‹ Monographie des poissons fossiles du vieux grès rouge ou système dévonien (old red sandstone) des Îles britanniques et de RussieChapitre 64 sur 104 · V. Astkri u.r.pis on a nui. at a Agass · texte numérisé non relu

V. Astkri u.r.pis on a nui. at a Agass

Old Red , Tab. 30, lig. lietlio.

Ce petit fragment d'une plaque épaisse «le deux lignes me (tarait constituer le type d’une espèce particulière d’Asterolépis. Les granules sont fort petits, comme dans l’espèce précédente, mais jdus distaus ; et ce qui les distingue au premier coup d’ceil , c’est qu’au lieu d'être globulaires, ils sont coniques, pointus, quoique perforés au sommet. Du reste la surface de la plaque entre les granules n’est pas lisse, comme dans VA. minor , mais plutôt comme couverte d’un sable très-fin , de la même manière que dans VA. A»mtui.

l/original de ma figure provient de Riga ; il m'a été communiqué par M. Murchison.

Des ossemens ii .Astebolépis.

i’ai fait figurer, Tab. 50 a, la plupart des plâtres qui m'ont été envoyés par l'entremise de M. Murchison, et dont les originaux se trouvent dans la collection de M. Asmus. Tous les dessins ont été réduits au quart de la grandeur naturelle. Je me suis donné beaucoup de peine pour rassembler tous les matériaux que je possédais eu fait d’ossemens isolés de poissons vivans, afin de pouvoir déterminer, sinon d’une manière définitive, du moins approximativement . la place que devaient occuper ces ossemens fossiles dans la tête des Asterolépis ;

niais je l'avoue, je n'ai pas encore pu parvenir à un résulta! satisfaisant, tant la forme <le ces ossemens est disparate et peu en rapport avec les formes que montrent les os des poissons actuels.

L'une des pièces les plus curieuses et qui parait se trouver assez souvent , puisque j'en ai reçu cinq plâtres de différente grandeur, est celle qui est représentée dans les lig. 18 et lit. C'est un os sensiblement arqué , cylindrique , se rétrécissant vers l'un des bouts où il est en même temps aplati et orné à l’extérieur d'une rainure assez prononcée. En avant l’os s'élargit considérablement, comme si l’on avait posé une écaille milice et lisse sur le cylindre qui est ici orné des tubercules caractéristiques des plaques d’Aslerolépis. La partie supérieure «le cet élargissement squammiforme est lisse et servait certainement comme surface articulaire de glissement. Au-devant de cet élargissement se trouve un gros boulon arrondi et saillant , qui évidemment était une tète glénoïdalc ; ce bouton est accompagné au-dessous d’une excavation creusée sur le cylindre de l’os lui-mème et qui présente tous les caractères d'une surface articulaire. Il est évident que l'os entier était enchâssé avec son extrémité antérieure dans une articulation fermée, au-dessus de laquelle glissait encore une autre pièce qui servait d'appui à l’articulation. Gis conditions ne sont réalisées sur toute la tète des poissons <|uc dans le maxillaire supérieur «|ui dans la plupart des cas est enchâssé entre le palatin et rinlermaxillaire ; ce dernier glisse alors souvent , conjointement avec le sous-orbitaire . sur la face extérieure du maxillaire supérieur. En examinant les maxillaires supérieurs du Lophiiis piscaloritm ou de V l ranuicupus scaber. on trouve en effet des articulations analogues à relies que je viens de signaler dans les os des Asterolépis. Je prends donc ces pièces pour des maxillaires supérieurs, et en effet, un maxillaire de trois pieds de longueur ne parait pas être en désaccord avec une gueule armée de dents de deux et jus«|u'à trois pouces de longueur. Tous les moules que j'ai rc«;us de cet os n’apparticnneul pas à la même espèce. Dans la plus grande ( fig. 1 9) la tête glénoïdale est large , presentant une forme presque rhomboïdale. L'os lui-même est beaucoup plus arqué «|ue dans un os de la même grandeur qui a le bouton plus arrondi. Dans l'espèce plus petite ( fig. 18) l’os est plus droit cl la partie squammiforme plus développée. Il fauilrait encore des renseignemens plus complets, pour savoir si un autre fragment dans 11 x 1110 ! ta tète glénoïdale est allongée et toute verticale, et le bord antérieur de l’élargissement s«|uamniiforme reculé en arrière , si ce fragment , dis-je , n’appartient pas à une «juatrième espèce.

Une pièce fort remarquable est celle dessinée des deux faces ( fig. I S et I fi ) . Celte pièce, plate et élargie en bas , se continue en haut en une espèce de crochet arrondi sur la face intérieure duquel se trouve une cavité glénoïdale très-profonde. Je n’ai trouvé jusqu'à présent d'autre analogue de cette conformation des faces articulaires que l’os supra-scapulaire de plusieurs poissons et notamment de la Baudroie ( Lophiu* ). C'est en effet cet os <]ui chez plusieurs poissons présente une cavité glénoïdale , par laquelle il s’articule sur l'apophyse pariétale de l’occiput, tandis que chez la plupart il se meut seulement en glissant sur les surfaces lisses de celte a|K>physe. La forme différente du crochet qui est allongé et considérablement recourbé sur l'un

«les plâtres, ainsi que la forme différente de la cavité glénoïdale qui dans l'un est arrondie, tandis que chez l'autre elle est ovalaire . fait présumer l'existence de deux espèces différentes, au moins.

Quant aux autres ossemens qui se trouvent figurés sur la même planche , il y en a plusieurs tels que fig. 2, 7, 8, 15, là et 17, qui évidemment étaient des pièces appartenant au squelette extérieur ou dcrmoïdal ; ce sont de larges plaques montrant à l'extérieur les tubercules caractéristiques des Asterolépis , tandis qu'à la face interne des creux de forme différent*? , des arêtes longitudinales ou transversales , des saillies plus ou moins ridées , servaient de point d'appui aux attaches musculaires et tendineuses qui réunissaient ces pièces au squelette. Il sc pourrait très-bien que fig. 7 par exemple, ainsi que fig. 8 cl 13 eussent été des pièces operculaires. Je ne saurais en revanche que faire des ossemens figurés fig. 1 , 3 et à, 3, fi, 9 et 1 0, il et 1 2 ; peut-être que les premières appartenaient à l'appareil pharyngien ou hyoïdal et que les dernières faisaient partie des nombreux démembremens du temporal, dont les formes changent d'une manière si étonnante cher, les différentes espèces de poissons.

Bn résumé , l’impression qui reste «le la vue de ces ossemens gigantesques . c’est qu'ils doivent avoir appartenu à des poissons à tête large et aplatie dont toutes les faces étaient cuirassées de pièces osseuses, engrenées entre elles et présentant les formes les plus birarres et les plus variées. Je regrette de n’avoir eu à ma disposition des ossemens isolés de Siluroïdes cuirassés ou bien du (ioniodonles , tels que des Acanthicus , des latricaria , des Doras ou d'autres de leurs congénères. C’est dans cette famille des (ioniodonles et des Siluroïdes cuirassés . que l'on doit trouver les formes qui se rapprochent le plus de celles que nous venons d étudier.

Page 1