‹ Monographie des orobanchesChapitre 20 sur 26 · XXII. OROBANCHE DE LA SCABIEUSE COLOMBAIRE · texte numérisé non relu

XXII. OROBANCHE DE LA SCABIEUSE COLOMBAIRE

Orobanché scapo ad basiw^ dilatato , squamoso; stipulis numerosis , lanceolatis, luteo^nigrescentibus ; corollâ bilabiatâ^ luteâ ; staminibus, germine , stigmate, nectario concoloribus.

Cette belle Orobanché qui s'élève jusqu'à un pied , est tout entière d'un beau jaune paille , à l'exception de ses sépales et de ses bractées , dont l'extrémité est un peu noirâtre; sa bulbe est élargie et écailleuse;

sa tige mince , délicate , recouverte de stipules lancéolées ; ses sépales sont velus et surtout bifides ; ses fleurs sont médiocres et nombreuses ; la lèvre supérieure est à deux lobes peu prononcés ; Finférieure à trois lobes ondulés ; le limbe est irrégulièrement frangé sur les bords ; les étamines arrivent à la hauteur du stigmate qui est entouré par les anthères ; les filets sont jaunes; lesanthères médiocres^ im peu noirâtres et épineuses; 1« germe est jaunâtre comme le style ; le stigmate est à deux lobes , d^un jaune clair ; le nectaire est jaunâtre à la base du germe ; les étamines sont insérées au fond de la corolle*

Toute la plante est d'une structure tendre et délicate ; les ^eurs se flétrissent promptement et deviennent d'un jaune sale ; le germe blanchit.

On trouve cette Orobanche à la sortie de Fréjus, du côté de Lestrelles

et tout le long de la route jusqu'à Cannes. On la distingue au premier coup-d'œil à sa belle couleur jaune et aux caractères que j'ai indiqués. Je l'ai cueillie plusieurs fois sur la Scabieuse colombaire, une fois sur le Chœrophyllum sauvage, une autre fois sur la Menthe des champs. Elle fait exception au principe que les mêmes Orobanches ne viennent que sur la même plante; mais elle prouve en même temps que les Orobanches ne sont pas toujours modifiées par les plantes sur lesquelles elles croissent ; car cette Orobanche m'a toujours paru parfaitement semblable à ellemême. Du reste , des observations ultérieures serviront à éclaircir cette question ; elles seront d'autant phis faciles que cette Orobanche pe peut

être méconnue.

Je ne trouve aucun synonyme qui s'y rapporte , et je ne puis pas non plus déterminer avec exactitude, si c'est la Scabieuse colombaire que cette Orobanche recherche de préférence.

XXIII. OROBANCHE DE LA PICRIDE ÉPERVIÈRE. Planche i2. Syn. Caryophyllaceaauctorum?

Orobanche scapo ad basim medhcriter inflato et squamoso; stipuUs amnlù laxisaue ; bracteis elongatis et citoflaccidU; sepaiis ùrigulariter bir

fiais; coroUd bilahiatâ^ 9enosâ; lahio superiore intégra^ plicato, fimbriato ; inferiore trUobo; îobis lotis pUcatùque ; stigmate trifido , quadrifidoque miniato ; nectario auraïuiaco.

Elle s'élève au-delà d'un pied ; sa bulbe est peu renflée et peu écailleuse ; sa tige est velue, garnie d'im petit nombre de stipules allongées, et recouverte de poils glutineux que Ton retrouve sur le calice et la corolle ; 1 epi est serré, formé de fleurs d'un blanc pailleux, à veines rougeâtres, d'une consistance papyracée ; le limbe est étalé ; la lëvre supérieure est entière, plissée et frangée ; l'inférieure est à trois lobes très-marqués et plissés ; les étamines qui naissent de la base de la corolle sont un peu élargies à leur origine ; les filets sont courts et blanchâtres ; les anthères rapprochées et placées au-dessous du pistil; le germe est d'un jaune blanc ; le style d'un blanc rougeâtre , et le stigmate d'un rouge carmin. Il m'a paru toujours divisé en trois ou quatre lobes ; mais je ne sais pas si ce caractère est constant. Le nectaire est peu apparent et d'un jaune orangé ; la base des étamines est légèrement nectarifère.

Cette Orobanche a quelques-uns des caractères de celle de la Fève. Mais elle est vivace et naît chaque année sur la même racine. Elle diffère encore de celle de la Fève, par sa tige garnie de stipules et non nue , par son stigmate d'un rouge carmin, par ses fleurs plus petites et d'un blanc jaunâtre.

Je l'ai trouvée d'abord le i5 Juin iSaS , entre Novi et Gênes , dans les Apennins, sur les hauteurs qui dominent le bourg du Ranco, et je l'ai retrouvée dans les mêmes lieux l'année suivante , à la même époque , croissant mêlée à d'autres Orobanches.

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