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PREMIER GROUPE

LES LOXIENS PROPREMENT DITS. LOXIACEAF.

Nous comprenons dans cette sous-famille les genres Loxia, Corythus, Uragus, Carpodacus, Pyrrha, Erythrospiza et les deux espèces anormales formant les genres Chaunoproctus et Haematospiza. Tous ces oiseaux sont remarquables par leur plumage, en grande partie teint de rouge dans les mâles adultes. Ils ont toujours le bec plus ou moins vigoureux et très conique; quelquefois même, les deux mandibules se croisent en sens inverse. Ils habitent l'Asie, à l’exception de ses parties méridionales, VEurope, l'Amérique du nord et centrale, ainsi que certaines parties de l’Afrique septentrionale.

LES BECS-CROISÉS. LOXIA. Linré.

Ces oiseaux sont remarquables sous beaucoup de rapports, mais plus particulièrement par leur bec allongé, comprimé et dont les pointes déliées des deux mandibules se croisent en sens inverse, mais en sorte que l’extrémité de la mandibule inférieure se loge, tantôt sur le côté gauche, tantôt sur le côté droit de la mandibule supérieure (1). Ils offrent des formes lourdes et ramassées. Leurs narines, petites et tout à fait rapprochées du front, se trouvent recouvertes par un petit faisceau de plumes raides et touflues. Leurs pieds sont courts et très robustes; les doigts de longueur moyenne, également vigoureux, armés d’ongles assez longs, crochus et forts, et pourvus, à la plante des pieds, de protubérances assez développées. Leurs ailes sont pointues et assez longues pour recouvrir plus de la moitié de la queue; la deuxième rémige ne dépasse guère la première et fort peu la troisième. Leur queue est courte et assez échancrée.

Les teintes de leur plumage sont assez variables suivant l’âge et le sexe, et on observe, dans toutes les espèces connues, les mêmes variations et la même distribution des teintes. Il en résulte qu’en décrivant ces changements et en faisant observer que les ailes sont ornées, dans quelques espèces, de deux bandelettes blanches, on pourra appliquer ces observations générales à chaque espèce en particulier. Les jeunes des deux sexes ont le plumage orné de grandes taches longitudinales d’un brun noir. La couleur du fond

(1) Cette anomolie, si rare parmi les oiscaux, se retrouve aussi dans le bec du joli petit genre Hypolozias , oiseau originaire de l’Océanie.

des parties supérieures est un gris cendré plus ou moins foncé, tirant un peu au verdàtre sur le croupion et même sur le dos; celle des parties inférieures est d’un blanchàtre, lavé souvent de vert-jaunâtre. Les pennes des ailes et de la queue sont d’un noir brunâtre, avec des lisérés grisâtres. Les couvertures grandes et moyennes de l’aile offrent souvent, à leur extrémité, des bords clairs, et ces bords sont blancs et très larges dans les espèces dont les ailes sont ornées, en tout âge, de deux bandes blanches. Les femelles adultes ressemblent en général aux Jeunes, mais leurs teintes sont plus claires, et les taches du plumage moins prononcées; la teinte du fond des parties supérieures tire plus fortement au verdâtre, notamment sur le croupion, et les parties inférieures tirent au gris verdâtre. Dans les très vieilles femelles, la teinte du fond offre même un ton vert jaunâtre assez clair. Le plumage des mâles prend, après la première mue, des teintes qui passent successivement du Jaune au jaune rougeâtre et au rouge ponceau, vermillon au carmin. Ces teintes, peu vives chez les mâles dans la deuxième année, deviennent plus brillantes à chaque mue subséquente; mais le plumage des individus en captivité ne prend qu’une teinte d’un jaune plus ou moins intense, qui ne change jamais en rouge. Cependant, quelque pure que soit la teinte rouge ou jaune des mâles, elle est toujours plus terne sur le bas-ventre, plus sale sur les plumes latérales du jabot et de la poitrine, et mêlée de brun ou même de noirâtre sur le dos; les scapulaires sont d’un noir tirant ordinairement sur le verdâtre, et celte teinte foncée couvre aussi les ailes et la queue, ainsi que les grandes couvertures supérieures de celleci, quoique les pennes et les plumes de toutes ces parties offrent un liséré plus ou moins prononcé rougeâtre, brun-rougeâtre où brun-jaunâtre.

Les Becs-croisés habitent les contrées froides et tempérées de l’Europe, toute la Sibérie, le Tubet jusqu’au Népaul, le Japon et les parties froides et tempérées de PAmérique du nord. Ils se tiennent constamment dans les forêts de pins, de sapins, de laryx etc., qu’ils quittent par bandes, dans l’extrême disette, pour aller visiter, à des distances plus ou moins considérables de leur séjour habituel, les bois où se trouvent ces arbres favoris, soit isolés, soit réunis en groupes plus ou moins étendus. Ils se nourrissent exclusivement des semences de ces arbres conifères, et ils les savent extraire des cones résineux avec beaucoup de dextérité, au moyen de leur bec, admirablement conformé pour cette opération. Leur vol est assez rapide pour des oiseaux aussi pesants. Ils ne se posent presque jamais à terre que pour aller boire, et y sautillent assez lourdement. Se tenant constamment sur les arbres, ils savent, à l’exception d’une ou de deux espèces, grimper avec une facilité étonnante, et s’accrochent souvent, à l’aide de leur bec, aux branches, comme le font les Perroquets. Leur chant est assez varié, et leur voix d’appel forte et sonore. Ils construisent leur nid sur une branche de pin ou de sapin, près du tronc de l'arbre, ordinairement à une élévation considérable du sol, et le placent de manière à ce qu’il se trouve abrité contre la neige par des branches ou rameaux suspendus à une petite distance au dessus du nid. La ponte a lieu depuis le mois de Janvier jusqu’ au mois de Juin, et elle est, chaque fois, de trois à quatre oeufs peu volumineux. La femelle ayant pondu le premier oeuf, elle ne quitte plus le nid, et le mâle se charge dès-lors du soin de lui apporter la nourriture. Ils font ordinairement deux pontes par an.

On ne connaît qu’un petit nombre d’espèces de ce genre dont plusieurs sont tellement voisines les unes des autres qu’elles ne paraissent former que des races locales. Il arrive même quelquefois que les individus varient par leur taille et qu’ils sont intermédiaires, sous Ce rapport, à deux espèces ou races voisines. Aussi, les différentes espèces ou races de Becs-croisés ont-elles été souvent confondues par les naturalistes, et M. Thienemann, Rhea, II, 1849, p. 165, est allé jusqu’ à vouloir prouver qu’il n’existe qu’une seule espèce de ce genre, et que toutes les différences que présentent entre eux ces oiseaux, ne doivent être attribuées qu’ aux variations que subissent leurs formes. On peut diviser les Becs-croisés en deux coupes: savoir ceux qui ont les ailes d’une couleur uniforme, et ceux où les ailes sont ornées de deux larges bandes blanches.

À. Aïles dépourvues de larges bandes blanches.

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