I. Gl.YPTOir.eiS LEFTOPTEBU* Agass
Old lied , Tab. 20 et '21 .
J’ai du réunir, sur mes planches , plusieurs échantillons de cette espèce , pour donner une idée complète d’un poisson , dont on connaît maintenant assez bien tous les détails. Tous les exemplaires que j'ai examinés ont été découverts à Lelhcn-Bar, par Lady Gordon Cununing, qui en a distribué à plusieurs collections ; j’en ai vu entre autres chez Lord Enniskillcn, chez Sir Pbilipp Egerton et au Musée de la Société géologique de Londres.
La tète est de grandeur moyenne, voire même petite, arrondie, aplatie sur le devant, et insensiblement relevée vers la nuque. Les mâchoires sont fortes, hautes, épaisses et courbées presque en demi-cercle , de manière que , vu de profil , le pourtour du museau parait comme tronqué. J’ai pu examiner les dents sur la plaque de Tab. 20, fig. 2 ; elles sont petites, co-
niques, effilées, placées eu simple rangée le long du bord de l'os dans lequel elles sont implantées. Toutes sont d'égale grandeur ; je n’ai du moins pas trouvé d’incisives plus grandes dans les exemplaires que j’ai eus sous les yeux , et ce qui me fait croire qu'elles manquent réellement , c’est que les petites dents en série ont une base profondément ridée , et que ces plis ne se |>erdcnt qu’au sommet même de la dent , ce qui indique une structure plissée comme celle des dents incisives des autres Célacanthes. Le dessous de la gorge est occupé par deux plaques brancliiostégucs allongées, <|ui remplissent tout l'espace compris entre les deux branches des mâchoires. Je n’ai pas pu étudier la forme des autres os de la tête.
Le corps est court et trapu , couvert d'écailles presque rondes , et si bien imbriquées, qu’on dirait qu'on a à faire à un Cycloïde. Celte forme particulière ressort d'autant mieux que les écailles se montrent par leur face inférieure, laissant apercevoir des lignes concentriques analogues à celles qu’on remarque sur la plupart des écailles de Cyclo'ides. La face supérieure est lisse, pointillée, et l'épaisseur des écailles assez, considérable. Aussi arrive-t-il très-souvent que le même coup de marteau , qui divise les géodes en deux plaques correspondantes , déchire les écailles de telle manière que la face supérieure reste collé*; contre l'une des plaques, et la face inférieure contre l’autre. C’est alors qu'on distingue surtout bien celte disposition rayonnante des espaces médullaires et des supports osseux , entre les deux couches de l'écaille, telle que je l’ai représentée Tab. 21a, fig. I.
Je ne suis pas bien sur de n’avoir pas confondu deux espèces sous le nom de Glyploltpia leplopleruit . Il y a à Lethen-Bar des échantillons semblables à ceux que j’ai figurés Tab. 20, fig. 2 , et qui se distinguent par les dimensions plus considérables de leurs écailles. Cependant comme je n’en ai pas encore vu d’exemplaires complcls qui aient pu m'indiquer les contours du corps, j’bésite à envisager ces écailles comme appartenant à une espèce distincte, d’autant plus que leur forme et leur structure ne montrent pas la moindre différence, et qu'il se pourrait qu'elles eussent appartenu à des individus du Glyplolepi » Irploplerus, de tris-grande taille. Je signale ces faits à l'attention des géologues, car ce n’est que par la découverte d'échantillons plus complets , que l’on pourra décider si réellement ces écailles ont appartenu à une espèce chez laquelle les rapports du corps avec la grandeur des écailles n’auraient pas été les mêmes que chez le véritable G. leptoplerus.
Les nageoires verticales sont très-dévcloppées ; les ventrales (Tab. 21 , fig. 2) sont portées sur une longue pièce écailleuse, de manière que leur extrémité touche la première anale. Les deux dorsales sont opposées aux deux anales ; elles sont placées si prés de la caudale , et si serrées, qu’il n’y a point d’espace entre l’extrémité postérieure de l’une et le commencement de l’autre. La caudale est grande, tronquée presque verticalement, et son lobe supérieur extrêmement petit ; on dirait des fulcrcs transformés en rayons très-courts et très-fins. La seconde dorsale comme la seconde anale surpassent de beaucoup en grandeur la première dorsale et la première anale. Le prolongement caudal du corps est mince, et se détache bien du tronc.
J'ai fait figurer, Tab. 20, fig. i et fl , deux têtes qui présentent la face inférieure arec les grandes plaques brancliiostègues ; Gg. 2, une mâchoire avec des écailles isolées et Gg. 3 les dents grossies; enfin fig. 3 montre la partie antérieure d’un exemplaire vu de proGI. Tab. 21 , Gg. 2 représente surtout bien la ventrale, supportée par son manche; les trois autres figures montrent la queue et l'arrangement des nageoires verticales.
L’épaisseur et la forme ronde des écailles ainsi que la grandeur relative des nageoires feront toujours reconnaître celte espèce.