‹ Monographie des poissons fossiles du vieux grès rouge ou système dévonien (old red sandstone) des Îles britanniques et de RussieChapitre 40 sur 104 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

DI’ GENRE GLYPTOLEPIS AO/iU.

Ce genre , connu à peine depuis quelques années , est aujourd'hui l'un des plus curieux de la famille, par la réunion de scs différons caractères, qui le rapprochent d’un côté des Célacanthes et de l'autre des Sauroîdes diplériens. Il comprend des poissons de grandeur moyenne, à corps fusiforme. La tête est petite à proportion du corps, courte et aplatie, de manière qu'elle présente un pourtour presque seinicirculaire. Le corps lui-même était presque aussi large que haut, ce qui fait que l'on voit presque autant d’exemplaires couchés sur les flancs que sur le dos ou le ventre. Les os de la tète sont assez fermes; on les voit souvent conservés, niais rarement au point que l'on puisse exactement reconnaître leur forme et leur position. Voici les détails que j’ai pu observer. I,es branches de la mâchoire inférieure sont grandes . courbées, hautes cl garnies tout de leur long d'une simple rangée de petites dents coniques toutes d’égale grandeur, qui par leur structure semblent se rapprocher de celles des Dendrodes ou des Holoptychius. On voit en effet des stries longitudinales sur la base de ces dents, qui se perdent insensiblement vers le sommet, et les dents elles-mêmes reposent sur des socles osseux , qui paraissent plissés comme la racine. Je n’ai pu soumettre ces dents à un examen microscopique, mais je suis néanmoins persuadé qui; leur structure intime répond à ces caractères extérieures, et qu’il y a une cavité médullaire ramiliéc, entourée d'une deutine plissée. La mâchoire supérieure, qui, comme il parait, dépassait un peu l’inférieure, était garnie de dents semblables. Les frontaux sont , conformément â la forme raccourcie de la tête , fort courU et presque carrés ; les orbites grandes , situées sur les côtés de la tète, en bas. La gorge était garnie, comme chez tous les Célacanlhes anciens, de deux plaques triangulaires. mobiles, qui remplacent les rayons brnnrhioslègues, comme c’est aussi le cas chez le Polyplère du NU.

la» écailles, qui recouvrent le corps, sont minet», arrondies, presque circulaires et fortement imbriquées, de manière que la précédente recouvre quelquefois plus de la moitié de l'écaille suivante. Leur face supérieure est entièrement lisse, recouverte d'une mince couche d’émail, qui, à part quelques stries concentriques, qui rappellent l’accroissement circulaire, ne présente aucun ornement. La face inférieure était également lisse, formée d’une couche osseuse excessivement mince. La masse de l'écaille était formée tl'unc substance osseuse et spon-

gieuse , ornée de fines stries rayonnant du centre de l’écaille. G» stries sont coupées par des lignes concentriques et circulaires, de manière qu’une écaille, dont la couche lisse est enlevée, présente une quantité de petites loges allongées, disposées en séries circulaires, à-peu-près comme les sièges d’un amphithéâtre. J'ai représenté cette forme des écailles grossie à la loupe Tab. 21 a, fig. 1-3.

Le système des nageoires est très-développé , surtout dans le voisinage de la queue. Il y a une caudale, deux dorsales, deux anales, et en outre des ventrales. Quant aux pectorales, leur existence est encore douteuse. J’ai cependant vu dans certains exemplaires des impressions vagues , qui pourraient bien indiquer leur présence ; en tout cas , elles étaient petites et peu considérables.

Les ventrales offrent une structure singulière, qui se retrouve aussi chez les Mégalichthys. Une série de plaques, s'étendant comme une bande pointue en arrière le long du ventre, et se détachant vers son extrémité postérieure, porte des rayons nombreux des deux eûtes , et forme ainsi une nageoire ventrale, qui, par la disposition de ses rayons, a tout-à-fail Pair d’une queue d’anguille (Tab. 21, fig. 1).

Iæs deux dorsales sont opposées aux deux anales, et tellement reculées que la caudale leur fait immédiatement suite. Aussi sont-elles extrêmement rapprochées , et le dernier rayon de la première touche au premier rayon de la seconde. Les secondes anales et dorsales sont plus hautes que les premières. La caudale est grande, hétérocerque , triangulaire, et parait coupée presque verticalement ; son rayon supérieur porte de nombreux petits fulcres.

On le voit, si d’un côté les Glyplolepis tiennent aux Célacanlhcs par leurs écailles arrondies et imbriquées, qui sont toujours lisses et sans ornemens, ils ressemblent d'un autre côté aux Diptérieirs par l'arrangement de leurs anales et de leurs dorsales. Aussi scra-t-il toujours facile de les reconnaître au moyen de ces deux caractères.

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