X. OROBANCHE DU TRÈFLE DES PRÉS; Planche
Syn. Orobanche minor. Sutton. Transact, Soc. Lin. 4» i59« Orobanche minor. Wallroth. iMrmni. p. 55.
Orobanche minor. Wildenow. III, p. 35o.
Orobanche scapo adbasim incrassato, modice squamoso; bracteislan^ ceolatis , pUosis ; floribus luteo albidis; i^enis saturatioribus ^ purpureis ; sepaUs duobus, nunc simplicibus nunc bifidis; corollâ bUahiatd, labio superiore rotundato, crenulato^ integro , inferiore trifido; laciniis œqualibus, rotundo crenulatis ; staminibus supra basimcorollœ insertis; antheris nigres' centibus; stigmate bilobato ^ purpwascente, transverse rimoso.
Cette Orobanche, dont la bulbe assez grosse est garnie d'écailles, a une tige rougeâtre, un peu velue et foiblement consistante ; son épi lâche et long 'de quelques pouces, est forme de fleurs d'un jaune violet, tachées de de blanc et de rouge à leur partie inférieure ; quelquefois le blanc sale domine , et l'on n'aperçoit qu'une faible teinte bleuâtre ; la corolle est arquée et peu ouverte, la lèvre supérieure est crénelée et un peu incisée, l'inférieure est à trois divisions arrondies et à peu près égales ; les étamines sont implantées à peu près au tiers de la hauteur de la corolle ; les filets et les anthères sont à peu près dépourvus de poils ; le germe est court, plutôt renflé qu'allongé ; le stigmate bifide et d'un rouge foncé, s'incline fortement sur les anthères, et noircit promptement ; le nectaire est peu apparent à la base de l'ovaire , mais les étamines donnent abondamment une humeur mielleuse qui sort de leur point d'insertion; la capsule devient blanchâtre à l'époque de la maturation , et le reste de là plante prend une teinte roussâtre ; les stipules inférieures portent souvent à leur aisselle des rudiments de fleurs.
Cette Orobanche vient sur les recoupes des Trèfles de seconde et troisième année ,- vers la fin de Juin. Elle s'y trouve quelquefois en telle quanr tité, qu'elle donne à toute la prairie une teinte bleue. Dans ce cas elle nuit beaucoup au Trèfle sur lequel elle vit , et dont la récolte est à peu près perdue. Il n'y a que deux moyens de s'en débarrasser : le premier est de ne pas ressemer du Trèfle sur le même terrain , le second est de passer au crible la graine de cette légumineuse , toutes les fois qu'elle contient des semences d'Orobanche.
L'Orobanche du Trèfle est une des plus répandues et des plus nuisibles. Je l'ai trouvée en abondance dans le Canton de Genève et dans celui de Vaud, dans la Lombardie, de Sesto-Calande à Cassino, de Coni à Turin, de toni à Mondovi et de Lestrelles à Nic!e , où elle fleurit dès la fin de Mai. On voit Trans. Linn. IV, p. 1 70 et suiv , qu'elle n'est pas rare en Angleterre.
Ce qu'elle a surtout de remarquable^ c'est qu'elle ne paroit que sur les coupes des Trèfles de seconde et troisième année, circonstance qui semble indiquer que son développement n'a lieu que fort tard. C'est sans doute
la raison pour lacjueUe je n'ai pas pu l'obtenir de graine ^ et c'est aussi pourquoi je n'ai pas encore réussi à faire lever des semences d'Orobanche sur des plantes vivaces.
SuTTON, dans les Trans. Linn. Soc. Vol. 4- représente dans la Fig. 1 3. p. 187^ des graines de cette Orobanche ^ germant sur les racines du Trèfle des prés; on voit les radicules sortant de tous les côtés, mais on n'aperçoit pas comment la tige doit se développer. Cette espèce est très- distincte par un grand nombre de caractères , et surtout par ses étamihes insérées au tiers de la hauteur du tube.
Orobanche du Trèfle rampant. Je l'ai trouvée entre Lestr elles et Cannes. Elle m'a paru en tout semblable à celle du Trèfle des prés , quoiqu'elle fut un peu plus petite dajis toutes ses parties. On voyoit sur la racine du Trèfle , la bulbe de l'année précédente , dont la base avoit donné naissance à la bulbe de l'année.
Orobanche du Trèfle enterreur. Elle croit dans les mêmes lieux sur ce Trèfle annuel. Elle a le port et l'apparence de celle du Trèfle des prés, mais elle est plus petite dans toutes ses parties , ses sépales sont fort étroits et profondément divisés. Je n'ose pas la séparer.
Il ne seroit pas impossible de trouver la même Orobanche sur d'autres Trèfles, conmie il pourroit aussi arrriver qu'elle fut assez modifiée pour fournir des caractères propres ; alors elle formeroit une espèce différente , et l'on auroit plusieurs Orobanches de Trèfle , comme on a plusieurs Orobanches du Genêt ; mais ce cas ne s'est pas encore présenté.
\J Orobanche du Trèfle des prés qui est si commune chez nous, ne paroit pas venir sur d'autres plantes. Jai cru la voir une foia sur le Paspabim dac-^ tylon^\9x reconnu ensuite que je m'étois trompé. Il pourroit arriver que^ l'on trouvât quelques Orobanches du Trèfle commun , croissant sur d'autres plantes, dans un champ qui, l'année précédente, auroit portera Trèfle ; mais ces Orobanches seroient comme adventives, et ne se propageroient pas long-temps sur la plimte étrangère qui les auroit portées.
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XL OROBANCHE DU LOTIER FAUX-CYTISE.
Orobanche scapo in bulbum medHocrem et squamosum incrasscUo; sti^ puUs caulinis paucioribus; spicâ cylindricâ compacta; sepaUs inœqualker hifidis; corollâ coarctatâ; labiis ahbre^iatis ; Umbo crenulato.
Cette Orobanche, que je ne vois pas vivante, me paroît fort distincte des autres ; sa tige s'ëlëve à sept ou huit pouces ; son épi est serre, court, cy« lindrique , compact et assez semblable à celui d'une bugle ; la bulbe est chargée d'ëcailles , mais la tige elle-même est à peu près n^e ; le limbe de la corolle est d'une couleur foncée , ses lèvres sont médiocres, peu écartées et crénelées sur les bords ; les anthères blanchâtres et spinulées ; le germe court et peu allongé ; le stigmate bilobé et réfléchi ; les sépales divisés en deux parties inégales , et les bractées lancéolées. Toute cette plante paroît velue.
M. DeRoz, Botaniste de Palerme , a envoyé à M. Reynier, cette Orobanche encore implantée sur les racines ligneuses du Faux-cytise^ que M. De Gandolle, dans sa Flore, désigne, je crois, à tort comme une plante annuelle. M. Reynier me l'a remise pour la décrire, et je profite de cette circonstance pour remercier M. De Roz des soins qu'il s'est donnés pour rendre moins incomplète cette monographie.