LOXIA CURVIROSTRA, Linné
PI. 2. figures de deux mâles adultes.
PI. 3. figures de la femelle adulte et du jeune mâle. PI. 4. figure d’un vieux mâle du Japon.
Syst. nat. XITme édit., I, p. 299, sp. 1. — Crucirostra abietina, Meyer, Vügel Lief-u. Esthlands, p. 72. — Loxia crucirostra, Pallas, Zoogr. ross. as. IT, p. 4, sp. 177. — PI, ent. 218. — Naumann, pl. 110. — (Gould, pl. 202.
Media (long G poll.; al. 31 poll.). Similis Loxriae pityops. sed minor ; rostro minus valido sed uncis magis productis. Ex Europa, Asia sept., Japonia.
Longueur totale, 5? à 6”. — Aile, 5}”; pointe de l’aile, 14”. — Queue, 2° 2”; pennes mitoyennes, 4” 10°”. — Bec:longueur, 75 à 9”; largeur, 577; hauteur, 45°. — Tarse, 7”. — Doigt du milieu, 7”; ongle de ce doigt, 54. — Pouce, 27”; ongle du pouce, 4”.
Le Bec-croisé commun offre absolument le même système de coloration que le grand Beccroisé, Loxia pityopsittacus, dont il se distingue par sa taille moins forte, ainsi que par son bec plus faible, mais à pointes plus déliées.
Il habite toute l’Europe septentrionale et tempérée, partout où il existe de grandes forêts de pins. Il est de passage en Hollande et en France, se montre en hiver dans l'Italie septentrionale, et niche en Scandinavie, en Russie, dans beaucoup de parties de l'Allemagne, en Angleterre, sur les Pyrénées et en Suisse. On le trouve dans toute la Sibérie, particulièrement dans les parties froides ou alpines de cette vaste contrée, mais il n’est que de passage dans ces parties de la Sibérie, où il n’existe pas de forêts (Pallas). Nous en avons reçu du Japon un bon nombre d’individus, qui ne se distinguent en rien de ceux tués en Europe. M. Brandt, Bulletin, Acad. Pétersb. du 26 Nov. 1841, cite cet oiseau comme ayant été rapporté de Sitka par M. de Kittlitz; mais tout porte à croire que ce savant a pris pour l’espèce commune la Loxia amerivana, qui remplace la Loxia curvirostra dans l'Amérique du nord.
Ce Bec-croisé ressemble, par ses habitudes, à la grande espèce. Il est également très
peu farouche, et il niche ordinairement dans les trois premiers mois de lannée; mais
sa voix d’appel est moins forte et plus sonore, son chant est moins agréable, et ses œufs sont un peu plus petits. Steller a trouvé, au Kamtschatka, le nid de cette espèce au mois de Mars. Pallas rapporte encore que les enfants s’amusent à prendre ces Becs-croisés, le long des bords de la rivière Cama, avec des piéges de crin de cheval, tendus sur la neige que l’on arrose, pour attirer ces oiseaux, avec de l’urine ou une liqueur fermentée, preparée avec de la farine et du sel.
LOXIA CURVIROSTRA RUBRIFASCIATA.
Pl. 5. gures du mâle adulte et du jeune.
Loxia rubrifasciata, Brehm in litteris.
Simillima Loxiae curvirostrae sed alarum fascia duplici rubicunda. Ex Europa centrali.
Le pasteur Brehm a séparé du Bec-croisé commun, sous le nom de Loxia rubrifasciata, un oiseau qui ne paraît former qu’une variété de cette espèce. En effet, ce Bec-croisé à bandes rougeâtres ne se distingue de la Loxia curvirostra que parce qu’il a les grandes et moyennes couvertures de l’aile terminées de rougeâtre chez le mâle adulte, de brun jaunâtre ou brunätre chez la femelle et les jeunes. Encore, la trace de cette bande claire n’est elle, dans quelques jeunes individus, que très peu apparente et tout à fait semblable aux bords clairs des couvertures des ailes, tels que les offrent souvent les jeunes du Bec-croisé commun. Du reste, M. Brehm, depuis 1819, n’a observé qu’un très petit nombre d’individus de son Bec-croisé à bandes rougeâtres. Un de ces individus ayant été pris vivant, M. le pasteur Brehm lui arracha quelques unes des plumes de lVaile terminées par une bandeletie claire, et il eut Ja satisfaction de voir que les nouvelles plumes étaient pourvues d’un bord clair absolument semblable à celui des plumes qu’elles venaient de remplacer. Cette expérience tend à prouver que, les bandelettes claires ne disparaissant pas par la mue, les individus qui en sont ornés, les gardent pendant toute leur existence et qu’ils forment une variété constante, quoique accidentelle.