‹ Monographie des Myricacées: Anatomie et histologie, organographie, classification et description des espèces, distribution géographiqueChapitre 67 sur 81 · M. PUBESCENS Humbl. et Bonpl. in Willd · texte numérisé non relu

M. PUBESCENS Humbl. et Bonpl. in Willd

« Arbuste ou arbre de 2 à 3" de haut » (Wenpez). Rameaux bruns, très anguleux, parsemés de grosses lenticelles blanchâtres très saillantes, tantôt circulaires, tantôt elliptiques-allongées, avec une fossette médiane longitudinale. Ramules fortement velues-tomenteuses, à poils blancs étalés. Feuilles coriaces, grandes, lancéolées, mesurant 60 "/" à 120 "/" de long, sur 15 à 95 ”/" de large, velues sur les 2 faces, ordinairement dentées en scie sur les bords, à dents petites, aiguës, plus ou moins irrégulières, souvent munies d’une petite pointe épaissie à leur sommet. Limbe atténué aux deux extrémités, base fortement cunéiforme, à bords entiers, sommet aigu ou subobtus ou arrondi et courtement apiculé. Pétiole de 5 à 10 "”/" de long, fortement tomenteux, ordinairement canaliculé en dessus, surtout à la naissance du limbe. Surface supérieure du limbe d'un vert cendré, parsemée de nombreux petits puits dépourvus de glandes à l’état adulte, entièrement couverte de poils qui sont particulièrement abondants sur la nervure primaire etsur les nervures secondaires se détachant en creux. Surface inférieure tomenteuse, parsemée, outre les poils, de très nombreux petits puits remplis, même à l’état adulte, de glandes dorées; nervure primaire et nervures secondaires trèssaillantes, hérissées de poiis blancs; les nervures secondaires, au nombre de 10 à 15 paires, se bifurquent ordinairement au sommet et forment en s’unissant quelques larges réticules issus des nervilles très saillantes. Chatons le plus souvent androgynes, mais parfois aussi unisexués, isolés à l'aisselle des feuilles supérieures, ou parfois ternés sur les rameaux les plus robustes [les deux chatons latéraux sont alors plus courts que le chaton médian), longs de 10 à 30 ”/", à rachis tomenteux, hérissé de poils blancs; bractées ovales ou ovaleslancéolées, hérissées de poils blancs au moins sur les bords, présentant à leur aisselle des fleurs mâles (à la base du rachis) constituées chacune par 2 bractéoles lancéolées, ciliées, et une colonne staminale portant 6 à 18 étamines pédicellées qui se détachent à diverses hauteurs, et au dessus, sur la plus grande partie de la longueur du chaton, des fleurs femelles plus ou moins distantes les unes des autres et accompagnées de 3 ou 4 bractéoles ovales, pubescentes, formant un périanthe autour du

jeune ovaire; celui-ci a sesémergences serrées les unes contre les autres et hérissées de fins poils blancs qui persistent, au moins en partie, à l'état adulte. Fruits mürs sphériques, de 4”/"5 de diamètre, nus ou complètement recouverts d’une couche de cire blanche traversée par les poils les plus longs au nombre de 5)}à 15 par chaton. Noix osseuse, rugueuse à sa surface, de 3 ”/" de diamètre.

Car. biol. — Semble fleurir une grande partie de l’année. Nous avons vu des échantillons en fleurs, recueillis les uns en septembre, la plupart en février, enfin d’autres en juin; un rameau portant des fruits complètement mûrs, recouverts d'une couche de cire blanche, a été récolté en avril.

On peut répéter pour cette espèce ce qui a déjà été dit pour les autres Myricacées monoïques, le M. cahifornica et le A1. conifera. À côté des rameaux portant des chatons exclusivement androgynes, on en trouve d’autres à chatons d’un seul sexe, ou bien encore les chatons mâles, les chatons femelles et les chatons androgynes sont entremélés sur les mêmes branches. Il peut arriver enfin que certains individus soient totalement unisexués.

Dans ces différents cas, on n’observe ni trace de champignon parasite, ni piqûre d’insecte. C'est donc aux phénomènes de nutrition qui saccomplissent pendant la formation et la croissance des divers rameaux d’un individu qu'il faut attribuer ces variations sexuelles, tendant à rendre dioïques des individus monoïques, et réciproquement. L’hérédité et la sélection naturelle peuvent ensuite intervenir pour fixer les caractères apparus, ainsi que l’a montré M. Hugo de Vries dans ses remarquables travaux sur la variabilité et la mutabilité. C’est par suite de cette mutation qu'une espèce dioïque peut produire une nouvelle forme monoïque, et inversement.

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St. — Régions montagneuses, de 1000" (Orro Kunrze) à 3000" (Humgozpr et BoxPLAND) d’alt.

D. G.— PÉROU (Ruiz et Pavon in Herb. Lambert) H. Mus. s. n. M. arguta var. tinctoria C. DC.; près Ayavaca à 2740" d’alt. (Bonpland, n° 6) H. Mus. — BOLIVIE : province de Yungas et Vuracare ( Pentland, 1839, n° 187) 1. Mus. ; prov. de Yungas, fruits en décembre (H. Alg. Weddell, 1846, n° 2295) 4. Mus. ; prov. de Yungas, Coripatü, fruits en avril (Miguel Bang, 1894, PI. Boliv., n° 2121, s. n. M. xalapensis H. B.K:) F. Deless. — Prov. de Larécaja (H. A. Weddell) 4. Mus. — COLOMBIE : Paramo de San-Fortunato, près laroute de . Fusagasugo, à 2900" d’alt, (Humboldt et Bonpland, teste H. B. K., p. 17). — Andes de Popayan, de 2000 à 2800" d'alt. (Hartweg, 1839, in Benre., L. c., p. 251); Mont El-Sisme près Loxa (Hartweg, 1839, in Benta., p. 251). — Prov. de Mariquita, Quindiu, à 1000 toises d’alt. (Linden, 1843, n° 1123) A. Mus. — Prov. de Antioquio, à 2000" d’alt. (J. Triana, 1851-57, n° 826). — VENE- ZUÉLA : Silla de Caracas (Orro Kunrze, 1. c.) H. Mus. — COSTA-RICA : Irazn à 3000 d’alt. (Orro Kunrze, I. c.)

Syn. et Bibl. — Myrica pubescens Humsorpt et Box- PLAND in Wäiup., Sp: Pl., t. IV, 1809, p. 746; Orro Kuwnrze, Revis. Plant. — M. arguta Kuntx in H. B. K., Nov. gen. et spec., 1817, p. 17 et tab. 98. — 7. arguta H. B. K. var. tinctoria C. DC., 1. c., 1864, p. 153. — M. macrocarpa Kunra in EH. B. K., 1. c., 1817, p. 16. — M. polycarpa Kunra in H. B. K.. L. c., 1817, p. 18; C. DOPNENCADNEUE,

N. vulg. — Olico (Colombie, TRiaNa).

1. var. caracassana (Kunra in H. B. K.). — Ramules légèrement pubescentes, à poils blancs étalés, couvertes de très nombreuses petites glandes résineuses, jaunâtres, saillantes. Feuilles coriaces, nombreuses, petites, elliptiques, 2 fois ou 2 fois 1/2 plus longues que larges, ayant de 20 à 40 "/" de long sur 10 à 16 »/" de large, atténuées à la base, arrondies ou aiguës au sommet, à bords finement dentes dans les 2/3 supérieurs. Pétiole grêle, finement pubérulent et glanduleux, long de 5 à 8 ”/”. Surface supérieure du limbe d'un vert mat, très ruguleuse et parsemée de nombreux petits puits; nervure médiane un peu pubérulente dans le tiers inférieur, le reste du limbe est glabre ou présente quelques cils (souvent caducs) à sa base; nervure primaire et nervures secondaires se détachant en creux. Surface inférieure rugueuse, glabre ou presque glabre, recouverte, ainsi que les nervures de nombreuses pelites glandes d’un jaune doré ; nervure médiane très saillante, hérissée de quelques longs poils, surtout dans sa moitié inférieure; nervures secondaires de 4 à 8 paires, saillantes, simples ou bifurquées, s'unissant en arceau sur le pourtour du limbe, mais n'offrant pas de réticules saillants. Monoïique ? La plupart des chatons observés sont entièrement femelles, un ou deux présentant des traces d’étamines à leur base. Chatons fructifères longs de 10 à 20 "/", à rachis un peu pubescent et glanduleux, à fleurs légèrement espacées. Fleurs femelles à bractées ovales-lancéolées, très glanduleuses sur le dos, scarieuses sur les bords, tantôt nues, tantôt ciliées ; bractéoles 2, lancéolées-linéaires, ciliées; jeune ovaire blanc-pubescent. Fruits adultes 1 à 3 par chaton, sphériques, de 4/» de diamètre, couverts d'émergences semi-globuleuses, très saillantes, enveloppées par une couche de cire blanche.

D.G. — BOLIVIE: Rio-Juntas, à 1000" d’alt. (Orro Kunre, L. c., p. 295). — VÉNÉZUÉLA : Caracas, régions froides, à 2400" d'alt. (Humbold et Bonpland, teste Kunrx, L. c., p. 18); Silla de Caracas (Funck, 1844, n° 471) A. Mus. et H. Deless.

Bibl. — Myrica caracassana Kunrx in H. B.K., Nov.

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gen:, II, 1817, p. 18; C. DC., LE c.; p. 154 : Orro Kunrze, Rens M2 part:tp1205,

2. var. glandulosa. — Ramules non hérissées, offrant seulement quelques rares poils (ou glabres), mais couvertes de très nombreuses glandes roussâtres. Feuilles ordinairement grandes, de 50 à 120 “/" de long sur 12 à 30 */" de large, presque glabres sur les ? faces, mais couvertes de nombreuses glandes jaunes, celles de la face supérieure caduques ; nervure médiane très saillante en dessous, parsemée de nombreuses glandes ordinairement caduques et de quelques rares poils, ou complètement glabre. Chatons androgynes, plus ou moins longs, à bractées pubescentes ou seulernent ciliées, à rachis tomenteux; fleurs femelles presque aussi écartées que dansla var. interruplta. Fruits tomenteux, au moins à l’état jeune, ayant 3 "/"5 de diamètre à maturité et recouverts d'un enduit de cire.

D.G. — PÉROU (Hartweg, 1842, n° 832) H. Mus, — BOLIVIE: prov. de Larécaja. près de Sorata, Cerro del Imissapi, Coriguaya (G. Mandon, 1857, n° 1091 et 1091 bis) À. Mus. ; Bolivie, sans localité (Miguel Bang, 189%, PI. Boliv., n° 1808, s. n. M. kalapensis) H. Deless. — COLOMBIE: Cordillière orientale, Coquesa (J. Goudot, 1844) A. Mus. ; prov. de Pasto, Tuquerres, à 3000" d’alt. (J. Trrana, 1851-1857, n° 827) 4. Mus.— VÉNÉZUÉLA : prov. de Caracas (Linden, 1842, n° 20) 4. Mus. et H. Bruœelles; id., près La Guayra (N. Fank, 1843, n° 478) X. Mus.

3. var. glabra. — Ramules presque complètement glabres. Feuilles petites, ovales ou ovales-lancéolées, de 40 à 50 "/" de long sur 10 à 16 "/" de large, dentées dans leur partie supérieure, glabres et fortement ruguleuses en dessous. Rachis des chatons femelles brièvement pubescents, bractées ciliées ; fruits complètement glabres, même à l'état jeune.

D. G. — PÉROU: Andes de l'intérieur (Mathews, 1836- 1837, voyage GaunicæauD sur «la Bonite », n° 939) H. Mus.

L. var. tomentosa. — Ramules très tomenteuses, hérissées, dépourvues de glandes. Feuilles ovales-lancéolées, de 50 à 80 "/" de long sur 15 à 28 "“/" de large, à nervures tomenteusesveloutées, couvertes de poils épars sur les 2 faces, même à l'état adulte. Fruits jeunes recouverts d’un tomentum épais qui cache les émergences.

D. G. — PÉROU (Rivéro-Canta) H. Mus. — COLOM- BIE : Cordillière orientale, Choachi(J. Goudot, 1844, n° 1) H. Mus.— ÉQUATEUR : Andes (R. Spruce, 1857-1859, n° 4973) HA. Mus.

5. var. interrupta (Benth.). — Feuilles lancéolées-ob'onques, coriaces, longues de 50 à 60 "/", larges de 19 à 15 "/", à bords entiers ou légèrement ondulés-sinués, à base étroitement cunéiforme, à sommet arrondi-obtus (rarement brusquement apiculé). Surface supérieure du limbe finement ruguleuse, couverte au début de très petites glandes jaunes superficielles, luisante à l'état adulte; surface inférieure glabre, couverte, même sur Îles nervures, de fines glandes situées dans de petits puits et donnant un aspect roussâtre ;: nervure principale très saillante, glabre ; nervures secondaires 8 à 12 paires, simples ou bifurquées. Châlons grêles, ceux que nous connaissons entièrement femelles, longs de 25 à 50 "/", isolés ou groupés par 2 à l’aisselle d’une feuille, pauciflores, à rachis couvert de petites glandes jaunâtres et présentant aussi quelques poils à la base; jeunes fruits écartés, de 2 à 4"/"; bractées lancéolées, pointues, longues de 3 à 4”/", entières, couvertes de petites glandes, offrant en dedans # petites bractéoles qui forment un périanthe autour du fruit. Ce dernier est ovoïde, entièrement couvert à l'état jeune d’une pubescence blanche.

D. G. — COLOMBIE: prov. de Bogota, prèsla cataracte de Tequindama (Hartweg, n° 1380) H. Mus.

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Bibl. — Myrica interrupta Bexraam, PI. Hartweg, 16607 e6RIC DC; Lire: p.150.

RÉSULTATS

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