CHAPITRE II
Dl' GEMtE ACANTHODE8 Igass
OUI Red , Tab. I) . lig. I .
Comme ce genre csl déjà caractérisé dans les Recherches sur les Poissons fossiles , Tom. Il . Part. I , pag. 19 et suivantes , je ne ferai que rappeler ici ses caractères les plus importons, la s écailles, très- petites et rhomboïdalcs, donnent à la peau l'aspect de chagrin fin. La tête est grosse , déprimée ; la mâchoire inférieure un peu proéminente. De fines dents disposées en une simple rangée paraissent garnir le pourtour de la bouche , qui est largement fendue.
Les nageoires sont en nombre ordinaire ; deux pectorales de grandeur moyenne , soutenues par une ceinture thoracique assez forte ; deux ventrales assez petites , qui, dans la plupart des exemplaires, restent invisibles, cachées quelles sont sous la peau écaillée du ventre, mais qui . lorsqu’elles sont visibles , se trouvent placées sous le milieu du ventre et réunies sur la ligne médiane ; une faible dorsale très-reculée et opposée à l'anale qui est plus grande , cl enfin une caudale héléroccrque , dont le lobe inférieur est assez considérable. Toutes ces nageoires , la caudale exceptée , sont soutenues par un fort rayon épineux , osseux , courbé en arrière et très-pointu. Comme ces rayons sont d'ordinaire bien conservés sur la plupart des exemplaires, c'est, le plus souvent, d'après eux qu'on peut distinguer la position des nageoires, car la partie molle des nageoires offre peu de consistance.
Par ses petites écailles revêtues d'une couche d'émail , ce genre s’annonce comme le type de la famille qui porte son nom, tandis que la structure, la position et le nombre des nageoires le distinguent facilement des autres genres de la même famille. Les Cheirolepis , qui ont le même nombre de nageoires placées dans la même position . c’est-à-dire la dorsale opposée à l’anale ou même un peu en arrière , les Cheirolepis . dis-je , manquent entièrement de rayons épineux ; les Cheiracanthus , qui ont des rayons épineux aussi fortement développés que les Acanthodcs , ont par contre la dorsale placée en devant de l’anale , dans l’espace entre celle-ci et la ventrale , et les Diplacanthus enfin se distinguent facilement des Acanthodcs par leurs deux dorsales.
Le genre Acanthodcs n’est représenté dans le vieux grés -rouge que par une seule espèce , mon Acanthodes pnsillus.
Acanthouks pusillus. Ag.
Old Red, Tab. 28, fig. 8-10.
Celle espèce se fait remarquer par son extrême petitesse. Le plus grand exemplaire que j'aie rencontré est celui de fig. 8 , tous les autres n’alteiguent pas même un pouce de longueur. La plupart des exemplaires sont comprimés d'une manière qui fak supposer une mort violente. Ils sont courbés au milieu du ventre, et tellement rejetés en arrière que la tète se trouve souvent près de la queue , et que la partie dorsale recouvre le ventre , ou est cachée dessous. Les nageoires ventrales se trouvent généralement à l'angle formé par celte courbure. Celle compression singulière des individus , jointe à leur petite taille , qui a empêché jusqu'ici qu'on en fit une étude complète , nous met dans l'impossibilité do dire quelque chose de précis sur la forme et la composition de la tète. Il parait cependant que cette dernière était grosso, large, terminée par une gueule circulaire, garnie de très-petites dents, qui même, sous une très-forte loupe , ne paraissent que comme des petits points noirs. La partie postérieure du corps qui, dans tous les exemplaires , se montre de côté , offre des caractères assez précis. Les ventrales sont soutenues par deux rayons forts et droits qui se réunissent en avant. L’anale est courte , son rayon est peu marqué ; en revanche , on observe une série de pointes courtes , mais trèsvisibles , qui se continuent le long du bord inférieur de la queue jusqu'au commencement de la caudale. La dorsale est assez reculée* , son rayon droit est plus long et beaucoup plus épais que celui de l'anale. La caudale enfin est assez différente de celle des autres Acanlhodes par le prolongement considérable de son lobe supérieur qui se termine en pointe assez effdée , tandis que le lol)C inférieur est court et triangulaire.
Les écailles sont très-difficiles à observer à cause de leur petitesse extrême. Elles paraissent triangulaires , la pointe est tournée en arrière, et munie d’une quille relevée le long du bord supérieur.
La petitesse des individus , la rangée de pointes courtes sur le bord inférieur de la queue, et le prolongement du lobe supérieur de la caudale , feront toujours aisément distinguer cette espèce de ses congénères ; peut-être même deviendra-t-elle le type d’un genre à part lorsqu'elle sera mieux connue.
Les exemplaires figurés proviennent de Gordon-Castle. On les trouve toujours réunis en grand nombre daus les géodes , de sorte qu’il est vraisemblable qu’ils vivaient eu troupes , comme beaucoup de petits poissons de notre époque. Ils m’ont été communiqués par M. le Rév. Gordon ; M. Robertson m'en a également transmis un exemplaire provenant des environs d'Elgin.