CHARLES L. BONAPARTE
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Les Auteurs sont peu d’accord quant aux limites de la Famille des FRiNGILLIDES , qu’ils étendent plus ou moins pour y comprendre parfois, non seulement tous les Conirostres granivores, mais même plusieurs Dentirostres comme les Tanagrides, des Subulirostres comme les Alouettes, et qui pis est jusqu” à des Vozucres, tels que les Phytotomes à bec dentelé, et les Colious qui n’ont absolument rien de commun avec nos oiseaux. Quant à nous, après lavoir restreinte de plus en plus au fur et à mesure que nous l’étudiions dans ses rapports, nous en sommes venus à en exclure, non seulement les Alouettes, les Tangaras et ces autres Oiseaux qui n’ont avec elle que des rapports éloignés, mais même les Plocéides qui en sont certainement beaucoup plus proches. Notre Famille des Plocéides, dont le type se retrouve dans les différents genres de Tisserins qui forment le noyau normal de la Famille, sous le nom de Plocéens, se compose en outre de la Sous-famille des Veuves (Viduinae), et d’une troisième que nous nommons Estreldinae, composée de ces nombreux et élégants petits Passereaux connus généralement sous les noms de Bengalis, Sénégalis etc., qui vivent tous en Asie, en Afrique ou dans l'Océanie, et que la conformation de leur bec (organe auquel on a coutume de donner beaucoup trop d’importance, a fait jusqu'ici ranger parmi les Fringilliens, malgré leur première remige courte et les autres traits qui les distinguent. Les Plocéides en effet diffèrent des Fringillides précisément comme les Sturnides des Iclérides. Tandis que les Plocéides, tous étrangers à l’Europe, sont confinés dans les parties chaudes de l’ancien continent, les Fringillides se trouvent répandus par toute la terre, mais plus spécialement attachés à l’hémisphère boréal; c’est à dire qu’ils appartiennent plus proprement à notre Europe, à la Sibérie, au plateau central de l'Asie, et à l'Amérique septentrionale.
Quoique nous l’ayons ainsi circonserite, cette Famille ne laisse pas que d’être encore fort riche en espèces, n’en comptant pas moins de 450, réparties en presque cent genres dans les six Sous-familles des Emberizinae, Spizinae, Geospizinae, Pitylinae, Fringillinae et Loxünae. Ces deux dernières, plus intimement liées peut-être que les autres, forment pour ainsi dire le centre de la Famille, tant par le nombre, qui excède celui de toutes les autres ensemble, que par la conformation plus normale des espèces.
La première Sous-famille, celle des Embériziens, est bien caractérisée par la contraction de la mandibule supérieure, par cela plus étroite et s’emboitant dans l’inférieure, et par le tubercule du palais (appelé grain d'orge) plus ou moins développé, mais toujours assez pour que le palais soit convexe ou plane pour le moins, au lieu d’être concave ou excavé comme dans les cinq autres Sous-familles. Les genres Plectrophanes avec ses cinq espèces du Nord des deux mondes, Cynchramus avec son unique européenne à plumage d’Alouette, Schaenicola avec ses trois à bec de forme variée, mais si semblables par la couleur, Fringillaria dont deux seulement des douze espèces Africaines s’égarent pour ainsi dire en Europe, et Emberiza composent à eux seuls ce premier groupe. Vingt espèces au moins, toutes d'Europe ou de l'Asie septentrionale, appartiennent encore à ce dernier genre quoiqu’ ainsi restreint.
La seconde Sous-Famille, celle de nos Spiziens qui se rattache d’un côté aux Emberiza et se perd de Pautre dans les vrais Pinsons, parait être essentiellement Américaine, car non seulement elle a son siège principal dans Amérique du Nord, mais elle s’étend dans la méridionale, domaine exclusif des Tangarides, tandis qu’elle nest représentée que par quelques espèces perdues en Europe et dans le Nord de PAsie. Outre la transition déja notée des Euspiza avec les Embériziens, et celle non moins évidente des Sfruthus et des Paroaria qui sont presque des Pinsons, avec les Fringilliens, il existe des rapports directs avec les Pityliens, voire même des points de contact (sans l’intermédiaire de ceux-ci) avec les véritables Tanagriens; le genre Spiza surtout, trop anormal peut-être pour donner le nom à la Sous-famille, en ayant jusqu’ aux couleurs brillantes.
Nous établissons ainsi la série :
1. Euspiza avec sept espèces dont deux Américaines, deux Asiatiques, et trois Européennes.
2. Oriturus, Br., nouveau genre à bec conique, alongé, a queue très longue et très étagée: il se compose de deux espèces, l’une à plumage varié du Méxique (Oriturus mexicanus, Be.), l’autre de la Sibérie (Oriturus wrangel, Br.) à plumage uniforme.
5. Melanodera, Br., aussi formé pour deux espèces, mais de l'Amérique méridionale si semblables aux Verdiers qu’elles leur avaient été réunies sous les noms de Chloro-
spiza æanthogramma et melanodera.
4. Gubernatrix avec son unique espèce du Brésil, Gubernatrix cristatella.
5. Melophus, Sw., pour une espèce également huppée de PAsie centrale, Emberiza lathami ou erythroptera.
G. Lophospiza, Br., petit groupe formé par nous pour d’élégants oiseaux peu connus de l’Amérique méridionale, rangés inconsidérément parmi les Bruants et les Linottes, et confondus avec des Tanagriens qui en ont en quelque sorte le plumage.
7. Paroaria, Br., réuni à Spiza, mais en outrageant la nature. Ces Cardinaux des Spiziens sont au nombre de six, qu’il faut chercher dans les Auteurs parmi les Loziens, les Moineaux et les Tangaras, et que cependant leurs couleurs font rapprocher à la première vue tout aussi bien que Pétude la plus approfondie de leur structure et de leurs mœurs. Ce n’est pas d’eux qu’ou pourra dire que l’apparence est trompeuse! inais bien à propos d’eux que l’on peut répéter qu’un peu de science est pire que Pignorance la plus complète.
8. Tiaris, Sw., ayant pour type la Fringilla ornata, Wisp, (elegans TEmx.), du Brésil, à laquelle on a réuni des Oiseaux d’autres contrées et même d’autres Sous-familles.
9. Poospiza, CaBanis, genre formé pour les Chipius d’Azara, si mal placés avec les Pipilo: nous en connaissons cinq espèces dont une nouvelle.
40. Phonipara, Br., comprenant six a sept petites espèces des Antilles et du Mexique, aussi pétulantes que jolies: son type est la Zoxia canora, Gm., à face et poitrine noires, à sourcils et gorge jaune d’or.
41. Volalinia, Rercmens., formé pour le Tanagra jacarini, L., qu’il ne faut pas con: fondre avec la Fringilla splendens, Vixiz., seconde espèce du genre, beaucoup plus norre et à epaulettes blanches, et encore moins avec le Combassou (Hypochera nitens, Br.), qui appartient à la famille Africaine des Veuves.
12. Spiza, Br. Ces Spiziens-Tangaroïdes qui égalent et surpassent même en beauté les Tangaras, par le Pape du moins, appelé pour cela Non-pareil, auquel se rattachent deux espèces du midi et de l’ouest des Etats-Unis, (Fringilla cyanea et amoena), et deux autres encore plus méridionales, (Spiza versicolor et leclancheri.)
453. Struthus, Br. Ce nom est celui que son type portait en commun chez Boie avec les véritables Pinsons, et qu'Audubon, n’admettant pas sans doute de pareïlles restrictions, pourtant si convenables, a changé depuis en MNiphaea. Ces Oiseaux nous offrent un bec de Pinson encore plus que les Paroaria, et un plumage blanc et noirâtre: nous en connaissons quatre espèces, une de l’Amérique méridionale, une du Mexique, une troisième de la côte ouest de l’Amérique septentrionale qui se retrouve pour le moins dans les iles qui relient l’ancien au nouveau continent, et le hyemalis, si commun dans toute la partie orientale de Amérique du Nord et qui, en sa qualité de Danoise,
mais du Groënland, a été peu judicieusement admise dans l’Ornithologie européenne. +k*
44. Ici pourrait se placer le singulier Pinson bicolore, Townsexn, de Amérique du Nord la plus occidentale, noir à tectrices moyennes des ailes blanches ainsi que les bordures étroites des rémiges et des rectrices, dont les trois extérieures portent en outre une tache blanche à la pointe. Ses habitudes nous Pont fait regarder comme le type d’un genre sous le nom de Calamospiza, tandis que presqu’en même temps M. Audubon, frappé aussi par la conformation de son ongle, l’appellait Corydalina.
45. Phrygilus, Cabanis, pour une dizaine d’espèces de l'Amérique du Sud la plus méridionale, telles que Fr. alaudina, Kirruirz, Fr. gayi, Exvoux, et Fr. diuca, Molina qui pourrait même former un genre à elle seule.
Suivent les genres.
16. Passerella, Sw., de l'Amérique du Nord, dont nous connaissons cinq espèces à plumage grivelé, mais bien distinctes par leurs becs. :
17. Zonotrichia, Sw., qui nous en offre ûne douzaine presque toutes de PAmérique septentrionale, parmi lesquelles Fringilla comata, Wien, d’un gris brun à plumes bordées de blanc-roussâtre: les joues d’un blanc cendré: le sommet de la tête, la face et la gorge noires: le dessous du corps blanc, mais les plumes cendrées à la base: le
bec jaune: la queue très alongée à rectrices égales, la dernière seulement de chaque coté se montrant plus courte.
18. Chondestes, Sw., détaché non sans raison du précédent à cause de sa queue cunéiforme. À son type de l’ouest de l’Amérique septentrionale (Fringilla grammaca ,
Say), figuré dans l’Orn. Américaine, viendront peut-être s’adjoindre deux autres espèces des Antilles.