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D'ailleurs, il ne faut pas perdre de vue cette grande vérité, qu'en réalité, chez les insectes, comme aussi chez tous les animaux depuis le sommet jusqu'au bas de l’échelle—il en est de même chez les végétaux—, la famille n'existe pas; elle a été imaginée pour faciliter les moyens de classification.
Ce qui le prouve, ce sont les nombreux tâtonnements par lesquels il a fallu passer pour arriver à établir définitivement, chez les insectes surtout, le genre, la famille et même, parfois, l'ordre. Ainsi, pour ne parler que des insectes qui nous occupent en ce moment, c’est en 1767 que Linné a décrit l’Elater buprestoïdes; l’année suivante, ce même insecte était nommé, par Geoffroy, Richard noir chagriné; Fourcroy le baptisait du nom de Cucujus dentatus, en 1785; cinq ans plus tard Olivier donnait la figure et la description de ce même insecte et créait pour lui le genre WMelasis *. En 1706, Latreille reconnut ce genre, le faisant rentrer dans sa famille No 16, qui ne comprenait alors que les genres Buprestis, Melasis, Elater et Throscus ; comme cet auteur n'avait pas encore une idée bien nette de la classification de ces insectes, il créait ensuite, en 1804, la famille des Sternoxes, comprenant les Taupins (Elater), les Throsques, les Buprestes et les Mélasis; deux ans ne s'étaient pas écoulés qu'il faisait passer dans les Sternoxes le genre Cebrio, à la place des Throsques, rejetés par lui dans les Byrrhides; en 1809, il ajoute à sa famille des Sternoxes le genre Cerophytum, qu'il place avant les Mélasis; en 1817, il remplace par le nom de Serricornes celui de Sternoxes, et il divise de nouveau sa famille en sept tribus: Buprestides (où il place les genres Melasis et Cerophytum) *, Elatérides, Cébrionides, Lampyrides, Mélyrides, Ptiniores et Lime-bois ; les T'hroscus
1. Le genre Welasis étant antérieur au genre Æucnemis, il est tont logique de faire porter à la famille le nom dérivant de ce premier genre
sont encore rejetés dans les Clavicornes, entre le : et les M hpdtes en Lu il fonde les Et
la tribu des Cérophytides’. : ; La première monographie du genre Eucni
Mannerheim et date de 1823: dix espèces, velles, y sont décrites et figurées. Cet auteur sc assez bien saisi les caractères et les grandes € cette famille. De Castelnau, en 1835, donne, d: vail sur les Sternoxes, une classification nouvell sides, dont il sépare les Cérophytides, classifica l'examen des caractères que peuvent lui fournir le et les tarses; on sent que la famille, telle que
l’époque. Eschscholtz nous donne, en 1836, œuvre publiée par de Castelnau, une classification encore 1 ayant pour base l'examen des tarses; toutefois, ces insectes n'avaient été considérés que comme
1, Bonvoulcir, Monographie, p. 16.
Kant Anauern
en leur reconnaissant des caractères parfaitement distincts. En 1857, Lacordaire, dans son Genera des Coléoptères (tome iv, p. 95), fait ressortir d’une façon très claire les caractères qui éloignent les Mélasides des Tryxagides et des Elatérides, et il établit ces insectes en une famille dictincte, de laquelle il éloigne même le genre Cerophytum. De nouveau réunis aux Elatérides par Redtenbacker, en 1838, par Schiodte, en 1865, et LeConte et Horn (Classification of Coleoptera), en 1883, puis considérés comme famille distincte par Kiessenwetter, en 1861, Jacquelin Duval, en 1862, Thomson, en 1864, et de Bonvouloir, en 1870, ces insectes ont, par la suite, généralement été traités en famille distincte par tous les auteurs européens; les auteurs américains— ceux des Etats-Unis, j’entends—semblent se ranger aujourd'hui à cette opinion, si du moins j'en juge par le très remarquable travail de feu John B. Smith, “ The Insects of New-Jersey”’ (1909).
On m'objectera peut-être que nos espèces ne sont pas assez nombreuses pour être considérées en famille à part, et que, pour cette raison, il vaut mieux les réunir à la famille des Elatérides. Si cette objection était juste, il faudrait rattacher à une autre famille les Tryxagides, moins nombreux encore, et les Cioïdes, et les Attélabides, et les Sphindides, et les Platypsyllides, cette dernière famille ne comprenant qu'une seule espèce connue. Assurément cette raison est pour le moins puérile; le nombre des genres ni des espèces ne saurait être pris en considération dans les délimitations des familles, mais seulement les caractères anatomiques tant de la larve que de l'adulte.
Il me reste à remplir un devoir agréable, celui de remercier ceux qui m'ont aidé de leurs conseils où qui m'ont aidé en mettant leurs collections à ma disposition. Sans les uns et les autres, il est certain que je n'aurais pu mener à bien
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1: Depuis la rédaction de ces ie la mort a pr é: à la science cet ardent collectionneur. C’est une pour l'ordre religieux dont il était un membre d’ur
Québec.