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DEUXIÈME GROUPE

LES NIVEROLLES. MONTIFRINGILLACEAE.

Ces oiseaux forment une petite famille ou un grand genre très naturel, facile à caractériser, et dont les espèces offrent des habitudes et une distribution géographique toute particulière. Les unes (les Leucosticte), se rattachent naturellement aux Sizerins; une autre, (la M. nivalis), rappelle par sa physionomie, les pinsons; et la Fringalauda paraît se rapprocher, à plusieurs égards, des moineaux.

La taille des niverolles égale celle du moineau ou d’un pinson très fort. Leurs ailes sont assez longues pour recouvrir, lorsqu'elles sont pliées, les trois quarts de la queue; la pointe de l'aile, très alongée, en occupe environ le tiers. Les deux premières rémiges dépassent de fort peu la troisième, et sont à peu près de même longueur. Leur queue est large et le plus souvent profondément échancrée. Leurs pieds sont médiocres, le plus souvent robustes et armés d’ongles assez développés et légèrement courbés. Le bec est médiocre, droit, pointu et plus ou moins conique. Les narines sont cachées sous de petites plumes. Les teintes de leur plumage sont assez diflérentes suivant les espèces; mais elles ont toutes le croupion varié de blanc ou de rougeûtre.

Ces oiseaux habitent les régions très froides de l'hémisphère boréal, et se trouvent aussi sur les Pyrénées, les Alpes, le Caucase et les montagnes du Népaul. Ils se tiennent à terre et construisent leur nid sur des rochers. Ge sont, à proprement parler, des oiseaux sédentaires qui vont, durant la saison froide, errer dans les contrées voisines du lieu de leur résidence, pour y retourner dans le mois de Février ou au commencement du mois de Mai. Habitant des lieux solitaires et éloignés de la résidence de l’homme, ils sont ordinairement très peu farouches et même stupides.

Le genre Montifringilla, érigé en 1828, par Brehm, en faveur de l’espèce d’Europe, se divise naturellement en trois sous-genres.

A. LES NIVEROLLES ARCTIQUES. LEUCOSTICTE, Swamson.

Cette première section comprend les espèces qui habitent les régions boréales de PAsie et de l'Amérique. Elles ont les pieds robustes, et leur bec jaune prend, à Pépoque des amours, une teinte noire. Leurs narines sont couvertes par un faisceau de petites plumes raides, dirigées vers le devant; leur queue est très échancrée et leur plumage plus ou moins teint ou lavé de rose carminé. Elles se nourrissent de graines de toutes sortes de plantes. On peut les distinguer sous le nom de Leucosticte, genre créé par Swainson , en 1851, en faveur de la Montifr. tephrocotis, et qu’il regarde comme sous-genre des Linaria. Brandt a réuni les autres espèces dans le genre Linaria, régardé par lui comme sous-genre du grand genre Fringilla. Ces oiseaux que Von ne peut éloigner, dans une classification naturelle, de la Niverolle proprement dite, ni de la Fringalauda, présentent en effet certaine analogie avec les Sizerins qu’ils rappellent aussi par leur plumage plus ou moins teint de rouge.

Cette section comprend les espèces suivantes.

1), MONTIFRINGILLA GRISCINUCHA.

PI. 41. figures du mâle adulte et d’un jeune individu.

Passer arctous var. y, Pallas, Zoogr. rosso-asiat., Il, p. 23. — Fringilla (Linaria) griseonucha, Brandt, Bullet. Acad. Pétersb., 26 Novembre 1841, p. 36. — Fringilla pustulata, IUiger, Mus. Berol. — Leucosticte griseigenys, Gould, voy. Sulphur, Birds, pl. 23.

Major (long. © poll.); plumulis nasalibus albescentibus. Mas: badius; pileo nigro, nmucha genisque cCanis; tectricibus alarum , plumis uropygiüi et abdominis late puniceo terminatis. Avis junior : Cinnamomea , alis caudaque nigris, ro= seo vel ferrugineo limbatis. Ex insulis Alëuticis.

Longueur totale, 7”. — Aile, 4” 2° à 4° 4”; pointe de laile, 17”. — Queue:

pennes internes, 2” G6'”’; pennes externes, 2” 9””.— Bec: longueur, 8”; largeur, 51”; 11) T2 . DE Tia s ler

hauteur, 4”.— Tarse, 11".- Doigt du milieu, 8°”; ongle de de doigt, 32°”. — Pou-

ce, 52; ongle du pouce, 4”.

Deuxième rémige ne dépassant que de fort peu la première; troisième d’une ligne plus courte que la deuxième. Bec, d’un jaune rougeâtre, passant au brun vers son extrémité; d’un brun jaunâtre dans les très jeunes individus. Pieds, noirs; brunâtres dans les jeunes. :

Le mâle adulte: Plumes nasales blanchâtres. Front et sommet de la tête, d’un noir luisant. Occiput, nuque, menton, régions de l’oreille et freins, d’un beau gris-cendré. Cou, manteau, scapulaires et jabot, d’un beau marron, passant au noir sur la gorge; les plumes du manteau bordées de roux vif, celles du jabot, de rose. Plumes de la poitrine et du ventre, couvertures supérieures et inférieures de la queue, parties postérieures du dos, et couvertures de la queue et de Paile, d’un brun noirâtre à la base, et d’un beau rose carmin à leur moitié terminale. Grandes couvertures de l'aile, pennes de laile et de la queue, d’un noir mat, et bordées de rose carmin pâle tirant souvent au Jjaunâtre sur l'aile, et au brunâtre sur la queue.

Le jeunes ont tout le plumage lavé de brun de canelle; mais cette teinte n’occupe que Pextrémité des plumes qui sont, dans le reste de leur étendue, d’un gris noirâtre. Le ventre tire au gris jaunâtre. Les ailes et la queue sont d’un noir mat; les rémiges, les grandes couvertures externes et les pennes de la queue sont bordées de rose carmin pâle et sale; les rémiges tertiaires, les grandes couvertures internes, ainsi que les couvertures moyennes et petites ,. offrent des bords d’un brun ferrugineux pâle.

Pallas en décrivant, comme variété de l’arctoa, cette belle espèce d’après plusieurs dépouilles rapportées d’Ounalaschka par feu Merk, à déjà émis lopinion, qu’elle devra probablement former une espèce particulière. Elle est, en effet, très différente des autres de ce genre, avec lesquelles il est impossible de la confondre. Elle habite les îles Aléoutiennes. Le Musée des Pays-Bas en possède deux individus originaires de ces contrées, et nous en avons examiné, au Musée de Berlin, plusieurs autres, dont Pun, savoir un mâle adulte, a été donné à cet établissement par feu Pallas même.

2). MONTIFRINGILLA BRUNNEINUCHA.

PI. 42. figure du mäle adulte.

Passer arctous var $ 2, Pallas, Zoogr. rosso-asiat., IT, p. 22. — Fringilla (Linaria) brunneonucha, J. F. Brandt, Bulletin Acad. Pétersb., 26 Nov. 1841, p. 35.

Minor (longit. G poll.). Plumulis nasalibus, capite gulaque nigrescentibus : nucha rufo-ferruginea; tectricibus alarum magnis et remigibus tertiariis ferrugineo limbatis ; tectricibus alar. mediis et minoribus, plumis uropygii, pectoris, abdominis et crissi rubro-roseis, basi nigris. E KHamtschatka et insul. Curil.

Long. totale, 6”.— Aile, 4"; pointe de l'aile, 11”. — Queue: pennes internes, 22”;

pennes externes, 2° 8°". — Bec: longueur, 4}; largeur, 23°”; hauteur, 57°”. — Tarse,

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