CHAPITRE Y
OU GENRE POLYPIIRACTUS ET DE QUELQUES AUTRES FOSSILES ENCORE INDÉTERMINABLES.
J’ai reçu de M. le !>' Traill un fossile de Caitkness, qui est évidemment un fragment de télé d’un Céphalaspide nouveau. Je l’ai figuré Tab. 27 fig. I pour rendre les collecteurs attentifs à ce nouveau type, auquel j’ai donné le nom de Polyphraclus. La forme de l’échantillon figuré est ovale, tronquée en avant, et toute la face visible est couverte de petites plaques en mosaïque. dont l’arrangement ne cadre avec aucun des genres connus, quoiqu'il se place assez près du genre Paniphractus. Je distingue à la face postérieure une petite plaque médiane, tronquée en arrière, allongée et pointue en avant, qui est flanquée des deux côtés de deux paires de petites plaques presque carrées, sur le bord desquelles il y en a encore d'autres qui forment le bord de la nuque. I ne seconde rangée de plaques commence par une paire de plaques médianes, sur les côtés desquelles il y en a, à ce qu’il parait, encore deux paires. La partie antérieure de la tète ne peut être déchiffrée , elle est trop mutilée. On ne voit aucune trace de tout le reste du corps.
Les plaques sont ornées de forts jolis dessins résultant de lignes concentriques , parallèles aux bords des plaques , et de petits points creux , épars sur toute leur surface, comme sur les écailles des Diplopléres, qui étaient évidemment des trous de passages pour les vaisseaux capillaires.
D'après cela, notre fossile ne rentre dans aucun des genres connus ni par le dessin, ni par l'arrangement des plaques. Espérons que l’on trouvera quelque jour dans la même localité des exemplaires plus complets , qui permettront d'établir d’une manière définitive les caractères de ce genre.
PoLVPBBACTUS PLATYCEPBALl'S AgaSS.
Old red , Tab. 31, fig. f et Tab. 31, fig. k.
En attendant de plus amples renseignemens sur l’espèce que je viens de signaler à l’attention des géologues , je l’ai nommée Polyphractu » plalycephaiu ». Lue plaque irrégulièrement quadrangulaire , que j’ai fait figurer Tab. h , fig. 31, doit aussi rentrer dans ce genre. Elle montre , comme les plaques de la tète que nous venons de décrire, le même pointillage fin et
les mêmes lignes concentriques parallèles au bord. N’ayant vu d'abord qu’une partie de son bord , j’avais cru devoir associer cette plaque au genre Meyulichthys, en l’appelant I/. prisais; mais après avoir enlevé un fragment de roche qui la recouvrait en partie , je me suis convaincu que les lignes du bord font le tour de l'ccaille entière, ce qui n’a jamais lieu sur les écailles des Mégalichthys, où les écailles se recouvrent par un de leurs bords qui alors est lisse. La plaque dont je parle , et qui était probablement une plaque protectrice du corps , fait prévoir que la carapace des Polyphractus n’était pas moins curieuse que la tète.
M. le Dr Flemming m'a communiqué le dessin d’une pétrification recueillie par lui à Dura- Den en Fifeshire, qui ressemble beaucoup, quant à la forme, au Pamphraclus hvdrophi lus. La tète est courte, arrondie, large, presque en forme de croissant , le corps est allongé, formant avec la tète un ovale qui se termine en pointe en arrière. Les pectorales sont grêles , courbées et aussi longues «pie le corps. L'articulation de la tète avec le corps est très-nettement marquée, de manière qu’à la forme de la carapace près, qui est beaucoup plus pointue, on croirait voir un Pamphraclus. Mais ce qui distingue surtout ce fossile (à en juger du moins d'après le dessin qui n’est , à vrai dire , qu’une esquisse), c'est qu'il n'y a pas de plaques séparées , et que toute la surface de sa carapace ne montre qu’une granulation uniforme et continue , si toutefois la délimitation des plaques n'a pas été omise par le dessinateur. Nous aurions donc dans ce fossile un genre nouveau de Céphalaspide , caractérisé par la forme de sa tète et par sa carapace uniforme. Quoi qu'il en soit , j’attends de plus amples informations sur ce sujet , avant de préciser davantage les caractères de ce type, et je me borne à reproduire les contours de ce dessin , Tab. 31 , fig. 6 , afin de fixer d’une manière plus particulière l’attention sur ce fossile.