigoureuse, des moyens thérapeutiques à l’aide desquels on doit combattre toutes les maladies périodiques fébriles ou non fébriles, externes ou internes, quels que soient leur type, leur siège et leur nature.
iN’ous avons fait tous nos efforts pour répondre le plus dignement possible à cette bienveillance qui a daigné accueillir et encourager nos premiers essais ; puissions-nous n’élre pas resté trop en arrière ou bien au-dessous de la lâche laborieuse et difficile que nous nous étions imposée pour \ parsenir !
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