CHAPITRE IX
Dl GENRE BOTIIRIOLEP18 bon». (GLYPTOSTEVS ksus.)
La synonymie de ce genre a élé occasionnée par les mêmes circonstances qui ont amené celle du genre Asterolépis. Je ne reviendrai doue plus sur ce que j’ai dit au sujet de ce dernier genre. Voici comment M. Eichwald caractérise son nouveau genre ('). « Les plaques du B. onia lui, que l’on trouve avec les écailles de I ’ Holoptych iu* itobil issimus , sont allongées, élargies vers les côtés et plus étroites vers les extrémités ; elles ont une caréné élevée au milieu, comme les plaques de l’Esturgeon, et formaient probablement comme celles-ci des rangées régulières le long du corps ; d’autres n'ont pas cette carène , mais elles s’abaissent fortement vers les bords , tandis qu’elles sont relevées en bosses arrondies au milieu. Leur surface est ornée d’impressions profondes et non de sillons convergcns , comme les écailles des Holoptychius. Il leur manque aussi le bord aplati de ces dernières , d'où il résulte qu’elles n'étaient pas imbriquées de manière à recouvrir tout le corps ; probablement qu’entre les rangées longitudinales se trouvait une peau chagrinée ou peut-être de petites écailles d'un bleu foncé , finement striées dans le sens longitudinal et aplaties au bord. On trouve quelquefois de ces petites écailles associées avec les grandes plaques et avec des fragmens de eûtes ; elles ont environ une ligne d’épaisseur, sont fortement courbées et ont un canal au milieu. Les dents sont beaucoup plus rondes que celles de l’Holoptychius , mais creuses au milieu et finement rayées comme ces dernières ; elles sont un peu courbées vers la pointe qui est lisse et épaisse. Leur structure est celluleuse. •
Le caractère essentiel des Bothriolépis réside effectivement dans les ornemens de la surface des plaques. Ce sont des enfoncemens , formant tantôt des fosses diversement contournées , tantôt des creux isolés, et séparés par des carènes plus ou moins arrondies. Je ne saurais mieux comparer ces ornemens qu’à ces sillons tortueux que l’eau creuse sur les bords des lacs et de la mer. A certains égards , ces ornemens ressemblent aussi à des moules en plaques d’ Asterolépis , où les creux seraient remplacés par des élévations et vice versa. On remarque en général au milieu des enfoncemens un ou plusieurs trous , par lesquels les vaisseaux nutritifs montaient sans doute à la surface de la plaque , pour entrer dans la peau qui recouvrait cette dernière. Ces trous se présentent sur les moules des plaques sous la forme de petits boulons en relief.
Cl Leonhard und Broun , Noms Jatirbuch , cic 1840 . page 6 '21 AG. OLD EED
Mais la structure de ces plaques est très-différente de celle des Asterolépis. Il y a d’abord une couche de substance solide , percée seulement par-ci et par-là de canaux qui montent dans l'intérieur de la plaque pour s’y ramiGer en réseaux trés-Gns et très-compliqués. La couche supérieure est de nouveau formée par une substance ferme et homogène disposée en couches horizontales, un véritable émail, qui à lui seul forme les ornemens de la surface (Tab. B, Gg. 7). Au moyen de forts grossissemens , on découvre partout dans cette substance de véritables corpuscules osseux.
J’ai été assez heureux pour découvrir dans une pièce sur laquelle se trouvaient des plaques et des os épars du fl. favoxa . les dents de deux mâchoires correspondantes, encore implantées sur les os. Ce n'est qu’avec beaucoup de patience que j’ai réussi à enlever toute la masse pierreuse dans laquelle les os et les dents étaient empâtés. Voici les résultats de mes recherches sur la dentition de ce genre. Les dents incisives principales sont grosses, coniques, faiblement recourbées en arrière et un peu comprimées latéralement. Leur hauteur égale à-peu-près le double de leur largeur. Leur base est striée longitudinalement jusqu’à la mi-hauteur de la dent . et la racine fait corps avec l’os de la mâchoire au moyen des gros plis dont la base est garnie. La structure de ces dents so rapproche beaucoup de celle des Holoptvchius. La pointe est formée par une dentine solide , n'ayant qu’une seule cavité médullaire , qui se ramifie latéralement en descendant vers la base. C’est autour de ces ramiGcations que lu dentine est plissée, et de ces plis résultent les stries que l’on voit à la surface do la dent. Les dents incisives sont peu nombreuses et fort espacées ; j’en compte trois à distance égale qui diminuent d’avant en arriére dans la mâchoire inférieure , et plus en arrière encore deux ou trois plus petites. La mâchoire supérieure a les incisives plus serrées ; il y en a six qui se touchent , et dont les deux antérieures sont les plus considérable-. Lite quantité d’aspérités émaillées , provenant de la couche d’émail qui couvre les os, occupe le pourtour de la bouche. Ces aspérités qui forment de véritables petites dents en brosse, sont en rangées multiples sur tous les bords des màcho' es, et en les examinant au microscope on y aperçoit facilement la petite cavité médullaire , entourée d'une forte couche d’émail.
On voit par cette description que les Bothriolépis étaient, comme probablement aussi les Asterolépis et leurs congénères , de grands poissons carnassiers , qui , par leur dentition . se rapprochaient beaucoup des lioloptychius et des autres Célacanthes. C’est pourquoi je les range provisoirement dans le voisinage de ces derniers , en attendant que des exemplaires plus parfaits nous permettent de compléter nos connaissances, sur ces singuliers poissons.