I. Coccosteus decipif.ns Agass
Old Red, Tab. 7— 10.
Svs. Coccosteus lotus Afj. Report on thft fossil pi-shes of l!i(‘ Devoninn System or Old red Sandslone. Rritish. Assosialion ISM. — Biblioth. univers, de Genève, lSt3. — Recherc Pois», fos». vol. 1, !*!(; xxxtt.
La tète de cette espèce est arrondie, plate et peu relevée au milieu, tronquée transversalement en arrière et suivie d'une carapace étroite et allongée. Ce qui la distingue surtout de l'espèce suivante, c’est la forme de la plaque nuchale, qui est très-large en arrière, tandis qu’en avant elle a à peu près le quart de la largeur de la tête. Les deux ailes latérales de la plaque faciale ont l’angle postérieur et intérieur contracté en arriére en forme de crochet. Les autres plaques de la tête ne présentent rien de bien saillant. Les dents des mâchoires
sont toutes égales entre elles et forment des cènes allonges et pointus, dont la longueur excède beaucoup la largeur de la base. Des rides longitudinales se voient à la base de ces dents ; mais elles montent à peine jusqu'au quart de la hauteur. La plaque dorsale est allongée, sensiblement renflée au milieu, où elle a quelquefois un pli longitudinal, comme si elle était divisée en deux moitiés (Tab. 8). Les deux plaques ventrales postérieures ont les angles intérieurs arrondis, tandis que les angles extérieurs sc prolongent en crochets obtus (Tab. 9, fig. 3). La plaque ventrale moyenne est grande et beaucoup plus longue que large. La queue parait avoir été beaucoup plus longue que le corps. Les apophyses des vertèbres sont massives et tellement nombreuses qu'elles se touchent les unes les autres. Je u'ai point vu d'exemplaire où l’extrémité de la queue et les nageoires fussent complètement conservées ; mais à en juger d’après les empreintes mutilées, la dorsale et l’anale étaient peu considérables et placées tout prés de l’extrémité de la carapace. La granulation des plaques est assez caractéristique ; les granules sont rares et très-cspacécs sur les plaques nuchales, où elles forment aussi parfois des rangées parallèles, entre autres au bord antérieur. C’est cette granulation particulière qui a conduit Cuvier à envisager la plaque d’un grand exemplaire de cette espèce, que MM. Scdg- » iek et Murchison ont décrite dans leur mémoire sur les schistes de Caithness, comme appartenant h une espèce éteinte de Trionyx.
Comme les caractères distinctifs des diverses espèces de Coccosleus sont assez difficiles à saisir, il importe surtout de faire attention à la forme de la plaque nuchale, aux crochets prolongés en arrière des ailes latérales de la plaque faciale, aux granules éparses et peu nombreuses et aux dents allongées et pointues qui distinguent le Coccosteui) decipûiu de ses congénères.
J’ai fait figurer une série d’échantillons, parce qu'en général l’état de conservation de cette espèce est tel qu’il serait impossible de s’en faire une juste idée sans la comparaison de plusieurs exemplaires.
Tab. 7 montre un individu de moyenne taille presqu’en entier, mais où les plaques sont désagrégées. La tète se voit par la face supérieure ; mais la plaque dorsale est enlevée , ce qui permet de voir les plaques ventrales du cùlé interne. Ou voit aussi le prolongement de la colonne vertébrale dans l’intérieur de la carapace et l’insertion des deux nageoires verticales près de l’extrémité de cette dernière.
Tab. 8 montre un autre échantillon où la partie postérieure de la tète et la plaque dorsale sont fort bien conservées ; on distingue particulièrement le sillon médian de la plaque dorsale.
Tab. 9 , fig. 1 montre la tète en entier, d’en haut, et une des mâchoires déplacées à côté. Fig. 2 montre surtout bien les apophyses vertébrales et les osselets inlcrapophysaires de la nageoire dorsale. Fig. 3 montre la plaque dorsale par sa face intérieure , et une des plaques ventrales du côté extérieur. Les originaux de ces trois planches ont été trouvés par le docteur Traill, dans les iles Orkney.
Tab. 10 représente des échantillons trouves par M. Hugh Miller à Croiuarty. Fig. 1 est surtout remarquable en ce qu’elle montre le corps de côté. On y voit surtout bien les mâchoires armées de leurs dents. Fig. 1 a montre ces mêmes dents grossies. Fig. 2 est une carapace entière vue par sa face supérieure ; lig. 3 montre la plaque dorsale de côté et des fragmens de la tête ; lig. U , plusieurs plaques de b tète ; lig. 3 , une mâchoire inférieure armée de dents. Cette espèce parait être caractéristique des couches inférieures du système dévonien ; elle est assez commune dans les schistes bitumineux des îles Orkney et de Cailhness et dans les géodes calcaires du vieux grès rouge de Cromarly. La découverte de cette espèce est due â MM. Scdgwick et Murchison ; M. le docteur Traill en a recueilli plus tard de trèsbeaux exemplaires. Enfin M. II. Miller l'a retrouvée à plusieurs reprises à Cromarty.