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Monographie des melasides du Canada

Je présente aujourd’hui aux entomologistes du Canada une monographie des Mélasides (Eucnémides) que l’on peut rencontrer dans les limites de notre pays. Je tiens à dire tout de suite que mon seul mérite est d’avoir compilé tout ce qui peut servir à faciliter aux débutants l'étude d’un groupe d'insectes relativement peu connus, parce que ces insectes n'offrent qu'un intérêt tout secondaire, aussi bien au point de vue économique qu’au point de vue de la beauté des espèces. Malgré tout, il se peut que je sois resté bien au-dessous de mon sujet; la cause en est peut-être au fait qu’il m'a été très difficile de me procurer des matériaux: je n’ai eu à ma disposition que les collections de la Ferme d’expérimentation du Canada. Parmi les autres collections que j'ai eu l'avantage de consulter, grâce à l’amabilité de quelques confrères, je n’ai rencontré que de rares spécimens d’espèces, presque toujours les mêmes. Ce qui me porte à croire que les individus de cette famille sont plutôt peu nombreux, et que la famille elle-même est en train de disparaître.

C’est ce qui arrive généralement pour tous les groupes de transition, non seulement chez les insectes, mais encore chez toutes les espèces animales ou végétales. Or, nous ne devons pas perdre de vue que la famille des “Tryxagidæ (Throscidæ)” et celle des “Melasidæ’”’ sont les deux familles intermédiaires entre les Buprestides et les Elatérides : elles forment les. chainons qui relient la chaine si parfaitement compacte que forme le monde des petits êtres, dans l’ordre de la création.

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Mon seul mérite, ai-je dit — et j'avoue que c'est un mérite dont je n’exagère en rien la portée, c'est d’avoir com= pilé de divers auteurs, pour en former un tout, tout ce qui pouvait faciliter l'étude de nos espèces. J'ai largement puisé dans la monographie, si parfaite à tous égards, du vicomte Henry de Bonvouloir, publiée par la Société entomologique de France, en 1870, ainsi que dans la revision de cette fa mille faite par le Dr George Horn, et parue dans le volume xiii des Proceedings of the American Entomological Society. Pour tout entomologiste qui désire se livrer à une étude sérieuse de cete intéressante petite famille, ce sont certainement là les deux meilleures sources.

On me reprochera peut-être d’avoir séparé totalement les Mélasides des Elatérides pour en faire une famille distincte. À ce reproche, je n'ai que ceci à répondre: que les auteurs sont tellement partagés à cet égard, qu'on ne saurait me blâmer pour une divergence d'opinion. Je crois toutefois

qu’il faudra tôt ou tard en venir à l'opinion à laquelle je me

suis moi-même rallié; car, pour être logique, si l’on réunit les Mélasides aux Elatérides, pour en faire une simple sousfamille, il faudra faire de même avec les Tryxagides, car la distance qui sépare ces derniers des Mélasides est moins grande que celle qui sépare les Mélasides des Elatérides. Bien plus, il faudrait aussi réunir les Elatérides, ainsi augmentés des Mélasides et des Tryxagides, aux Buprestides, car l’espace qui sépare ces derniers des Tryxagides est assu-

rément moins grand que celui qui sépare les Tryxagides des.

Flatérides. Ce n’est assurément pas en se basant sur la similitude ou la dissemblance de la vie larvaire, que l’on arrivera à me donner tort; car, à mon avis, les larves des Mélasides et celles des Elatérides ont moins de rapport entre elles, que n’en ont entre elles les larves des Buprestides et des Mélasides. En cela encore, je vois une raison de séparer les Mélasides des Elatérides.

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