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tiques et des aliénés qui succombent dans les hôpitaux, où ils ne sont guère conduits et laissés à demeure que quand on a déjà presque épuisé tous les moyens de l’art, et quand ces maladies durent depuis long-temps, quand la démence et la paralysie existent ou sont prêtes à se développer. C’est alors , comme l’ont prouvé MM. Calmeil et Foville, qu’on trouve presque toujours une inflammation chronique des méninges , leur adhérence entre elles et le cerveau dont la substance corticale présente aussi une couleur et une consistance particulières.
Indépendamment des névroses dont nous venons de parler , et qui n’ont aucun siège fixe et bien déterminé , il y en a d’autres qui portent directement les noms des organes qu’elles affectent, telles que les névroses de l’appareil respiratoire et du système digestif. Ce n’est pas sans raison que M. Broussais a beaucoup restreint le nombre de ces névroses. En devenant organique et matérielle , la médecine devait faire justice de cette série incalculable de névroses admises par Cullen et ses nombreux imitateurs. On sait aujourd’hui à quoi s’en tenir sur un grand nombre de toux, de dyspnées, d’angines de poitrine, d’asthmes, de spasmes du larynx et delà trachée , de palpitations du cœur, de gastralgies et d’entéralgies dites nerveuses et es entielles. Tous les vrais praticiens ont reconnu combien étaient nuisibles tous ces stimulants prodigués sous le nom à’ antispasmodiques , de stomachiques, dans les cas de dyspepsie, de boulimie , de crampes d’estomac, de pyrosis, de cardialgie , d’hypocondrie, de coliques nerveuses, de vomissements spasmodiques , etc. Les partisans de la nervosité essentielle se récrient fortement contre la doctrine physiologique , qui , disent-ils , veut bannir de la pathologie toute espèce de névrose I C’est une erreur. Le médecin physiologiste ne rejette que les hypothèses et les abstractions; il rejette les névroses essentielles, ou tenant à un état général d’atonie du système nerveux, parce qu’il ne conçoit pas de maladies sans lésions organiques , et parce que les faits qu’on lui donne pour des maladies nerveuses simp/es ne peuvent être soumis à l’analyse physiologique sans qu’on y découvre le plus souvent une nuance d’inflammation ou de subinflammation aiguë ou chronique (1) ; quelquefois une lésion dans laquelle l’irri-
(1 ) Il nous serait facile de citer beaucoup d’exemples de maladies regardées comme des névroses^ et qui offrent tous les symptômes d’une inflammation chronique ou d’une subinflammalion de la muqueuse digestive. Nous n’en
talion prédomine dans le système nerveux de certains organes, pai liculièrement dans les expansions nerveuses disséminées avec profusion à la surface de la muqueuse digestive , et qui la rendent douloureuse ou seulement plus sensible, plus impressionnable, même à ses stimulants naturels; comme dans certains cas de vomissements, de coliques, de cardialgie, de dyspepsies, dans lesquels cette membrane ne peut plus rien supporter sans manifester un surcroît de souffrance, de contraction et d’irritabilité extraordinaire. Ainsi nous croyons avec Bichat qu’il y a des coliques essentiellement nerveuses qui sont indépendantes de toute affection locale des systèmes séreux, muqueux et musculaire des intestins ; ces coliques résident naturellement dans les nerfs des ganglions semi-lunaires qui se répandent dans tout le trajet des artères abdominales. Elles sont de véritables névralgies du système nerveux de la vie organique, etc. C’est également au genre de lésions dont il s’agit qu’il faut rapporter le fait observé par Lobstein , d’une femme qui avait eu des vomissements périodiques très violents pendant plusieurs mois, et à l’autopsie de laquelle ou trouva le ganglion semi-lunaire d’une
choisirons qu’un entre plusieurs autres analogues, pour prouver que les partisans de la neruosîïé ne sont pas très difficiles dans le choix de îeurs entéralgies : « Un homme d’environ trente ans, d’un tempérament bilioso-san- ^uin , d’une taille très élevée et d’une corpulence grêle, est venu me consulter l’un des premiers jours de mai 1827. 11 était malade depuis cinq années ; sa maladie consistait dans une violente douleur abdominale qui se manifestait, presque tous les jours , cinq ou six heures après les repas, et dans un dévoiement continuel , composé de matières aqueuses et glaireuses; il n’y avait point de fièvre , ni de soif, et l’appétit était toujours plus fort qu’en bonne santé. De l’ennui, du découragement, des inquiétudes chimériques, en un mot une véritable hypoconderie , accompagnaient l’affection du basventre, etc.» Voilà les principaux traits d’une entéralgie d’après M. Barras, Nous citons ce fait entre plusieurs autres, parce qu’il présente, selon nous, une irritation subinflammatoire de la muqueuse intestinale dont les redoublements quotidiens ont quelque analogie avec ceux sous types tierce et quarte, observés sous les nos 351, 353 et 354.
«Si l’on me demandait, ditM. Barras, pourquoi certains cas d’entéralgie » s’accompagnent de dévoiement aqueux et glaireux, je répondrais que ce » phénomène est dd à la même cause qui fait que certaines gastralgies sont «accompagnées de vomissements composés de pareilles matières, c’est-à- » dire , à ce que les intestins nerveusement affectés peuvent , comme l'esto- » mac, devenir le siège d'une sécrétion vicieuse plus ou moins abondante , n et à ce qu’ils ont aussi de la peine à digérer les liquides qui pénètreni » dans leur cavité. »
En voilà sans doute assez pour donner une idée de la théorie adoptée dans Je Traité des gastralgies et des entéralgies'.
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couleur rouge très intense. Les affections morales vives , l’abus ou seulement l’usage de quelques boissons , de certains aliments, l’influence de certaines constitutions atmosphériques, peuvent produire les eL'ets dont il s’agit chez des persoencs nerveuses et très irritables. Nous voyons sous les no^ 401 et 408 l’usage du punch et de J’eau-de-vie développer des accès d’épilepsie. Il y a des individus qui ne peuvent respirer l’air de certaines vallees sans être pris subitement d’un accès d’asthme; d’autres ne font point usage de certains aliments sans être attaqués aussitôt de pyrosis , de cardialgie, de hoquets, de vomissements , et parfois de mouvements convulsifs; c’est ainsi que l’anatomiste Gas ard ne pouvait manger certains fruits , et particulièrement des pommes, sans être atteint de convulsions. Nous connaissons une dame qui ne peut jamais manger des fraises sans être prise de vomissements violents et de cardialgie ; il y a des personnes à qui le lait cause promptement des coliques et des selles en diarrhée. Combien d’autres idiosyncrasies organiques dont on ne tient pas compte ou auxquelles on ne fait point attention et qui pourraient servir à expliquer le mode d’action si différent de certaines causes morbides , comme aussi de certains remèdes suivant les individus qui s'y trouvent soumis! L’irritabilité extrême de la muqueuse digestive, comme de tout autre organe, peut succéder à une phlegmasie combattue trop vigoureusement par des émissions sanguines fréquemment répétées , et une diète sévère long-temps prolongée; les organes, privés pendant un temps plus ou moins long dé leurs stimulants naturels, présentent, même après que la phlegmasie est dissipée , ou conservent une susceptibilité abnormale semblable à celle produite sur les yeux, les oreilles, par une obscurité et un silence prolongés ; une lumière et un son ordinaires ne peuvent alors frapper ces organes sans les blesser vivement; il faut qu’ils soient rendus peu à peu et graduellement à leurs stimulants naturels. Il en est de même des organes digestifs dans les cas dont nous venons de parler. Mais , s’il peut arriver que la méthode antiphlogistique , poussée trop loin dans certains cas de gastrite ou de gastro-entérite chronique, provoque des névroses de la muqueuse digestive, on conviendra que cet effet , qui est d’ailleurs assez rare , est bien moins redoutable que celui qui résulte d’un mode de traitement diamétralement opposé , parce que ce dernier conduit à des lésions locales, à des altérations organiques profondes qu’il n’est
plus possible de réparer; tandis que la susceptibilité , la faiblesse générale et l’irritabilité partielle, suites du premier mode de traitement, peuvent êlre facilement réparées , et les fonctions digestives reprendre ensuite une force et une activité plus énergiques même qu’auparavant.
S’il est démontré pour tout médecin physiologiste que la plupart des gastralgies, des coliques, des entéralgies, des toux, des angines de poitrine et des asthmes périodiques , regardés jadis comme des névroses , sont dues à des phlegmasies chroniques des membranes muqueuses digestive et pulmonaire , à certaines affections organiques du cœur et des gros vaisseaux; cette opinion , basée sur la majorité des faits , ne nous empêche point d’admettre ceux dans lesquels le système nerveux paraît jouer le principal rôle , comme dans les observations de toux , d’asthmes , de f^astralgies , d’entéralgies ou de coliques intermittentes que nous rapportons sous les n"'^ 383 , 38 V , 385 , 386 , 387 , , 399 et 402. Il y a certains cas d’hystérie dans lesquels les symptômes se prononcent et se dessinent si bien tout le long du nerf pneumogastrique , et se répètent avec tant de régularité par le trouble successif et constant des organes auxquels il se distribue, qu’on ne peut guère se refuser d’attribuer à la lésion de ce nerf la production des phénomènes hystériques. Les faits de ce genre n’excluent point ceux, peut-être plus nombreux encore, dans lesquels les phénomènes hystériques sont manifestement occasionnés par une inflammation delà matrice ou du canal digestif; on ne peut douter , par exemple , que les cas d’hystérie , ou plutôt que certains phénomènes hystériques , observés par Tissot dans Tépidémie de fièvre bilieuse de Lausanne, ne fussent dus, comme lafièvre elle-même qu’ils accompagnaient, à la lésion inflammatoire de la muqueuse digestive. Nul doute aussi que les symptômes épileptiques fréquemment observés par Lanzoni et Baglivi , dans des épidémies de fièvres pernicieuses et mésentériques, ne fussent dus à des gastro-entérites.
Un caractère particulier et assez ordinaire des névroses périodiques en général, c’est d’exister ou de se renouveler par accès plus ou moins rapides et sans fièvre ; cependant il n’est pas rare que les accès les plusintensesdébutentparun’^frisson fébrile. Cela s’observe principalement quand ce sont les organes digestifs qui sont eux-mêmes le siège de la lésion organique qui développe les phénomènes nerveux hystériques, convulsifs, hypocondria-
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ques, etc. Ce sont de semblables exemples de névroses intermif tentes febnles qui ont fourni l’idée à quelques auteurs dVn profiter pour établir de nouvelles espèces de fièvres pernicie..«« sous les noms de fièvres intermittentes , conmdsi-
ves , délirantes , comateuses , comme nous en avons vu des exemples sous les n“ 151, 157, 159, ICO, 177 9oi o.o 232 933, 237,238, etc., et même de fièvres pernicieuses /»/! arop/iobiques, comme nous le verrons bientôt. ^
Les irritations nerveuses des viscères peuvent seprésenter sous tous les types connus d’intermittence, il n’y a pas de type qu’elles choisissent de préférence, il est seulement d’observation qu’elles
peuvent se répéter à des époques beaucoup plus rapprochées que es autres espèces d’irritations intermittentes, comme deux Tu t* OIS fois , et meme six , huit et dix fois par jour ; il n’est nas rare
ou plusieurs mois, avant de se manifester de nouveau. «L’intermittence est plus fréquente dans la manie que dans les autres olies, dit M. Esquirol; la manie intermittente affecte le tvne quotidien , tierce ou quarte ; les accès reviennent aussi lous les huit jours , tous les mois , tous les trois mois , doux fois l’année tous les ans , etc. * Les affections nerveuses périodiques peuvent quelquefois changer de type d’intermittence, mais il est rare qu elles en présentent successivement plusieurs différents , comme es fievres intermittentes ; le plus souvent elles se terminent avec le type qu elles ont eu dès le principe, ou si elles en changent
ce n est qu apres être restées quelque temps irrégulières dans leur marche.
Il n’y a rien de fixe pour le nombre d’accès que peuvent présenter les névrosés périodiques internes. La durée de leurs accès considérée d une manière générale , varie de quelques minutes a plusieurs heures ; il est rare que leurs accès se prolongent aussi . ong-temps que la plupart dos inflammations et subinflammations intermittentes. La durée et l’intensité des accès de la même névrose peuvent bien présenter quelques différences en plus ou en moins, mais il est rare quelles soient très considérables. L’in- , ternnssion ou l’intervalle de temps qui sépare les accès dos irri- ^ ions intermittentes nerveuses des viscères est presque toujours pour les malades un temps de repos et de calme parfait • ils ■ n éprouvent le plus souvent rien qui leur rappelle le précéd^ent ^ces et qui leur fasse redouter le suivant.
Les affections nerveuses périodiques internes, comme celles que nous avons observées à l’extérieur du corps , peuvent se remplacer réciproquement et alterner entre elles. Mais, comme pour toutes les irritations intermittentes en général , ce ne sont presque jamais que des affections de meme nature qui ont coutume de se remplacer ainsi par une espèce de mouvement critique. C’est cette loi , presque constante dans l’histoire des irrita-^ lions périodiques , qui nous a décidé à placer ici l’exemple de toux inlermiitenle quotidienne, observée par M. Chomel , sous le n° 383; outre que les phénomènes nerveux de cette toux sont pour le moins aussi tranchés que les symptômes inflammatoires , l’espèce de déplacement et d’alternative qu’elle éprouve avec des accès d hystérie ne semble guère laisser de doute sur son caractère nerveux; car, quelle qu’en soit la cause, celte alternative d’accès de toux et d’accès hystériques prouve chez la malade une grande mobilité nerveuse, et, par suite , l’identité de nature de l’une et de l’autre affection dont il s’agit 11 peut d’ailleurs arriver que la meme affection présente successivement des phénomènes nerveux différents ; c’est ainsi qu’on voit, sous le n® 408, des phénomènes hystériques et tétaniques se transformer très promptement en symptômes maniaques bien caractérisés. Un accès de mélancolie ou d’hypocondrie très prononcé n’est pas 4oin d’ai river à un accès de manie ou de lipémanie ; les accès très violents d’épilepsie, selon la remarque de j\I. Esquirol, se terminent souvent par un état de manie , quelquefois même avec fureur. Sur quatre cents épileptictues que nous avons à la Salpétrière, dit-il, cinquante au moins sontmaniaques après l’accès. La manie des épileptiques n’est pas de longue durée; elle se termine tantôt après quelques heures, tantôt après trois , quatre et huit jours.
Le pronostic des névroses périodiques n’est pas en général li’ès fâcheux; elles sont, toutes choses égales d’ailleurs, beaucoup moins à redouter que les mêmes affections sous le type continu ; mais ce pronostic varie beaucoup selon la nature et le •mode d’action des causes ; selon l’âge , le sexe et la constitution des individus; selon l’intensité des phénomènes épileptiques, convulsifs, maniaques, hydrophobiques , etc.; et surtout, selon la nature et le siège de la lésion locale qui les provoque. Quand les phénomènes épileptiques ou maniaques dépendent d’une lésion cérébrale, suite d’une chute , d’un coup à la tête , d’une af-
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feciion morale vive , comme la frayeur , la colère , la jalousie ; tous les auteurs s’accordent à porter un pronostic fâcheux et à ne voir que peu de chances de succès dans l’emploi des moyens qu’on peut leur opposer ; il n’en est pas de même quand la lésion n’existe pas primitivement dans le cerveau : les faits et l’expérience prouvent que le pronostic n’est point mauvais, lorsque les phénomènes hystériques, monomaniaques, épileptiques, etc., dépendent d’une lésion placée à l’extérieur du corps ou à l’intérieur, dans quelques points où l’on peut facilement l’atteindre ; mais , dans tous les cas , le danger du pronostic dépend beaucoup de la durée ou de la répétition des accès maniaques ou épileptiques, parce que cette répétition de trouble et de suspension des fonctions intellectuelles et cérébro-spinales finit constamment par modifier d'une manière vicieuse les organes encéphaliques et rachidiens, ou bien elle imprime à leurs fonctions une disposition si grande à être dérangées par la moindre cause que les accès dont il s’agit deviennent très opiniâtres , et le plus souvent résistent à tous nos moyens curatifs ; il ne suffit plus alors , pour la guérison des malades , de modifier ou de détruire la lésion locale , cutanée, génitale, utérine, gastro-intestinale ou autre, qui en fut la cause primitive ; c’est souvent parce qu’on ïi’a pas découvert et attaqué cette lésion lorsqu’il en était temps encore, que la maladie est devenue incurable. La manie, dans son état de simplicité, est rarement funeste. Les maniaques, dit M. Esquirol, ne meurent pas de l’affection cérébrale, ils meurent de la fièvre typhoïde, ataxique-cérébrale, de la phthisie pulmonaire , des convulsions épileptiformes , etc.
Ca uses. — Dans la discussion à laquelle nous nous sommes livré touchant la nature et le siège de la plupart des névroses , déjà nous avons fait connaître un grand nombre de leurs causes •déterminantes; il nous reste à indiquer les causes prédisposantes et efficientes communes à toutes les névroses périodiques en général ; ce sont un tempérament nerveux, une constitution faible, sèche , irritable ; une susceptibilité morale très grande ; toutes les affections vives de l’âme, les passions violenfes, les fortes •contentions d’esprit, l’excès dans l’usage des plaisirs de l’amour, comme sous le n® 393 , des liqueurs alcooliques (1), comme sous
(1} M. Esquirol parle d’une jeune dame qui a été conduite plusieurs foi» ii Charenlon, à la suite d’abus de vins et de liqueurs qui la jellenl dans une dvresse maniaque, dont les effets persistent plus ou moins long temps.
les no* 40l et 408; des narcotiques, etc.; des plaies par piqûre ,, déchirure, morsure, la carie des dents , les crises de la dentition, la présence des vers ou d’un corps étranger quelconque dans lo canal digestif, dans les reins , etc.; la masturbation; des hémorrhagies répét ées et abondantes; certaines dispositions ou variations brusques dans la constitution atmosphérique ; le retard, la suppression ou l’évolution pénible et difficile des règles, comme dans les observations sous les n°* 407, 409 et 410 ; un état chlorotique, la répercussion rapide d’un exanthème, la suppression de quelque évacuation habituelle sanguine ou autre , d’un exutoire quelconque existant depuis un certain temps. L’empoisonnement par certaines substances , comme l’asarum , la noix vomique, et surtout l’amande du tanguin de Madagascar (1), peut donner lieu à des phénomènes nerveux parfaitement intermittents , comme le prouvent plusieurs observations. Il en est de meme d’une inflammation de la muqueuse digestive , produite par toute autre cause, suivant la susceptibilité des individus ; c’est ainsi que nous rapportons , sous le n® 371 , l’exemple d’une paralysie occasionnée uniquement par une lésion inflammatoire des intestins, et ailleurs une monomanie hypocondriaque, une panophobie, occasionnées par une inflammation ou une irritation vive quelconque de la muqueuse gastro-intestinale. M. Salmade rapporte' l’exemple d’une diarrhée intermittente tierce, dont les accès,, exaspérés par un purgatif, présentaient des hallucinations de la vue, du trouble dans les idées, et des actes de folie de la part du malade, qui voulait se tuer avec ses rasoirs et se précipiter pac la croisée. Tout cela disparaît avec l’accès fébrile et diarrhéique, et revient avec lui (2).
I Symptômes. — Nous ne pouvons point ici décrire avec détails les phénomènes qui caractérisent chaque espèce de névroses ou chacun des groupes de symptômes distingués sous les noms d’hystérie , d’épilepsie , de tétanos , de catalepsie , de chorée, de manie , d’asthme , d'hypocondrie , de démence , etc.; ces détails se trouvent dans les histoires particulières que nous avons rapportées de ces différents groupes de symptômes morbides. D’ailleurs ces symptômes étant susceptibles de varier beaucoup selon une infinité de circonstances relatives à l’action des causes,
(1) Annales (jén. de méd., t. iv.
12) Journal anal, des scienc. médic., septembre 1828.
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à l’âge , au sexe, au tempérament des individus, à la constitution atmosphérique, etc., il nous serait impossible de saisir toutes les nuances de forme, toutes les variétés d’aspect sous lesquelles peuvent se présenter les irritations nerveuses des viscères et toutes les maladi.'S qui constituent des név roses périodiques. Celles qui ont spécialement leur siège dans les organes de la respiration et de la circulation , comme certaines toux , les angines de poitrine , les asthmes, etc., sont caractérisées par le trouble particulier de ces fonctions , comme la difficulté de respirer , une espèce de serrement et de gêne dans la poitrine, un étouffement particulier, une toux revenant par quintes plus ou moins longues et rapprochées les unes des autres , suivie d’une expectoration de matières claires et mousseuses, ne contenant que peu ou point de mucosité; des palpitations plus ou moins fortes, une anxiété précordiale, une sorte d’étouffement ou do manque d’air qui rend nécessaires une position assise , l’ouverture des portes et des fenêtres pour respirer un air pur et frais ; les inspirations sont parfois longues et suspii ieuses. Les névroses qui ont particulièrement leur siège dans le canal digestif sont de même caractérisées par certains troubles des fonctions de l’estomac, du foie , du canal intestinal ; ce sont tantôt des vomissements fréquents, des douleurs pongitives ou lancinantes dans le creux de l’estomac , un sentiment de gêne , de poids ou de constrictîon dans la région épigastrique; le défaut ou l’excès d’appétit, des renvois fréquents ; des hoquets qui se succèdent avec rapidité , des coliques , des borborygmes; une grande irrégularité ou morosité dans le caractère , une disposition à la tristesse , aux soupirs, aux idées noires , une apathie généiale, des sentiments de crainte, de méfiance, d’angoisse, d’incertitude , de terreur, etc.
La plupart des autres névroses sont caractérisées par un dérangement, une perversion ou une suspension momentanée des fonctions intellectuelles et certains troubles dans l’action des muscles de la vie animale et quelquefois de la vie organitpie ; plusieurs de ces affections semblent se rapprocher entre elles spécialement par le trouble de cette dernière action , telles sont l’hystérie , les convulsions , la chorée , le tétanos . l’hydrophobie. A d’autres , distinguées par l’épithète de comateuses , se joint la suspension plus ou moins complète de l’action des sens et de l’entendement : telles sont l’épilepsie et la catalepsie ; enfin ce qui lie entre elles toutes lés nombreuses variétés d’aliénation men-
taie , c’est une aberration , un dérangement partiel ou général et plus ou moins prolongé des fonctions intellectuelles.
Trai ement. — C’est ici particulièrement que vont nous servir les réflexions précédemment exposées sur la nature et le siège de la plupart des névroses périodiques; car , si Ton est si peu avancé, si peu d’accord sur le mode de traitement à employer contre les affections dont il s’agit; et si les moyens employés échouent si souvent, ne faut-il pas s’en prendre bien souvent à ce qu’on ad» ministre ces remèdes au hasard sans se rendre compte de la nature et du siège de la lésion organique qui provoque tel ou tel groupe de phénomènes nerveux? On fait une médecine tout empirique ; on ne s’adresse le plus souvent qu’à des symptômes fugitifs ; on ne songe pas que ce sont des ombres de maladie qu’on poursuit inutilement et à pure perte , tandis qu’on néglige ce qu’il y a de matériel , ce qu’il importe d’attaquer et de guérir , c’est-àdire les lésions locales et les modifications organiques. Est-il étonnant dès lors que des phénomènes morbides si variés, si fugaces et presque toujours insaisissables , résistent le plus souvent aux différents remèdes dirigés uniquement contre eux? N’est-il pas inutile, par exemple, de traiter par des moyens moraux une aliénation mentale qui tient à la répercussion d’une dartre, à la suppression rapide d’un écoulement habituel , purulent, leucorrhéen , hémorroïdal? N'est-ce pas en pure perte qu’on fait de la musique ou qu’on procure des distractions diverses à une personne devenue maniaque par suite d’un coup , d'une chute sur la tête , par suite du déplacement d'une irritation rhumatismale ou arthritique, par suite d’un coup de soleil, etc.? Sous quelque forme hystérique, épileptique, monomaniaque , que se présente une affection ner\ euse chez une jeune personne , si l’on en découvre le siège dans la matrice , si le dérangement des fonctions intellectuelles tient à l’évolution tardive des règles , au retard ou à la suppression de cet écoulement, n’est-il pas évident qu’il ne faut avoir qu’un seul but dans le traitement de cette névrose , celui de provoquer ou de rappeler par tous les moyens possibles l’écoulement dont il s’agit.
Quoique deux individus présenteraient la même nuance d’affection convulsive ou d’aliénation mentale, ce ne serait point une raison de les traiter de la même manière , parce qu’il faut constamment avoir égard aux causes de la maladie, et surtout à^son siège , c’est-à-dire au lieu où ces causes ont spécialement
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porté leur action et à la modification organique qui en a été le résultat : ainsi, deux individus affectés d’épilepsie ou d’hypocondrie se présentent-ils à votre consultation , au lieu de leur conseiller les mêmes moyens empiriques, d’avoir recours aux mêmes formules pharmaceutiques, au lieu de leur prescrire des potions calmantes , des pilules antispasmodiques, dépuratives, relâchantes, etc., si vous trouvez par tous les moyens d’investigation que Tious avons indiqués, que chez l’un les symptômes hype>condriaques ou épileptiques sont la suite d’une gastro-entérite, d’une gastrohépatite chroniques , ou de la présence des vers dans le canal digestif; si vous découvrez que chez l’autre ces mêmes phénomènes sont occasionnés par une lésion locale externe ou par la, masturbation , comme nous en rapportons plusieurs exemples ; certes , les mêmes remèdes ne sont point applicables à ces deux malades ; et l’hypocondrie ou l’épilepsie tenant à des causes et à des lésions différentes, sera traitée différemment dans l’un et dans l’autre cas.
Supposons encore deux jeunes personnes affectées d’hystérie ^t de nymphomanie; on essayerait en vain de les guérir par les bains, les calmants , les anti-aphrodisiaques , si l’on ne cherchait îa cause primitive dont l’action permanente entretient l’ébranlement du système nerveux et le désordre des facultés intellectuelles , si l’on ne découvrait la lésion locale ou certaines modifications organiques qui réagissent secondairement sur le cerveau. S’il s’agissait par exemple d’une inclination amoureuse fortement prononcée , il faudrait se hâter de la satisfaire ou de la combattre par tous les moyens physiques et moraux les plus convenables à la personne et les mieux appropriés aux circonstances ; si l’on découvrait une habitude vicieuse , il ne suffirait pas de rompre cette habitude par toutes les précautions hygiéniques possibles , il faudrait encore s’assurer de l’état des organes génitaux, et ramener à l’état normal l’organe d’où partent des influences sympathiques qui troublent la raison ou provoquent des phénomènes convulsifs plus ou moins remarquables. Ne sait-on pas que dans maintes circonstances on croyait avoir épuisé inutilement toutes les ressources de l’art pour guérir des nymphomanies opiniâtres, lorsque des praticiens plus exercés découvrirent le siège du mal, et , par l’ablation d’un clitoris développé outre mesure , mirent un terme à cette affreuse maladie,
fl On rapporte dans les Annales littéraires pour la médecine d&: Hecher , juin J825, l’exemple d’une fille de quatorze ans qui, par suite de la masturbation , était tombée dans l’idiotisme la plus absolu, et qu’un médecin de Berlin guérit par l’excision dit clitoris.
r* M. Bestrés n’a eu besoin que des sangsues et des boissons adoucissantes pour dissiper les accès épilepliquesdont nous avons parlé précédemment, parce qu’ils étaient sous l’influence d’une affeciioîî pulmonaire. La jeune personne dont nous avons parlé et quideviiu maniaque par suite de la cicatrisation d’un ulcère, fut guérie comme par enchantement par l’établissement d’un sétoa à la nuque que lui fit pratiquer M. Esquirol. Nous rapportons dans le Mémoire que nous avons cité , plusieurs exemples d’hystérie , de manie , de panophobie , guéries par des applications de sangsues et le retour des menstrues; d’autres , guéiies par des vermifuges seulemetit. Une mononanie hypocondriaque déter^ minée par une inflammation chronique de la muqueuse digestive , fut guérie par le régime, les bains, les frictions sèches , et surtout par les frictions abdominales avec la pommade stibiée. Des vertiges et des convulsions épileptiformes, occasionnés par |læ masturbation , ont été dissipés par des évacuations sanguines répétées et par le mariage. Enfin , un cas d’épilepsie survenue à la suite de l’extirpation d’une grosse verrue à la jambe a été guéri par l’établissement d’un cautère sur la cicatrice qui en était résultée, et d’où semblait partir Vaura epileptica chaque fois que les accès épileptiques se répétaient. Enfin , les exemples d’épilepsie tri-quotidienne et de tétanos quotidien , rapportés sous les nos 269 et 373 , n’ont pu être guéris , le premier que par la cautérisation du nerf saphène, le second que p)ar l’amputation du doigt d’où partait Vaara epileplicay M. Esquirol ayant soupçonné le siège de l’épilepsie dans le canal rachidien chez une femme dont les accès revenaient particulièrement aux époques menstruelles, fit appliquer avec succès quatre moxas le long delà colonne épinière. Enfin, M. Reynaud, interne à la Charité, rapporte l’exemple remarquable d’une hystérie survenue par suite d’une contusion au sein,, suivie du développement de deux petites tumeurs glanduleuses, roulantes sous la peau et douloureuses, d’où paraissait s’élever la boule hystérique ; la malade était si convaincue que ses attaques hystériques partaient de là, qu’elle sollicita l’extirpation de
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ces tnmeurs ,.dont le volume égalait celui d’une fève. Le professeur Boyer lui pratiqua cette opération , qui fut suivie d’une longue suppuration et delà guérison de l’épilepsie (l).
Si dans beaucoup d’autres espèces de névroses, dans plusieurs genres d’aliénation mentale, on recherchait avec soin les lésions organiques, si l’on se hâtait de les modifier ou de les détruire par des moyens locaux plus ou moins énergiques , n’est-il pas probable que l’affection, d’abord sympathique et secondaire de la moelle rachidienne et du cerveau , n’arriverait pas si souvent à ce degré d’intensité qui la convertit en une affection idiopathique essentielle et trop souvent incurable, sous les noms de tétanos , d’hydrophobie, de démence , de paralysie et d’idiotisme? L’expérience n’a-t-elle pas prouvé, et ne confirme- t-elle pas de plus en plus , que le traitement local promptement et méthodiquement employé est le seul moyen de guérir ou plutôt de prévenir les phénomènes hydrophobi ^ues et tétaniques après certaines plaies par piqûre , morsure, déchirure; de la même manière qu’une incision faite à propos dans le panaris en]j)êche le développement des phénomènes fébriles et parfois délirants ou convulsifs chez les personnes très irritables? N’est-il pas certain que les prétendus remèdes spécifiques dirigés contre les phénomènes hydrophobiques et tétaniques , alors qu’ils sont bien prononcés et regardés comme maladies générales ou. es entielles, ont été jusqu’à ce jour sans succès , parce que les phénomènes dont il s’agit ne se manifestent point sans que la lésion locale n’ait déjà développé sympathiquement des désordres fonctionnels et même des altérations dans les organes encéphaliques et rachidiens? La période d’incubation du prétendu virus hydrophobique, est-elle autre chose C|ue le temps qu’il faut au développement de ces altérations , de la même manière que des coups sur la tête, des piqûres au bout des doigts, ne donnent lieu que long-temps après à des symptômes d’encéphalite et de panaris ?
Si tout le succès des moyens dirigés contre les phénomènes précurseurs du tétanos et de la rage dépend de la promptitude que l’on met dans leur application , nul doute qu’il n’en soit souvent de même dans beaucoup de cas d’hystérie , d’épilepsie , de convulsions, de manie, etc. , et qu’il ne faille se hâter d’attaquer toute espèce de lésion locale qu’on soupçonnera devoir être les pre-
(1) Journal hebdomadaire de méd., t. ir.
lïiiers moteurs des phénomènes morbides dont il s’agit, parce que, dans les cas assez nombreux où le cerveau et la moelle épinière n’en sont pas le siège primitif, on obtiendra facilementleur guérison ; et parce que, dans tous les cas possibles , il y a d’autant moins de chance de succès dans l’emploi des moyens thérapeutiques que les accès épileptiques , maniaques , etc. , se sont déjà répétés un plus grand nombre de fois.
' .La première règle à suivre pour le traitement des névroses en général , c’est donc de rechercher et de dévouvrir la lésion locale ou les modifications organiques d’où proviennent tous les phénomènes si nombreux et si variés qui les caractérisent. On procédera autant que possible du connu à l’inconnu, de Textérieur à l’intérieur , en réfléchissant à toutes les causes prédisposantes et efficientes ou occasionnelles qui ont pu agir , en analysant toutes les fonctions de l’organisme avant , pendant et après chaque accès épileptique, convulsif, tétanique , maniaque , asthmatique , etc. De cette manière , on sera conduit à l’emploi méthodique de tels ou tels moyens locaux ou généraux , internes ou externes , irritants ou adoucissants, sédatifs ou stimulants, diététiques ou restaurants, antiphlogistiques ou évacuants; et puis, suivant les cas , aux vermifuges , aux narcotiques seuls, et plus souvent unis aux amers. Relativement à l’emploi du quinquina ou du sulfate de quinine , c’est toujours dans l’intervalle des accès qu’il faut l’administrer; comme pour toutes les autres espèces d’irritations intermittentes , son efficacité est d’autant plus grande que la périodicité des accès est plus régulière. Ce fait bien reconnu a même conduit des praticiens à imaginer des moyens propres à régulariser ces accès , afin de les attaquer ensuite avec plus de succès par le quinquina. C’est ainsi qu’un professeur de Montpellier , dans l’observation sous le n» 401 , imagina de rendre périodiques des attaques irrégulières d’épilepsie au moyen du punch dont l’usage, d’après la remarque faite chez ce malade, avait pour effet assez constant de développer un accès épileptique; dès qu’on eut ainsi modifié le type de cette maladie et quelle fut devenue intermittente , on attaqua et l’on guérit par l’administration du quinquina cette épilepsie qui , depuis plusieurs années , avait résisté à tous les moyens dirigés contre elle.'
Ce qu’il importe surtout de ne pas perdre de vue dans le traitement des maladies dont il s’agit , ce sont les indications qui con- ^sistent, dans plusieurs circonstances, à renouveler des plaies.
NERVEUSES DES VISCERES. 65^
des éruption s cutanées trop rapidement dissipées , à provoquer ou rappeler des flux en retard ou supprimes. Il est quelquefois nécessaire de commencer le traitement par la saignée ou les applications de sangsues , principalement dans les violents accès d’asthme et de palpitations. Le docteur Hutchinson a guéri un individu atteint d’épilepsie qui revenait par accès très violents, et dont quelques uns simulaient le tétanos, par une saignée de trente onces, et l’usage de l’huile de térébenthine à la dose d’une demi-once dans Veau de gruau ; après l’usage de deux onces, ce médicament agit comme purgatif, et le malade n’éprouva pas de nouveaux accès. Il y a aussi bien des cas de coliques prétendues nerveuses , qui cèdent facilement à une application de sangsues sur l’abdomen ou au fondement. Les coliques intermittentes quotidiennes, sous le n® 386 , cédèrent promptement à l’emploi des vermifuges; d’autres sont dissipées par les évacuants, parles amers associés aux narcotiques. Les pilules de Méglin ont guéri l’observation de toux périodique sous le n® 399. D’autres fois il faut avoir recours à l’usage des bains, des frictions sèches, et avec la pommade stibio-opiacée comme dans le cas de monomanie hypocondriaque que nous avons observé. Nous ne parlerons pas d’un grand nombre de moyens hygiéniques et moraux dont nous reconnaissons toute l’importance contre plusieurs des maladies dont il s’agit; nous renvoyons aux ouvrages de M. Esquirol , Louyer-Villermay, Georget, etc. Enfin, nous nous garderons bien de faire ici une longue et fastidieuse énumération de tous les remèdes tentés ou imaginés tour à tour contre chacune des affections dont nous venons de parler. La variété infinie et la multitude innombrable de ces remèdes, loin d’établir leur efficacité, ne servent qu’à prouver la pénurie de l’art; car si l’on avait eu un seul bon moyen , il est évident qu’on ne se serait pas tant évertué à en chercher d’autres , et à faire mille essais qui n’ont jamais eu que des succès douteux ou éphémères. Nul doute qu’il n’ en soit toujours ainsi , tant qu’on ne verra dans les maladies dont il s’agit que des êtres imaginaires , tant qu’on se paiera de mots vides de sens pour les indiquer, tant qu’on croira à l’essentialité de certains groupes de symptômes , et qu’on en fera des maladies spéciales , sui generis ; en un mot, tant qu’on n’aura pas porté dans les maladies appelées névroses, les lumières et les réformes qu’ont éprouvées tour à tour les maladies qui portaient autrefois les noms de dyspnées ei d’asthmes essentiels , de flaz
morbides et de typhus contagieux , de maladies générales et de fièvres essentielles»
Observations qui prouvent l’existence des névroses
INTERMITTENTES SOUS FORMES DE PARALYSIE, DE CONVUL¬ SIONS, d’hydrophobie, DE TÉTANOS, DE CATALEPSIE, DE ! CHORÉE, D’ÉPILEPSIE, D’HYSTÉRIE, DE DÉLIRE, DE MANIE, DE MÉLANCOLIE , d’asthme , DE TOUX, d’IRRITATION DIA¬ PHRAGMATIQUE, DE GASTRALGIE ET DE COLIQUES, SOUS TYPES QUOTIDIEN, BIQUOTIDIEN, TRIQUOTIDIEN , TIERCE, QUARTK, QUINTANE, OCTANE, DUODÉCIMANE, QUINDÉCIMANE, MENSUEL, TRIMENSUEL, SEXTIMENSUEL ET ANNUEL.
Epil epsie tri~quoti d ienne .
No 369. Rayel , .soldat , âgé de vingt-cinq ans , d’un tempérament pléthorique, entra à l’hospice civil de l’île de Ré , le 24 nivôse an x, pour y être traité d’une épilepsie dont les accès se renouvelaient régulièrement trois fois chaque jour , savoir, à six heures, à neuf heures du matin, et à deux heures de l’après-midi. Ces accès, qui duraient de vingt à vingt-cinq minutes, étaient précédés d’une pente invincible au sommeil, et commençaient par un violent mouvement qui mettait en contraction tous les muscles extenseurs, et, parmi les fléchisseurs, ceux des doigts seulement; bientôt des convulsions générales et plusieursaulres symptômes caractérisaient les accès, dans chacun desquels on comptait jusqu’à vingt cinq et môme trente-deux séries de convulsions et autant d’instants de repos. Ils finissaient par un mouvement semblable à celui qui les avait précédés. L’on avait employé inutilement contre cette affection l’opium, le quinquina, le camphre, la valériane, le moxa sur la tête, etc., lorsqu’on apprit que le malade avait été saigné deux fois , dont une à chaqtie pied ; qu’à la suite de la première saignée l’épilepsie était revenue trois fois par jour, et qu’à la suite de la seconde, la durée des accès avait été double. On soupçonna dès lors que cette épilepsie périodique pourrait bien n’être que sympathique, et provenir de la section imiiarfaile du nerf saphène de chaque extrémité. On fut confirmé dans cette idée par l’examen des cicatrices qui avaient été la suite des saignées, et sous la peau de chacune desquelles on sentit une jtetite tumeur située devant la veine et à son côté externe. Pour s’assurer de la justesse du diagnostic qu’on venait d’établir, on exerça plusieurs fois la compression au-dessus et au-dessous des cicatrices dont il s’agit quelque temps avant les accès , et l’on vit que celle pratiquée au-dessus les rendait extrêmement faibles ou les arrêtait entièrement; tandis que la compression faite audessous n’empêchait pointles accès d’avoir lieu comme à l’ordinaire. Ce* épreuves ayant été répétées plusieurs fois avec le même résultat, on fut convaincu que la lésion des nerfs saphènes était bien la cause de cette épilepsie. Pour la guérir, on se proposa donc de détruire entièrement le nerf lésé; pour cela, on appliqua , deux heures avant l’accès, sur chaque cicatrice des saignées, un morceau de potasse caustique pour diviser tes nerfs et détruire les petites tumeurs qui existaient sous chacune de ces cicatrices. Deux heures après son application , le caustique eut produit son effet, car l’accès suivant n’a point eu lieu, et i’épHepsie a éié guérie sans qu’il soit survenu le
NERVEUSES DES ViSCERKS.
plus léger accident. On a consolidé la guérison par Tusage de la valériane et du quinquina continué pendant plusieurs jours. ( Rentier , Journal général de médec., t. xvi.)
Duncas Daine a observé une épilepsie intermittente chez un homme de vingt-six atts ; elle se manifestait régulièrement deux fois par jour. ( Observ. Edimb.. l. v. p 751.) Goltfried Ilahn l’a également observée chez un jeune garçon de quinze ans. L’épilepsie survenait vers les neuf heures du malin et durait jusqu'à onze; et dans l’aprés-midi, il en était pris à quatre heures jusqu’à six. [Act. natur. curios., vol. vi, obs. 148.)
Paralysie intermittente^ à typebi quotidien.
No 370. Bienville, âgée de vingt -sept ans, mère de plusieurs enfants qu’elle a nourris, ayant toujours joui d’une excellente santé , après avoir éprouvé (le la pesanteur à la région de l’estomac, fut prise de vomissements très abondants d’un sang noir , épais , se coasulant facilement. Ce vomissement se répéta cinq à six fois par jour ; on ordonna des boissons adoucissantes refroidies, des bains de pieds sinapisés ; mais les vomissements continuant avec la même intensité, le docteur Bataille fut appelé le 18 mai 1828, à dix heures du soir , huit jours après l’invasion. La faiblesse de la malade était telle, qu’elle ne pouvait soulever sa tête ; la face était excessivement pâle , les yeux abattus , les paupières et les extrémités inférieures œdématisées ; pouls mou, ondulant, donnant cent trente à cent quarante pulsations ; langue très |)âle , bouche sèche, soif vive ; aucune douleur à l’épigastre ni à la poitrine; les déjections alvines n’avaient jamais olferl de traces de sang. Rrescri|jlion : sinapismi's aux Jambes , vésicatoire à la région épigastrique, tisane et potion astringentes à la glace; un second et un troisième vésicatoire volant furent successivement placés, et le 23, l’hématémèse avait complètement cédé; mais la faiblesse était extrême, le teint jaune-paille , l’œdémalie avait augmenté, les extrémités inférieures étaient difficiles à récliauffer. Frictions avec la teinture de quinquina et de digitale; quelques cuillerées de bouillon qui sont gardées. L’insomnie étant continuelle , on allait ajouter quelques somnifères, lorsque le 24 mal, à cinq heures du soir, on trouva que la malade avait une paralysie du côté droit , caractérisée par l’immobilité des membres de ce côté , l’abaissement de leur température, la diminution de leur sensibilité; la langue était déviée légèrement à gauche, le regard fixe, la réponse lente. Cet étal durait depuis une heure et avait été précédé par une tendance à l’assoupissement et des douleurs sourdes dans la région occipitale. Sinapismes aux cuisses, vésicatoire à la nuque, lavement avec séné et huile de ricin, de chaque demi-once. Mais vers neuf heures du soir tous ces symptômes disparurent. Ils se montrèrent de nouveau à cinq heures du malin , après avoir été précédés des symptômes mentionnés plus haut. A onze heures tout avait disparu. Le soir à six heures , nouveau retour de la paralysie. On prescrivit dix grains de sulfate de quinine en deux quarts de lavement, à prendre le premier à trois, le second à quatre heures du matin. Entre six et sept heures , engourdissement, légère céphalalgie , mouvement difficile , parole gênée jusqu’à huit heures seulement. Le même jour , seconde dose de dix grains de quinine à trois et à quatre heures de l’aprèsmidi. L’accès vint à sept heures , fut terminé à neuf; les accidents ne furent pas plus intenses que ceux du matin. Troisième dose dans la nuit du 26 au 27. L’accès du malin n’a pas reparu. Quatrième dose de six grains. L’aprés-midi , l’accès est aussi violent que celui du 25 ; mais dix grains donnés le lendemain le firent disparaître , et trois doses décroissantes complétèrent la cure. Dès lors la malade est entrée en convalescence; celle-ci fut longue , mais enfin, le 20 septembre, Rosalie Bienville était à peu prés revenue à soix état habituel de santé, {Annales de la médecine physiologique, 1827.)
Paralysie intermittente quotidienne.
No 371. Le docteur J. Marshall Paul, de Philadelphie, rapporte qu’une jeune fille de trois ans était en voiture lorsqu’elle perdit lout-à-coup l’usage des muscles des membres inférieurs et du dos. Elle resta dans cette situation pendant une demi-heure au moins. Unesaignéeaubras, l’administration d’une dose d’huile de ricin, pour remédier à un état de constipation, des frictions sur les lombes et les membres, suffirent pour faire disparaître la paralysie, au point qu’une heure après la première apparition des symptômes, cette fille pouvait très bien se promener autour de l’appartement sans aucun aide Le lendemain au matin cette paralysie momentanée survintde nouveau et continua de se montrer ainsi régulièrement pendant plusieurs jours de suite. Elle affectait alors plus spécialement le membre droit, et fut combattue avec succès par les mêmes moyens, moins la saignée , qui ne paraissait pas indiquée par l’état du pouls. Il s’écoula ensuite un intervalle de plusieurs semaines, durant lequel cette enfant jouit d’une santé parfaite , et se livrait aux amusements de son âge, sans montrer le plus léger symptôme de maladie. Mais les paroxysmes se manifestèrent de nouveau, de la même manière et pendant le même espace de temps que la première fois, pour cesser ensuite, et laisser l’enfant dans un état apparent d’excellente santé. La jeune malade continua ainsi à éprouver des attaque* de paralysie à des époques plus ou moins éloignées, jusqu’au moment de sa mort, sans offrir aucun autre symptôme d’affection cérébrale qu’un tiraillement léger et momentané des yeux et de la face , qu’elle ressentit une ou deux fois ; elle éprouvait aussi une tendance au sommeil, à laquelle elle cédait ordinairement aussitôt après chaque paroxysme. La constipation était habituelle chez cette enfant, elle avait en général bon appétit; quelquefois même il allait jusqu’à la voracité. Le ventre était dur et sensible; les selles quon provoquait au moyen de purgatifs, étaient toujours, à l’époque des accès, extrêmement fétides et altérées. La malade avait été mise , pendant le traitement , à un régime doux, exclusivement végétal, età l’usage du lait enquantité modérée; on lui administrait fréquemment des purgatifs, dans la vue de remédiera l’état des intestins; on avait aussi mis en usage les frictions le long de la colonne vertébrale et sur les membres ; ainsi que les bains salés , et on avait entretenu pendant quelque temps la suppuration d’un vésicatoireà la nuque. Celte jeune fille fut affectée de rougeole et paraissait en voie de guérison, lorsqu’un malin l’éruption disparut; elle éprouva alors un accès dans lequel elle était agitée de mouvements convulsifs, seuls symptômes que sa mère pût indiquer ; elle paraissait souffrir considérablement; ses mains étaient appliquées sur la région épigastrique ; elle poussait des cris , lorsque tout-àcoup son corps et ses membres devinrent roides. Cet accès se calma bientôt et elle était ensuite aussi bien quede coutume. Trois ou quatre heures après, il en survint un autre beaucoup plus violent, après lequel elle resta dans un état de stupeur et d’insensibilité qui persista jusqu’à la mort, qui eut lieu au bout de douze heures.
A l’ouverture du cadavre, qui fut faite trente-six heures après la mort, on ne trouva pas la plus légère trace de lésion dans le cerveau, qui était du volume et de la consistarce ordinaires ; il était même exempt de cet engorgement des vaisseaux sanguins qu’on observe chez beaucoupdesujets.il n’existait aucune espèce d’épanchement soit dans les ventricules, soit entre ks membranes. On ne put apercevoir dans la moelle allongée rien qui fût étranger à son état naturel. L’estomac était d’un volume ordinaire, sa membrane muqueuse était saine, sauf deux ou trois petits points d’injection vasculaire dans le voisinage du cardia. Le foie, la rate, le pancréas et les reins
NERVEUSES DES VISCERES. 64 1
étaient dans l’état naturel. On trouva, en examinant l’intestin grêle, quatre invaginations séparées et chacune de quatre ou cinq pouces d’étendue, et parfaitement semblables entre elles. La première était à la distance de vingt huit pouces du pylore ; la seconde à cinq pouces de la première ; la troisième était six pouces plus loin environ , et la quatrième à huit pouces de la troisième. Les portions invaginées étaient considérablement épaissies, elle diamètre du canal intestinal était très rétréci dans les points correspondants. La tunique musculeuse était développée à un degré remarquable, précisément dans les portions rétrécies. Tout semblait indiquer que l’affection n’était pas récente, et qu’elle correspondait probablement avec la première attaque de cette singulière paralysie; on fui frappé de la ténuité des parois de l’intestin au-dessus de chaque invagination. Le mésentère était parsemé de ganglions lymphatiques tuméfiés et du volume d’un pois. On ne trouva pas d’autres lésions. {The North. Amcric. med. and Surg, journ.f 1829.)
Tétanos avec type quotidien.
No 372. Un enfant âgé de neuf ans était tous les jonrs, vers les deux heures de l’après-midi , tourmenté de convulsions horribles de tout le corps, lesquelles étaient suivies et remplacées par un tétanos universel ; celui-ci se terminait peu à peu, après avoir duré environ un quart d’heure. Le petit malade recouvrait alors toute sa connaissance et suait abondamment. Tous les remèdes les plus vantés contre les convulsions et le tétanos furent inutiles. Le malade avait perdu presque toutes ses forces en six jours. Ou s’empressa d’administrer, durant l’intervalle des accès, six gros de quinquina en. mixture. Le lendemain, aucun mouvement convulsif n’eut lieu ; mais à l’heure ordinaire de l’accès, le malade se sentit faible et fatigué ; la couleur de la face changea plusieurs] fois; après une douce sueur, il s’endoimit et se trouva soulagé. On donna pendant huit jours une demi-once de quinquina chaque Jour; les forces se rétablirent insensiblement, et l’on ne vit plus dans la suite aucune trace de convulsions. { Slorck , Ann. med. secund )
Autre tétanos intermittent quotidien,
N° 373. M. le docteur Schütte rapporte qu’une femme âgée de soixantesept ans était affectée d’un panaris au pouce de la main ganche, dont elle guérit après la chute de la première phalange. Au bout de quinze jours elle commença à éprouver une douleur analogue à celle qu’aurait occasionnée une piqûre au bas de la cicatrice; celte douleur se prolongea peu à peu jusqu’au bras, en suivant le trajet du nerf médian. Elle durait pendant un espace de temps qui variait de cinq à quinze minutes, et revenait tous les jours. Au bout de quelques mois, à chaque accès elle s’accompagnait de irismus et d’opislhotonos. On fit l’amputation du pouce ; la douleur et les symptômes tétaniques ne revinrent plus. En disséquant la partie qui avait été enlevée, on vit que la cicatrice était cartilagineu.se , et que le filet nerveux qui s’y rendait était d’une couleur rose, dans l’étendue d’une ligne et demie, (^innales chimiques de Heidelgerg.)
Autre tétanos avec le même type.
N® 374. Une fille de dix-huit ans, fortement constituée, aprè.s avoir voyagé par un temps froid et humide, est prise d’une violente céphalalgie, avec chaleur brûlante et délire ; les muscles de la face sont contractes , l’œil fixe et étincelant, les mâchoires très fortement serrées l’une contre l’autre ; la respiration convulsive et le pouls fréquent. On prescrit bain tiède , fomentations froides sur la tête. Elle reprend l’usage de ses sens , et se plaint d’un
violent mal de léte et d’une grande faiblesse. Le 30 novembre au soir, nouvelle attaque avec sentiment de ch ileur générale, accélération du pouls, perte de connaissance , et trismus accompagné de roideur des membres ; la contraction des mâchoires est telle, qu’on peut à peine séparer les dents de quelques lignes. La crise diminue jusqu’à minuit; la chaleur diminue avec les autres symptômes.
Le 1er octobre au matin, état d’intermission ; le pouls est tranquille, la peau n’est pas très chaude ; la malade n’a aucun souvenir de l’attaque de la veille, et n’en redoute point de nouvelle Mais le soir, à la même heure , une autre se déclare, et présente à peu prés les mêmes symptômes qu’auparavant. — Le 2, état apyrétique manifeste ; la malade transpire beaucoup, le pouls est moins fréquent ; elle peut parler , écarter les mâchoires et avaler. On continue les bains tiédes et les fomentations froides ; on donne la poudre de valériane à haute dose, et l’opium en substance. — Le 3, l’attaque avance de quelques heures ; mais elle n’en dure guère que trois , et le trismus cesse aussitôt. Après cette attaque la malade est très affaiblie, mais ne tarde pas à jouir de sa connaissance. Mêmes remèdes. Elle ressent encore pendant plusieurs jours quelques accès , mais très incomplets ; ce n’est qu’un [)eu de roideur dans le mouvement des mâchoires, sans contraction spasmodique Elle continue quelques jours encore l'usage des remèdes indiqués , et se trouve parfaitement rétablie , sans qu’on ait fait usage du quinquina. {Nouvelle hi- Vliothèque germanique , 1. 1. )
Tétanos inter miilent quotidien.
No 375. Un imprimeur, âgé de cinquante-deux ans , velu, sanguin et bien Constilué, avait éprouvé, à deux reprises différentes et depuis cinq mois, des engourdissements accompagnés de roideurs dans les membres, engourdisseinents qui le prenaient sous forme d’attaques. Dans le mois de février 1830, il contracta un gros rhume , à la suite duquel les mêmes attaques, mais plus violentes, reparurent ; une d’elles eut lieu le 4 mars, et commença vers sept heures du matin par un fourmillement et une sorte d’horrlpüatîon générafe, suivis bientôt de fièvre, de chaleur et de rigidité dans tous les membres ; cet accès se termina vers onze heures par une sueur abondante. Le lendemain les mêmes phénomènes reparurent dans le même ordre et à la même heure, mais avec plus d’intensité, et ne cessèrent que vers midi. Le soir , le malade fut admis à I Hôtel-Dieu, et il fut trouvé exempt de fièvre et de tout autre accident : il passa la nuit dans un étal parfaitement bon Mais le troisiémejour à sept heures du matin, nous fûmes témoins de l’accès suivant : au début, engourdissement , horripilations passagères, bientôt roidissemenl des membres , qui a augmenté de plus en plus jusqu’à ce que les membres inférieurs , amenés dans une forte extension , furent devenus à peu prés inflexibles , et que les supérieurs, portés au contraire dans une flexion presque complète, ainsi que les doigts , eussent acquis une rigidité analogue ; peu à peu cette rigidité s’est également emparée des muscles vertébraux , le tronc s’est légèrement arqué en arrière, en sorte que le malade ressemblait à une statue qu’on soulevait tout d’une pièce ; la région cervicale seule est resiée mobile à volonté. En môme temps chaleur considérable à la peau , fréquence démesurée du pouls, accélération extrême de la respiration, coloration intense de la face , soif des plus vives, parole grandement embarrassée par la difficulté qu’éprouve le malade à sortir et à mouvoir sa langue, dont les muscles semblent affectés comme ceux des membres ; il pouvait d’ailleurs ouvrir la bouche assez librement; en outre, gémissements et cris étouffés résultant des secousses et des tiraillements douloureux qui se faisaient sentir à tous moments dans les parties contractées. A huit heures et demie, ces phéno-
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mènes étaient parvenus an plus haut degré d’intensité; alors est survenue une sueur des plus abondantes inondant toute la peau, et laissant sur les draps et les matelas l’empreinte humide du corps du malade ; peu à peu la
fréquence du pouls a diminué, ainsi que la coloration de la face. A dix heures les membres supérieurs se sont détendus , les doigts se sont ouveris. A onze heures , le tronc et les membres inférieurs étaient généralement relâchés ; enfin le calme du pouls annonçait une terminaison prochaine de l’acccs, qui a été, suivant le rapport du malade, le plus violent de tous ceux qu’il a éprouvés. A cinq heures du soir, il était dans l’état de calme le plus parfait, n’éprouvant i)as la moindre roideur dans aucune région musculaire ; il se sentait seulement brisé dans les membres. Un bain lui a été administré. Notons que les urines n’ont offert après l’accès aucun dépôt particulier.
Le quatrième jour, nous nous attendions à un nou /el accès, mais le malade n’a éprouvé que quelques sentiments fugaces de brisement dans les membres; point de rigidité, point de fièvre. Il en a été de m me les jours suivants ; en sorte que, au bout de trois semaines, rien autre de particulier n’étant survenu, le malade a quitte l'hôpital en parfaite santé , sans qu’il ait été jugé nécessaire de lui administrer aucun traitement particulier. (Dance, Archives générales de médecine , t. xxvi , 1831. )
3\1. Dance rapporte encore trois autres exem|)les de tétanos intermittents , avec type quotidien et tierce, qui ont disparu sans antre médication que les bains, et , chez un malade, la saignée (jui n’a pas eu d’effet sensible. On pourrait, dit-il, en faire des fièvres intermittentes pernicieuses tétaniques, mais leur terminaison heureuse et souvent s[>ontanée doit empêcher de les ranger dans cet ordre de fièvres, à moins que ces fièvres, abandonnées à ellesmêmes , ne soient pas toujours aussi fatales que l’ont assuré les auteurs qui ont écrit sur cette matière.
Convulsions intermittentes quotidiennes. (Febris intermittens
sub convulsione latens.) 1
No SYd. Durant l’année 1748, une fille âgée de dix -huit ans éprouvait tous*les jours des convulsions violentes et extraordinaires par tout le corps. Les paupières présentaient un clignotement continuel ; les lèvres , les ailes du nez étaient agitées d’un mouvement semblable ; les bras et les jambes , les mains et les pieds , les doigts et les orteils , éprouvaient des mouvements convulsifs particuliers; le tronc s’élevait et s’abaissait alternativement; enfin , il n y avait aucune partie du corps qui ne prit part à cette affection nerveuse. Les symiilômes dont il s’agit commençaient à quatre heures après midi et duraient jusqu’à quatre heures du matin ; alors le calme s’établissait et durait douze heures, pendant lesquelles la malade ne ressentait qu’une grande faiblesse. Durant les accès , il n’y avait ni froid , ni chaleur, ni soif ; enfin l’état du pouls ne présentait aucun changement ; il était seulement faible , comme pendant l’intermittence. La malade avail déjà eu neuf accès semblal)les qui étaient revenus et s’étaient terminés aux mêmes heures avec la régularité d’une horloge. Ce ne fut qu au dixiéme accès que Starck fut appelé auprès de la malade , et qu’ayant égard à la périodicité de cette affection, il la traita et la guérit en trois jours par l’administration du quinquina. ( Observ. de febr. intermitt. , obs. 55. )
I Catalepsie intermittente quotidienne.
N'o 377. Sauvages [Nosolog. méthod. ) rapporte qu’une femme de vingtquatre ans ayant été insultée par un paysan , éprouva depuis ce moment- là des attaques d’une espèce singulière de catalepsie qui revenait régulièrement
chaque jour, et qui durait de demi-heure à une heure. Elle perdait tout-àcoup le sentiment; elle ne voyait, ne sentait et n’entendait rien du tout. Elle conservait ses doigts, ses mains, tous ses membres, dans l’attitude qu’on leur donnait, et exprimait par ses murmures , ses discours , ses gestes même l’idée, qu’elle avait dans res[)rit, et qui paraissait toujours être celle de son ennemi. L’on avait employé inutilement beaucoup de remèdes à Rivesaltes ; transportée à Montpellier, la malade se trouva d’abord mieux par le seul éloignement de l’objet de sa douleur, et elle se remit sans autre secours que la distraction.
Chorée ou danse de Saint-Gui , type quotidien.
No 378. Victorine *** eut, à l’âge de onze ans , la petite-vérole , qui suivit une marche bénigne et arriva régulièrement à la convalescence , après une 'éruption difflcile et accompagnée de convul>ions. On observa bien, pendant tout le cours de la maladie, un tremblement insolite du bras droit, lorsque la petite malade prenait des boissons ; on l’attribua à la faiblesse , et on en tint peu de compte. Cependant, lorsque Victorine voulut marcher, on s’aperçut quelle allait de travers , qu’elle courait lorsqu elle ne devait marcher qu’avec lenteur , que sa volonté ne dirigeait plus ses mouvements , qu’elle se îivrait à mille gc.stes , à mille contorsions bizarres ; enfin , qu’elle présentait tous les symptômes de la chorée. On employa en vain contre celte maladie la valériane , le calomélas, l’assa-fœtida , les vésicatoires. Ces moyens procurèrent bien du calme , mais non pas une guérison complète. Deux années se passèrent pendant lesquelles l’affection dont il s’agit reparaissait à la moin- •dre contrariété. Dans le mois d août 1818, la chorée ayant pris un caractère 'de violence capable d’épouvanter les parents de la malade , M. le docteur Godelle fut appelé. La jeutie personne était alors très maigre ; elle ne pouvait plus marcher sans tomber ; elle ne parvenait à porter ses aliments à sa bouche qu’avec difficulté , tant était grand le désordre des bras et des mains. Le ■spasme qui , dans l’origine , n’occupait que le bras droit , s’était étendu à la Jambe du même côté , et enfin il s’éiail emparé de tous les muscles soumis à la volonté; elle ne pouvait même parler sans faire des grimaces horribles. ■Le médecin dont il s’agit n’ayant pas encore trouvé de chorée aussi opiniâtre , soumit la petite malade à un examen très attentif, soit durant son som- 'ïneil,soit dans l’état de veille, soit pendant ses exercices; ayant observé que le sommeil était d’un calme parfait, et que les accès de chorée ne revenaient qu'au réveil, il pensa que cette maladie céderait au quinquina, comme une fièvre intermittente. Il choisit le vin de Séguin , comme la préparation de quinquina la moins désagréable et la plus puissante, et en fit prendre à la petite malade trois cuillerées toutes les quatre heures. Le premier jour, tout mouvement convulsif avait cessé ; dés le lendemain, il ne restait que de rabattement et un peu de vacillation dans la marche. Victorine put manger seule , et, trois jours après , elle maniait l’aiguille, presque avec autant de dextérité qu’avant sa maladie. On fit continuer le même moyen pour soutenir ce succès inespéré; seulement on diminua les doses d’une cuillerée» puis on les donna à des distances plus éloignées. Une bouteille suffit pour la guérison complète. (Godelle, Gazette de santé, 15 juillet 18:îl.)
Hystérie intermittente , type quotidien , et successivement triquotidien , nonane et trimensueL
No 379. Marie Catherine D**^, âgée de vingt-six ans, d’un tempérament lymphalico-sanguin, commença à être réglée à neuf ans. Dés l’âge de sept, il
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ne manquait rien aux parties extérieures de la génération et les seins étaient déjà très développés. Dés l’àge de neuf ans, elle avait eu une forte inclination pour le mariage; cependant elle n’a jamais été mariée. Bien portante jusqu’à l'ûge de dix ans, Catherine était dans ses règles, quand une chute qu'elle fil dans l’eau les supprima pour trois mois. Pendant cet intervalle de temps, elle éprouva régulièrement tous les jours le sentiment d’une boule qui montait du ventre à la gorge , où elle causait une espèce de strangulation ; outre cela, elle était tourmentée de borhorygmes. Au bout de ce temps, accès trois fois par jour, précédés des symptômes précédents, et marqués par la perte de connaissance, de légères convulsions dans les membres , des yeux fixes, des efforts pour vomir, dans lesquels la malade rendait un peu de sang; point d'écume à la bouche, point d’altération dans les traits du visage. Cet état dura jusqu’à dix-neuf ans. A cet âge , la malade entra à l’Hôtel Dieu; de fréqveites saignées du bras et du pied, des bains tiédes, suspendirent ses accès pendant un an. A vingt ans, elle quitta l’Ilôtel- Dieu pour venir habiter la Salpêtrière. Depuis ce temps , retour des accès, d’abord tous les huit jours jusqu’à vingt-deux ans, et ensuite tous les trois ou quatre mois, jusqu’à présent. Ses régies, qui s’étaient rétablies pendant son séjour à l’Hôtel-Dieu, ne se sont pas dérangées depuis; elles viennent plus souvent tous les quinze jours que tous les mois, et sont très abondantes. (Maisonneuve, Recherches et observ. sur l’épilepsie.)
Hy stèrie intermiltente quotidienne.
No 380. Une femme âgée de vingt-trois ans, d’une constitution robuste, repasseuse depuis six mois à l’Hôtel-Dieu, et veilleuse depuis dix mois dans le même hôpital, eut quelques jours après la cessation des régies, en voyant mourir une de ses amies, une frayeur vive avec perte subite de la connaissance, qui dura pendant deux heures. Elle éprouva une vive douleur à l’épigastre, à la tête, et une dyspnée très forte. Depuis cinq jours ces symptômes persistent, et tous les jours à la même heure les accès reviennent par une augmentation de la céphalalgie vers les trois heures de l aprésmidi; alors le délire survient, la chaleur s’élève , la malade s’agite au point qu’il faut lui mettre la camisole ; l’accès dure pendant une heure et demie ; le sommeil est plus court et plus agité qu’il ne l’était avant les accès ; le pouls donne soixante-dix pulsations. Traitement : douze grains de sulfate de quinine dans une potion gommeuse , tisane émolliente. La malade dit avoir éprouvé le même accès que les jours précédents ; il paraîtrait, d’après la garde, qu’il était moins violent. On ordonna le sulfate de quinine a la dose de vingt grains. L’accès a disparu; les convulsions n’ont pas eu lieu ; la nuit a été calme ; la malade se sent mieux. Le lendemain , des coliques sans diarrhée surviennent; on donne une polion gommeuse avec un grain d’extrait d’opium , puis un demi-lavement laudanisé; tous les symptômes observés précédemment ont entièrement disparu; la malade se trouve dans des conditions très favorables , et quitte l’hôpital quelques jours après. (Chomel, Bulletin clinique, t. 1er.)
Manie rémittente quotidienne terminée par un dépôt critique»
N» 381. Madame G***, âgée de vingt-huit ans, d’un tempérament sanguin, douée d’une grande sensibilité et d’un caractère vif, enjoué, éprouva des chagrins domestiques très pénibles , qui entraînèrent en peu de temps l’égarement de sa raison. Ce fut au bout de quinze jours de l’invasion de sa maladie que cette dame fut amenée dans une maison de santé pour être traitée. La malade était dans une très grande agitation ; elle parlait avec une continuelle volubilité, ses yeux étaient vifs et animés, sa face rouge et vultueuse ;
ses idées étaient très incohérentes: elle injuriait, elle flattait ou menaçait tour à tour les mêmes personnes. Pendant les premiers jours , J’administrai successivement les moyens de traitement suivants : boissons acidulées et nitrées, émulsions calmantes, pédiluves, bains, douches, lavements laxatifs, ap|)lication de sangsues sur le trajet des jugulaires , lotions sur la tête avec l’oxycrat. L’agitation furibonde qui portail la malade à frapper, casser et déchirer , nécessita l’application de la camisole de répression J’observai pendant plusieurs jours qu’il se manifestait régulièrement vers le soir des paroxysmes très violents; ce fut pour moi une indication d’employer à cet instant les moyens les plus actifs de traitement , tels que les calmants et les douches à la suite des bains. Peu à peu ces paroxysmes furent plus légers , et la marche de la maladie devint plus régulière. Au bout de deux mois de l’invasion de celle manie , il se manifesta spontanément à la partie interne du genou droit une tumeur inflammatoire qui acquit avec rapidité un volume considérable. L’application de cataplasmes émollients fit promptement abcéder cette tumeur. Je l’ouvris avec précaution, et il en sortit une grande quantité de pus de bonne nature. Je sondai la plaie, et je reconnus que le foyer du pus ne communiquait point dans la capsule articulaire. L’amélioration bien sensible qui se manifesta dans l étal mental de la malade me fit regarder ce dépôt comme critique, et j’enlr« lins la suppuration avec les soins convenables. Au bout de quinze jours , la plaie se c catrisa ; j’administrai alors les évacuants, et madame G*** se rétablit parfaitement. ( Dubuisson, Traité des vésanies, 1816.)
Manie intermittente quotidienne.
No 382. Madame P‘*^*, d’une forte constitution, d’un caractère très irascible, éprouva les tourments et les chagrins d'une extrême jalousie et devint maniaque Lamanie ayant acquisune très grande intensité par la violence et l’impétuosité du caractère de la malade , était marquée par les agitations les plus véhémentes et par les emportements les plus furieux; c’est dans cet état d’égarement, d’exaltation et de fureur, que madame de P*** fut conduite dans mon établissement le 21 décembre 1804. Au bout d'environ dix-huit mois, la manie , qui avait diminué d’intensité , sc changea en mélancolie caractérisée par une violente jalousie contre son mari Cette mélancolie assez tranquille et taciturne , lorsque rien ne contrarie la malade , qui s’impatiente et s’emporte facilement, est compliquée d’accès maniaques qui éclatent la nuit. C’est ordinairement entre une et deux heures du matin que ces accès se manifestent ; alors la malade se réveille comme en sursaut , elle se jette au bas du lit , elle claque des mains, elle crie, vocifère, frappe et casse tout ce qu’elle rencontre , croyant battre son mari qu’eile s’imagine voir commettre des infidélités sous ses yeux. Au bout de plusieurs heures de cris , de hurlements et du plus grand vacarme, la malade se calme, se recouche , dort tranquillement, et se réveille le matin plus ou moins fatiguée , suivant l’état d’agitation et de violence où elle a été pendant l’accès de la nuit, et dont souvent elle ne se rappelle point. Depuis trois ans l’âge avancé de la malade a beaucoup modéré l’intensité des accès , sans cependant rien changer à leur intermittence. [Id. ihid.)
Toux intermittente quotidienne.
No 383. Une demoiselle âgée de vingt-un ans, d’une constitution peu forte, d’un caractère irritable , vint à Paris au mois d’août 1819 pour se faire traiter d’une toux périodique , qui commençait chaque jour vers deux heures après-midi , et se prolongeait pendant sept à huit heures avec une grande violence , et faisant éprouver à la malade des déchirements très douloureux
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dîins Ifl poitiin6- Cette toux se repioduisâit p3r Quintes entre lesQuelles il n*y avait presque pas d’intervalles , et pendant lesquelles la malade rejetait une certaine quantité d’un liquide clair et écumeux , et avait un son de voix rauque et très fort. Quand elle avait duré un certain temps, elle déterminait des sueurs excessives qui duraient jusqu à la fin de racccs. Les accès de cette toux, qui dataient d’une année, n’avaient duré, dans le principe, qu’une heure ou deux ; ils étaient devenus progressivement plus longs et plus intenses; les accès avaient toujours été accompagnés de chaleur et de sueur, mais leur invasion n’avait jamais présenté de refroidissement général ou partiel. Depuis l’époque où la toux avait commencé, la malade avait été atteinte d’une fièvre intermittente dont les accès étaient distincts de ceux de la toux , et reparaissaient à des intervalles différents; l’emploi du quinquina ne fit cesser que les accès de la fièvre ; ceux de la toux persistèrent quoiqu’on eût essayé contre elle la plupart des moyens conseillés ordinairement contre la toux et les maladies périodiques. On voulut faire usage des narcotiques , parmi lesquels on choisit de préférence l’extrait de belladone, qu’on administra en pilules à la dose d'un quart de grain pour chaque pilule. Le 14 août 1819 , la malade prit trois de ces pilules à demi-heure d’intervalle ; et quand l’heure de l’accès fut arrivée , elle perdit subitement connaissance, fut prise de mouvements convulsifs effrayants ; elle s’agitait en tous sens , faisait entendre des gémissements ; enfin , la malade eut un accès complet d’hystérie au lieu de son accès de toux ; la durée de ce dernier accès fut pourtant la même que celle des accès de toux. Le 15 , on obtint de la malade , mais une heure seulement avant l'accès , qu’elle prît deux pilules de belladone. A l’heure ordinaire i’accés de toux reparut , mais après environ une heure de durée, il fut remplacé par les symi)tôraes de rhy>lérie qui survint vers le temps sans doute où la belladone commençait d’agir Le 16 , la malade refuse de prendre ses pilules d’extrait de belladone; nouvel accès de toux semblable en tout aux précédents. Le 17, 18 et 19, la malade prend de nouveau les pilules, et trois accès d’hystérie ont lieu comme auparavant. Le 20 , elle refuse absolument de tes prendre ; alors on lui administre le quinquina en poudre à la dose de demi-once à prendre dans la matinée. L’accès, qui revient, est moitié moins long que les précédents ; il n’est caractérisé que par un état d’assoupissement , et presque pas de mouvements convulsifs. On insiste sur l’emploi du quinquina pendant uue quinzaine de jours , et les accès diminuent successivement jusqu’à parfaite guérison. (Chomel, Nouveau journal de médecine , t. VII.)
Toux et dyspnée rémittente quotidienne.
No 384. Le 19 septembre 1825, une petite fille, âgée de cinq ans, qui quelques jours auparavant avait éprouvé un violent effroi, fut prise d’une difficulté de respirer considérable , accompagnée d’une toux fréquente avec expectoration abondante et muqueuse , mais sans fièvre et sans douleur dans le thorax. Le 20 , 21 et 22 , même état. Dans la nuit du 22 au 23 , l’oppression devient plus forte, et dés lors la maladie prend un caractère rémittent. Toutes les nuits de deux à trois heures du matin, un paroxysme dyspnéique se développe; sa durée est de plusieurs heures; la toux est alors plus intense, provoque le vomissement, et l’enfant semble prés de suffoquer. Le 9 octobre, l'accès ne survient qu’à cinq heures du matin , mais il est beaucoup plus violent que tous les autres , il a aussi une durée beaucoup plus longue, car il était encore dans toute sa force à dix heures du malin, où l’enfant fut confié à mes soins. La face était pâle, les lèvres livides, les yeux ternes; la respiration Ifés précipitée, soixante Inspirations par minute, nes’exerçait qu’avec beau- (50up d’efforts ; les épaules se soulevaient , tandis que l’extrémité inférieure
du sternum , les cartilages des côtes qui s’y attachent , et l’extrémité antérieure des côtes asternales, étaient fortement entraînées vers la colonne vertébrale par les contractions violentes du diaphragme; en même temps la respiration était sifflante et Sonore , et l’on entendait au moyen du sthétoscope,dans toute l’étendue des parois thoraciques, un râle sibilant d’une très grande intensité , mêlé par intervalle d’un rAle muqueux que dissipait une toux fréquente et quinteuse , provoquant parfois le vomissement. Toutefois , au milieu d’un trouble si grave de la fonction respiratoire, tout le reste de l’organisation demeurait paisible et ne sortait en aucune manière de l’état normal. Ainsi les fonctions intellectuelles et les mouvements volontaires étaient libres; la langue humide et de couleur naturelle, l’absence de la soif, etc,, annonçaient que rien n’était lésé dans le système digestif; le pouls, qui était égal et régulier, et qui ne s’élevait qu’à soixante-quinze pulsations par minute , démontrait que le cœur n’était le siège d’aucune affection , soil idiopathique, soit sympathique , et enfin , la chaleur générale, qui ne dépassait point le degré normal , excluait l’idée de toute surexcitation viscérale. Ce fut cet isolement de la maladie, celte absence de tout phénomène sympathique dans les principaux viscères , qui dirigèrent notre méthode de traitement. Prescription : eau de menthe, deux onces ; de fleur d’oranger, une once ; li-queur d'Hoffmann, dix gouttes; teinture de succin, de castoréum également dix gouttes; laudanum liquide, douze gouttes; sirop simple, une once à prendre par cuillerée à bouche , de deux heures en deux heures ; et toutes les deux heures une pilule d’un grain d’assa fœlida et de conserve de roses. Dans l’aprés-rnidi , remission Le soir, cessation complète de tous les symptômes. Nous prescrivons pour la nuit, dans la crainte que cette affection ne fût une rémittente laryngée, six grains de sulfate de quinine, par dose d’un grain, d’heure en heure. L’enfant dormit paisiblement. Le 10, au matin, appétit; aliments. Le soir, idem. Le 11, et les jours suivants, cet état se soutient; guérison con)plète. (Blaud, Nouvelle Biblioth. médic. 1828.)
, Gastralgie intermittente quotidienne. (Fièvre larvée.)
No 385. Une femme âgée de trente ans, maigre et très nerveuse , me consulta en 1817 pour des vomissements qui, depuis quelque temps, revenaient chaque jour, et la fatiguaient beaucoup. Elle se plaignait en outre d’une légère douleur à la région épigastrique, qui augmentait quand elle voulait vomir. C’était là toute sa maladie, car du reste elle n’avait pas de fièvre : la peau était fraîche , et sa figure ne paraissait presque pas altérée. J’employai pour la soulager les antiphlogistiques, l'opium, les antispasmodiques, la poudre de Colurnbo, l’anti-émétique de Rivière : tout fut inutile ; l’irritabilité de son estomac augmenta au point qu’il ne pouvait supporter ni les aliments, ni même les boissons les plus douces. 11 y avait trois mois que cet état durait, et la malade se trouvait réduite en quelque sorte au dernier degré de marasme, lorsque je m’aperçus que les vomissements, qui étaient revenus jusque là à des époques indéterminées , se reproduisaient régulièrement à des heures fixes. Celle circonstance me fit naître la pensée de les combattre par le quinquina , et deux gros d’extrait de celle substance suffirent pour les arrêter. (Bonnet, Traité des fièvres intermittentes.)
Coliques intermittentes quotidiennes.
No 386. Un homme âgé de tren te-huit ans éprouvait par intervalles de violentes douleurs d’entrailles, surtout autour du nombril, accompagnées d’une forte tension duvenlre.Cessymplômesélaient ordinairement précédés d’une violente démangeaison du nez, de tintements d’oreilles, et d’un sentiment de chaleur et de tension dans l’bypocondre gauche ; ils finirent par revenir
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périodiquement chaque jour à la même heure. La cause de ce mal élant attribuée aux vents, on donna des carminalifs, des pilules de galhannni composées, sans aucun effet. Lesldées du malade devinrent conf iscs, incohérentes' et il tomba, à la fin. dans une hypocondrie mélancolique confii mée; il assurait du ton de voix le plus déplorable, que son corps était de verre, et iî ne faisait de mouvements qu’avec la plus vive crainte, s’imaginant qu’il allait être brisé et mis en pièces; il ne remuait pas ses mains ou ses pieds sans la plus grande précaution et après avoir long-temps délibéré ; sa voit était faible, hésitante, indi>tincte; il avait de fréquentes palpitations du cœur, avec angoisses, soupirs, indigestions, etc. Le ventre était constamment dur et tendu; ses jeux é'aient caves, les pupilles dilatées, les [laupiéres tuméfiées, livides, l’haleine fétide. Perfect, jugeant par ces divers sjmptômes que les vers pourraient bien être la cause première du désordre de l’esprit, eut recours à des remèdes anthelmintiques, à l’aide desquels plusieurs gros vers lombrics furent expulsés, et le malade complètement guéri. (Mat- Ihey, Maladies de l’esprit.)
Coliques périodiques nerveuses y txjpe quotidien.
No 387 Le général âgé de trente-neufans, d’un tempérament biliosonerv*>ux, contracta, à la suite de plusieurs traitements mercuriels et de plusieurs affections rhumatismales, des coliques d’abord légères, ensuite très douloureuses, qui revenaient tous les jours à des heures variables. Il avait trente ans, lorsqu’il ressentit les premières atteintes de ces accès. Bientôt ces coliques revinrent périodiquement aux mêmes heures et duraient environ pendant deux ou trois heures. Elles étaient caractérisées par des douleurs atroces, qui ne pouvaient être calmées qu’au moyen de l’opium pris à hautes doses, en boissons et en lavements. Un poids de quarante à cinquante livres, que l’on plaçait sur le ventre à l’aide d’un coussin intermédiaire, procurait aussi du soulagement; mais il arrivait souvent que tout cela était insuffisant. Alors un autre moyen calmant était mis en u.-age : il consistait en des secousses qu on imprimait à tout le corps de M. 1)***, en le couchant sur une couverture que quatre hommes tenaient suspendue t)arles angles, et qu’ils agitaient simultanément, soit pour faire sauter le malade, soit pour le faire rouler rapidement et sans relâche, d’un bout à l’autre Pendant l’accésque l’on parvenait a calmer, et qui durait, malgré tous les secours, trois ou quatre heures , les cris de désespoir et les imprécations du générai rendaient sa situation effrayante. Il avait quelquefois des vomissements bilioso-muqueux dans le fort de la douleur, mais ordinairement c’était les aliments de ia veille, réduits en chyme, quiétaient rendus. Pendant et après l’accès , la langue , la peau , le pouls étaient dans l’état le plus naturel ; le ventre était constamment souple, affaissé; et sans aucune douleur parla pression, puisqu'un poids de quarante à cinquante livres était su[)|)orlé et agissait en calmant. Jamais il n’y avait ni soif, ni mouvement fébrile. La constii)ation était habituelle et opiniâtre. Une fois l’accès passé M. le général D*'* vaquait à ses affaires , mangeait et digérait assez bien les aliments légers dont il faisait usage. Cependant comme il maigrissait de plus en plus, M D**’' vînt à Paris en 1814, pour consulter de nouveau sur son étal. 11 avait déjà vu un grand nombre de médecins, et avait tenté l’emploi de plusieurs médicaments toujours inefficaces. J’examinai le malade et j’appelai en consultation le savant et modeste Hallé , qui regarda cette singulière maladie comme une véritable névralgie des nerfs intestinaux. Des évacuations sanguines capillaires, qui jusque là avaient exaspéré les accidents, mais qui R’avaient pas été remises en usage depuis long-temps, furent conseillées. On les appliqua à l’anus, mais les douleurs n en devinrent que plus atroces. Alors
on appliqua deux moxas sur la région lombo dorsale. Le quinquina à hautes doses , et combiné avec l’opium , produisit beaucoup de soulagement. Celto dernière médication fut suivie d’un bien- être sensible et d’évacuations al- Yines spontanées, ce qui n’avait pas eu lieu depuis longues années, et les accès se trouvèrent suspendus; mais ils ne tardèrent pas à reparaître aux mêmes heures, etM, D***'se borna à prendre de l’opium à la dosede six, huit, dix et quinze grains par jour sous furme liquide. Ces accidents ont persisté jusqu’à la mort du général, qui eut lieu en 1820. ( Polinière, Études cliniques sur les émissions sanguines, t. ii, 1827.)
Epilepsie intermittente tierce. (Fièvre larvée de Lautter, fièvre
pernicieuse de M. Alibert.)
No 388. Vers la fin du mois de juillet, la fille d’un potier de terre, âgée de six ans, fut prise de frisson , ensuite de froid de peu de durée, suivi d’une forte chaleur et de convulsions horribles par tout le corps, qui durèrent quelques heures, pendant lesquelles la petite malade avait l’écume à la bouche, et était plongée dans un état d’assoupissement profond, avec sterteur. Lorsque je fus appelé , la malade était déjà réveillée, mais conservait encore de la fièvre, de la faiblesse et un grand mal de tête. En recherchant la cause de la maladie, j’appris qu’on la rapportait, soit à une grande frayeur, soit à du lait caillé que la malade avait pris , et dont elle avaii rendu plusieurs fois des caillots au commencement de l’accès ; d’après cela, je ne doutai point que celte maladie ne fût une véritable épilepsie; en conséquence, j’administrai un émétique pour évacuer le lait caillé qui pouvait encore lui être resté dans l’estomac, et je prescrivis des remèdes antispasmodiques et fortifiants.
Le lendemain la petite malade se trouva comme en parfaite santé. Le surlendemain, l’affection nerveuse dont il s'agit se manifesta de nouveau avec la même intensité, avec le même appareil de symptômes; elle commença et disparut de la même manière et aux mêmes époques, d’après le rapport que m’en firent ses parents. Alors je changeai mon diagnostic, et je soupçonnai de suite l’existence d’une fièvre intermittente qui se cachait sous l’apparence de convulsions épileptiques. Quoique je n’eusse point encore vu les urines delà malade, je prescrivis l’usage du quinquina , dont elle ne put user de suite, parce que son accès était peu éloigné, et que déjà des mouvements convulsifs commençaient à se manifester; mais une demi-once de quinquina fut administrée immédiatement apres le paroxysme, et la malade fut délivrée promptement de cette fausse épilepsie, qui n’a plus reparu. (Lautter, Hist. med^ J)ienn., casus 2.)
Autre épilepsie avee le type tierce.
N” 389. Une fille„âgée de dix-huit ans, fut tout-à-coup, le 26 mai 1751, plongée dans un état de stupeur et d’assoupissement remarquable, comme si elle eût été attaquée d’apoplexie ; elle était privée de toute sensibilité dans le bras et le pied du côté droit. Comme il était Instant d’agir, on lui pratiqua une saignée qui fut suivie d’une véritable attaque d’épilepsie.
Le second jour, la maladie ayant cessé, j’administrai un purgatif. Le troisième jour un autre accès d’épilepsie se manifesta, en suivant un ordre régulier et périodique. Ce nouvel accès fut accompagné de chaleur, d’amertume à la bouche et de sueurs; il fut suivi de l’éjection d’urines troubles et déposant un sédiment briqueté.
Ayant reconnu, à tous ces indices , une fièvre intermittente, cachée sous la forme d’une épilepsie, je me contentai, pour tout remède , d’adminisiref
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le quinquina, à l’aide duquel la malade se rétablit très bien et en très peu de temps. (Strack, Obs. de feb. intermitt., obs. 56.)
Tissot rapporte qu’il a vu une épilepsie qui revenait périodiquement de deux jours l’un et aune heure fixe. (OEuvres, t. vu)
Epilepsie intermittente tierce et quarte.
No 390. Une femme est effrayée à l’âge de cinquante-trois ans ; elle a des convulsions et reste épileptique. Les accès reviennent tous les deux ou tous les trois jours; ils sont ordinairement très forts. Depuis quelques mois les accès se rapprochent; elle meurt après un accès qui l’a laissée pendant cinq jours dans un étal comateux. Autopsie. Hydatides de divers volumes, depuis le bulbe du cerveau jusqu’à l’extrémité lombaire du canal rachidien , contenues dans le sac formé par l’arachnoïde. Ramollissement de l’extrémité lombaire de la substance médullaire. La glande pituitaire contient un kyste rem pli d’un fluide brun rougeâtre. (Esquîrol, Bulletin de la Faculté de médecine de Paris ^ t. V. )
Manie intermittente tierce.
No 391. Madame D*^* fut affectée à la suite de profonds chagrins et de revers de fortune , d’une mélancolie maniaque , dont elle fut traitée chez elle par MM. llallé et Pinel. Ces célèbres professeurs, qui avaient jugé , dés la première consultation , qu’il était nécessaire que cette dame fût placée dans une maison de santé , voyant que la maladie résistait aux moyens les plus sagement combinés , décidèrent enfin la famille à mettre la malade dans un établissement consacré à l’aliénation mentale. C’est alors , le 4 mai 1803 , qu’elle fut conduite dans ma maison, où elle présenta tous les symjjtômes d’un délire maniaque. Les secours thérapeutiques lui furent de nouveau administrés ; alors la manie diminua d’intensité, et dégénéra en une mélancolie compliquée d'accès maniaques qui, pendant six années , sont revenus tous les deux jours assez régulièrement. Ainsi madame D*** offrait un jour les symptômes d’un délire mélancolique caractérisé par l’avarice la plus sordide et la méfiance la plus grande, étant d’ailleurs assez douce, tranquille et taciturne ; mais le lendemain, ce délire partiel changeait de nature et devenait général; alors la malade s’agitait, se tourmentait; elle criait, elle s’emportait , elle était querelleuse , et se rendait insupportable par ses fatigantes importunités , et par sa loquacité bruyante et continuelle : c’est ce qui obligeait souvent de 1 éloigner de la société , et de la tenir recluie pendant les jours d’agitation maniaqu e.
Depuis trois ans que l’âge de retour a amené la cessation des régies, les accès maniaques se sont calmés , et la malade est dans un état habituel de démence tranquille. ( Dubuisson, Traité des vésanies , 1816. )
Monomanie intermittente tierce.
No 392. M. Kevcl, âgé de cinquante-six ans, avait passé prés de troisans au service de la Compagnie des Indes , et il était arrivé à un poste honorable et Jucralif. Quant il revint en Angleterre, il y a six ou sept ans, sa constitution et sa santé élaientbonnes, et cette dernière necommença à se dérangerqu’à la suite d’un débatélectoral où il fut malheureux, et où il s’était livré à des travaux extrêmement fatigants de corps et d’esprit. Depuis lors les organes digestifs furent notablement troublés, et il devint sujet à une constipation qui continua jusqu’à la mort. Depuis cette époque, il devint sujet à une illusion qui revenait tous les deux jours, mais que le docteur Johnson ne fait pas connaître, ayant promis au malade par serment de ne jamais la révéler; seulement il cous fait connaître que cette hallucination n’avait rapport à aucun crime
réel 011 imaginaire. Le malade savait bien lui-même que ce n’était qu’une illusion ; du moins il le reconnaissait dans le bon jour, et il ne permit jamais aux médecins de le voir dans son mauvais jour. L’objet de l’illusion ne pouvait avoir aucun rapport avec la nature de la maladie. Si nous ne nous rompons, nous pensons que l’objet qui causait tant de tourments el de irayeurs au malade dans son mauvais jour était l’un des mauvais chiffres de ses combinaisons ; tandis que dans le bon jour il voyait le même objet sous un autre point de vue. Les souffrances du malade étaient de deux espèces : l’une était directement liée à l’illusion elle-même , qui , d’après son rapport , exerçait sur lui une influence hostile tous les deux jours , et qui se représentait à lui à chaque instant, dans son appartement, dans les rues, etc.; l'antre était line terreur inexprimable qui n’avait pas de rapport avec l’illusion , mais qui était plus forte le mauvais jour. Les souffrances de M. Kevel allèrent en augmentant ; on reconnut bientôt qu’il y avait de la monomanie et de l’aliénation mentale dans sa maladie; l’idée de suicide se mêlait à ses idées habituelles, et un jour on le trouva mort dans sa chambre, ayant à côté de lui une fiole de deux onces sur laquelle était écrit : acide hydrocianique de Schéele.
Autopsie. — Maigreur extrême; tout le corps exhale une forte odeur d’acide [irussique. L’estomac et les intestins ne i)résentent rien de très anormal. Le foie , la rate , le mésentère , les reins, et tous les viscères abdominaux étaient sains. Le plexus solaire , examiné avec soin , n’offrit aucune altération appréciable. Les poumons étaient farcis de tubercules ; les plèvres étaient presque partout adhérentes. Le cœur, de volume ordinaire , offrait une adhérence complète du péricarde dans toute son étendue; il était induré, hypertrophié; les parois du ventricute gauche avaient un pouce et quart d’épaisseur , el avaient presque totalement effacé sa cavité; le sang, était fluide partout ; les artères n’offraient rien d’anormal. Le crâne avait une dureté et une densité extraordinaires ; le cerveau était très sain, et sans signe appréciable d’altération. Le pneumo-ga s trique du côté gauche , au point où il fournit le récurrent , présente un corps dur du volume d’une grosse fève ou d’une petite noix , composé d’une matière calcaire, et qui est unie si intimement avec le nerf qu’il est impossible de l’en détacher, meme par la dissection la plus patiente; ce corps étranger , qui paraissait être une glande bronchique altérée, avait pénétré dans le tissu du nerf lui-même , qui était épaissi sur ce point. (Johnson , The médico-chirurgical Rewiew ^ 1837.)
Délire intermittent tierce.
No 393. Un jeune homme de dix-huit ans, qui paraissait naturellement fort et robuste , s’étant livré à des excès prodigieux vis-à vis du sexe, éprouvait , de deux jours l’un , un délire périodique qui dura prés de trente jours, sans que les purgatifs réitérés aient pu en empêcher le retour. La saignée me paraissait totalement contre indiquée par l’épuisement dans lequel était le malade. J’eus recours aux vésicatoires; mais il fallut bientôt en cesser l’usage, car ils jetèrent le malade dans les spasmes les plus violents. Les sangsues appliquées quatre jours de suite ne débarrassèrent que très peu la tête et augmentèrent l’abattement. J’employai ensuite le quinquina , d’abord à très petite dose, parce que je craignais d’augmenter les spasmes et la chaleur habituelle qui accompagnait la fièvre. On ne peut s’imaginer la rapidité avec laquelle ce médicament agit. Le premier jour, le délire fut presque aussi fort, mais beaucoup plus court; ce changement m’encouragea; j’augmentai la dose du quinquina. Le délire diminua considérablement de force et de durée. Je continuai ce traitement pendant quelques jours , et je dissipai entièrement ce délire 0|)iniâtre. La convalescence ne fut pas longue, à proportion du temps qu’avait duré la maladie. Je finis par mettre le malade
NERVEUSES DES YIScÈrES.
au lait pour toute nourriture, pour adoucir la poitrine que le long usage du quinquina avait un peu échauffée. ( Vandermondc , Journal de méd., t. vi, an 1757.)
Kern rapporte l’observation d’une fille qui , de deux jours l’un , était prise d’un délire bien marqué ; il commençait à deux heures après midi , et la malade demeurait , à chaque récidive, environ quatre heures dans l’état délirant dont il s’agit. (Déc. 3 , années 5 et 6 , p. 98.)
Asthme intermittent tierce.
No 394-. Un homme âgé de trente-six ans fut pris , le 15 mai 1752 , d’une grande difficulté de respirer, d’une anxiété considérable dans la région précordiale, et de suffocation; son pouls était petit et fréquent. On lui fit ■promptement pratiquer une saignée, et on lui fil boire abondamment une boisson apéritive. Le Jour suivant, le malade était calme, sa respiration était libre. Le troisième jour, l’asthme parut de nouveau , ainsi que le cinquième, en mettant entre les accès des intervalles fixes. Le sixième jour, l’urine fut trouble et déposa un sédiment semblable à de la brique pilée ; le malade avait la bouche amére et du dégoût pour les aliments; en con.'^é- ■quence , je commençai par le purger, et je lui administrai le quinquina , à l’aide duquel l’accès d’aslhrne fut léger le septième jour, et la respiration ne tarda pas à devenir parfaitement libre. (Strack, 06s. de febrib. intermill. . obs. 54. )
Hystérie tierce. (Febris intermittens sub passionis liystericæ
larvâ.)
No 395. Une femme âgée de trente-quatre ans, sujette à des attaques d’hystérie, se trouva mal toul-à-coup le 10 octobre 1748 ; elle présenta les symptômes suivants : anxiétés précordiales , respiration difficile , parole entrecoupée , spasmes dans l’abdomen et borborygmes ; sentiment de strangulation , frayeur, goût dépravé, horripilations vagues, défaillances fréquentes, pouls petit et fréquent. Persuadé qu'il s’agissait d’une affection hystérique, je fis administrer à la malade l’esprit de corne de cerf, la teinture de castoréum et le laudanum liquide ; le calme se rétablit bientôt , la malade reprit ses sens. Le lendemain , rien de particulier ; les urines étaient ténues et limpides ; mais le troisième jour, un accès tout-à-fait semblable revint cl se ter^ mina par une sueur abondante répandue par tout le corps et exhalant une odeur particulière. Le quatrième jour, l’urine déposa un sédiment briqueté ; j’administrai un purgatif à la malade. Le cinquième jour, il survint encore on accès semblable aux précédents, et toujours à des époques déterminées. Le lendemain , je fis prendre du quinquina qui guérit celle affection aussi bien qu’une fièvre intermittente ordinaire. ( Slrack, Ouvrage cité, obs. 51.)
Irritation cérébro-spinale et diaphragmatique , sous type tierce..
No 396. Une jeune femme de dix-huit ans, peu après une fausse couche, et pendant que les lochies coulaient encor»* , fut atteinte d’une affection qui revenait de deux jours l’un, cl dont chaque accès était caractérisé par le frisson et une douleur dans le dos ; il survenait un peu de toux , puis des rot.s si fréquents qu’on en comptait quelquefois jusqu’à trois cents dans une heure; durant la période de chaleur, il y avait délire avec mouvements conxulsifs de la lcle,des pi» ds , des bras et de la mâchoire inférieure ; il y avait en même temps douleur , distension de l’abdomen et défaillance.
Vers la fin de l accés, qui avait coutume de se prolonger de huit à douze lieures , tous les symptômes énoncés cessaient , et lu malade se trouvait bien
pendant tout le temps de l’apyrexie. Il y avait constamment un jour d’intervalle entre les accès. Cette maladie céda à l’emploi des purgatifs, des fébrifuges et des antispasmodiques. Act. nat. curîos. , déc. 2, an 2.)]
, \ Hystérie intermittente quarte.
No 397. De La Roche rapporte l’observation d’une dame de vingt-deux ans, d’un tempérament sanguin , d’une forte constitution , qui avait une hystérie avec le type quarte, et dont i! obtint la guérison par l’usage intérieur des ileurs de zinc et des bains tiédes. {Journal de médecine, t. lu , an. 1779.)
Duncas -Raine rapporte qu’il a observé une épilepsie qui revenait tous les trois jours régulièrement chez son fermier. {Observ. Edimb., t. v, pag. 753.) Lanzoni a également observé une épilepsie chez un homme de haut rang; il en était attaqué tous les trois jours régulièrement, et il se trouvait bien après cette attaque. ( Dec. 3 , an. 3 , pag. 34. )
Mélancolie intermittente quintane,
No 398. Medicus rapporte qu’il a guéri un homme d’une mélancolie qui récidiv&it régulièrement tous les quatre jours ; cel homme, durant le jour de l’accès, n’était occupé (lue de pensées religieuses et désespérait entièrement de son sa^lul. { Maladies périodiques , pag. 44.)
Toux périodique , type hehdomadaire ou octane, " 1
No 399. Un enfant de dix à douze ans, fort et bien constitué, n’offrait rien dans l’aspect de sa physionomie qui pût faire soupçonner un état maladif; son teint vif et coloré ne s’altérait que dans le moment de ses accès, qui avaient lieu à peu près toutes les sem-aines , et qui s’annonçaient par des maux de tête avec étourdissement , toux sèche , serrement de poitrine, nausées , vomissements, etc., lesquels symptômes se dissipaient ensuite dans l’ordre de leur inversion Le malade éprouva ces accidents pendant deux ans sans qu’on pût les expliquer ni y remédier. Consulté sur ce genre d’affection,. M. Pinel, njédecin de l’hôpital de Cherbourg, crut pouvoir les attribuer à une névralgie des nerfs pneumo-gaslriques, et le traitement justifia l’axlomer curatio oste%dit morbi naturam. Il conseilla les pilules de Méglln, qui réussirent parfaitement. {Journal général de médecine.)
Mélancolies et épilepsies ^ type octane.
No 400. Emmanuel Kœnig a observé l’exemple d’une femme, qui était attaquée de mélancolie une fois chaque semaine ou tous les sept jours ; le jour de son ac^és , elle croyait qu’elle allait comparaître devant ses juges et être condamnée à mort. ( Dec. 2 , an. 9, pag. 224, )
Wedel a vu un exemple d’épilepsie, qui récidivait régulièrement toutes les semaines ; elle avait lieu chez une demoiselle de qualité. ( Dec. 2 , ann. 2 , pap. 325. )
Prætorius rapporte aussi l’histoire d’une dame, âgée de cinquante ans, qui était attaquée d'épilepsie une fois par semaine ; elle survenait régulièrement à l’heure du souper. ( Mémoire de méd. de la société de Bude, part. i. )
Epilepsie avec le type duodécimane.
Na 401. Un jeune homme âgé de vingt-trois ans , d’un tempérament bilieux , d’une constitution fort irritable , d’une extrême sensibilité, sujet dans son enfance à des mouvements convulsifs et à des fièvres intermittentes, éprouva , vers 1 âge de seize ans, des attaques de convulsions qui prirent bientôt le caractère de l’épilepsie. Ces attaques, d’abord irrégulières et assez
NERVEUSES DES VISCERES. 655
rares » venaient presque toujours à la suite de quelque cause accidentelle, comme un mouvement de colère , une erreur de régime , une vive émotiom de l’àme. On avait observé que les liqueurs spirilueuses, et surtout le punch, même en petite quantité , décidaient constamment une attaque de celte épilepsie. Lorsque le malade atteignit sa dix - huitième année , il n’avait encore eu que sept à huit accès de courte durée , auxquels on s’était contenté d’opposer les bains, les tempérants, les antispasmodiques et le régime. A cette époque , l’épilepsie , qui existait depuis deux ans , se présenta sous une forme périodique , et le malade eut , pendant cinq ou six mois , une attaque régulière tous les quinze ou vingt jours. L’état périodique de la maladie n’ayant pas fixé l’attention des médecins qui traitaient le malade, on ne l’attaqua point spécialement par le quinquina. Bientôt elle cessa d’élre périodique; les accès ne se formèrent plus qu’à des intervalles très éloignés; il n’en survint que sept à huit dans l’espace de seize mois. A vingt ans, les attaques se rapprochèrent peu à peu par le défaut de régime du malade; après sa vingt-uniéme année , il en avait Jusqu’à trois ou quatre par mois , et il lui arrivait quelquefois d’en éprouver [)lusieurs le même jour. Il était dans cette situation fâcheuse en 1806, lorsqu’il consulta le professeur Dumas, qui , après lui avoir prescrit inutilement différents remèdes , imagina de régulariser les accès de cette épilepsie et de la rendre périodique , afin d’opérer sa guérison comme celle des fièvres intermittentes, par le moyen du quinquina. Cet habile praticien ayant calculé que le nombre d’accès qui avaient eu lieu les années précédentes était ( terme moyen ) de vingt- Deuf à trente pour une année, et que ce nombre des accès divisé par celui des jours donnait , à peu prés , un accès pour chaque douzième jour, choisit de préférence le type duodécimane ; on crut qu’il convenait de rappeler périodiquement un accès d’épilepsie tous les douze jours, pour la rendre plus facilement périodique, ou lui donner le type intermittent dont il s’agit. Sachant que l’usage du punch déterminait constamment le retour de l’épilepsie , il fit administrer cette liqueur au malade tous les douze jours régulièrement. Cette tentative fut des plus heureuses; car il décida périodiquement, de douze en douze jours , plusieurs accès dont Tordre et la succession ne furent troublés par aucune attaque intermédiaire , ni par aucune espèce d’accidents. La quantité du punch employée dans chaque épreuve fut graduellement diminuée ; Tépilepsie ne laissa point de se manifester chaque fois avee la même régularité. A la fin du troisième mois , le renouvellement et l’habitude des attaques prévalurent; elles continuèrent de se former tous les douze jours sans être provoquées, et malgré la suppression totale du punch. Le caractère périodique devint l’affection essentielle et dominante. On attendit le quatrième accès , pour considérer et traiter la maladie comme si elle était réellement intermittente ou périodique; alors on fit donner le quinquina pendant Tinlermission. A l’aide de ce médicament, la force et la durée des accès diminuèrent promptement; le malade, au lieu de ses attaques d’épilepsie , n’eut bientôt qu’un léger mouvement de vertiges , accompagné de la contraction des extrémités supérieures. Les vertiges se dissipèrent à leur tour, et la maladie cessa complètement. iDumas, Journal général de médecine , t. xxxix. )
Asthme intermittent dont les paroxysmes répondent exactement aux époques des pleines et des nouvelles lunes.
No 402. Une dame âgée de quarante-trois ans, d un tempérament bilieux, d’une constitution sèche , ayant le système nerveux très susceptible , des règles très abondantes, et presque toute sa vie d’une santé très faible, éprouva, au mois de septembre 1775, à la suite d’une grande frayeur , une difficulté
de respirer fort semblable à Y asthme, et qui dura pendant deux jours, mais à dps degrés différenls. L’espace de deux jours étant écoulé , tous les maux s’évanouirent, la malade se sentit très bien , et sa respiration devint aussi libre que dans l’état de santé. Ce bien-être dura pendant dix ou douze jours, au bout desquels, sans cause apparente, la difficulié de respirer recommença, se soutint pendant le même intervalle de temps, disparut de nouveau pour revenir encore après dix ou douze jours, pour disparaître au bout de deux jours, et continuer ainsi de la même manière pendant un grand nombre d’années. On remarqua que le retour des accès avait lieu régulièrement l’avant-veille de la pleine ou de la nouvelle lune , et qu’ils se terminaient constamment avec les deux jours qui précédaient ces phases lunaires. Les jours d’intermissioF) se comptaient depuis le jour même de la nouvelle , jusqu’à l’avant-veille de la pleine lune suivante, et du jour de la pleine lune à l’avant-veille de la nouvelle. Dans le jour qui précédait cette avant-veille, la malade éjjrouvait une certaine oppression dans toute la cavité de la poitrine; c’était une annonce certaine de la dyspnée, ou difficulté de respirer, qui devait survenir à la tombée du jour suivant ; alors la malade était obligée de se mettre au lit ; une orthopnée violente avait lieu exactement de neuf à onze heures du soir. Pendant le reste de la nuit , et tout le jour suivant , la gêne de la respiration se soutenait, mais n’empêchait pas la malade de reposer et de respirer, quoique couchée ; l’orthopnée revenait à neuf heures du soir le lendemain , et durait également deux heures. A la pointe du jour suivant, qui était celui de la pleine ou de la nouvelle lune, la respiration repreîiait son état naturel; la malade quittait le lit , et se portait bien jusqu’à la nuit de l’avant-veille de la prochaine lunaison. Cette maladie persista avec la même régularité pendant environ vingt-deux ans , depuis le mois de septembre 1775, jusqu’à la nouvelle lune du 17 mars 1798. Vers la fin, la malade avait acquis une si grande sensibilité nerveuse , que les moindres impressions suffisaient pour rappeler la difficulté de respirer durant les jours d’intermission. La menstruation avait un période dif érent de celui des accès asthmatiques; quand les deux périodes se rencontraient , l’un cédait à l’autre ; les régies , par exemple , s’arrêtaient tout-à-coup pour recommencer lorsque l’accès d’asthme était terminé. L’affection dont il s’agita cédé peu à peu par le seul bienfait de la nature, et à mesure qu’il s’est manifesté à î’œil gauche une cataracte précédée de huit mois de douleurs assez fortes dans le même côté de la tête. Parmi les remèdes tentés pour soulager la malade, on n’a retiré des avantages que de l’emploi de la saignée et du quinquina , qui calmaient un peu la difficulté de respirer , si ce n’est pendant le temps de l’orthopnée, sur lequel ces remèdes paraissaient n’avoir aucune influence avantageuse; hors le temps d’orthopnée , il suffisait de tirer à la malade deux ou trois onces de sang pour la soulager. ( Hallé, Journal de méd., chirurg., etc., 1. 1.)
Epilepsie intermittente, types quindécimane et mensuel.
No 403. Julie S***, âgée de seize ans , d’un tempérament bilieux , fut prise de convulsions à l’époque de la dentition. Depuis, jusqu’à quatorze ans , elle îi’avait rien éprouvé qui dénotât chez elle une disposition prochaine aux maladies convulsives .4 quatorze ans , des chagrins vifs et prolongés , puis une peur, déterminèrent bientôt un accès épileptique qui eut lieu le matin, la malade étant assise. Cet accès , qui dura cinq minutes , arriva sans signes |)récurseurs. La malade fut prise subitement de mouvements convulsifs légers dans le tronc et les membres, qui se roidiren*, les poings étant fermés , les pouces rétractés; perte de connaissance, écume à la boiiche. Après l’actés, la malade éprouva quelques envies de vomir. Accès semblable au bout
NERVEUSES DES VISCERES.
de quinze jours , et ainsi tous les quinze jours pendant plusieurs mois. Un. chirurgien, qui la traita dés le commencement, lui fit boire chaque jour, pendant prés d’un an, une pinte d’eau bouillie sur du mercure , et chaque matin une cuillerée d’eau de fleur d’oranger avec quelques gouttes d’huile empyreumatique. Pendant ce traitement parut la première éruption des régies, qui fut précédée de beaucoup de coliques. L’écoulement ne dura que deux jours, et ne reparut que trois mois après; il n’y eut point d’accès d’épilepsie pendant cet intervalle ; mais les menstrues ayant ensuite coulé régulièrement, les accès sont venus exactement tous les mois, jusqu’au mois de nivôse dernier que, sans cause connue , ils ont commencé à revenir tous les <juinze jours sans dérangement dans les régies. Ils ont suivi la même marche jusqu'à présent. Cette jeune personne jouit d’ailleurs d’une assez bonne santé ; elle mange avec appétit , dort bien ; seulement elle se plaint d’éprouver de temps en temps des contractions involontaires dans les membres supérieurs. (Maisonneuve, Recherches et observations sur l'épilepsie, p. 98.;
Passion hystérique , type quindécimane.
No 404. Muller rapporte qu’un homme était sujet à une espèce d’hystérie qui revenait par accès , et régulièrement tous les quinze jours. Il sentait d’abord , pendant six heures, des borborygmes dans le bas-ventre ; il lui semblait même y sentir un poids roider de côté et d’autre Après cela il éprouvait une anxiété, des palpitations de cœur, un serrement de poitrine , des défaillances , etc. , ce qui durait six autres heures, après lesquelles le mal diminuait. Au bout du même intervalle de temps, il ne sentait plus de mal à la poitrine. Enfin , après six autres heures , il n’éprouvait plus aucun mal , de sorte que tout cessait entièrement au bout de vingt-quatre heures. {Cent. 9 , 10, p. 373.)
Epilepsie intermittente quindécimane.
No 405. Un homme , âgé de soixante-trois ans , mourut le 14 avril 1817, à l’Hôtel-Dieu de Paris , salle Saint-Bernard , n“ 1 1 , à la suite d’une pneumonie aiguë. Il était épileptique depuis douze ans : chaque accès commençait par un hoquet très violent qui durait une ou deux minutes, accompagné d’une sensation que le malade comparait à l’ascension d’une boule qui eût remonté de l’estomac vers le pharynx. Tous les liquides qu’on lui donnait étaient alors rejetés avec force. La perte de connaissance succédait à cet état , et durait deux ou trois minutes , puis tous les accidents cessaient. Ce spasme convulsif et momentané, qui revenait périodiquement tous les quinze jours, avait été considéré par plusieurs médecins comme un état toutà-fait différent de l’épilepsie. Pendant l’accès, la perte de sensibilité était complète.
A l’ouverture du cadavre , on observa les traces évidentes de la pneumonie à laquelle le malade avait succombé. Tous les organes de l’abdomen étaient sains. Le cerveau et le cervelet n’offraient rien de particulier ; mais au milieu de la substance du bulbe rachidien , on trouva deux tubercules , l’un du volume d’une petite noix, l’autre de la grosseur d’une noisette; ils étalent adhérents entre eux , et enveloppés chacun dans un kiste très mince. La substance médulaire qui les enlourait n’offrait aucune altération. (Ollivier, Traité des maladies de la moelle épinière , t. ii.)
Epilepsie intermittente mensuelle.
No 406. François L***, âgé de vingt-deux ans, d’un tempérament sanguin , avait joui de la meilleure santé jusqu’à quinze ans ; à cet âge, étant à la halle à vendre des fraises, un jour d’été excessivement chaud, une fruitière avec
irritjltioins intermittentes
laquelle il venait de conclure un marché, l’invita à boire un verre d’eau-devie. A peine avait-il porté le verre à sa bouche qu’il tomba dans un accès épileplique complet, à la suite duquel il resta tout le reste du jour sans connaissance II fut transporté à Montreuil dans cet état. Le chirurgien du lieu lui administra de suite un vomitif et lui fit une copieuse saignée au pied. Le lendemain à peine se ressentait-il de son accident. Un mois après, second accès presque aussi fort que le premier, et dans lequel il fut aussi saigné du pied. Depuis cet époque jusqu’à présent, retour des accès tous les mois régulièrement, avec les mêmes symptômes; mais la longueur des accès un peu moindre que dans les premières années. Rien ne les annonce : le malade tombe tout-à-coup comme frappé d’apoplexie ; son corps et ses membres sont peu agités ; ses yeux sont fermés, son visage pâle et couvert de sueur; sa bouche écumanle ; sa respiration ressemble à celle d’un apoplectique. Cet état dure une demi-heure , après laquelle le malade reste deux ou trois heures étendu dans l’endroit où il est tombé , comme plongé dans un profond sommeil. Un verre d’eau fraîche favorise le retour à la connaissance. Ce jeune homme demeure à Bicêtre depuis un an ; il n’y a subi aucun traitement.. (.Maisonneuve, Observations sur l’épilepsie, p. 3.)
Phénomènes nerveux hydropliobiques avec le type mensuel.
No 407. Le 14 mars 1818 , on apporta à l’IIôtel-Dieu de Paris une jeune fille qui était sans connaissance. Elle offrait tous les symptômes d’une méningite portée au plus haut degré d’intensité Sa mère , qui l’accompagnait , dit que depuis cinq ans, sa fille était sujette à des accidents nerveux très remarqualiles qui se manifestaient à chaque époque menstruelle. Ces accidents s’annonçaient d’abord parla sensation d’une boule qui remontait versle pharynx et qui la suffoquait. Alors, comme les personnes enragées, elle tressaillait et avait horreur des liquides; elle perdait ensuite connaissance pendant quelques minute?. Ces accès duraient une heure environ. M. Petit prescrivit une application de sangsues aux tempes. Le soir même , un nouvel accès semblable aux précédents eut lieu, et dans la nuit la malade succomba.
.4 l’ouverture du crâne, on trouva une méningite de la base du cerveau. Le bulbe rachidien contenait dans son centre une tumeur du volume d’une noix , d’une consistance squirrheuse , et dont l’incision fit reconnaître un hyste épais et résistant , rempli de matière tuberculeuse complètement ramollie. La substan ce médullaire du bulbe , écartée en tous sens par le développement de ce tubercule, formait une couche peu épaisse. Il y avait deux excavations tuberculeuses dans le poumon droit. ( Ollivier, ouvrage cité.)
Affection nerveuse présentant des symptômes d'hystérie et de tétanos, revenant périodiquement à chaque époque menstruelle, et alternant, pendant le même accès, avec une manie furieuse.
No 408. Unejeune femme accusée de complicité dans un empoisonnement fut amenée dans les prisons de Saint-Michel étant enceinte. Elle y accoucha ; son enfant mourut peu de temps après sa naissance. Cette femme ne tarda pas à se rétablir de sa couche; mais ses régies ne reparaissant point, elle éprouva chaque mois, à l’époque où elles devaient paraître, des accidents nerveux qui continuaient pendant deux jours, et suivaient à chaque retour la marche suivante : d’abord la malade se plaignait de sentir à la région de l’estomac une vive douleur, à laquelle succédaient bientôt de violents efforts pour vomir, et le vomissement d’une matière mêlée de sang, dont la malade
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éprouvait continuellement le goût, et dont les assistants distinguaient très bien l’odeur. Quelques minutes après , convulsions très fortes des muscles des membres et du thorax, pendant lesquelles la respiration était laborieuse et précipitée; alors perle de connaissance , tétanos universel dans lequel le corps se courbait en arriére en forme d’arc ; les yeux étaient fixement dirigés vers le ciel; une écume roussâlrc sortait de la bouche. Peu à peu cessation du tétanos, inspirations prolongées ; les yeux de la malade se dirigeaient sur les assistants et avaient quelque chose de hagard ; ses gestes annonçaient d’abord qu’elle souffrait horriblement, et bientôt elle l’exprimait par des paroles entrecoupées A peine quelques minutes de calme avaient succédé à cet état violent que la malade se levait, et, si on la laissait libre, cherchait quelque instrument tranchant pour en frapper ceux qui l’entouraient, et qu’elle menaçait avec fureur ; mais tout à-coup elle retombait par terre sans connaissance, et l’accès décrit se renouvelait, suivi bientôt de manie, et ainsi alternativement deux jours de suite. Une saignée lui ayant été faite pendant un des accès, le lendemain elle était hémiplégique. Cette hémiplégie s’étant dissipée au bout de quelques jours , la malade fut transférée dans une prison plus saine, où on ignore ce qu’elle est devenue. (Maisonneuve, Recherches et observ. sur l’épilepsie.)
Hystérie y type mensuel. (Epilepsie hystérique de l’auteur.)
No 409. Rosalie M***, âgée de vingt-trois ans , d’un tempérament biliososanguin , d’une forte constitution, née à Paris de i»arents sains, fut bien portante jusqu’à quatorze ans que les précurseurs de la menstruation ayant commencé à se manifester, elle fut prise d’accès hystériques , qu’on ne put attribuer qu’à la difficulté que les régies avaient à s’établir. Elles parurent cependant bientôt, mais très irrégulières et en petite quantité , chaque éruption fut constamment précédée ou suivie des accès nerveux dont il s’agit , lesquels ne revenaient qu’à cette époque précise; ils manquaient rarement de se manifester à chaque retour des menstrues , à moins que celles ci ne coulassent très abondamment, ce qui n’arrivait que quelquefois. Cette affection a persisté jusqu’à présent, malgré plusieurs traitements par les saignées , les sangsues , les vésicatoires , les antispasmodiques. Les accès s’annoncent quelques jours d’avance par des coliques dans le bas-ventre et une lassitude extrême. Au moment de leur invasion , la malade éprouve un sentiment de suffocation ; puis deux ou trois minutes après , chute , perte de connaissance, convulsions très fortes du tronc et des membres; face rouge, point d’écume à la bouche. Vers la fin de l’accès, qui dure à peu prés un quart d’heure, efforts de vomissement dans lesquels la malade ne rend rien. Après l’accès, elle se sent très fatiguée. Sa santé d’ailleurs ne paraît pas dérangée ; néanmoins, depuis quelque temps, elle éprouve de la faiblesse dans les jambes , qui enflent vers le soir. Il y a deux mois qu’elle habile la Salpêtrière. (/d.> ibid.)
Stahl [Theoria medica patholoçj .) cMq le cas d’un jeune homme de dix-huit ans, qui avait eu dans sa première enfance quelques accès d’épilepsie dont il était absolument quitte. Ayant été réveillé brusquement à trois heures du matin par son maître , il en eut sur-le-champ un accès ; c’était le jour avant le dernier quartier de la lune ; dés lors il en revint régulièrement tous les mois une attaque constamment à la môme heure , et toujours à peu prés à la même époque de la lunaison.
Houlicr a vu l’épilepsie récidiver régulièrement tous les mois chez un ecclésiastique. (Marcell. Donat. , Bist. mirab., p. 52.)