‹ Monographie des poissons fossiles du vieux grès rouge ou système dévonien (old red sandstone) des Îles britanniques et de RussieChapitre 25 sur 104 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

Dr CEKKË CIIElRACAXTIIt S AGIS»

Old Red. Tali. I), lig. 2.

J’ai établi ce genre (Poiss. foss. loin. Il, Part. 1. pag. 123) sur des poissons <|iii se rapprochent beaucoup des Acanlhodes, mais qui en différent par la position de leur nageoire dorsale. Dans ce temps , je n’en connaissais que quelques échantillons très-défectueux. Depuis , j’ai été assez heureux de trouver un échantillon presque complet et admirablement conservé d'une espèce nouvelle, qui me permet de compléter maintenant les lacunes que j’ai nécessairement dû laisser dans la description du genre.

La tête est courte, mais haute; la bouche, largement fendue, s’ouvre vers le haut. Les yeux sont grands , placés vers le haut du front , de manière à faire saillie au-dessus des os de la tète , ce qui donne à celle-ci l’aspect d’une tête d’Uranoscope. La fente de la bouche est presque verticale; elle est bordée, à ce qu’il parait, sur tout son pourtour , par le maxillaire, et non par l’intcrmaxillaire, comme c'est le cas chez la plupart des poissons. Les os de la tète étaient bien plus solides que dans les Acanlhodes, surtout l’opercule et les rayons branchiostégues , qui sont assez bien conservé*s. Le premier a la forme d’une longue languette quadrangulaire , en rapport avec la hauteur de la tète.

Le corps est cylindracé , atténué d’une manière régulière en arrière. Il est couvert d'écailles fort petites , imbriquées, ayant à-peu-près la forme des écailles des poissons osseux ordinaires, mais couvertes d'une couche d’émail qui quelquefois est assez élégamment sculptée.

Les nageoires sont en même nombre que dans les Acanthodes. Les pectorales sont grandes, soutenues par de vigoureux rayons épineux; les rayons des ventrales, qui ont une forme triangulaire, sont petits et grêles. L'anale ressemble beaucoup aux ventrales pour la forme: elle s'étend en s’atténuant graduellement jusque vers la base de la caudale. La dorsale a le rayon épineux fortement développé ; elle est invariablement placée en avant de l’anale, entre celle-ci et la ventrale, près du milieu du dos, ce qui . connue nous l’avons vu ci-dessus, constitue le caractère essentiel du genre. La caudale enfin est hétérocerque , mais ses deux lobes sont presque d’égale longueur, et les rayons ne sont développés qu'au lobe inférieur.

Les Cheiracanthcs étaient de petits poissons d’une forme svelte, n’atteignant guère un pied de longueur. Ils ne sont pas très-communs dans les couches de l'OId Red , et il est toujours

facile de les distinguer des autres Acanthodicns à leur dorsale unique . qui est placée autrement que dans les Cheirolepis et les Acanlhodes. Ils se distinguent non moins bien des exemplaires entiers des Diplacantlics , qui ont deux nageoires dorsales. Il est cependant des cas où l’on peut facilement confondre ces deux genres, c’est lorsqu’on ne possède que des fragmens de la partie postérieure du corps. Toutefois la dernière dorsale des Diplacantlics est toujours opposée à l'anale; tandis que la dorsale des Clieiracanthes se trouve au devant d’elle.

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