‹ Monographie des loxiensChapitre 19 sur 27 · CA · texte numérisé non relu

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9°”. — Doigt du milieu, 63”; ongle de ce doigt, 34°”. — Pouce 5°”; ongle du pouce, 33”. Deuxième rémige ne dépassant que fort peu la première; troisième d’une ligne plus

courte que la deuxième. Bec, d’un jaune rougeâtre passant, à l’extrémité, au brun foncé. Pieds, d’un brun rougeatre.

Le mâle. Plumes nasales, celles du front et du sommet de la tête, noirâtres et ornées au milieu d’une large bande grisätre, transversale et en croissant. Freins et région de Voreille, ainsi que le menton, noirâtres. Plumes de la gorge, noirâtres, bordées de gris rose. Toutes les plumes des autres parties inférieures de loiseau, d’un brun noirâtre à la base; dans le reste de leur étendue, couleur de rose, sale sur la poitrine, très vif et plus ou moins foncé sur l’abdomen. Moyennes et petites couvertures de aile, partie postérieure du dos et couvertures de la queue, tant les supérieures que les inférieures , noirâtres à leur base, d’un rose carminé dans leur moitié terminale. Les autres parties de l'aile et les pennes de la queue, d’un noir mat, bordées d’une teinte plus claire, savoir : d’un brun-roux sur les grandes couvertures inférieures, les rémiges tertiaires, et la queue; d’un rose päle sur les grandes couvertures suptérieures, les rémiges secondaires et primaires. Toute la nuque est d’un brun-roux päle et sale. Les plumes du manteau et les scapulaires sont d’un brun foncé, et bordées de brun-roux.

Pallas a décrit cette espèce d’après des individus rapportés des îles Courilles par Merk. Ceux, d’après lesquels Brandt a établi Pespèce, proviennent du Kamtschatka. Nous n’en avons examiné qu’un seul mäle, qui fait partie du Musée des Pays-Bas.

8). MONTIFRINGILLA TEPHROCOTIS.

PI, 43. figure de l'adulte.

Linaria (Leucosticte) tephrocotis, Swainson in Richardson, Fauna boreali-amer., Birds, p.265, No. 79 et XIV. — Erythrospiza tephrocotis, Audubon, Birds of America, New-York, 1841, 80., vol. 3, tab. 198. — Fringilla tephrocotis, Gray, Gen. of Birds.

Valde affinis Montifr. brunneinuchae, sed nucha grisea, pileo nigro, dorso, genis et gastraeo Cinnamomeis.

Long. tot., 6”— Aile, 53”; pointe de l’aile, 15”. — Queue: pennes mitoy., 2” 2”; penœI =

nes extér. 2” 5°”. — Bec: longueur D”; largeur 5°”; hauteur 5 ‘”. — Tarse: 9”. — Doigt du milieu, 62’; ongle de ce doigt, 21°”. — Pouce, 3°’; ongle du pouce, 3°. — Les trois premières rémiges d’égale longueur. Bec et pieds, d’un noir tirant au rouge-brun.

Plumes nasales d’un gris jaunâtre pâle. Front et sommet de la tête, d’un noir, passant sur l’occiput au gris légèrement teint de jaunâtre. Moyennes et petites couvertures de l’aile; parties postérieures du dos; couvertures de la queue, tant les supérieures que les inférieures, noires à la moitié basale, d’un rose carminé à la moitié terminale. Les autres parties de l’aile et les pennes de la queue, d’un noir mat, passant au brun sur les rémiges tertiaires. Toutes les pennes de l’aile et de la queue sont lisérées d’une teinte plus claire, qui passe au blanc sur les rémiges secondaires mitoyennes et au rose carminé sur les grandes couvertures ainsi qu’à la moitié basale des grandes rémiges. Couvertures inférieures de l’aile, blanches, à lexception des petites plumes écailleuses,

qui sont noires à la base et d’un blanc carminé à leur moitié terminale. Toutes les autres parties de loiseau, c’est à dire, tout le dessous du corps jusqu’ à l’anus, les régions des oreilles et des freins, le cou, le manteau et les scapulaires sont d’un brun marron, foncé sur la gorge et les côtés de la tête, plus clair sur la poitrine et passant au fauve sur l’abdomen et les flancs. Les plumes de ces parties sont en outre ornées de larges bords d’un rose carminé pâle.

Cette espèce, très voisine de la Montifringilla brunneinucha s’en distingue par sa taille un peu moins forte, par les parties postérieures de la tête grises, par la couleur d’un brun marron qui revêt uniformément la nuque ainsi que toutes les parties inférieures, par la teinte claire des plumes nasales, et par son bec qui est d’un noir uniforme.

L’individu unique de cette espèce existant dans les collections fut pris par Sir J. Richardson, membre des expéditions de Sir J. Franklin, sur les bords du Saskatchewan, 54° lat. bor. Cet individu, déposé dans la collection de la société zoologique de Londres, est le même qui a servi de modèle aux descriptions et aux figures, données par Swainson, Audubon et par nous.

&). MONTIFRINGILLA ARCTOA.

PI. 44. figures du mäle et de la femelle.

PI. 45. figures d’un individu des iles Kourilles et d’un autre du Kamtschatka.

Passer arctous, Pallas, Zoogr. Rosso-asiatica, IT, p. 21, no. 191, exclusis var. GB 2 et y. — Fringilla (Linaria) Gebleri, Brandt, Bulletin Acad. Pétersb., 26 Nov. 1841, tome X, p. 251.— Fringilla (Linaria) arctoa, Brandt, ibid., 3 Février 1843.

Minor ,'(longit. G poll.). Fusco purpurascens ; nucha pallide fusco flavescente ; cauda et alis magna ex parte griseo lacteis. E Sibiria, insulis Al£uticis et Curii.

Longueur totale, 6”.— Aile, 5” 11” à 4" 2°”; pointe de l’aile, 15". — Queue, 2” 7}; pennes internes, 2° 4}. — Bec: longueur, 4” à 45°; largeur, 5°”; hauteur, 31°", — Tarse, 71”.— Doigt du milieu, 6”; ongle de ce doigt, 3°”. — Pouce, 3°”. —

ongle du pouce, #7.

Bec, médiocre, très conique: en hiver jaune de cire, à pointe noirâtre; en été noir. Pieds, noirs. Première et deuxième des rémiges primaires à peu près d’égale longueur, troisième un peu plus courte que celles-ci.

Le mäle adulte au printemps. Bec, noir. Tête, d’un gris foncé très brillant, passant au noirâtre vers la base des plumes, et lavé de pourpre terne sur les plumes nasales, le front et le long des sourcils. Nuque, derrière et côtés du cou, d’un jaune brunâtre clair, tirant tantôt au blanchâtre, tantôt au grisätre. Manteau, scapulaires, parties inférieures depuis la gorge jusqu’ au bas-ventre, et petites couvertures de l'aile, d’un brun plus ou moins foncé et lavé de rouge pourpre. Cette teinte est très foncée sur les parties antérieures du croupion. Partie postérieure du croupion, le bas-

ventre, la queue avec ses couvertures et toute l'aile, à l’exception des petites couvertures, d’un gris-blanc bleuâtre, très clair sur la queue, plus foncé sur Paile, le croupion, les couvertures et le dessous de la queue, mais parsemé partout d'innombrables petites taches à peine perceptibles d’un brun-gris. Les pennes et les plumes de toutes ces parties présentent des tiges noirâtres et prennent, vers leur éxtrémité, une teinte noirâtre, qui se répand sur le dernier tiers des grandes rémiges, sur les barbes internes des rémiges en général, sur l’aile bâtarde, sur la plus grande partie des couvertures moyennes, ainsi que sur les couvertures inférieures de laile. On voit souvent, sur les barbes externes des pennes de la queue, des traces d’un liséré rouge de brique.

Le mäle en habit d’hiver offre en général les mêmes teintes qu’en été, mais son bec est jaunâtre et on ne voit guère des traces de pourpre, ni sur la tête, ni sur le dos et les parties inférieures. Le Musée de Berlin possède cependant un individu mâle, tué aux îles Courilles et provenant de la collection de Pallas, lequel offre, avec un bec jaune, des teintes fortement lavées de rouge et en même temps très pâles. Nous le prenons pour un individu mäle tué à la fin de lété avant la mue, dont les plumes sont fortement usées et décolorées, et dont le bec a repris la couleur jaune qu’il offre dans la plus grande partie de l’année.

La femelle se distingue du mäle par des couleurs beaucoup plus pâles, de sorte que tout le plumage présente ordinairement une teinte uniforme d’un gris-brun jaunâtre, le plus souvent assez claire sur la nuque, le manteau et le jabot. Cette teinte cependant passe au brun plus foncé vers le milieu des plumes, dont les bords tirent quelquefois au gris-blanchâtre.

Cette espèce, dont on voit des individus dans beaucoup de collections, habite presque toute la Sibérie. Nous en avons vu des individus tués sur les montagnes qui bordent le fleuve Obi, sur les îles Aléoutiennes et sur les Courilles. Pallas constate qu’elle niche dans les régions polaires de la Sibérie et qu’elle ne visite les parties méridionales de cette vaste contrée qu’en hiver. On la voit à cette époque, mélée par couples, avec des bandes errantes du Sizerin, fréquenter les villages. Ne sachant supporter la chaleur, elle retourne vers les régions boréales à la fin du mois de Février et au commencement du mois de Mai. Steller l’a rencontrée au mois de Décembre sur Pile de Behring. C’est un oiseau stupide et facile à prendre. Poursuivi, il fourre la tête dans les herbes, et se croyant de la sorte en süreté, il se laisse prendre de la main. Il se nourrit principalement des semences de plantes de la famille des Ombellifères.

M. Brandt, après avoir décrit, dans le Bulletin de lAcadémie des sciences de St. Pétersbourg, 26 Novembre, 1841, tome X®%, p. 251, la Montifringilla arctoa sous le nom de Fringilla (Linaria) Gebleri, et en citant comme y appartenant le Passer arctous var. à de Pallas, rectifie plus tard, (Bulletin, du 3 Février 1845, p. 27), cette erreur, et transfère le nom de Gebleri à un oiseau de la Sibérie qu’il prétend diflérer comme espèce de la Montifr. arctoa, Voici littéralement les détails fournis par ce savant sur Fringilla Gebleri établie par lui en 1843.

» Rostrum basi flavum, dein nigrum. Frons nigra. Pennae nasales pallide fuscescente »albidae. Cervix cinerascens, fuscescente plus minusve imbuta, Dorsum, humerales »superiores, uropygium, guttur, pectus et abdomen cum crisso albido-cinerea. Rectri-

»ces fusco-nigrae limbo externo et interno albidae. Remiges secundariae et rectrices »ejusdem coloris, sed limbo externo latius et distinctius albae. Tectricum alarum su- »periorum minores albo-cinereae purpureo-cinnaberino vel subaurantio limbatae. Longi- »tudo a rostri apice ad caudae apicem 6”. —Rostri longitudo ad frontem 5}". Cau- » dae longitudo 2” 8'”.— Alae longitudo ab angulo humerali ad apicem 4" AE. N'ayant pas été à même d’examiner cet oiseau, nous nous abstenons de toute remarque relative aux véritables caractères qu’il convient de lui assigner pour le distinguer définitivement de la Montifringilla artoa; mais dans le cas où il constituerait

une espèce distincte, le nom spécifique de Gebleri ne saurait lui convenir. B. LES NIVEROLLES PROPREMENT DITES. MONTIFRINGILLA , Brean.

On ne connait jusqu’à présent qu’une seule espèce de cette section. Elle habite les Pyrénées, les Alpes de la Suisse et le Caucase. Elle se rapproche, par sa physionomie, des Pinsons, et se distingue des autres espèces du genre, par sa queue, très peu échancrée au milieu et un peu arrondie vers les côtés. Ses pieds sont robustes comme dans les Leucosticte; mais ses ongles sont un peu moins courbés, et les plumes qui recouvent les narines, sont moins épaisses et plus courtes. Le bec, noir à l’époque des amours, prend, dans le reste de l’année, une teinte jaune. Le plumage enfin, ne présente jamais des teintes rouges, et le croupion est varié de blanc et de noir.

Cet oiseau qui fait partie, chez Linné, de son grand genre Fringilla, a été rangé en 1822 par Boie dans celui de Plectrophanes. Brehm en a formé, en 1828, le genre Montifringilla, nom changé par Kaup, en 1856, en celui de Chionospiza, et par Keyserling et Blasius, en 1840, en celui d’Orites. Le fait est que le genre Montifringilla est aux veritables Pinsons ce que le genre Plectrophanes est aux Bruants.

1). MONTIFRINGILLA NIVALIS, Breux.

PI. 46. figures du male adulte et du jeune de l’année.

Brehm, Handbuch, p. 269.— Fringilla nivalis, Brisson , Ornith., III, p. 162, pl. 15, fig. 1. — Fringilla saxatilis et nivalis, Koch, Baier. Zool., I, p. 216. — Passer alpicola, Pallas, Zoogr. rosso-asiat., IT, p. 20 , sp. 190.

Major, Cons. 6! poll.). Subtus albus. Gula nigra, capite supra, genis et cervice, cinereis. Dorso fusco, tectricibus alarum et remigibus secund. albis; rectricibus albis, apice nigro; intermediis duabus totis nigris. E regionibus alpinis Pyren. Helvetiae et Caucasi.

Longueur totale, 6}”. — Aile, 4” 3” à 4" 6”; pointe de Paile, 4" 8°". — Queue , 9" 8”: pennes mitoyennes et latérales, 2” 6°”. — Bec: longueur, 5}; largeur, 357; 5 P ? le] > 500 [e] ? ?

hauteur, 33°”. — Tarse, 9}°”.— Doigt du milieu, 65"; ongle de ce doigt, 37" —Pou-

ce, 4”; ongle du pouce, 4”.

Bec médiocre, droit, conique, jaune en hiver, noir en été. Pieds, noirs. Deuxième rémige dépassant la première d’une demi-ligne. Troisième, d’une ligne et demie, quatrième, de six lignes plus courte que la deuxième.

Le mäle adulte en été: Bec noir. Dessus et côtés de la tête, cou par derrière et sur les côtés, d’un gris cendré, assez foncé sur le sommet de la tête. Manteau, scapulaires et rémiges tertiaires, d’un brun de terre, foncé sur le centre des plumes, assez clair sur leurs bords. Croupion, noir au milieu, blanc vers les côtés. Couvertures supérieures mitoyennes de la queue, noires; les latérales, en grande partie blanches. Parties inférieures de Poiseau, d’un blanc tirant au grisâtre sur les flancs et les côtés du jabot. Les couvertures inférieures de la queue, terminées de noirâtre. Gorge blanche, avec un plastron noir. Grandes rémiges et aile bâtarde, noires. Rémiges secondaires et couvertures de l’aile, d’un blanc pur; les grandes couvertures extérieures terminées de noir. La paire mitoyenne des pennes de la queue, noire avec un liséré blanc; les autres pennes, blanches et terminées de noir, à l’exception de la paire extérieure qui est d’un blanc uniforme.

Le mäle en hiver offre des teintes moins pures et plus pâles; il a le bec jaune, et les plumes noires du plastron de la gorge offrent des bords blancs assez larges.

La femelle adulte présente une distribution des teintes absolument semblable à celle des mâles en hiver.

Les jeunes de l’année n’ont point de noir à la gorge; les pennes de Paile et de la queue sont bordées de jaune brunâtre; les pennes blanches de la queue offrent à leurs bords internes des taches noirâtres, et le blanc de l’aile passe, sur le bord des plumes, au jaune brunâtre.

Cette espèce a été observée sur les Pyrénées, les Alpes de la Suisse et du Tyrol, au Caucase et sur les montagnes de la Perse bordant la mer Caspienne. On ne la trouve, en été, que dans les régions près des neiges éternelles, et elle descend en hiver dans les vallées supérieures des Alpes. On ne la voit presque jamais au pied des montagnes, et elle ne s’égare que très rarement dans les plaines. Elle se tient constamment à terre, se perche sur des rochers ou les toits des chaumières, mais jamais sur les arbres. C’est un oiseau inquiet, mais peu farouche. Sa voix d’appel offre de l’analogie avec celle des Becs-croisés. Il se nourrit de semences de toutes sortes de plantes, et 1l mange aussi des insectes. Il construit son nid sur les rochers, ou même sous les toits des chaumières. La ponte a lieu au mois de Juin; elle est de quatre à six œufs, tachetés et pointillés de brun sur un fond verdätre.

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