PREMIERE TRIBU
OSPROLEONS.
Les Osproîéons^ dont le nom, forme des deux mots grecf; olrv^y légume et AfW lion, signifie lion ou peste des légumes, ont pour caractères un calice formé d'un à deux sépales entiers ou divisés, et enveloppés d'une seule bractée. Leur corolle est quadrifide, presque toujours labiée, leur capsule s'ouvre latéralement en deux valves , leur tige est toujours simple. Cette tribu renferme plusieurs espèces:
L OROBANCHE DU GENÊT DES TEINTURIERS. Planche i.
Syn. Orohanche major. Lamarck. Dict. iv. 621. De Gandolle F. jP. III. 4^8.
O. Rapum Genistœ! Thuillier. a.® édit.p. 317. O. Major garyophyllum olens. Morison. Hist. 12. 3oia. t. 16. f. i. O. L Glusius. Hist. I. 270.
Rapum Genistœ. Lobel. Icon. 11. 89.
O. Rapum. Wallroth! Orobanches generis àMa'xMjn Francfort 1826.
Orobanche scapo in bulbum camosum imbricatim^squamosum incras-
sato; stipulis bracteisque superioribus a^ato oblongis^ hirsuto glutinosis;
sepalis duobus, bijidis, laciniis linearibus, cequalibus ; corollâ inflato
ventricosâ ; stigmate bilobato^ luteo.
Sa tige qui s'élève jusqu'à un pied est renflée, charnue et écailleuse à la base; ses stipules, au nombre de sept ou huit, sont lancéolées et roussâtres. L'épi terminal est conique et formé de douze à quinze fleurs recouvertes
avant leur épanouissement, ainsi que tout le reste de la plante, de poils jaunâtres, les uns simples, les autres glanduleux.
Le calice est formé de deux sépales à divisions linéaires, et plus ou moins régulières ; la corolle est labiée et renflée , la lèvre supérieure est échancrée, l'intérieure trilobée et frangée; les filets des étamines sont recourbés au sommet, les anthères sont épineuses, le stigmate est globuleux, perforé à son centre et divisé en deux lobes d'un jaune orangé; le nectaire ne forme ni tache, ni renflement, et la liqueur mielleuse sort aussi de la base intérieure des étamines. Toute la plante est d'un rouge jaune.
Ses principaux caractères sont : i.^ La bulbe écailleuse. a.^ La couleur constamment rouge jaune. 3.® Le stigmate d'un beau jaune. 4«® Le nectaire non taché. 5.^ Les poils glutineux.
Elle fleurit dès le mois de Mai jusqu'à la fin de leté, et donne successivement plusieurs hampes. La tige desséchée est assez consistante et d'un brun foncé , y, .
J'ai remarqué dans cette Orobanche trois sortes de teintes assez prononcées. La iJ^ d'un jaune clair qui indique un état morbide. La a.^* d'un jaune rougeâtre et d'un rouge sanguin dans l'intérieur de la corolle. La 3.® d'un rouge sale et rayé.
Elle porte deux renflemens à la base de sa lèvre inférieure. Les fleurs nouvellement épanouies exhalent une odeur trçs-agréable de giroflée ou d'oeillet.
J'ai noté que j'avais cru trouver une fois cette Orobanche sur une racine d'Esparcette qu'elle faisoit dépérir, je n'ai rien vu de semblable ensuite.
Cette Orobanche est fort commune en Suisse, oii elle vit sur les lisières des bois et sur les pâturages stériles. Je l'ai trouvée depuis Domo d'Ossola jusqu'à Baveno, et sur toutes les collines de la rive occidentale du lac Majeur. Je l'ai retrouvée ensuite de Chambéry à Genève , en particulier de Frangi à l'Éluiset. Elle est d'autant plus colorée , qu'elle est plus exposée au soleil. Les échantillons cueillis en Lombardie dans des lieux découverts, ont la gorge d'un rouge de sang.
C'est V Orobanche Rapum de Thuillier et de Wallroth; peut-être
aussi de Morison et de Lobel. Les autres Botanistes et en particulier DeCandolle^ Font confondue avec celles des autres Genêts, principalement du Genêt à balais.
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