‹ Monographie des poissons fossiles du vieux grès rouge ou système dévonien (old red sandstone) des Îles britanniques et de RussieChapitre 34 sur 104 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

DU GENRE OSTEOLEPIS Val. et Peetl Old Red , Tab. E , «g. 2.

Ce genre, dont j'ai indiqué les principaux caractères dans mes Recherchas, Vol. Il, pag. I 17 et suiv., est limité jusqu’à présent au seul terrain du vieux gré-, -rouge. Il a le corps allongé , fusiforme , recouvert d’écailles plus ou moins rhomboïdales , rangées en séries obliques. Ces éraillés ressemblent beaucoup par leur forme , leur position et leur surface lisse à celles des Paléonisqucs ; mais elles en différent en ce qu’elles sont traversées de petits tubes qui apparaissent à la surface comme un sable très-fin. La tête est grosse et plate ; on y distingue assez bien différens os et j’ai même pu donner, d’après un exemplaire de I ’O. marrolepiilotus . une esquisse assez complète des pièces qui forment le haut du crâne ( Vol. II, Tab. 2 6, fig. 5). Dans un autre exemplaire de I ’O. microlepidotu» , qui se voit dans la collection de M. Ilugh Miller, la tète est conservée aux trois quarts , et comme la face supérieure et les côtés sont également visibles , j’ai pu me convaincre , que les nasaux , qui sont situés devant les frontaux et qui sont brisés dans l’exemplaire figuré Tab. 2 6, que les nasaux , dis-je, sont séparés tout du long par une suture médiane , particularité qui ne se rencontre de nos jours que chez le Lépidoslée ou brochet osseux des rivières de l’Amérique. .

Les mâchoires de ce genre sont assez vigoureuses ; la gueule est largement feudue , année de petites dents coniques assez aiguës. C’est l’intermaxillaire qui forme le bord supérieur de la gueule , le maxillaire étant probablement très-réduit , comme chez la plupart des poissons de l’époque actuelle. Il n’en est pas de même des autres poissons du grès-rouge, des Acanthodiens, par exemple, qui ont le bord supérieur de la gueule garni par le maxillaire supérieur, exactement comme nos Saumons et nos Harengs. Les dents elles-mêmes se rapprochent à plusieurs égards de celles des Sauroïdes ; elles sont petites , élancées , coniques , rangées à la file le long des mâchoires ; leur graudeur varie considérablement et l’on en trouve toujours quelques-unes, qui sont de moitié plus grandes que les autres , faiblement crochues et qui rappellent par conséquent les dents si inégales des Sauroïdes et des Célacanthes de l’OId Red. Il parait aussi que ces dents sont faiblement striées à leur base cl garnies en dehors de très-petites éminences , comme c’est le cas chez le Lépidostée. Quant à leur structure , elles ont échappé à l’examen microscopique à cause de leur petitesse.

Le caractère le plus saillant qui distingue ce genre , c'est outre les écailles rhomboïdalcs ou simplement oblongucs , la position des nageoires. Les pectorales sont grandes , arrondies , placées près de la ligne médiane , sous la gorge ; les ventrales sont très-petites , reculées audelà de la moitié du corps. La caudale est hétérocorque , composée de petits fulcres très-grélcs au-dessus du prolongement de la colonue dorsale , tandis que le lobe inférieur est peu allongé et taillé en croissant. Il y a deux dorsales et deux anales , qui alternent ensemble de telle sorte , que l’anale postérieure touche le boni de la caudale , tandis que la première anale est placée à une certaine distance de la seconde. La dorsale postérieure correspond à l'intervalle entre les deux anales ; la dorsale antérieure est placée en avant de la première anale. De cette manière, lu bord antérieur de chaque anale est opposé au bord postérieur de chaque dorsale.

la» Osléolepts sont en général de petits poissons ; ils atteignent rarement un pied de longueur. Leur tête large et aplatie et leur corps svelte leur donnent quelque ressemblance avec le Polyptère de notre époque. La position et la multiplicité des nageoires indique d'exeelLens nageurs.

J'ai déjà décrit trois espèces de ce genre , Vol. Il , pag. 1 1 9-123 , sous les noms d'O. maerolepidutus , microlepidolu* et arrnatu» ; les deux premières proviennent de Caitlmess et de Pomona , la dernière de Gamric. Je vais en ajouter une quatrième.

Osrfoi.EMs majob Agass.

Old lied. Tab. 19, fig. 1-3.

Je n’ai d’abord connu que des exemplaires incomplets de celte espèce , que je n’hésitai pourtant pas à rapporter au genre Osteolepis , ce sont deux fragmens de mâchoires , lig. 2 , en la possession de Sir Philipp Egerton et de Lord Enniskillen , qui représentent évidemment les deux cètés de maxillaires du même poisson. On y distingue une série de dents implantées sur l’os ; l’une des dents est fort grande relativement aux autres , et courbée en arrière comme un crochet. Les autres dents sont droites , coniques , pointues ; toutes paraissent avoir des rides longitudinales à lu base , mais ces rides ne montent guère qu'à la moitié de la hauteur et paraissent être occasionnées , comme chez le Lépidostéc , par des plisscmcns de la denline. l ue rangée de petites éminences émaillées , se voit le long du bord de la mâchoire , sur laquelle les dents sont implantées.

L'n autre échantillon , qui appartient évidemment à la même espèce, consiste en un morceau du tronc fort délabré, sur lequel on voit encore quelques traces de nageoires et quelques écailles détachées. Les écailles grossies fig. 3 sont allongées , c'est-à-dire, plus longues que hautes, tronquées en avant et en arrière cl munies d’une carène longitudinale qui se bifurque près du bord postérieur. Le bord supérieur a un onglet peu large, qui se cache sous le bord inférieur de l'écaille qui est au dessus, la» écailles en général sont assez épaisses et couvertes d'une couche

épaisse (l’émail. D'autres plaques ne montrent que les contours d'exemplaires écrasés de cette espèce , recouverts d'écaillcs disloquées et dont les rapports primitifs sont difficiles à saisir. J'en ai vu plusieurs exemplaires semblables , dans la collection de Lady Gordon Cumming ; tous provenant de Lcthcn-Bar. M. H. Miller en possède de Gamrie.

Mais le meilleur exemplaire a été découvert par le Rév. Gordon, aux environs de Gordon- Caslle. C'est un petit poisson (Gg. 1) svelte, allongé, dont la longueur égale prés de six fois la largeur. La tête est proportionnellement courte ; la mâchoire inférieure large et vigoureuse. Les pectorales et les ventrales sont détruites dans notre échantillon; mais à leur place on voit une saillie qui indique leur position. Les nageoires impaires sont proportionnellement petites ; la première dorsale se trouve en arrière du milieu du corps. La caudale est courte , comme tronquée ; le pédicule de la queue est très-large ; les fulcres supérieurs sont presque imperceptibles.

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