‹ Monographie des Myricacées: Anatomie et histologie, organographie, classification et description des espèces, distribution géographiqueChapitre 5 sur 81 · HISTORIQUE GÉNÉRAL · texte numérisé non relu

HISTORIQUE GÉNÉRAL

Bibliographie.

Banraozi, Acta medica, 1669, p. 424.

Baunin (Jean), Historia Plantarum, 1650, p. 503. Brerscuneiper (Dr), Botanicon sinicum, 1892, Part. Il, p. 111. Commezyn, Horti medici Amstelodamensis, 1701, Part. LE, p. 164. DacecHamps, Historia generalis Plantarum, 1586, p. 110. Doponazus (RamBerTus), Stirpium historia Pemptades, 1016. Griscey (GABrieL), Viridarium lusitanum, 1661. GEsner (Conrap), Catalogus Plantarum, latine, græce, germanice et gallice conscriptus, 1942.

Jussieu (ANTOINE-LAURENT DE), Genera Plantarum, 1789, p. 409. Krause (E. H. L.}, Eine botanische Excursion in d. Rostocker Heide vor 300 Jahr. Arch. Ver. d. Freunde d. Naturg. in Mecklenburg, 1879, p. 318.

Liné, Systema Naturæ, ed. [, 173%.

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Loge, Stirpium Observationes, 1576, p. 547.

Parkinson, Theatrum botanicum, 1640, p. 1451. Periver, Musei Petiveriani, 1695, p. 225.

PLuxener, Almagestum, 1696.

— Phytographia, 1696. — Amaltheum, 1705.

Pcumier, Description des Plantes de l'Amérique, 1693. Tourxerorr, Suite de l'établissement de quelques nouveaux genres de plantes. Mém. Acad. Roy. Sc., 1706, p. 83.

Le plus ancien document où il soit question d’une

plante appartenant au groupe des Myricacées est le Rh’ya, sorte de compilation chinoise, relique de la dynastie Chou, attribuée à Tsz Hra, disciple de Confucius. BRETSCHNEIDER (3) rapporte qu’il y est fait mention d’un fruit appelé Æ'iu, fruit rouge, de la taille d'une prune et comestible. Ce nom est encore donné aujourd'hui par les Chinois, non seulement aux fruits de divers Cratægus de l’Extrême-Orient, mais encore à ceux du Myrica Nagi,

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arbre très répandu dans la partie méridionale de l'empire chinois où il semble cultivé depuis la plus haute antiquité. Divers livres japonais mentionnent aussi le même fruit sous le nom de Yamma-Momu.

Aucune espèce de la famille n'a été connue des naturalistes latins; c'est par erreur que quelques botanistes prélinnéens ont cru reconnaître le Gale palustris dans l'Elæagnos de Tuéoparasre et de Dioscoripg. On ne peut pas davantage lui attribuer le Rhus silvestris de Pune : le Gale manque en effet totalement à la région méditerranéenne.

C'est à un commentateur de Dioscoride, VALERIUS Corpus (1515-1544), qu'on attribue la première mention en Europe d'une plante de ce groupe, mention faite dans une simple énumération de noms de plantes, œuvre posthume publiée par Coran GEsner en 1561 (8, p. 31, à gauche). Lobel, en effet, rapporte à son Ælæagnos, la plante qu'il décrit longuement et qui n’est autre que le Gale palustris. Valerius Cordus a aussi créé dans le même ouvrage le nom de Myrica, mais en l'employant pour désigner des Tamarix (p. 68, à gauche, lignes 12 et 14). Vers la même époque NATHAN CHYTRAEUS, énumérant les plantes qui croissent parmi les bruyères du Mecklenburg y cite le Gaze qu'il nomme Teuwtlona Myrtus. Le document en question est une poésie intitulée Botanoscopium, retrouvée et publiée récemment par E. H. L. Krause (40, p. 329).

En 1576, Logez (43) pour la première fois décrit et figure assez exactement les individus mâle et femelle du Gale qu'il nomme Gagel Germanorum. I le classe dans son groupe des Frutices et Subfrulices, à côté du Vaccinium et de l'Oxycoccos, et rapporte qu'à cette époque il est appelé par les apothicaires Myrtus Brabantia, les

Allemands le nomment Gagel et les Anglais Gold. IT signale son odeur résineuse qu'il compare au parfum du trèfle ; il indique sa station dans les bruyères ombragées et les bois: enfin, il ajoute qu'en Angleterre il fleurit en juin et juillet, détail inexact.

En 1586, Dazecrames (5) décrit et figure avec soin la même plante. Aux noms déjà connus, il ajoute celui de Pseudomyrsine. I l'indique dans les terrains marécageux des environs de Rouen où elle existe toujours. Elle y est, dit-il, connue sous le nom de Piment royal, et fructifie en juillet et août.

Pendant un siècle et demi, le Gale palustris demeure la seule Myricacée connue.

En 1616, Ramgerrus Doponanus (6) le nomme Chamelaeagnus et le range dans sa classe des Arbustes non épineux entre le Rhus Colinus et le Viburnum Lantana. Il signale la présence de gouttelettes de résine sur le fruit et l'indique comme répandu dans la Grande-Bretagne, le Brabant, les Flandres, le nord-ouest de la France jusqu'à la Loire.

En 1640, ParkiNsoN (44) le range dans les Sumacs et le nomme Myrlus brabantica aut anglica.

Aux noms connus de Gagel et de Royal Balme, il ajoute ceux de Siweele Gaule et de Sweete Willow. En Angleterre, il indique la plante dans le Sussex, le Hortfordshire, le Cornwall.

Jean BaumiN, en 1650, (2) ajoute à ces provinces l'Écosse. Les habitants de cette région le nomment Gale, nom sous lequel il l’a reçu du médecin Per. TuRNERUS.

QuATRAMIUS le recueille à la même époque «dans les prés humides aux environs de Paris » et l'appelle Pijmen on Pigmen, nom qui dérive probablement de Pigmentarii.

En 1661, GaBrigz GRiscey (7) découvre, aux environs

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de Lisbonne, une nouvelle forme qu'il nomme Gagel ramulis rubris. Cette forme, excessivement intéressante, cultivée probablement ensuite au Jardin du Roi, est devenue le Gale portugalensis ; elle n'a jamais été retrouvée depuis.

Les grands voyages de la fin du XVII siècle amenèrent la découverte de cinq espèces nouvelles qui demeurèrent pendant longtemps les seules espèces exotiques connues, et dont les échantillons furent distribués dans les cabinets d'histoire naturelle et les jardins botaniques d'Europe.

En 1669, Barraozin (4) décrit un Laurus africanus, serrats folis qui est sans aucun doute le 17. conifera Burm. f.

En 1693, PLumier (49) appelle Arbor carolimiensis où Ligustrum americanum lauri fotio une espèce qui deviendra le 7. cerifera. Elle avait été entrevue en 1650 sous le nom d'Ambulon arbor par J. Baurin.

En 1695, Peniver (15) signale deux espèces remarquables, et bien qu'elles soient de toute la famille celles dont le port diffère le plus de la plante d'Europe, 1l leur assigne leur place exacte à côté du Gale, l'une Gale mariana, asplenii folio est devenue le Comptonia peregrina, l'autre Gale capensis est le AT. corfoha.

Enfin, Commezyx, en 1701, (4) signale sous le nom de Laurus africana minor, le MT. quercifolia.

La plupart des observations de ces différents auteurs furent réunies par PLurexer à la fin du XVI siècle et au commencement du XVIIT, dans les trois ouvrages de sa grande encyclopédie botanique: Phytographia (1696), Almagestum (1696), Amaltheum (1705).

Nous nous sommes un peu étendu sur cette partie de la botanique ancienne dans cet historique, parce que l'on considère souvent la botanique systématique comme commençant avec Tournefort et Linné. En réalité, ces deux auteurs n’apportèrent aucun fait nouveau concernant le

groupe des plantes qui nous occupe. Plus d’un siècle avant Tournefort, Lobel avait établi le genre Gagel, et Petiver avait très judicieusement groupé côte à côte des espèces que d’autres auteurs rapportaient indistinctement aux Myrtus, aux Laurus, aux Gale, aux Ligustrum.

Dans son Systema (114) et son Species (12) LiNxé ne tient aucun compte des travaux de ses prédécesseurs. Non seulement il néglige le nom générique de Gale déjà ancien et appliqué d'une façon bien précise à ce groupe, mais il fait revivre le mot de Myrica employé longtemps avant lui par Vazerius Corpus pour désigner d’autres plantes.

En 1737, dans le Sysiema Naturæ, il place ce genre dans la classe X /Diœcia), et la section 1v (Tetrand.) de son système sexuel. Si l’on voulait assigner aujourd'hui une place aux diverses Myricacées dans cette classificaton, il faudrait séparer les espèces les plus affines, les unes étant dioïques, les autres monoïques, enfin le nombre des étamines variant de 2 à 16.

Dans son Species de 1753, cet auteur décrit brièvement les 5 espèces ‘ déjà connues en créant pour elles des noms nouveaux. Il eût été facile de conserver les noms anciens dans la nomenclature binaire en élaguant les mots superflus.

Enfin le Comptonia s'y trouve décrit deux fois : il en fait un Zrquidambar peregrina et quelques pages plus loin un Myrica asplenifoha.

Malgré tout ce que la classification de Linné présente d’artificiel, il est remarquable de trouver le genre Myrica

! Le M. aethiopica L. connu des contemporains de Linné a été omis par cet auteur jusqu’à la publication du Mantissa en 1771. À cette époque, la même plante avait déjà reçu un nom dans la nomenclature binaire, celui de M. conifera Burm. f. qui doit être conservé.

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placé à côté de plantes Morus, Hippophaë et Urtica avec lesquelles il offre de réelles affinités.

En 1769, Anrons-Laurenr pe Jussieu plaça ces plantes dans sa famille naturelle des Amentiferæ, non loin des Betula, des Castanea; avec lesquelles elles n’ont guère de rapports.

C’est à L.-C. RicrarD ‘ que revient le mérite d’avoir constitué une famille spéciale, celle des Myricées pour comprendre les diverses espèces de ces plantes.

En 1830, Lipzey * place encore dans cette famille les Casuarina et les Nageia (Podocarpus), mais dans la 2° édition, il constitue la famille des Myricacées, telle que nous l’admettons aujourd’hui.

Au XIX° siècle, aucun travail d'ensemble, si ce n'est la monographie de CAsIMIR DE CANDOLLE (1864) dans le Prodromus, n’a été consacré à ces plantes.

Deux faits importants sont cependant venus s'ajouter aux connaissances générales acquises sur cette famille :

1°Ap. Bronanrarr et les paléophytologistes qui l’ont suivi ont fait connaître l'existence des Myricacées dès l’époque du Crétacé et leur abondance pendant tout le Tertiaire ;

2° Mezc. Treug a signalé le mode de cheminement du tube pollinique pour parvenir au sac embryonnaire (porogamie Treub, porodie Van Tieghem), si différent de celui des Casuarinées (Chalazogamie Treub, Chalazodie Van Tieghem) des Bétulacées et des Juglandacées. Nous reviendrons sur cette question à propos de la fleur.

Nous avons nous-même fait connaître, en 1898, la structure anatomique de l’ensemble de l'appareil végétauf de ces plantes.

1 Pour la bibliographie post-linnéenne, voir les chapitres suivants. 2 LINDLEY. Introd, Natur. Syst. Bot. {re éd., 1830.

Enfin le nombre des espèces vivantes qui était de six à l'époque de Linné a presque décuplé, puisqu'il est aujourd'hui de 55, si l'on compte les formes nouvelles décrites dans ce mémoire.

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